Kütchlüg

(Redirigé depuis Kuchlug)

Kütchlüg ou Kuchlug est le fils du dernier khan des Naïmans, devenu Gur Khan des Kara-Khitans en 1213, vaincu et tué par les Mongols de Gengis Khan en 1218.

Kütchlüg
Fonctions
Empereur
Kara-Khitans
-
Khan
Naïman
-
Tayan Khan et Buyruq khan (en)
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Père
Conjoint
Princesse Hunhu (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Lingqun khatun (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
L'Asie à l'époque de Kütchlüg
Le territoire des Kara-Khitans en 1200
L'empire khorezmien juste après le conflit avec les Kara-Khitans

Biographie

modifier

Origine et intégration Kara-Khitan

modifier

Kütchlüg est le fils de Tayang Khan, roi des Naïmans. En 1204, les Naïmans conduits par Tayang sont vaincus dans l’Altaï par Temüjin. Kütchlüg réussit à s’enfuir avec quelques hommes en direction de l’Irtych, tandis que le reste de l’armée se rend. Il se rend d’abord chez les Ouïgours, mais leur souverain Bartchouk, redoutant la colère des Mongols, le chasse.

Il se réfugie alors au Kara Khitaï, dont le Gur Khan Yelü Zhilugu[1] lui donne sa fille Hunhu en mariage. En 1210, il tente de renverser son beau-père avec l’aide du shah du Khwarezm Ala ad-Din Muhammad, qui s'est révolté contre son suzerain en 1207. L’attaque de Muhammad est repoussée par les Kara Khitaï, qui réoccupent même Samarkand. Pendant ce temps, Kütchlüg menace Balasagun, la capitale, mais il est battu devant ses murs, pendant que les Khwarezmiens sont victorieux du général des Kara-Khitans, Tayanqou, dans la steppe du Talas (août-septembre 1210)[2]. L'armée Khitan en retraite est bloquée devant Balasagun par la population. Elle prend la ville d'assaut et la met à sac.

Règne court

modifier

En 1211, Kütchlüg fait prisonnier le Gurkhan Yelü Zhilugu dans une embuscade et prend le contrôle de l'empire des Kara-Khitans. Après avoir pris le contrôle du khanat kara-khitan, Küchlüg consolide son pouvoir sur le bassin du Tarim et les régions environnantes. Bien que son règne soit bref, il est surtout connu pour sa politique religieuse[3].

Ancien chrétien nestorien converti au bouddhisme sous l’influence de son épouse kara-khitane, Küchlüg impose à ses sujets une politique hostile à l’islam. Les populations musulmanes se voient interdire toute manifestation publique de leur foi et doivent choisir entre l’adoption du christianisme ou du bouddhisme, ou l’acceptation des usages vestimentaires khitans. Cette rupture avec la tradition de relative tolérance religieuse des Gürkhāns précédents contribue à détériorer ses relations avec ses sujets sédentaires[3].

Sur le plan politique, Küchlüg entre en conflit avec le Khwarezm Shah Muhammad II, qui cherche à tirer parti de la chute du Gürkhān pour accroître son prestige. Les tensions dégénèrent en incursions et en campagnes militaires dans la région du haut Syr-Daria et du Ferghana. Toutefois, la menace décisive vient de l’est. En attirant autour de lui des adversaires de Gengis Khan et en s’appropriant un titre légitimant un caractère impérial sur tous les mongols, Küchlüg apparaît comme un rival potentiel de l’autorité mongole. En 1216, Gengis Khan envoie le général Djebé dans l'invasion des Kara-Khitans. Battu près de Balasaghun, abandonné par plusieurs villes, Küchlüg fuit vers le sud-ouest. En 1218, il est capturé dans la région du Badakhshan et exécuté. Sa mort entraîne l’annexion définitive de l’ancien khanat kara-khitan à l’Empire mongol[3].

Les troupes mongoles épargnent les villes et la population des Kara-Khitans, en qui ils voient des alliés potentiels pour la conquête du Khwarezm. La fille de Kütchlüg, Lingqun, devient l'une des épouses de Tolui, le plus jeune fils de Gengis Khan et père des grands khans Mongke et Qubilaï.

Bibliographie

modifier

Notes et références

modifier
  1. Marie Favereau : La Horde", 2023, Éd. Perrin, (ISBN 978-2262099558)
  2. Histoire de l'Extrême-Orient, par René Grousset Publié par P. Geuthner, 1929
  3. 1 2 3 Michal Biran, The Empire of the Qara Khitai in Eurasian History: Between China and the Islamic World, Cambridge, England, Cambridge University Press, coll. « Cambridge Studies in Islamic Civilization », (ISBN 978-0521842266), p. 80-90