Kimiko Hirata
Kimiko Hirata (平田 仁子, Hirata Kimiko) est une activiste environnementale japonaise née en . En tant que fondatrice de l'ONG Kiko Network, elle fait campagne en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre pendant plus de 20 ans[1],[2]. En 2022, ses efforts tout au long de sa carrière ont mené à l'abandon de 17 projets de centrales électriques au charbon[3]. Elle est aussi à la tête de campagnes de lobbying pour le désinvestissement des énergies fossiles auprès de Mizuho Financial Group et MUFG[4],[5]. Elle est également directrice exécutive du think tank Climate Integrate qui milite pour l'accélération de l'atténuation du changement climatique.
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平田仁子 |
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Biographie
modifierKimiko Hirata est née dans la préfecture de Kumamoto et a étudié les sciences de l'éducation à l'université[6]. Elle réalise l'importance de l'effet du changement climatique lors du Sommet de la Terre en 1992, largement couvert par les médias japonais et commence à lire sur le sujet et notamment Sauver la planète Terre d'Al Gore, publié cette année-là[7]. Elle commence à s'intéresser à l'activisme international en suivant un cours de Masako Hoshino, une activiste qui a contribué à fonder une des premières ONG environnementale japonaise[2],[8].
En 1996, elle qui son travail et part aux États-Unis dans le cadre d'un stage d'un an avec le Climate Institute[7],[6]. Pendant cette année, elle fait également du bénévolat auprès de la National Water Foundation et pour un programme sur la biodiversité organisée par le Smithsonian, tout en prenant des cours de gestion d'ONG[7].
En 1999, elle soutient sa thèse de doctorat en Sciences Sociales à l'Université Waseda.
Elle vit à Tokyo avec son mari et deux enfants[9].
Activisme
modifierEn 1997, elle retourne au Japon à l'occasion des manifestations en marge de la COP 3 pendant laquelle le Protocole de Kyoto est signé[2],[10]. En 1998, elle fonde l'ONG Kiko Network avec pour mission d'arrêter le changement climatique[2],[7]. L'organisation est devenue une des rares à contrôler l'application du Protocole de Kyoto par le Japon[7].
Opposition aux centrales à charbon
modifierÀ la suite du séisme de 2011 de la côte Pacifique du Tōhoku et de l'accident nucléaire de Fukushima, le gouvernement japonais réoriente sa politique pour permettre la construction de nouvelles centrales à charbon[2]. Jusqu'alors, les réacteurs nucléaires assuraient environ 30% de la production électrique du pays mais ils ont été mis à l'arrêt sur ordre du gouvernement à la suite de la triple catastrophe[7],[11]. Les Japonais étaient également devenus suspicieux envers l'énergie nucléaire[7]. Pour assurer la production énergétique, le gouvernement lança un appel d'offres pour la construction de nouvelles centrales à charbon et, en 2015, 50 nouveaux projets étaient sur la table. Le Japon devient alors le seul pays du G7 à envisager d'investir dans le charbon[12].
Hirata réalise que Kiko Network devait changer d'approche, privilégier les actions sur le terrain plutôt que le lobbying[7]. La première action a été de mettre en place un site internet listant les nouveaux projets de centrales à charbon sur l'ensemble du Japon. Pour faire prendre conscience des risques environnementaux et sanitaires des centrales au charbon, Hirata s'est associée à des scientifiques, des experts en pollution, des journalistes, des avocats, des responsables locaux ainsi que d'autres ONG[10]. Dans les régions où des centrales étaient en projet, elle a mis en place un réseau avec les activistes locaux et a multiplié les prises de paroles[10].
Elle reçut également le soutien d'experts internationaux, spécialiste des coûts et des risques liés aux centrales à charbon et diffusa leurs analyses[10]. Hirata rédigea avec un chercheur de Greenpeace une analyse montrant que la pollution produite par les centrales à charbon conduirait à un millier de morts prématurées par an au Japon[7],[10]. En parallèle, un programme de finance verte de l'université d'Oxford et le think-tank Carbon Tracker ont mené une analyse du risque d'investissement mettant en avant les avantages de l'annulation des centrales en projet ainsi que de celles en cours de construction et l'arrêt des centrales en opération[10],[13].
Pour faire pression sur les responsables politiques, Hirata collabore avec des ONG internationales, comme Climate Action Network, qui ont remis au Japon plusieurs prix Fossil of the Day pour notamment « faire le plus pour faire le moins » au sujet du changement climatique[10],[14]. Hirata organisa plusieurs manifestations lors de réunions des COP[10] ainsi que des conférences de presse en amont des sommets du G20[15],[16].
Un décompte en montre que les actions de Kimiko Hirata ont abouti à l'annulation de 17 des 50 projets de centrales à charbon[2].
Campagne de désinvestissement
modifierNotes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Kimiko Hirata » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en-GB) Jonathan Watts, « ‘Our fight is more visible’: Goldman environment prize winners see shift in political winds », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 (en) Toru Ishii, « Prize-winning activist warns world has 'no time to lose' », The Asahi Shimbun, (lire en ligne)
- ↑ (en-GB) « BBC 100 Women 2022: Who is on the list this year? - BBC News », sur News (consulté le )
- ↑ (en) Patrick temple-West, Kristen Talman et Gillian Tett, « The rise of ESG-linked pay packages », Financial Times, (lire en ligne
) - ↑ « Le Japon vise lui aussi le zéro carbone », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) Natsuko Fukue, « 'No time to waste' warns Japan climate activist »
, sur The Jakarta Post, (consulté le ) - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 (en) « From Ordinary to Extraordinary: Kimiko Hirata, Anti-Coal Activist », sur www.sierraclub.org (consulté le )
- ↑ (en) Tami Kawasaki, « Global First Responder »
, sur Public Relations Office of the Government of Japan (consulté le ) - ↑ (en) « Dr. Kimiko Hirata (2019 GSSS graduate) wins Goldman Environmental Prize, known as “Green Nobel.” », sur School of Social Sciences, Waseda University (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 (en-US) « 2021 Goldman Prize Winner - Kimiko Hirata »
, sur The Goldman Environmental Prize, (consulté le ) - ↑ AFP, « Le Japon, champion du solaire flottant... et du charbon », sur Challenges, (consulté le )
- ↑ (en) Kimiko Hirata, « Abe wants to save planet as Japan expands coal use »
, sur Financial Times, (consulté le ) - ↑ (en-US) Helena Gray, « Japan could face US$71 billion of stranded coal assets without policy reform », sur Carbon Tracker Initiative, (consulté le )
- ↑ (en-GB) « Fossil Day 1: COP27: First ´Fossil of the Day´goes to... Japan », sur Climate Action Network (consulté le )
- ↑ (en-US) beyond-coal-admin, « [Press Release] Environmental Activists protested against Abe’s pro-coal policy Abe must show real climate leadership at G20 | Japan Beyond Coal 石炭火力発電所を2030年までにゼロに », (consulté le )
- ↑ (en) « Inspirational colleague, Kimiko Hirata, wins Goldman Prize for campaigns to end Japan’s addiction to coal », sur Oil Change International, (consulté le )