Ligue fédéraliste de Bretagne

parti politique
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La Ligue fédéraliste de Bretagne (LFB) (en breton : Kevread Vreizh Kevreadel) est une organisation politique fondée à Rennes en et disparue à la fin des années 1930.

Ligue fédéraliste de Bretagne
Présentation
Président Goulven Mazéas
Fondation août 1931
Siège Rennes, Ille-et-Vilaine
Vice-président Lancelot
Secrétaire-trésorier Fañch Gefflot
Organe officiel La Bretagne fédérale – Breiz Kevredel
Devise Bretagne, Fédération, Paix
Positionnement Gauche
Idéologie Fédéralisme
Pacifisme
Régionalisme breton
Antifascisme

Issue d'une scission du Parti autonomiste breton, elle prônait un fédéralisme démocratique, pacifiste et de gauche, visant à promouvoir l’autonomie culturelle, économique et politique de la Bretagne au sein d’une France fédérale et d’une Europe des peuples[1].

La Ligue s’opposait au centralisme français et au nationalisme autoritaire, notamment celui du Parti national breton (PNB)[2]. Son organe officiel, La Bretagne fédérale – Breiz Kevredel, publié de à 1934, était le principal vecteur de ses idées.

Historique

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Contexte et fondation

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La Ligue fédéraliste de Bretagne naît dans le contexte de l’éclatement du Parti autonomiste breton (PAB) lors du congrès du PAB à Rennes, le , où des tensions idéologiques entre les autonomistes de gauche, favorables à un fédéralisme républicain, et les nationalistes de droite, menés par Olier Mordrel et François Debauvais, conduisent à une scission[2],[3]. Les fédéralistes, emmenés par des figures comme Morvan Marchal, Goulven Mazéas, Maurice Duhamel et René-Yves Creston, fondent la Ligue en à Rennes, lors d’un congrès officialisant leur rupture avec le PNB, accusé de dériver vers des idées extrémistes et fascisantes[2],[4].

Structuration

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Implantation des sections de la Ligue fédéraliste.
Il faut ajouter la section de Paris.

La Ligue se structure autour de sections locales (Rennes, Saint-Servan, Dol, Nantes, Paris) et d’un comité directeur composé de trois membres élus annuellement : Goulven Mazéas (président), Morvan Marchal et Ronan Klec’h[1]. Son siège est fixé à Rennes, aux bureaux de son journal, La Bretagne fédérale – Breiz Kevredel[BF 1]. Les statuts, publiés dans le premier numéro du journal (), précisent que les membres actifs, d’origine bretonne, paient une cotisation de 10 francs par an, tandis que des membres associés, sans distinction d’origine, soutiennent la doctrine sans droit de vote[BF 1].

Programme et orientation

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La doctrine de la Ligue repose sur trois axes principaux, résumés dans sa devise : Bretagne, Fédération, Paix[BF 2].

La Ligue se distingue par sa neutralité confessionnelle et sociale, permettant à ses membres d’adhérer à des courants politiques variés (socialisme, communisme, radicalisme, libertaires), tout en unissant leurs efforts pour une Bretagne autonome dans un cadre fédéral[5]. Elle s’oppose fermement au programme autoritaire du PNB, notamment son virage fasciste à partir de 1933 avec le programme S.A.G.A., qu’elle critique pour son intolérance religieuse et son nationalisme exclusif[BF 6].

Activités et actions

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Revue de la Ligue fédéraliste de Bretagne

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Couverture du 1er numéro de la revue La Bretagne fédérale.

La Bretagne fédérale – Breiz Kevredel, revue mensuelle de 30 pages lancée le , est l’organe central de la Ligue[BF 7]. Elle publie des articles en français et en breton, abordant la culture bretonne, le fédéralisme, le pacifisme et les questions économiques, comme la crise agricole (ex. : le doryphore)[BF 8]. Le journal, dirigé par Goulven Mazéas et administré par Fañch Gefflot, atteint un tirage en hausse de 32 % en 1932, avec des abonnements doublés en six mois[BF 9]. Elle cesse d'être publiée en 1935.

Congrès

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La Ligue organise des congrès réguliers pour définir sa stratégie :

Engagement politique et social

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La Ligue milite pour une gestion autonome des intérêts bretons, dénonçant l’inaction de l’État face à la crise économique (ex. : chômage à Nantes et Saint-Nazaire en 1933)[BF 14]. Elle critique les infrastructures défaillantes (routes, chemins de fer) et l’exploitation des paysans bretons et appelant à la résistance contre les saisies fascistes[BF 15]. En 1934, elle s’engage dans le combat antifasciste à la suite des émeutes du 6 février 1934, exhortant les travailleurs bretons à former des comités de défense et réclamant la dissolution des ligues fascistes comme l’Action française[6],[BF 16].

La Ligue soutient également les minorités nationales en France (Corse, Occitanie, Alsace, Flandre) et à l’international, collaborant avec le Partitu Corsu Autonomista et proposant la reconstitution du Comité central des minorités nationales de France[BF 17]. Elle salue des figures comme Aristide Briand, vu comme un défenseur de la paix[BF 18], et Joseph Loth, promoteur de la langue bretonne[BF 19].

Répression et défis

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La Ligue fait face à une répression policière croissante, notamment lors des manifestations contre les célébrations du 4e centenaire de l’union de la Bretagne à la France en 1932[BF 20]. À Vannes et Nantes, ses militants subissent des arrestations préventives et des filatures[3],[PPR 1]. En 1932, Joseph Cattelliot est condamné à une amende pour un feu d’artifice à Rennes, et d’autres militants, comme ceux de Breiz da Zont, sont emprisonnés[BF 21]. La Ligue lance des souscriptions pour soutenir ses membres persécutés[BF 22].

Malgré son dynamisme, la Ligue peine à s’implanter en Basse-Bretagne, où les mouvements nationalistes conservent une influence[BF 23]. Le congrès de Nantes de 1933, marqué par des tensions avec des éléments de gauche marginalisant la question bretonne, révèle les difficultés à unifier les forces progressistes[BF 24]. La montée du fascisme en France et la radicalisation du PNB affaiblissent progressivement la Ligue, qui disparaît à la fin des années 1930, incapable de s’imposer face aux idées extrémistes de Olier Mordrel[2].

Figures clés

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Héritage

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La Ligue fédéraliste de Bretagne, bien que marginale face au PNB, pose les bases d’un bretonnisme de gauche, opposé au nationalisme autoritaire[2]. Son engagement pacifiste et antifasciste, ainsi que son plaidoyer pour une France fédérale respectant les minorités, influencent les mouvements régionalistes ultérieurs. Son journal, La Bretagne fédérale – Breiz Kevredel, reste une source précieuse pour comprendre les aspirations bretonnes des années 1930. En 1938, la Ligue publie un manifeste réaffirmant son opposition au racisme et au centralisme, considéré comme son testament politique[2].

Références

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Publications de la L.F.B.

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Comité Breton d'Organisation Fédéraliste, Manifeste des Bretons Fédéralistes, (lire en ligne)

Périodiques

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  • Articles du magazine La Bretagne fédérale – Breiz Kevredel
  1. 1 2 « Statuts de la Ligue Fédéraliste de Bretagne », La Bretagne Fédérale, no 1,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  2. ↑ « Déclaration de la Ligue », La Bretagne Fédérale, no 3,‎ , p. 8-9 (lire en ligne)
  3. 1 2 Ronan Klec’h, « Sur l’Union », La Bretagne Fédérale, no 3,‎ , p. 3-7 (lire en ligne)
  4. ↑ « Fédéralisme et Haute-Bretagne », La Bretagne Fédérale, no 1,‎ , p. 16-18 (lire en ligne)
  5. ↑ Morvan Marchal, « La Paix », La Bretagne Fédérale, no 2,‎ , p. 9-16 (lire en ligne)
  6. ↑ « Salade Armoricaine, Garantie Authentique », La Bretagne Fédérale, no 14,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  7. ↑ « La Bretagne Fédérale – Breiz Kevredel », La Bretagne Fédérale, no 1,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  8. 1 2 Goulven Mazéas, « Le Doryphora », La Bretagne Fédérale, no 2,‎ , p. 17-27 (lire en ligne)
  9. ↑ « Le Bilan », La Bretagne Fédérale, no 7,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  10. ↑ « Congrès d’Hiver, Saint-Malo », La Bretagne Fédérale, no 3,‎ , p. 8-21 (lire en ligne)
  11. ↑ « Congrès d’Été – Dol, 24-25 septembre 1932 », La Bretagne Fédérale, no 9,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  12. ↑ « Congrès d’Hiver – Nantes », La Bretagne Fédérale, no 10,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  13. ↑ « Congrès de la Ligue Fédéraliste », La Bretagne Fédérale, no 14,‎ , p. 3-4 (lire en ligne)
  14. ↑ « Sous le Signe de la Prospérité », La Bretagne Fédérale, no 14,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  15. ↑ « Contre les saisies paysannes », La Bretagne Fédérale, no 20,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  16. ↑ « Travailleurs bretons, organisons immédiatement nos comités de défense anti-fasciste », La Bretagne Fédérale, no 20,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  17. ↑ H. Yvia-Croce, « Coude à coude », La Bretagne Fédérale, no 5,‎ , p. 16-18 (lire en ligne)
  18. ↑ Herveig Penn Teo, « Eur Brezon e oa », La Bretagne Fédérale, no 5,‎ , p. 6-8 (lire en ligne)
  19. ↑ « La mort de Joseph Loth », La Bretagne Fédérale, no 20,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  20. ↑ « La Frontière Explosive », La Bretagne Fédérale, no 11,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  21. ↑ « Chronique de la Ligue Fédéraliste », La Bretagne Fédérale, no 19,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  22. ↑ « Pour les emprisonnés », La Bretagne Fédérale, no 9,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  23. ↑ « Notre Congrès d’Été », La Bretagne Fédérale, no 10,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  24. ↑ « Après le Congrès de Nantes », La Bretagne Fédérale, no 14,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  • Autre presse périodique régionale
  1. ↑ « M. Jefflot, secrétaire de la Ligue fédéraliste de Bretagne nous parle du mouvement nationaliste Breton », L'Ouest-Éclair, no 13061,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  1. 1 2 3 4 Déniel 1976, p. 142.
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 Cadiou 2013, p. 272.
  3. 1 2 Carney 2019, p. 181.
  4. ↑ Carney 2019, p. 173.
  5. ↑ Déniel 1976, p. 143.
  6. ↑ Cadiou 2006, p. 63.
  7. 1 2 Mac an Bhreithiún 2011, p. 114.
  8. ↑ Temps modernes 1973, p. 177.

Voir aussi

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages généralistes
Ouvrages universitaires
  • Sébastien Carney, Breiz Atao ! Mordrel, Delaporte, Lainé, Fouéré : une mystique nationale (1901–1948), Presses universitaires de Rennes, , 640 p. (ISBN 9782753560673, présentation en ligne)
  • (en) Bharain Mac an Bhreithiún, « Ar Seiz Breur, Linguistic Hegemony, and Graphic Resistance in Brittany », Contemporary French Civilization, Liverpool University Press, vol. 35, no 1,‎ , p. 111–132 (DOI 10.3828/CFC.2011.35.1.7)
Ouvrages historiques
Ouvrages thématiques

Liens externes

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