La Cagnotte
La Cagnotte est une comédie-vaudeville en cinq actes, avec passages chantés, écrite par Eugène Labiche et Alfred Delacour, représentée pour la première fois à Paris au théâtre du Palais-Royal le ; elle est publiée la même année à Paris.
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Résumé
modifierUn groupe d'amis de longue date de La Ferté-sous-Jouarre joue depuis un an à un jeu de cartes où ils accumulent de l'argent (la fameuse cagnotte). Une fois le total compté, la majorité vote pour aller faire un voyage à Paris. Chacun poursuit, en cachette des autres, ses propres plans ; ainsi, Léonida, vieille fille, sœur de Champbourcy et tante de Blanche, a fait passer une annonce matrimoniale et voudrait rencontrer en secret quelques candidats dans une agence parisienne (le pharmacien Cordenbois, membre du groupe, est l'un de ces candidats) ; Blanche, la fille de Champbourcy, veut savoir si le jeune notaire Félix qui vient de la demander en mariage possède bien la fortune qu'il prétend avoir[1].
Très vite arrivés à Paris le lendemain, le groupe de provinciaux, reconnus comme tels dans un restaurant, s'y fait arnaquer ; ils refusent de payer l’addition exorbitante. La police appelée en renfort les prend pour les membres d’une bande de voleurs organisée et les enferme au commissariat dont ils tentent de s'évader.
Quelques répliques
modifier- Blanche, soupesant la tirelire et revenant à sa place : Elle est joliment lourde.
- Félix (son amoureux) : Sans compter qu'il y en a trois autres toutes pleines…
- Colladan (riche fermier), à Sylvain : Et des carottes ! faites-vous des carottes ?
- Sylvain : Ah ! je vous en réponds… c'est mon fort !
- Colladan : Bonne chose, la carotte !
- Sylvain : Oui… quand ça prend !
- Colladan : Mais faut de l'engrais… oui, oui… faut de l'engrais.
- Champbourcy : Enfants de La Ferté-sous-Jouarre ! croyez en moi !… Autrefois, quand je venais à Paris, je descendais rue de l'Échelle, hôtel du Gaillardbois… je payais grassement la bonne… elle doit se souvenir de moi…
Création et distribution originale
modifierLa Cagnotte est créée au Théâtre du Palais-Royal à Paris le ; c'est l'un des grands succès de Labiche et, de 1864 à 1892, la pièce ne quitte pratiquement jamais l'affiche du Palais-Royal[2].
| Acteurs ayant créé les rôles | |
| Personnage | Acteur |
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| Champbourcy, rentier | Geoffroy |
| Colladan, riche fermier | Brasseur |
| Cordenbois, pharmacien | Lhéritier |
| Sylvain, fils de Colladan | Lassouche |
| Félix Renaudier, jeune notaire | M. Gaston |
| Baucantin, percepteur | Jean-François Kalekaire |
| Cocarel | Luguet |
| Béchut | M. Pellerin |
| Léonida, sœur de Champbourcy | Félicia Thierret |
| Blanche, fille de Champbourcy | Mme Élise Damain |
| Benjamin, garçon de café | M. Fitzelier |
| Joseph, domestique de Cocarel | M. Chambly |
| Tricoche, épicier | M. Félicien |
| Mme Chalamel, fruitière | Mme Blanche |
| Deuxième garçon de café | M. Paul |
| Troisième garçon de café | M. Mosny |
| Un gardien | M. Ferdinand |
Mises en scène notables en France
modifier- 1971 : mise en scène de Jean-Pierre Vincent, Théâtre municipal de Haguenau, puis Théâtre national de Strasbourg (TNS) ; reprise en 1972 au Théâtre national populaire, Paris[3].
- 1982 : mise en scène de Jean-Louis Martin-Barbaz, scénographie de Pierre-Yves Leprince, Théâtre des Pays du Nord, Béthune[4].
- 1983 : mise en scène de Daniel Benoin, Comédie de Saint-Étienne[5].
- 1988 : mise en scène de Jean-Michel Ribes à la Comédie-Française, Paris.
- 1994 : mise en scène de Julie Brochen, Théâtre Auditorium de Poitiers, puis Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie, Paris[6].
- 1995 : mise en scène de Jean-Luc Lagarce, avec Jean-Marie Frin, Mireille Herbstmeyer, Michel Fau, création au Théâtre de la Coursive, La Rochelle[7], puis tournée en France, notamment au Théâtre Ledoux de Besançon[2],[8].
- 1998 : mise en scène de Jacques Lassalle, Théâtre Hébertot, Paris[9],[10].
- 2007 : mise en scène par Laurence Andreini avec la compagnie Théâtre Amazone, création à La Fabrique du Vélodrome à La Rochelle, puis tournée en France, notamment en 2011 au Théâtre de l'Épée de Bois à la Cartoucherie, Paris[11].
- 2008 : mise en scène d'Adel Hakim, créée aux Fêtes nocturnes du Château de Grignan dans la Drôme[12],[13] ; puis Théâtre d'Ivry Antoine Vitez et Théâtre des Quartiers d'Ivry[14], et tournée en France et en Suisse.
- 2009 : mise en scène de Julie Brochen, Espace Kablé du Théâtre national de Strasbourg (TNS)[15].
- 2019 : mise en scène de Thierry Jahn, Théâtre Lucernaire, Paris[16],[17].
Éditions
modifier- La Cagnotte, comédie vaudeville en cinq actes, Paris, Édouard Dentu, 1864, 119 p. (Lire sur Gallica) : édition originale.
- La Cagnotte : comédie-vaudeville, édition présentée, annotée et expliquée par Robert Abirached, Paris, Larousse, coll. « Classiques Larousse », 1989, 184 p. : (ISBN 2-03-871212-3).
Adaptations
modifier- Au cinéma
- Le film français Trois Jours de bringue à Paris, réalisé par Émile Couzinet, sorti en 1954, s'inspire de la pièce[18].
- Un film soviétique en russe de 1980 – Копилка (La Cagnotte). Cette pièce est souvent mise en scène en Russie.
- À la télévision
La pièce a été adaptée en téléfilm pour la série télévisée Contes et nouvelles du XIXe siècle sur France 2 en 2009 : La Cagnotte est réalisé par Philippe Monnier, avec Marie-Anne Chazel (Léonida Champbourcy), Eddy Mitchell (Champbourcy), Philippe Chevallier (Cordenbois).
Notes et références
modifier- ↑ Nicole Colin 2013.
- 1 2 Gisèle G. Holtzer, « Critique du spectacle La Cagnotte de Labiche », Coulisses, no 12, (lire en ligne
). - ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « La Cagnotte d'après Labiche », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Michel Cournot, « La Cagnotte, de Labiche, à Béthune. Les amis de La Ferté », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Colette Godard, « Saint-Étienne : La Cagnotte, de Labiche. Un drôle de magma », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Théâtre. La Cagnotte au Théâtre de la Tempête L'escale du commissariate », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Traces incertaines : mises en scène de Jean-Luc Lagarce, 1981-1995, Besançon, Les Solitaires intempestifs, coll. « Mémoire[s] », , 142 p. (ISBN 2-84681-003-6), p. 128-135.
- ↑ Jean-Pierre Thibaudat, « Jean-Luc Lagarce monte La Cagnotte, riche en thèmes «politiques». Labiche entre en campagne », Libération, (lire en ligne).
- ↑ Jean-Louis Perrier, « Jacques Lassalle met en scène trop sagement Labiche », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ René Solis, « Jacques Lassalle connaît son Labiche, mais sa mise en scène reste trop sage. La Cagnotte manque de coffre », Libération, (lire en ligne).
- ↑ Marie Tikova, « La Cagnotte, d’Eugène Labiche, Théâtre de l’Épée-de-Bois à Paris », sur Les Trois Coups, .
- ↑ Gilles Costaz, « Fêtes nocturnes de Grignan. Les joueurs de bouillotte. La cagnotte de Labiche », Les Échos, (lire en ligne).
- ↑ Martine Silber, « Une farce de Labiche ranimée par des acteurs déchaînés. Pièce un peu désuète, La Cagnotte se prête parfaitement au goût pour le burlesque d'Adel Hakim », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Florian Fauvernier, « La Cagnotte d’Eugène Labiche au Théâtre des Quartiers d’Ivry », sur unfauteuilpourlorchestre.com, .
- ↑ Fabienne Darge, « La folie douce de Labiche, vue par Julie Brochen », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Jean Talabot, « La Cagnotte, tribulations petites-bourgeoises selon Labiche », Le Figaro, (lire en ligne).
- ↑ Jean-Luc Jeener, « La Cagnotte au Théâtre du Lucernaire », Valeurs actuelles, (lire en ligne).
- ↑ « Trois Jours de bringue à Paris » (présentation de l'œuvre), sur l'Internet Movie Database.
Bibliographie
modifier- Nicole Colin, « Argent, amour, crime-révolution ? Le petit-bourgeois excité à la chasse au bonheur dans La Cagnotte de Labiche », Théâtre/Public, no 209 « La Schaubühne, Berlin-Ouest, 1970-1981 », , p. 115-120 (lire en ligne
). - Geneviève Jolly, « Les avatars dramaturgiques de l'argent dans La Cagnotte de Labiche », Revue d'histoire du théâtre, no 4, , p. 327-340.