Kwamouth (territoire)
Kwamouth (anciennement écrit Kouamout) est un territoire et une localité de la province de Mai-Ndombe en république démocratique du Congo.
| Territoire de Kwamouth | |||
Le Kasaï près de Kwamouth | |||
| Administration | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Province | Mai-Ndombe | ||
| Nombre de députés |
1 | ||
| Démographie | |||
| Population | 152 709 hab. (2004) | ||
| Densité | 11 hab./km2 | ||
| Langue nationale | Lingala | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 3° 10′ sud, 16° 12′ est | ||
| Superficie | 13 945 km2 | ||
| Localisation | |||
| Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo
Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo
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| Sources | |||
| Communes et Territoires - Villes - Provinces | |||
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La cité de Kwamouth est équipée d’un port sur le fleuve Congo, considéré comme point d’entrée et de sortie de toute la région du Bandundu par voie d’eau.
Étymologie
modifierLe nom « Kwamouth » est un mot composé : « kwa » signifie rivière et « mouth » désigne la bouche ou l'entrée. Il signifie littéralement « l'entrée de la rivière Kwa »[1].
Géographie
modifierLe territoire de Kwamouth est situé dans la province du Mai-Ndombe, dans l'ouest de la république démocratique du Congo, et couvre une superficie de 13 945 km2[2].
Il est délimité au nord par les territoires de Bolobo et de Mushie, au sud par la commune de Maluku, dans la ville-province de Kinshasa, à l’est par la ville de Bandundu, et à l’ouest par la République du Congo dont il est séparé par le fleuve Congo qui forme la frontière entre les deux pays[2].
Le territoire est situé dans la zone des plateaux de Mai-Ndombe qui s'élève à une altitude de 401 à 500 m[3].
Climat
modifierLe territoire de Kwamouth est soumis à un climat tropical humide, qui se caractérise par une grande saison sèche, de mi-mai à fin août, et une grande saison des pluies, de septembre à mi-janvier. Elles sont ponctuées par une courte saison sèche de mi-janvier à mi-février et une courte saison des pluies de mi-février à mi-mai. Les températures moyennes annuelles sont comprises entre 22 à 28 °C[4].
Démographie
modifierLa population du territoire de Kwamouth est principalement Teke[1]. Du fait de sa proximité avec Kinshasa, le territoire connait également une importante immigration en provenance d'autres régions de la république démocratique du Congo et des pays voisins[5].
Parmi les territoires de l'ancien district des Plateaux (Kwamouth, Bolobo, Mushie, Yumbi), intégrés en 2015 à la nouvelle province de Mai-Ndombe à la suite du démembrement de l'ancienne province de Bandundu, Kwamouth présente la plus forte densité de population[6].
Histoire
modifierDepuis environ , un conflit se déroule sur le territoire de Kwamouth. Le cardinal Fridolin Ambongo, qui s'est rendu sur place, décrit le conflit en terme socio-économique : les habitants de plusieurs ethnies locales mais « non originaires » du territoire (Bangala, Batetela, Baluba, Bambala, Yanzi, Suku, Songye mais surtout Yaka) protestent contre la gestion des terres cultivables et des fermes qu'ils louent aux Teke, l'ethnie originaire[7]. Plus précisément, les ethnies « non originaires » reprochent aux Tekes d'avoir augmenté une redevance coutumière sur les produits agricoles due par les ethnies « non originaires » et de chercher à collecter cette redevance de manière violente. De leur côté, les Tekes critiquent la volonté des Yaka d'installer des chefs coutumiers sur des terres qui sont propriété de Tekes[8]. Le conflit est exacerbé par le retour en RDC d'un masque Kakungu, exposé jusque-là par le musée royal belge de l'Afrique centrale et rendu par la Belgique en . Pour les Suku et les Yaka, ce masque rendrait les combattants invulnérables aux balles et leur permettrait de se rendre invisible. En conséquence, les miliciens Yaka se montrent beaucoup plus téméraires dans leurs attaques[9]. En , Human Rights Watch relaie les accusations d'exactions (exécutions, violences sexuelles) des FARDC dans le territoire. Une commission militaire est mise en place par le gouvernement pour enquêter sur ces accusations[10],[8]. En , un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU estime que 3 000 personnes sont mortes dans les affrontements et 160 000 personnes ont fui le territoire. Le conflit touche principalement le territoire de Kwamouth et la province du Mai-Ndombe mais aussi les provinces voisines de Kwilu, Kwango et Kinshasa ainsi que la république du Congo[11],[12],[13]. En raison de la situation sécuritaire alarmante, les habitants du territoire ne peuvent participer aux votes de fin (élections présidentielle, législatives, provinciale et municipales). Le , des miliciens Mobondo, liés à l'ethnie Yaka, tuent 11 personnes dans le village de Fadiaka[14],[15],[16]. Le gouvernement empêche les journalistes et les travailleurs humanitaires de rentrer sur le territoire[9].
Subdivisions
modifierAdministration
modifierListe des administrateurs du territoire de Kwamouth
modifier| No | Noms | Période |
|---|---|---|
| 1 | Gubetega Gutesa[17] | 1990-1991[17] |
| 2 | Kuluki Falanga[17] | 1991-1992[17] |
| 3 | Botena Mopo[17] | 1992-1994[17] |
| 4 | Ngay Ngasebe[17] | 1994-1995[17] |
| 5 | Bokungako N’Kaoko[17] | 1995-1996[17] |
| 6 | Mona Bopeke[17] | 1996-1997[17] |
| 7 | Mobembo Mpuluba[17] | 1997-1998[17] |
| 8 | Mpay Nsia[17] | 1998 (6 mois)[17] |
| 9 | Germain Kindundi Ngindu[17] | 1998-2002[17] |
| 10 | Morphée Batey Kabenga[17] | 2002-2006[17] |
| 11 | Emmanuel Nzambe Wisi | 2006 (15 jours)[17] |
| 12 | Jean-Pierre Mulenge Ayue Kibalu[17] | 2006-2008[17] |
| 13 | Jérôme Makambo Koentina[17] | 2008[17] |
Langues
modifierNotes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Le kinunu-bobangi est constitué de deux variantes, le kinunu et le bobangi, appartenant au groupe des langues riveraines du fleuve Congo[18].
Références
modifier- 1 2 Omasombo Tshonda 2019, p. 420.
- 1 2 Omasombo Tshonda 2019, p. 24.
- ↑ Omasombo Tshonda 2019, p. 25.
- ↑ Omasombo Tshonda 2019, p. 26.
- ↑ Omasombo Tshonda, p. 469.
- ↑ Omasombo Tshonda 2019, p. 11.
- ↑ Pascal Mulegwa, « RDC: le cardinal Fridolin Ambongo alerte sur le conflit ethnique dans le territoire de Kwamouth », Radio France internationale,
- 1 2 Patient Ligodi, « RDC: une redevance coutumière serait à l'origine des violences dans le Mai-Ndombe », RFI,
- 1 2 (en) « Restitution gone wrong », The Economist, (lire en ligne).
- ↑ Pascal Mulegwa, « RDC: une commission enquête sur les exactions reprochées à des militaires à Kwamouth et Goma », Radio France internationale,
- ↑ « RDC: nouvelles attaques dans le Mai-Ndombe, l'ONU pointe une «crise humanitaire croissante» », Radio France internationale,
- ↑ « RDC: à Kinshasa, le désarroi des déplacés après les violences dans le Mai-Ndombé », Paulina Zidi,
- ↑ « RDC: les attaques armées reprennent dans le territoire de Kwamouth », RFI,
- ↑ « Kwamouth : plus de 10 morts dans une attaque des Mobondo à Fadiaka », radio Okapi,
- ↑ Christian Musungayi, « Kwamouth: 11 morts après l’incursion des miliciens Mobondo à Fadiaka », Politico.cd,
- ↑ « Militiamen Kill 11 in West DR Congo: Local MP », The Defense Post et AFP,
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 Omasombo Tshonda 2019, p. 421.
- 1 2 3 Omasombo Tshonda 2019, p. 117-118.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jean Omasombo Tshonda (dir.), Mohamed Laghmouch, Antoine Batamba, Daniel Bolanzowu, Joris Krawczyk, Élodie Stroobant et Jérôme Mumbanza, Mai-Ndombe : Mosaïque de peuples établie sur un patrimoine naturel, Tervuren, Musée royal de l'Afrique centrale, , 607 p. (ISBN 978-94-92669-55-1, lire en ligne)