Kpatcha Gnassingbé
Kpatcha Gnassingbé, né le est un homme politique togolais et ancien ministre de la défense. En , il est arrêté et jeté en prison pour soupçons de complot contre son frère Faure Gnassingbé.
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Toyi Gnassingbé (frère jumeau) Nathalie Gnassingbé Essolizam Gnassingbé (frère jumeau) |
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Biographie
modifierEnfance et études
modifierKpatcha Gnassingbé naît le à Lomé, la capitale du Togo. Il est le fils de Gnassingbé Eyadema, président du Togo de 1967 à 2005, et demi-frère de Faure Gnassingbé, président depuis 2005[1]. Son frère jumeau est Toyi Gnassingbé[2].
Il fait ses études primaires à Kara, ville d'origine de ses parents, et une partie de ses études secondaires au Collège militaire Eyadéma de Tchitchao (CME) à Kara puis l'autre au lycée technique de Lomé. Il part ensuite faire ses études supérieures à la Southeastern University de Londres en Angleterre où il obtient un Bachelor of Science[3].
En 1999, il est nommé directeur de la Société d’Administration des Zones Franches (SAZOF) à Lomé puis, cumulativement, président du conseil d’administration de la Société togolaise du coton (SOTOCO), actuel nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT)[3],[4].
Carrière politique
modifierPendant la présidence de son père, il est étroitement associé à l'armée[5]. À la mort de ce dernier en , son frère Faure Gnassingbé assume la présidence. Le , Kpatcha est nommé ministre de la défense au sein du troisième gouvernement de Edem Kodjo[6],[5].
Lors des élections législatives togolaises de 2007, Kpatcha Gnassingbé est le premier candidat sur la liste des candidats du Rassemblement du peuple togolais (RPT) dans la préfecture de Kozah et gagne ainsi un siège à l'Assemblée nationale. Cependant, il démissionne de l'Assemblée nationale le en raison d'une incompatibilité de fonctions, car il occupait toujours le poste de ministre de la Défense[7],[3].
Exclusion du gouvernement Komlan Mally
modifierGnassingbé est exclu du nouveau gouvernement formé le 13 décembre 2007, avec à sa tête Komlan Mally et cherche plus tard à regagner son siège parlementaire.
Il démissionne donc de ses fonctions de directeur général de la SAZOF et de président du conseil d'administration de la Société togolaise du coton (SOTOCO), et il informe le président de l'Assemblée nationale de sa volonté de reprendre ses fonctions le . En conséquence, la Cour constitutionnelle le rétablit dans son siège par une décision rendue le , car il n'occupait plus de fonctions incompatibles avec la fonction de député[8].
Kpatcha Gnassingbé est considéré comme un partisan de la ligne dure au sein du régime RPT, tandis que son frère Faure est considéré comme ayant des tendances plus réformistes[9]. Il est membre du bureau politique du RPT[10].
Arrestation de 2009
modifierLe , les forces spéciales ont pris d'assaut le domicile de Kpatcha Gnassingbé à la suite d'accusations de complot contre la sûreté de l'État. L'opération, marquée par des affrontements ayant coûté la vie à deux soldats, a conduit à plusieurs arrestations et s'est poursuivie par une nouvelle intervention des troupes au domicile le , malgré l'absence de l'intéressé[11].
Gnassingbé demande l'asile à l'ambassade des États-Unis à Lomé le , mais l'ambassade refuse. Il est arrêté sur les lieux par des soldats togolais. Kpatcha Gnassingbé est arrêté et condamné à vingt ans de prison ferme[11]. Selon le Procureur de la république Robert Bakai, il existait « des preuves sérieuses et concordantes » indiquant que Kpatcha Gnassingbé était à l'origine d'un complot visant à renverser son frère Faure[9]. Le , le procureur Bakai déclare que les conditions de détention de Gnassingbé sont « acceptables » et « humaines ». Il décrit également Gnassingbé comme « un citoyen respectable qui a servi la nation »[12]. Il est détenu au sein de la prison civile de Lomé. Un grand nombre de moyens sont mis en place pour négocier sa sortie, sans succès : intervention de la famille Gnassignbé et de hauts-fonctionnaires togolais influents, ainsi que de la cour communautaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), médiation à l'aide de la cheffe du canton de Pya[2].
Réaction de l'opposition
modifierL'opposition Union des forces de changement (UFC) critique cette arrestation. Elle affirme que Gnassingbé bénéficiait de l'immunité parlementaire. Cependant, son cas est légalement traité comme un cas de flagrant délit ; selon la constitution, les députés ne pouvaient être arrêtés et jugés sans levée formelle de leur immunité par un vote de l'Assemblée nationale qu'en cas de flagrant délit[13].
Faure Gnassingbé, s'exprimant à la télévision d'État le , allègue l'existence d'un complot de coup d'État, affirmant que le coup d'État était censé avoir lieu alors qu'il était hors du pays lors d'une visite en Chine. Il ne mentionne pas spécifiquement Kpatcha dans cette adresse[14]. D'autres arrestations ont suivi dans les semaines suivantes; ces arrestations auraient inclus un autre frère, Essolizam Gnassingbé[10]. Le , l'UFC invoque l'immunité parlementaire de Kpatcha Gnassingbé et fait appel devant la Cour constitutionnelle concernant l'arrestation, mais la Cour rejette l'appel le [15].
Dans un entretien accordé à l'Agence France-Presse en , Faure Gnassingbé souligne l'importance de « construire un État de droit » en évoquant le cas de son frère : « On pourrait le régler en famille, plus simple, mais c'est une question de crédibilité. On ne peut pas dire d'un côté qu'on est pour des réformes et de l'autre régler de tels cas subrepticement, à côté[16]. »
En , Kpatcha Gnassingbe malade demande à être libéré de prison. Selon l'un de ses avocats, « une blessure au pied s'aggrave » et Kpatcha Gnassingbé craint une « amputation »[17].
Décorations
modifierNotes et références
modifier- ↑ (en) « First family's grip on Togo takes tense turn »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), AFP, .
- 1 2 « Un n-ième mea culpta de Kpatcha Gnassingbé à Faure Gnassingbé », Le Rendez-vous, no 218, , p. 3 (lire en ligne).
- 1 2 3 « Kpatcha Gnassingbé », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- ↑ (en) « Togo: Gnassingbe digging in as the new front man for Togo's long-ruling elite », IRIN, .
- 1 2 (en) « Togo: Hardline Gnassingbe loyalists and opposition defectors dominate new government », IRIN, .
- ↑ (en) « Leader's brother is Togo minister », BBC News, .
- ↑ David SAMA, « DECISION N°E-001/08 DU 14 FÉVRIER 2008 | Cour constitutionnelle du Togo », (consulté le )
- ↑ « Démission du Premier ministre », sur République Togolaise (consulté le )
- 1 2 (en) « Togo president's brother charged over alleged plot »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), AFP, .
- 1 2 (en) « Cops nab ten civilians over Togo coup »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), Sapa-AFP (IOL), .
- 1 2 « Togo : Kpatcha Gnassingbé condamné à 20 ans de prison ferme », sur JeuneAfrique.com (consulté le ).
- ↑ (en) « Togo leader's brother humanely held : prosecutor »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), AFP, .
- ↑ « Togo: réactions politiques après la condamnation à 20 ans de prison de Kpatcha Gnassingbé », sur RFI, (consulté le ).
- ↑ (en) « Togo's president denounces 'coup attempt' »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), AFP, .
- ↑ « Kpatcha GNASSINGBÉ (Ancien ministre de la défense) - aLome.com - Qui est qui ? », sur www.alome.com (consulté le )
- ↑ (en) Jacques Lhuillery, « Togo's polls big test for legitimacy: president »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), AFP, .
- ↑ « Togo: l'ancien ministre de la Défense Kpatcha Gnassingbe, malade, demande à sortir de prison », sur RFI, (consulté le )
- ↑ Journal officiel de la République togolaise, (lire en ligne [PDF]), p. 3.