Konstantin Trenev
Konstantin Andreïevitch Trenev (en russe : Константи́н Андре́евич Тренёв), né le à Bachkeïevka dans l'oblast de Kharkiv dans l'Empire russe et mort le à Moscou, est un écrivain et dramaturge soviétique. Son style littéraire et les sujets de ses œuvres l'inscrivent dans la tradition du réalisme socialiste. Lauréat du prix Staline de première classe en 1941 pour le drame Lioubov Yarovaïa.
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Séminaire théologique du Don (d) Académie théologique de Saint-Pétersbourg (en) Institut archéologique de Saint-Pétersbourg |
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- |
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Natalia Konstantinovna Trenova (d) |
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Drame (d) |
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Lioubov Yarovaïa |
Biographie
modifierFils d'ancien serf, Andrei Kirillovich Trenev, Konstantin Trenev naît à Bachkeïevka dans l'oblast de Kharkiv. Il fait ses études primaires à l'école de zemstvo. En 1890-1893, il étudie à l'école de Kamensk-Chakhtinski et, après avoir obtenu son diplôme, à l'école d'agriculture près de Kharkov.
Il est diplômé du séminaire de Novotcherkassk (1896-1899), puis de l'Académie théologique de Saint-Pétersbourg. En 1901-1903, il étudie à l'Institut archéologique de Saint-Pétersbourg et travaille comme enseignant. Il rejoint le Parti constitutionnel démocratique.
À partir de 1898, il écrit régulièrement pour le journal Donskaya Rech de Rostov-sur-le-Don dont il deviendra le rédacteur en chef en 1903-1904. Il y publie articles, feuilletons et critiques de théâtre sous le pseudonyme de K. Kharkovsky. Après la fermeture de Donskaya Rech en , il collabore activement avec le journal de Novotcherkassk Donskaya Zhizn.
L'écrivain séjourne souvent dans le village de Konstantinovskaïa dont les habitants lui inspirent bon nombre de personnages de ses récits (Le Printemps perdu (1909), Six semaines (1911), Le Ravin humide (1913) et Les Ouvriers agricoles (1916), Au village, Sur l'eau calme, Dans mon coin de pays, Noël, Amour éternel). De 1914 à 1916, il y vécut de façon permanente, car son épouse, Larisa Sokolskaïa, était originaire de Konstantinovskaïa[1].
Sa première pièce, Pourquoi les cordes se sont-elles brisées ? (1910), rebaptisée plus tard Les Dorogine, s'inscrit dans la lignée des Ennemis de Maxime Gorki. En 1911, Trenev envoya la copie du manuscrit à Maxime Gorki sur l'île de Capri, et le vénérable écrivain lui répondit chaleureusement, ce qui eut un effet bénéfique sur son travail. Par la suite, Trenev lui même soutiendra de jeunes auteurs, leur insufflant confiance et assurance. Sa nouvelle Le Seigneur (1915) fut interdite par la censure pour sa critique engagée. La même année, son premier recueil de nouvelles fut publié à Moscou[1].
En 1909-1931, il travaille comme professeur au gymnase privé pour filles de Valentina Stanishevskaya à Simferopol.
Pendant la guerre civile, il se trouve en Crimée. Après l'établissement du pouvoir soviétique, il travaille au département de l'éducation publique de Crimée et dirige les éditions Krymizdat.
La pièce Pougatchevchtchina (1924), œuvre post-révolutionnaire relevant du genre de la tragédie populaire, relate la révolte des Cosaques du Don menée par Emelian Pougatchev. Il y dépeint son héros comme un guerrier intrépide et un chef habile, mais aussi comme un aventurier doté d'une arrogance, voire comme un sadique flamboyant obsédé par des passions coupables. La pièce fut mise en scène en 1926 au Théâtre d'Art de Moscou[2], avec des acteurs de renom de l'époque : Ivan Moskvine, Alla Tarassova, Nikolaï Khmeliov, et d'autres[1].
Les expériences et impressions de la guerre civile se retrouvent dans la pièce Lioubov Yarovaïa (1926), l'œuvre de Trenev la plus connue. La pièce développe le sujet mélodramatique entre Lioubov et son mari, Mikhaïl, qui a trahi les siens et qu'elle finit par dénoncer. Le politique triomphe ainsi du personnel[3]. Adaptée au Théâtre Maly, les rôles principaux étaient interprétés par Vera Pachennaïa, Prov Sadovski et Elena Gogoleva[1].
En 1931, Konstantin Trenev s'installe à Moscou. Il a ensuite écrit plusieurs œuvres critiquant la bourgeoisie, qui avait trahi les acquis de la révolution à des fins mercantiles. Parmi ses œuvres les plus importantes figurent la pièce L'Épouse (1928), le drame Yasny Log (1931) sur la collectivisation dans un village, puis deux pièces sur la vie de scientifiques : Expérience (1934) et Anna Luchinina (1941). En 1936, il a présenté la pièce Les Élèves du Gymnase sur la Révolution russe de 1905, et en 1937, la pièce Sur les rives de la Neva sur Petrograd révolutionnaire de 1917, adaptée au Théâtre Maly. La pièce Commandant consacrée à Mikhaïl Koutouzov, est la dernière de l'œuvre de l'écrivain.
Pendant la Grande Guerre patriotique, avec d'autres écrivains, Konstantin Trenev est évacué à Tchistopol au Tatarstan.
Le 10 mai 1945, son dernier article, La puissance invincible, fut publié dans le journal Literatournaïa gazeta[1].
Il mourut d'une maladie cardiaque le dans son bureau, dans la maison des écrivains de Ruelle Lavrouchinski. Il est enterré au cimetière de Novodevitchi.
En 1970, Vladimir Fetine porte à l'écran la pièce de Trenev Lioubov Yarovaïa.
Œuvre
modifier- 1912 : Les Dorogine (Дорогины) - pièces de théâtre
- 1915 : Le Seigneur (Владыка) - recueil de nouvelles
- 1924 : Pugachevshchina (Пугачёвщина) - pièces de théâtre
- 1926 : Lioubov Yarovaïa (Любовь Яровая) - pièces de théâtre
- 1928 : L'Épouse (Жена) - pièces de théâtre
- 1931 : Yasny Log (Ясный лог) - pièces de théâtre
- 1934 : Expérience (Опыт) - pièces de théâtre
- 1935 : Élèves du gymnase (Гимназисты) - pièces de théâtre
- 1937 : Sur les rives de la Neva (На берегу Невы) - pièces de théâtre
- 1941 : Anna Lucilina (Анна Лучилина) - pièces de théâtre
- 1942 : À la rencontre (Навстречу) - pièces de théâtre
- 1945 : Le Commandant (Полководец)
Récompenses et distinctions
modifier- prix Staline : 1941, pour le drame Lioubov Yarovaïa
- Ordre du Drapeau rouge du Travail
- Ordre de l'Insigne d'honneur
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 (ru) « Константиновск-точка отсчета творческой деятельности писателя Тренева. 2 июня исполнилось 145 лет со дня рождения Константина Андреевича Тренева, писателя-беллетриста и драматурга (1876-1945). », sur donskieogni.ru,
- ↑ (en) Robert Leach, Russian Futurist Theatre : Theory and Practice, Edinburgh University Press, , 256 p. (ISBN 9781474402453, lire en ligne), p. 173
- ↑ (en) Evgeniĭ Aleksandrovich Dobrenko, Marina Balina, The Cambridge Companion to Twentieth-Century Russian Literature, Cambridge University Press, , 297 p. (ISBN 9780521875356, lire en ligne), p. 222
Liens externes
modifier- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Le dressage du théâtre soviétique dans les années 1930 et 1940, Marie-Christine Autant-Mathieu, Cahiers slaves , 2004., n°8. pp. 19-41 lire en ligne sur persee.fr