La Bruxelloise
La Bruxelloise est un chant patriotique datant de la révolution belge, créé fin , sur l'air de La Marseillaise[1], par A. E. Hubert, un combattant de la Deuxième Révolution française.
| Auteur |
A. E. Hubert |
|---|---|
| Langue |
Français |
| Pays | |
| Date de création |
août 1830 |
| Sujet |
Histoire
modifierLors du déclenchement de la révolution belge par les émeutes d'août 1830 à Bruxelles, les insurgés reprennent les symboles révolutionnaires de la Deuxième Révolution française qui vient de se terminer en juillet, tels que le drapeau « bleu-blanc-rouge »[2] ou La Marseillaise. Celle-ci sert de base musicale à plusieurs chants patriotiques belges et est d'ailleurs adaptée dans la version de « La Marseillaise des Belges »[3].
Si le texte originel de La Bruxelloise date du début des événements, les vers sont publiés au « Bureau des souscriptions pour les Belges » de Paris avec pour sous-titre : « Aux Belges qui ont reconquis leur indépendance, hommage d'un soldat du 29 juillet »[4]. En effet, de nombreux Français participent activement à la révolution belge, sous l'influence d'associations telles que la Société des amis du peuple, basée à Paris.
Texte
modifierParoles
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Voici les paroles originelles, avec l'orthographe d'époque[5] :
Drapeau brillant de la Belgique,
Étendard rouge-jaune-noir,
Offre-nous ton aspect magique,
Et nous renaîtrons à l'espoir. (bis)
Rouge-jaune est feu du courage,
Le noir, c'est mort aux ennemis.
Hommes libres, soyons unis ;
Honte éternelle à l'esclavage !
Courage, citoyens ! parlez et montrez-vous ;
Bientôt, bientôt, la Liberté reviendra parmi nous !
Belges, délivrez la patrie
Du joug d'un ministre oppresseur ;
Faites sur sa tête ennemie
Diriger un arrêt vengeur. (bis)
Du nom sacré de la Justice
Il se joue en nous accablant;
On parle, on écrit en tremblant :
Que lui-même tremble et frémisse !
Courage, citoyens ! parlez et montrez-vous ;
Bientôt, bientôt, la Liberté reviendra parmi nous !
Ô Roi dont de pareils ministres
Osent fasciner les regards !
Entends-tu les clameurs sinistres
Qui s'élèvent de toutes parts ? (bis)
Dissipe l'orage qui gronde,
Rends la presse à la liberté ;
Que ta royale autorité
Sur l'amour du peuple se fonde!
Courage, citoyens ! parlez et montrez-vous ;
Bientôt, bientôt, la Liberté reviendra parmi nous !
Analyse
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Le premier couplet rend hommage au drapeau de la Belgique, à cette époque une tricolore horizontale « rouge-jaune-noir », arboré pour la première fois dès le et symbole de la révolution belge.
Le deuxième et troisième couplets traitent quant à eux de l'un des griefs principaux des Belges : l'attitude du ministre de la Justice du Royaume uni des Pays-Bas, Cornelis Van Maanen. Celui-ci est effet particulièrement décrié dans les provicnes du Sud pour ses atteintes aux libertés fondamentales et à la liberté de la presse, qui trouvent leur point culminant lors du procès de Louis de Potter et de ses associés, Jean-François Tielemans et Adolphe Bartels, en . Le soutien et la politique « hollandaise » du roi Guillaume sont également visés.
La Nouvelle Bruxelloise
modifierLe , Jean-Baptiste Vautier fait publier une Nouvelle Bruxelloise sur « un air restant à faire »[6]. En voici les paroles avec l'orthographe d'époque :
Choeur :
Enfans de la Belgique,
Prenez pour devise, union ;
Votre ligue patriotique
Délivrera la nation.
De l'hydre de la tyrannie
Trop long-temps a grondé la fureur impunie ;
De nos climats chéris des cieux,
Qu'elle soit pour jamais bannie !
Un nouvel avenir s'ouvre devant nos yeux,
Et dans un lointain glorieux,
De la liberté sainte apparaît le génie.
(choeur)
Liberté ! soit notre Déesse ;
Viens du Belge qui t'aime encourager l'ivresse ;
Sur tes pas s'élancent nos cœurs,
Et nos voix t'invoquent sans cesse.
De la lutte bientôt nous sortirons vainqueurs :
Gloire à qui porte tes couleurs !
Malheur au citoyen qui se cache ou s'abaisse !
(choeur)
Quoi! pour dompter notre constance,
On ose des soldats invoquer l'assistance!
On parle d'étouffer nos cris
Par le canon de la vengeance,
Et de nous mitrailler dans nos murs en débris !
On n'a donc pas vu les abris,
Remparts improvisés par notre vigilance !
(choeur)
Puisque la justice nous guide
Que nous marchons couverts de sa puissante égide,
Rions-nous des honteux efforts
D'un maître implacable et perfide ;
Ni sa race, ni lui, si j'en crois nos transports,
Ne règneront plus sur ces bords
Que désola quinze ans son despotisme avide.
(choeur)
Autour de l'oeuvre
modifier- L'hymne national de la Belgique, La Brabançonne, était initialement intitulé La Bruxelloise mais lorsque l'auteur, le Français Jenneval, se présente chez l'éditeur Jean-Joseph Jorez, au n°6 de la rue au Beurre à Bruxelles, celui-ci lui indique que ce titre existe déjà et suggère le nom de La Brabançonne, en hommage au duché de Brabant et à la révolution brabançonne de 1787[7].
Voir aussi
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Auguste De Wargny, Esquisses historiques de la révolution de la Belgique en 1830, Bruxelles, H. Tarlier, (lire en ligne).

Notes et références
modifier- ↑ Frédéric Faber, Histoire du théâtre français en Belgique, t. III, Bruxelles, Fr. J. Olivier, (lire en ligne), p. 160
- ↑ De Wargny 1830, p. 51.
- ↑ De Wargny 1830, p. 183.
- ↑ Edmond Vander Straeten, « Deux chants inédits de la Révolution belge de 1830 », La fédération artistique: organe hebdomadaire des intérêts artistiques, littéraires, scientifiques et industriels, no 2, , p. 5 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ De Wargny 1830, p. 182.
- ↑ Auguste De Wargny, Suppléments aux esquisses historiques de la première époque de la révolution de la Belgique en 1830. Du 25 août au 29 septembre. - espace de 35 jours, Bruxelles, J-P Meline, (lire en ligne), p. 262
- ↑ La rédaction, « L'histoire de La Brabançonne », Le Soir, (lire en ligne, consulté le )