Kitty Wilkinson

pionnière en politique d’hygiène publique

Catherine Wilkinson (1786 - ), connue sous le surnom de Sainte des quartiers pauvres, est une migrante irlandaise, « femme d'ouvrier », pionnière de la politique d’hygiène publique. En 1832, lors d'une épidémie de choléra, elle possède le seul réchaud à eau de son quartier, et elle invite ceux qui avaient des vêtements ou du linge infectés à l'utiliser, sauvant ainsi de nombreuses vies. Cela devient le premier lavoir public de Liverpool. Dix ans plus tard, grâce à des fonds publics, ses efforts aboutissent à l'ouverture d'un lavoir et de bains publics combinés, le premier au Royaume-Uni.

Kitty Wilkinson
Kitty Wilkinson, portrait publié dans Memoir of Kitty Wilkinson, 1927.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité

Biographie

modifier

Kitty Wilkinson naît Catherine Seaward dans le comté de Londonderry, en Irlande, en 1786[1]. À l'âge de neuf ans, elle arrive à Liverpool avec ses parents, mais leur navire s'échoue dans la Mersey, et son père et sa sœur cadette se noient[2]. À douze ans, elle travaille dans une filature de coton à Caton, dans le Lancashire, où elle est apprentie sous contrat. À 20 ans, elle quitte l'usine et retourne vivre avec sa mère à Liverpool, où elles sont toutes les deux employées de maison. Peu de temps après, elle épouse un marin français, Emanuel Demontee ; sa mère continue à vivre avec elle. Après les naissances de deux enfants[Note 1], son mari meurt noyé en mer, et elle reprend un travail de domestique. Mais peu de temps après, après avoir reçu une machine mangle, elle s'installe comme blanchisseuse. En 1823, elle épouse Tom Wilkinson, un porteur dans un entrepôt, et ils vivent dans une maison louée de la rue Denison.

Croisade hygiénique

modifier

En 1832, une épidémie de choléra éclate à Liverpool, dans le cadre de la pandémie de choléra de 1826-1837. Wilkinson prend l'initiative d'offrir l'utilisation de sa chaudière, de sa maison et de sa cour aux voisins pour laver leurs vêtements, au prix de 1 centime par semaine[3], et elle leur montre comment utiliser le chlorure de chaux pour les nettoyer. L'ébullition permet de tuer la bactérie du choléra. Une fois que ces activités sont portées à leur attention, Wilkinson est soutenue par la District Provident Society et par William Rathbone . Convaincue de l'importance de la propreté dans la lutte contre les maladies, elle pousse à la création de bains publics où les pauvres pourraient se baigner. En 1842, des bains publics et un lavoir combinés sont ouverts sur Upper Fredrick Street à Liverpool, et en 1846, Wilkinson est nommée surintendante des bains publics.

Reconnaissance et mémoire

modifier
Photographie couleur d'une pierre tombale de forme arrondie dans la partie supérieure. Une inscription est gravée, un bouquet de fleurs posé devant
Tombe de Kitty Wilkinson, Liverpool

En 1846, le maire de la ville offre à Wilkinson une théière en argent de la part de la reine Victoria, gravée avec le texte suivant : « The Queen, the Queen Dowager, and the Ladies of Liverpool to Catherine Wilkinson, 1846. » (« La reine, la reine douairière et les dames de Liverpool à Catherine Wilkinson, 1846. »)[4]. Wilkinson meurt à Liverpool; elle est enterrée au St. James Cemetery[2] ; sa tombe porte l'inscription suivante[5] :

« CATHERINE WILKINSON. Died 11 November 1860, aged 73. Indefatigable and self-denying She was the Widow's friend. The support of the Orphan. The fearless and unwearied nurse of the sick. The originator of Baths and Wash-houses for the poor. « For all they did cast in of their abundance; but she of her want did cast in all that she had, even all her living ». »

— St. Mark, 12th Chapter, 44th Verse

« CATHERINE WILKINSON. Décédée le 11 novembre 1860, à l’âge de 73 ans. Infatigable et altruiste, elle était l’amie des veuves. Le soutien des orphelins. L’infirmière intrépide et infatigable des malades. L’initiatrice des bains publics et des lavoirs pour les pauvres. « Car tous avaient mis de leur superflu ; mais elle, de son dénuement, avait mis tout ce qu’elle avait, c’est-à-dire tout son nécessaire ». »

— St. Mark, 12e chapitre, 44e verset

En 2012, une statue en marbre de Kitty Wilkinson, connue sous le nom de Sainte des quartiers pauvres, est dévoilée à St George's Hall[6],[7]. Un vitrail à son effigie figure dans la cathédrale de Liverpool[8].

En 2018, elle est honorée à Everton à Kitty's Laundrette[9],[10],[11],[12],[13],[14], un lavoir à but non lucratif au service de la communauté, qui porte son nom.

En , les étudiants de l'Université de Liverpool votent pour changer l'un des noms des chambres du bâtiment de la Liverpool Guild. Après 1 400 votes, il a été choisi de renommer la salle Kitty Wilkinson Room[15].

Biographies

modifier

En 1910, Winifred Rathbone publie The Life of Kitty Wilkinson L'ouvrage est plus documenté sur sa vie que celle précédemment disponible dans Catherine of Liverpool dans Chambers' Miscellany.

En 2000, une biographie plus complète, The Life of Kitty Wilkinson, est écrite par l'auteur et historien de Liverpool, Michael Kelly. Il participe également à un court documentaire sur la vie de Wilkinson, produit par un groupe d'étudiants de l'université Edge Hill en 2014, avec le titre Kitty : The Saint of the Slums[16].

Notes et références

modifier
  1. ↑ Son second enfant est né orphelin de père.

Références

modifier
  1. ↑ (en) « Collective Biographies of Women », sur Collective Biographies of Women (consulté le )
  2. 1 2 (en) « Kitty Wilkinson » [archive du ], sur St James' Cemetery. Liverpool, (consulté le )
  3. ↑ Ashpitel 1851, p. 2–14
  4. ↑ (Rathbone 1927), avec illustration.
  5. ↑ (en-GB) Mark Jones, « Kitty Wilkinson’s Grave », sur Liverpool Irish Festival, (consulté le )
  6. ↑ (en) « Kitty Wilkinson : Statue for Liverpool's 'saint of the slums' », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ (en) « 'Slum Saint' honoured with statue », BBC News,‎ (lire en ligne)
  8. ↑ (en-US) Sarsfield Blog, « Memorials to Kitty Wilkinson », sur Sarsfield Memorials Liverpool, (consulté le )
  9. ↑ (en) « Kitty's Launderette & Eco-Dry Cleaners », sur Wikiwix (consulté le ).
  10. ↑ (en) Helen Pidd, « Liverpool community launderette honours the Saint of the Slums », The Guardian,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. ↑ (en) « Launderette puts social spin on wash-day », sur BBC News (consulté le ).
  12. ↑ (en-GB) « BBC Radio 4 - Woman's Hour, Talking to your kids about race, HRT shortages, and the demise of the bonkbuster novel », BBC (consulté le ).
  13. ↑ (en) Hazel Sheffield, « 'We are the economy' : the community businesses transforming Liverpool » Accès payant, The Independent, (consulté le ).
  14. ↑ (en-GB) O'Malley, « Liverpool To Launch Non-Profit Eco-Launderette In Honour Of Pioneering Female Icon », ELLE, (consulté le ).
  15. ↑ (en-GB) « Meeting rooms », sur www.liverpoolguild.org (consulté le )
  16. ↑ (en) [vidéo] « Kitty : The Saint of the Slums (2014) », Connor Richmond, , 15:1 min (consulté le )

Sources

modifier
  • (en) Arthur Ashpitel, Observations on baths and wash-houses, , 2–14 p. (OCLC 501833155, JSTOR 60239734).
  • (en) Herbert R. Rathbone, Memoir of Kitty Wilkinson of Liverpool, 1786–1860: with a short account of Thomas Wilkinson, her husband, H. Young & Sons, .
  • (en) Michael Kelly, The Life of Kitty Wilkinson, (lire en ligne)

Bibliographie

modifier
  • (en) Agnes Campbell, Report on public baths and wash-houses in the United Kingdom, Carnegie United Kingdom Trust, (OCLC 83579947, lire en ligne)
  • (en) William Paul Gerhard, Modern baths and bath houses, J. Wiley and sons, (lire en ligne).
  • (en) Edge Hill University, « Student film to premiere at Liverpool Irish Festival », Edge Hill University,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  • (en) John Dobie, « Kitty Wilkinson – A Civic Myth », Baths Service, Baths and Wash Houses Historical Archive,‎ (lire en ligne).
  • (en) Winifred R. Rathbone, The life of Kitty Wilkinson : a Lancashire heroine, Liverpool, Henry Young & Sons, coll. « Lancashire heroes and heroines », (OCLC 1055960619, lire en ligne).

Liens externes

modifier