Kōzō Okamoto
Kōzō Okamoto (岡本 公三, Okamoto Kōzō), né le à Ashikita (Japon) et mort le à Beyrouth (Liban)[1], est un terroriste membre de l'Armée rouge japonaise.
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
岡本公三 |
| Surnom |
أحمد الياباني |
| Nationalité | |
| Domicile |
Liban (- |
| Formation | |
| Activités |
Militant politique, militant |
| Fratrie |
Takeshi Okamoto (d) |
| Membre de | |
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| Condamné pour | |
| Condamnation |
Proche du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), il est un des trois responsables de l'attentat de l'aéroport de Lod, qui fait 26 morts et une centaine de blessés dans le hall de l'aéroport de Lod en Israël, en 1972.
Kōzō Okamoto est condamné par un tribunal israélien à la prison à perpétuité[2],[3]. Il est libéré en 1985 dans le cadre d'un échange de prisonniers israélo-palestinien. Il séjourne ensuite en Syrie puis s'installe au Liban.
Biographie
modifierKōzō Okamoto est le cadet d'une famille de six enfants de la classe moyenne japonaise[4].
Il devient membre de la Faction armée rouge (赤軍派, Sekigun-ha), un mouvement anti-impérialiste et anticapitaliste issu du mouvement étudiant radical japonais de la fin des années 1960[2]. La FAR est démantelée après un an d'activités, suite à de nombreuses arrestations dans ses rangs[2]. Kōzō Okamoto, pas encore fiché par les forces de l'ordre, mais sans doute sur le point d'être arrêté, se rend au Liban, où Fusako Shigenobu, une ancienne de la FAR, a fondé une nouvelle organisation, l'Armée rouge japonaise, qui opère depuis le Moyen-Orient[2].
Okamoto est formé durant trois mois dans le cadre de la coopération avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP)[2]. Le , il participe, avec deux autres camarades japonais, Tsuyoshi Okudaira (mari de Shigenobu) et Yasuyuki Yasuda, tous deux âgés d'une vingtaine d'années, à une attaque à l'aéroport de Lod (Tel-Aviv), provoquant la mort de 26 personnes dans ce qui sera nommé le massacre de l'aéroport de Lod. L'un des assaillants est tué, un autre se suicide, et Okamoto, blessé, est arrêté alors qu'il tente de s'enfuir[2],[3]. L'attaque contribue à un renforcement mondial des mesures de sécurité dans les aéroports[2].
Famille
modifierSon frère Takeshi Okamoto a participé en 1970 au détournement de l'avion Japan Airlines 351 et est mort en Corée du Nord[5].
Procès
modifierAu cours de son procès, Kōzō Okamoto cherche constamment à obtenir la peine de mort, et déclare : « Quand j’étais enfant, on m’a dit que lorsque les gens mouraient, ils devenaient des étoiles… Nous, les trois soldats de l’Armée rouge, nous voulions devenir la constellation d’Orion à notre mort. Et cela m’apaise le cœur de penser que toutes les personnes que nous avons tuées deviendront elles aussi des étoiles dans le même ciel[6]. » Il est condamné par un tribunal israélien, qui ne tient pas à faire de lui un martyr, à la prison à perpétuité[4].
En 1973, le Front populaire de libération de la Palestine détourne le vol Japan Air Lines 404 et exige la libération de Kōzō Okamoto, ce qu'Israël refuse. Après avoir libéré les otages, le FPLP fait exploser le Boeing japonais[7].
En 1976, des hommes du FPLP détournent le vol Air France 139. C'est le début de prise d'otages de l'aéroport d'Entebbe en Ouganda. Les preneurs d'otages demandent la libération de 53 personnes dont Kōzō Okamoto[8].
Libération
modifierKōzō Okamoto est libéré en 1985 dans le cadre d'un échange de prisonniers israélo-palestinien, puis transféré en Libye[2]. Une photo prise par l'AFP à son arrivée à l'aéroport de Tripoli le montre le regard éteint alors que des combattants palestiniens le hissent sur leurs épaules en signe de triomphe. Un militant palestinien qui l'assiste au quotidien explique que, « Lorsqu'il a été libéré, il ressemblait à un cadavre », ce qui suggère qu'Okamoto a passé la plupart de ses années en prison à l'isolement[4].
Il séjourne ensuite en Syrie avant d'être arrêté au Liban en 1997 pour entrée illégale sur le territoire, puis emprisonné. Les autorités libanaises lui accordent l'asile politique en 2000[2]. Il vit enfin à Beyrouth, où il mène une vie discrète[2], dans une semi-clandestinité[4]. Il a cependant été aperçu à plusieurs reprises se recueillant sur les tombes de ses deux camarades tués, dans un cimetière de Beyrouth[9]. Il est toujours recherché par le Japon qui réclame chaque année son extradition, mais reste un héros populaire dans les camps de réfugiés palestiniens du Liban[10].
Mort
modifierOkamoto meurt à 78 ans le 23 juillet 2026, dans la banlieue de Beyrouth[11].
Notes et références
modifier- ↑ RTBF et AFP, « Liban : décès du Japonais Kozo Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise et auteur d’un attentat meurtrier en Israël en 1972 - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Il y a 50 ans, des Japonais perpétraient une attaque terroriste dans un aéroport israélien », sur Courrier international, .
- 1 2 Prazan 2002, chap « Le FPLP ».
- 1 2 3 4 « La longue vie du Japonais Kozo Okamoto, « héros » de la cause palestinienne », sur Middle East Eye édition française.
- ↑ Agence Jiji, « Décès d’Okamoto Kôzô, dernier survivant de l’attentat de Lod en Israël et figure de l’Armée rouge japonaise », sur nippon.com, (consulté le )
- ↑ https://www.liberation.fr/international/qui-est-kozo-okamoto-auteur-dune-tuerie-en-israel-en-1972-auquel-rima-hassan-a-consacre-le-tweet-qui-lui-vaut-un-proces-pour-apologie-du-terrorisme-20260403_SSFK2LJ22ZAOVFKNE7TKQU7D5U/.
- ↑ Les pirates de l'air ont fait sauter le Boeing japonais après avoir libéré tous leurs otages Les quatre membres du commando ont été arrêtés par les Libyens, 25 juillet 1973, Le Monde. Lire en ligne.
- ↑ Marc Ouahnon, « Quarante ans après la prise d'otages d'Entebbe, les révélations des archives diplomatiques », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Liban : décès de Kozo Okamoto, militant japonais impliqué dans l’attentat de l’aéroport de Lod en 1972 », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ (en) « Kozo Okamoto's long life after Israel suicide mission », sur France 24, .
- ↑ (en) Agence Kyodo, « Japanese Red Army member Kozo Okamoto dies at 78: Palestinian group », Mainichi Daily News, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en-US) Schreiber, Mark (1996). Shocking Crimes of Postwar Japan. Tuttle Publishing. (ISBN 4900737348).
- Michaël Prazan, Les Fanatiques : Histoire de l'armée rouge japonaise, Paris, Seuil, coll. « L'Epreuve des faits », , 302 p. (ISBN 2-02-048686-5, lire en ligne)
Documentaire
modifier- Le documentaire sorti en 1999 Ahmad Le Japonais, Lod-Roumié-Tokyo, de Rabih El-Amine, raconte l'histoire de Kōzō Okamoto depuis l'opération de Lod en 1972 jusqu'à son arrestation en 1997 à Beyrouth.