L'Homme à l'étui
L’Homme à l’étui (en russe : Человек в футляре) est une nouvelle d’Anton Tchekhov parue en 1898.
| L'Homme à l'étui | ||||||||
L'Homme à l'étui, statue installée en 2010 à Taganrog pour le 150e anniversaire de la naissance de l'écrivain devant le Musée littéraire d'Anton Tchekhov installé dans le lycée où l'écrivain a fait ses études | ||||||||
| Publication | ||||||||
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| Auteur | Anton Tchekhov | |||||||
| Titre d'origine | Человек в футляре
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| Langue | Russe | |||||||
| Parution | La Pensée russe |
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| Nouvelle précédente/suivante | ||||||||
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Historique
modifierL’Homme à l’étui est initialement publiée dans la revue russe La Pensée russe, numéro 7, de 1898[1]. Cette nouvelle précède De l'amour et Les Groseilliers, avec lesquelles elle forme ce qu'on appelle « la petite trilogie[2] »..
Personnages
modifier- Bourkine, le narrateur, professeur au lycée
- Ivan Ivanitch Tchimcha-Himalaïski, le compagnon du narrateur.
- Bélikov, professeur, la quarantaine, l’homme à l’étui
- Kovalenko, professeur, Ukrainien
- Varia Kovalenko, la trentaine, sœur du précédent
Résumé
modifierIvan Bourkine raconte à son ami Ivan Ivanytch l’histoire tragique de Belikov, professeur de grec ancien dans sa ville. C’était un original qui sortait été comme hiver avec un gros pardessus et un parapluie. Tout chez lui était dans un étui, protégé. Il obéissait à toutes les interdictions et recommandations, ne supportait pas la nouveauté et son autorité morale influençait les professeurs, le proviseur, les autorités religieuses et jusqu’aux dames de la bonne société. Bien que Bourkine — qui est à la fois le narrateur et un ancien colocataire de Bélikov — soit dépeint comme un homme au regard critique sur son milieu, ce milieu lui-même (la vie des professeurs de lycée) n'est nullement présenté sous un jour satirique ; au contraire, ces gens étaient tous des personnes réfléchies et profondément respectables, élevées dans la lecture de Tourgueniev et de Chtchedrine[3].
Le professeur Kovalenko et sa sœur Varenka ne sont en rien exclus de ce milieu provincial. Varenka est une demoiselle dans la trentaine qui aspirait depuis un moment à « un petit chez-soi » et que, « si l'on tenait compte de son âge, elle n'était plus en position de faire la difficile ; il était temps d'épouser le premier venu, fût-ce un professeur de grec ». Quant au frère, on sait seulement que l'école l'ennuyait profondément et qu'il déclarait vouloir aller vivre à la campagne, pêcher des écrevisses et instruire les gens du cru[3].
Belikov, cet homme austère, rigide, a failli se marier avec Varenka. Mais il hésite et refuse finalement après l'avoir vue faire de la bicyclette : c’est inconvenant et imprudent[4]. Il va l’annoncer aux Kovalenko. La jeune femme n’est pas là, et son frère, qui ne l’a jamais supporté, le jette dehors. Belikov tombe dans l’escalier. Au bas de l’escalier, il y a Varenka qui rigole.
Belikov s’imagine qu’il va être la risée du lycée, se met au lit et meurt un mois plus tard. Bourkine, quant à lui, avoue que c'est un grand plaisir d'enterrer des individus comme Belikov[5].
Extraits
modifier- « Pourtant ce petit bonhomme toujours affublé de caoutchoucs et d’un parapluie tint pendant quinze ans le lycée dans ses mains ! Que dis-je, le lycée ? Toute la ville ! Nos dames n’organisaient pas de spectacles privés le samedi, de crainte qu’il ne l’apprît. »
- « Passer son temps au milieu d’oisifs, de chicaneurs, de femmes bêtes, futiles, dire et écouter toutes sortes de balivernes, n’est-ce pas vivre dans un étui ? »
Adaptation au cinéma
modifierL'histoire a été adaptée au cinéma en 1939 par Isidore Annenski sous le titre Le Rond-de-cuir[3].
Notes et références
modifier- ↑ Claude Frioux 1971, p. 1024.
- ↑ Françoise Darnal-Lesné 2010, p. 114.
- 1 2 3 (en) Evgeny Dobrenko, Stalinist Cinema and the Production of History: Museum of the Revolution, Edinburgh University Press, , 320 p. (ISBN 9780748632435, lire en ligne), p. 119
- ↑ (en) Charles Edward May, Masterplots II : Short story series, vol. 5, (ISBN 9781587651458, lire en ligne), p. 2515
- ↑ (en) Joe Andrew, Robert Reid, Tolstoi and the Evolution of His Artistic World, Brill, , 336 p. (ISBN 9789004465633, lire en ligne)
Édition française
modifier- Anton Tchekhov (trad. du russe par Édouard Parayre et Lily Denis, préf. Claude Frioux), Œuvres, t. 3 : Récits (1892-1903), Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no 223), , 1040 p. (ISBN 2-07-010628-4), « L'Homme à l'étui »
Bibliographie
modifier- Françoise Darnal-Lesné, Dictionnaire Tchekhov, Paris, L'Harmattan, , 324 p. (ISBN 978-2-296-11343-5)