Kōki Hirota
Kōki Hirota (広田 弘毅, – ) est un homme d'État japonais, Premier ministre du Japon de 1936 à 1937. Diplomate de carrière devenu ministre des Affaires étrangères puis Premier ministre, il fut un acteur clé de la politique expansionniste du Japon dans les années 1930. Son rôle dans l'escalade des tensions en Asie et sa responsabilité dans les atrocités commises durant la Seconde guerre sino-japonaise continuent de susciter débats et analyses.
| Kōki Hirota 廣田 弘毅 | ||
Kōki Hirota vers 1936. | ||
| Fonctions | ||
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| Ministre des Affaires étrangères | ||
| – (11 mois et 22 jours) |
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| Monarque | Hirohito | |
| Premier ministre | Fumimaro Konoe | |
| Gouvernement | Konoe I (en) | |
| Prédécesseur | Naotake Satō | |
| Successeur | Kazushige Ugaki | |
| – (2 ans, 6 mois et 19 jours) |
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| Monarque | Hirohito | |
| Premier ministre | Saitō Makoto Keisuke Okada Lui-même |
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| Gouvernement | Saitō (en) Okada (en) Hirota (en) |
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| Prédécesseur | Uchida Kōsai | |
| Successeur | Hachirō Arita | |
| Premier ministre du Japon | ||
| – (10 mois et 24 jours) |
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| Monarque | Hirohito | |
| Gouvernement | Hirota (en) | |
| Prédécesseur | Keisuke Okada | |
| Successeur | Senjūrō Hayashi | |
| Biographie | ||
| Nom de naissance | Jōtarō Hirota | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Fukuoka (Kyūshū, empire du Japon) | |
| Date de décès | (à 70 ans) | |
| Lieu de décès | Prison de Sugamo, Tokyo (Japon occupé) | |
| Nature du décès | Pendaison | |
| Sépulture | Shōfuku-ji, Fukuoka | |
| Nationalité | japonaise | |
| Parti politique | Sans étiquette | |
| Conjoint | ||
| Diplômé de | Université de Tokyo (1905) | |
| Profession | Diplomate | |
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| Premiers ministres du Japon | ||
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Jugé par le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient, il est reconnu coupable de crimes de guerre commis pendant la seconde guerre sino-japonaise, puis exécuté par pendaison en . Il demeure le seul civil condamné à mort au cours du procès, aux côtés de six militaires.
Biographie
modifierIssu d'une famille modeste, Hirota brille très tôt par ses capacités intellectuelles. Après des études au prestigieux lycée de Fukuoka, il rejoint l'université de Tokyo où il étudie le droit. Il intègre ensuite le ministère des Affaires étrangères en réussissant l'un des concours les plus difficiles de son époque.
Son ascension est rapide : ambassadeur aux Pays-Bas, puis en Union soviétique, il se forge la réputation d'un diplomate fin, cultivé et mesuré. Cette expérience internationale influencera profondément sa vision stratégique, bien qu'elle ne suffira pas à contenir les forces militaristes qui montent alors au Japon.
Ministre des Affaires étrangères
modifierHirota devient ministre des Affaires étrangères à deux reprises : de 1933 à 1936, puis brièvement en 1938. Ses mandats sont marqués par plusieurs décisions déterminantes.
La doctrine Hirota
modifierEn 1935, il formule une politique en trois points envers la Chine, imposant :
- La reconnaissance par la Chine du Mandchoukouo, État fantoche créé par le Japon.
- Une collaboration sino-japonaise contre le communisme.
- Une politique économique conjointe favorisant l’influence japonaise.
Cette doctrine durcit la position japonaise en Chine et contribue à préparer le terrain à la guerre qui éclate en 1937.
Bien qu'Hirota soit souvent perçu comme un diplomate modéré, il cède fréquemment à la pression de l'armée, qui domine la vie politique. Sa difficulté à s'opposer fermement aux factions militaristes lui sera plus tard reprochée.
Premier ministre (-)
modifierHirota devient Premier ministre dans un contexte extrêmement tendu, juste après l'incident du 26 février, tentative de coup d'État menée par de jeunes officiers. Pour maintenir l'ordre, il accepte des conditions imposées par l'armée, notamment :
- La nomination obligatoire d’un ministre de la Guerre issu de l'armée active
- Un rôle politique central pour l'état-major, limitant le pouvoir civil
Sous son mandat, le Japon signe le Pacte anti-Komintern avec l'Allemagne nazie, renforçant l'axe diplomatique qui mènera ultérieurement au Pacte Tripartite.
Malgré quelques efforts pour limiter l'expansion militaire, Hirota échoue à enrayer la radicalisation du pays. Il est poussé à la démission en 1937, après que le général Hisaichi Terauchi ait démissionné suite à un débat à la Chambre des représentants qui demandait justement la limitation de l'influence de l'armée par rapport au gouvernement civil[1].
Années de guerre
modifierEn tant que ministre des Affaires étrangères puis conseiller influent, Hirota est impliqué dans les décisions stratégiques du gouvernement au début de la seconde guerre sino-japonaise.
L'un des épisodes les plus sombres est le massacre de Nankin (1937). Même s'il n'en est pas l'architecte direct, le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient jugera qu'il était informé des atrocités et n'a pas pris les mesures nécessaires pour les empêcher ou les dénoncer.
Procès et condamnation
modifierAprès la capitulation du Japon en 1945, Hirota est arrêté par les forces d'occupation américaines[2]. Au procès de Tokyo, il est l'un des rares civils accusés parmi de nombreux chefs militaires. Les charges principales retenues contre lui incluent :
- Son rôle dans l'agression contre la Chine
- Son approbation des décisions du gouvernement militariste
- Son absence d'action face aux crimes commis par l'armée impériale
Il est reconnu coupable de crimes de guerre de classe A et condamné à mort[3]. Il est exécuté par pendaison à la prison de Sugamo le .
Notes et références
modifier- ↑ Gravereau 1993, p. 73.
- ↑ Gravereau 1993, p. 130.
- ↑ Gravereau 1993, p. 183.
Liens externes
modifier- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
