L'Affaire Protheroe

roman policier d'Agatha Christie

L'Affaire Prothéro

L'Affaire Protheroe
(L'Affaire Prothéro)
Auteur Agatha Christie
Pays Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Roman policier (Whodunit)
Version originale
Langue Anglais
Titre The Murder at the Vicarage
Lieu de parution Londres
Date de parution
Version française
Traducteur Claude Pierre-Langers (1932) - Anciennes éditions (L'Affaire Prothéro)
Raymonde Coudert (1991) - Éditions actuelles (L'Affaire Protheroe)
Éditeur Librairie des Champs-Élysées
Collection Le Masque no 114
Lieu de parution Paris
Date de parution 1932
Nombre de pages 250 p.
Chronologie
Série Miss Marple

L'Affaire Prothéro ou L'Affaire Protheroe (titre original : The Murder at the Vicarage) est un roman policier écrit par Agatha Christie publié en au Royaume-Uni. Il est publié la même année aux États-Unis et en 1932 en France.

C'est le premier roman mettant en scène la détective amatrice Miss Jane Marple.

Retraité à St. Mary Mead, le colonel Protheroe y vit avec sa jeune épouse. Son caractère emporté le rend impopulaire dans le village. Après avoir annoncé vouloir vérifier la régularité des comptes de l'église, il est retrouvé mort dans le bureau du pasteur, d'une balle dans la tête. Une note confuse est trouvée à côté du corps sur laquelle est écrite: « 6h20, Cher Clément, je suis désolé, je ne peux pas attendre plus longtemps car je dois…». Sa voisine Miss Marple mène alors son enquête en faisant appel au pasteur Clément.

Personnages principaux

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  • La victime
    • Colonel Lucius Protheroe : notable aisé.
  • Enquêteurs
    • Miss Marple
    • Colonel Melchett : chef de la police du district
    • Inspecteur Flem (« inspector Slack » en VO) : policier du district.
    • Agent Hurst : représentant de la police locale.
    • Dr Roberts : coroner
  • Presbytère
    • Leonard (« Len ») Clement : fin de la quarantaine, vicaire et pasteur de St. Mary Mead.
    • Griselda Clement : son épouse, environ 25 ans.
    • Dennis Clement : son neveu, environ 16 ans.
    • Mary Adams-Hills : domestique des Clement.
    • M. Hawes : nouveau vicaire-adjoint.
  • Demeure de Old Hall
    • Anne Protheroe : seconde épouse de Lucius Protheroe.
    • Lettice Protheroe : fille du premier mariage de Lucius Protheroe.
    • Reeves : le maître d'hôtel.
    • Manning : le chauffeur.
    • Mme Simmons : la gardienne.
    • Rose : la bonne.
    • Gladdie : l'aide-cuisinière.
    • Mme Pratt
  • Autres suspects
    • Lawrence Redding : peintre, jeune, les femmes du village ne trouvent séduisant.
    • Estelle Lestrange : élégante et raffinée, nouvelle habitante à St. Mary Mead.
    • Professeur Stone : archéologue, fouillant un tumulus dans la propriété des Protheroe.
    • Gladys Cram : jeune secrétaire de Stone.
    • Dr Haydock : médecin du village.
  • Personnages secondaires
    • Martha Price Ridley : veuve et commère dans le village.
    • Caroline Wetherby : commère dans le village.
    • Amanda Hartnell : commère dans le village.
    • M. Cherubin : pharmacien (cité seulement)
    • Bill Archer : braconnier condamné par le colonel Protheroe
    • Mme Archer : bailleur de Redding
    • Raymond West : écrivain, neveu de Miss Marple.

Résumé

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Le roman est composé de 32 chapitres.

Mise en place de l'intrigue

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Leonard Clement, environ 45 ans, vicaire et pasteur au village de St. Mary Mead, est le narrateur du récit. Il vit avec son épouse Griselda, âgée d'environ 25 ans, et de son neveu, Dennis, 16 ans. Le pasteur Leonard entend les commérages du voisinage : on dit que la jeune Lettice Protheroe, que le colonel Lucius Protheroe avait eu d'une précédente union, aurait débuté une liaison avec Lawrence Redding, environ 30 ans, un peintre séduisant arrivé il y a quelques semaines au village. Le pasteur a une discussion avec Lettice puis avec miss Marple au sujet de cette prétendue liaison (chapitres 1 et 2).

Tout le monde sait au village que le colonel Lucius Protheroe a un sale caractère et qu'il a un comportement de pater familias. Par hasard, le pasteur Leonard découvre une liaison amoureuse entre Anne, la jeune épouse du colonel Protheroe (que l'on connu pour son « sale caractère ») et Lawrence Redding. Ces deux-là s'embrassent. Le pasteur Leonard rencontre Anne, a une discussion avec elle et lui promet de ne rien dire au colonel, tout en l'invitant à respecter les vœux du mariage (chapitre 3).

Le lendemain, « le jeudi 21 », le pasteur Leonard croise Lawrence Redding qui lui annonce qu'il va quitter le village ainsi qu'Anne Protheroe. Dans l'après-midi, le pasteur est appelé au chevet d'une personne mourante, mais arrivé au domicile de cette personne, il apprend que personne ne l'a jamais appelé. Troublé, il rentre au presbytère pour rencontrer le colonel Protheroe avec qui il a rendez-vous à 18 h 30 (chapitre 4).

Le pasteur croise de nouveau Lawrence Redding qui paraît affolé. Quelques minutes pus tard, arrivé au bureau du presbytère, le pasteur découvre le colonel Protheroe mort : il a reçu une balle dans la tête. Le pasteur Leonard appelle à l’aide le docteur Haydock. L'inspecteur Flem est appelé à la suite et arrive sur les lieux ; il procède à un premier examen des lieux et du cadavre ; on découvre un message écrit par Protheroe (chapitre 5).

Enquête criminelle

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La police, représentée par le colonel Melchett et l'inspecteur Flem[1], commence l'enquête. On découvre un bref courrier censé avoir été écrit par le colonel Protheroe, annonçant l'écriture de ce message à 18 h 20. Le message ayant été interrompu, on peut en déduire que le meurtre a eu lieu à cette heure-là. Toutefois, le pasteur Leonard annonce que la pendulette de son bureau, retrouvée cassée, avançait toujours d'un quart d'heure. Plusieurs témoins évoquent aussi un coup de feu assourdi dans le bois, situé à proximité. Un premier coup de théâtre a lieu : le peintre Lawrence Redding déclare être l’assassin du colonel. Mais des discordances entre ses déclarations et les auditions de témoins permettent de le mettre hors de cause. Il s'était dénoncé faussement car il croyait Anne Protheroe coupable. Un second coup de théâtre a lieu : Anne Protheroe s'accuse elle aussi du meurtre ! Mais là encore, elle est mise hors de cause : elle croyait que Lawrence Redding était coupable du meurtre. Et miss Marple, qui l'a vue quelques instants avant qu'elle n'entre dans le bureau du presbytère, certifie que Anne ne portait aucune arme avec elle. Les deux amants, qui vivaient une liaison secrète, pensaient que l’autre était coupable. La police cherche en direction de M. Archer, un braconnier qui a été récemment condamné par le colonel Protheroe pour braconnage. Mais il semble trop bête pour avoir monté un plan pour assassiner le colonel, et au surplus il ne connaissait pas les lieux. L'enquête s'oriente aussi en direction de Mme Lestrange, une femme mystérieuse arrivée récemment dans le village. Enfin, que sait-on de M. Stone, un archéologue arrivé il y a quelques semaines dans le village pour fouiller un tumulus dans la propriété des Protheroe, et de sa jeune secrétaire, miss Cram ?

Véritable commère, miss Marple aperçoit miss Cram porter une valise dans les bois en pleine nuit. Le pasteur Leonard découvre cette valise et la police constate qu'elle contient des objets en argent. En même temps que la valise, le pasteur Leonard trouve un petit bout de minerai en forme de cristal, que Hayddock identifiera comme étant de l'acide picrique à l'état naturel. Il apparaît que Stone n'est pas vraiment archéologue et qu'il est un imposteur fait poser des questions : est-il un voleur ? le colonel Protheroe a-t-il été assassiné parce qu'il aurait découvert ce vol ?

Le pasteur Leonard apprend que Mme Price-Ridley aurait reçu un appel téléphonique menaçant. Par ailleurs, Anne Protheroe constate qu'un ancien tableau représentant un portrait de femme a été lacéré à coups de cutter. Un graphologue de la police scientifique, qui a examiné le message censé avoir été écrit par le colonel Protheroe, conclut que ce message n’a pas été écrit par le colonel mais par quelqu'un qui a contrefait son écriture.

On est le dimanche 24. En chaire, le pasteur Leonard prononce un sermon plus incisif que d'habitude. Peu après, il reçoit un appel téléphonique de son vicaire-adjoint, Hawes, qui lui déclare avoir une faute à avouer. Arrivé au domicile de Hawes, le pasteur Leonard le découvre inanimé. Il appelle à l'aide le docteur Haydock qui fait hospitaliser Hawes, lequel aurait été empoisonné. Au domicile de Hawes, le pasteur Leonard découvre le vrai message écrit par le colonel Protheroe le jour de son assassinat : il accusait Hawes d'avoir volé certaines sommes de l’argent des dons des paroissiens.

Dénouement et révélations finales

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C'est alors que miss Marple explique aux policiers et au pasteur ce qui, selon elle, s'est passé. Il n'y a pas un mais deux tueurs, agissant en binôme : Lawrence Redding et Anne Protheroe. Ils avaient décidé de tuer le mari pour vivre ensemble. Au prétexte d'avoir une conversation avec le pasteur Leonard, il avait déposé son pistolet dans un pot de fleurs au sein des locaux du presbytère. Puis il avait mis le feu à de l'acide picrique dans les bois, afin de faire croire à un coup de feu. Le but était de créer une confusion parmi le voisinage lorsque le réel coup de feu pour tuer le colonel interviendrait. C'est lui qui, en fin d'après-midi, avait appelé le pasteur Leonard pour l'attirer auprès d'une fausse malade loin du presbytère. Pendant ce temps Anne se rendait au presbytère en se faisant bien apercevoir par miss Marple, qui pourrait témoigner qu'elle était désarmée. Anne avait récupéré le pistolet du pot de fleurs, avait tué son époux puis quitté le presbytère. Puis Lawrence Redding était entré à son tour dans le bureau, avait subtilisé le message du colonel impliquant Hawes et l'avait remplacé par un autre pour égarer les enquêteurs sur l'heure du meurtre. Chose étonnante, en fin de compte les deux complices, qui avaient tous deux avoué le meurtre avec des indications manifestement fausses, l’avaient réellement commis ! Leur duo avait permis à chacun d'eux d'avoir un alibi successif pour l'heure du crime. C'est Redding qui avait empoisonné Hawes et qui, laissant le message du colonel Protheroe, pouvait laisser croire que Hawes, en recevant ce message, avait, désespéré, décidé de ses suicider. Redding n'avait pas pensé que Hawes pourrait s'en tirer.

Miss Marple propose une ruse pour piéger Lawrence et Anne : leur faire croire un faux éléments factuel pour les pousser à se démasquer. Le subterfuge fonctionne et le duo d'assassins est arrêté.

Dans les dernières pages du roman, la jeune Lettice révèle que Mme Lestrange est en réalité la première épouse du colonel Protheroe, et donc sa propre mère, et qu'elle est en stade terminal d'un cancer. C'est Lettice qui avait lacéré la peinture représentant la jeune Estelle Lestrange trente ans auparavant, afin que personne ne l'identifie et ne la soupçonne aujourd'hui. M. Stone était effectivement un voleur et un faussaire ; il avait recruté miss Cram qui ignorait tout de ses activités délinquantes. C'est Griselda et Dennis qui avaient menacé la vieille Mme Price-Ridley dans le cadre d'un canular. Enfin Griselda annonce à son époux, le pasteur Leonard, qu'elle est enceinte (chapitre 32).

Élaboration du roman

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Écriture

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Comme plusieurs romans d'Agatha Christie, L'Affaire Protheroe est raconté à la première personne, le narrateur étant ici Leonard Clement, le pasteur de St. Mary Mead.

Le roman est le premier des treize ouvrages d'Agatha Christie dans lesquels apparaît Miss Marple. Toutefois, il ne s'agit pas de sa première apparition chronologique. En effet, Agatha Christie avait précédemment publié 6 nouvelles du futur recueil Miss Marple au Club du Mardi (1932), dans les colonnes du magazine The Sketch, en 1928[2]. Cependant, dans ces nouvelles, la nouvelle héroïne d'Agatha Christie, bien que donnant toujours la clé de l'énigme posée, restait un peu à l'arrière-plan et n'avait pas encore l'« épaisseur » que lui donnera la romancière dans les douze romans où elle la mettra en scène.

C'est le premier roman à être publié par William Collins, Sons sous leur nouvelle maison d'édition, Collins Crime Club, créée quelques mois plus tôt, en [3].

Variations du titre

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Le roman est sorti simultanément avec deux titres différents des deux côtés de l'Atlantique : sans article initial au Royaume-Uni (Murder at the Vicarage), et avec aux États-Unis (The Murder at the Vicarage).

Les titres des éditions françaises ont également subi des variations : « Prothero » était ainsi épelé dans la traduction de 1932 de Claude-Pierre Langers (et encore en usage dans l'édition de 1967 de la collection « Club des masques »), tandis que la nouvelle traduction de 1990, réalisée par Raymonde Coudert (à la fois pour le tome 2 des « Intégrales » et en réédition dans la collection « historique » Le Masque) faisait cette fois usage de la graphie « Protheroe ».

Références à d'autres œuvres

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Le personnage de Miss Marple est une nouvelle variation, dans un registre différent, du thème de la vieille fille observatrice déjà utilisé en 1926 dans Le Meurtre de Roger Ackroyd, via le personnage de Caroline Sheppard. Avec une différence notable : la sœur du docteur Sheppard, dans le roman de 1926, était visiblement plus jeune et « dynamique » que ne l'est Miss Marple lors de sa première prestation dans L'Affaire Protheroe, où on la devine âgée d'environ 65 ans.

Les personnages de Leonard Clement, le pasteur de St. Mary Mead, et de sa femme Griselda, sont réutilisés par Agatha Christie dans deux autres romans de Miss Marple : Un cadavre dans la bibliothèque (1942) et Le Train de 16 h 50 (1957)[3].

Éditions

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anglaises
françaises

Adaptations

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Au théâtre

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À la télévision

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À la radio

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En bande dessinée

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En livre pour enfants

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  • 2025 : Muddle at the Vicarage, livre hors série de la collection Monsieur Madame, par Adam Hargreaves. (Uniquement en anglais à ce jour)

Notes et références

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  1. « Inspector Slack » en version originale.
  2. L'Intégrale : Agatha Christie (préf. Jacques Baudou), t. 2 : Les années 1926-1930, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. « Les Intégrales du Masque », , 1268 p. (ISBN 2-7024-2087-7, BNF 35338232), « Postface - L'Affaire Protheroe », p. 1241-1242
  3. 1 2 (en) « The Murder at the Vicarage », sur le site officiel d'Agatha Christie

Liens externes

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