La Calisto
La Calisto est un dramma per musica en un prologue et trois actes de Francesco Cavalli sur un livret de Giovanni Faustini d'après Les Métamorphoses d'Ovide.
| Genre | Dramma per musica |
|---|---|
| Nbre d'actes | 3 actes et un prologue |
| Musique | Francesco Cavalli |
| Livret | Giovanni Faustini |
| Langue originale |
Italien |
| Sources littéraires |
Métamorphoses d'Ovide |
| Création |
Teatro Sant'Apollinare, Venise |
Représentations notables
Personnages
Historique
modifierLa Calisto est le vingt-troisième opéra du compositeur italien Francesco Cavalli[1] et neuvième des dix ouvrages en collaboration avec le librettiste Giovanni Faustini[2].
La première représentation de La Calisto a lieu à Venise le au Teatro Sant'Apollinare[2]. À cette époque, ce théâtre est équipé d'une machinerie de scène complexe afin d'impressionner le public avec des effets spéciaux : le fond de la scène est parée de toiles peintes à thèmes mythologiques et des paysages antiques[2]. Par ailleurs, les décors sur scène implique notamment la sculpture d'un serpent qui parcourt tout le tour de l'espace scénique, y est également placé une fontaine, un dispositif qui imite le vent et les nuages et un autre qui fait descendre les personnages d'en haut[2]. Deux clavecinistes, un théorbiste et trois cordes assurent l'interprétation[2].
La première représentation n'a pourtant pas beaucoup de succès, et la série de onze représentations du au ne totalise que 1 200 spectateurs, alors que le théâtre pouvait en accueillir 400[2]. Le librettiste Giovanni Faustini meurt pendant celle-ci, le [3]. L'un des chanteurs de la création, Bonifatio Ceretti dans le rôle d'Endimione, meurt le soir même de la première représentation, ce qui contribue à plomber le succès de l'ouvrage[2]. L'opéra ne connaît pas de reprises[2].
Le livret a été publié en 1651 par Giuliani et Giacomo Batti[2]. L'unique manuscrit de la partition conservé à la Biblioteca Marciana de Venise comporte l'écriture, outre celle du compositeur, de son épouse et d'un de ses assitants[2].
Postérité
modifierIl fallut attendre la première moitié du XXe siècle pour que l'opéra rencontre le succès. La « réalisation » (comme il nommait lui-même ses représentations)[réf. nécessaire] de La Calisto par Raymond Leppard pour le Festival de Glyndebourne en 1970 contribue fortement à l'engouement actuel pour l'opéra baroque. Les représentations et l'enregistrement contribuent à la légitimité de l'opéra et du chef d'orchestre[4]. Depuis, l'ouvrage est monté de très nombreuses fois dans les salles de beaucoup de pays, qui fait que La Calisto est aujourd'hui l'opéra le plus connu du compositeur[5].
La Calisto est produit en 1993 à La Monnaie de Bruxelles dirigé par René Jacobs et mis en scène par Herbert Wernicke[6] et à Genève en 2006 au théâtre du Loup, dirigé par Stephan MacLeod et mis en scène par Alain Perroux[7]. Il est monté en 2010 au Théâtre des Champs-Élysées à Paris et à la Royal Academy of Music puis au Dorchester de Londres sous la direction de Christophe Rousset avec Les Talens Lyriques et mis en scène par Macha Makeïeff[5] puis par le même chef d'orchestre en 2017 à l'Opéra national du Rhin mis en scène par Mariame Clément[8]. Une production est montée en 2021 à La Scala de Milan, sous la direction de Christophe Rousset et mis en scène par David McVicar[9].
Description
modifierLa Calisto est un dramma per musica en trois actes et un prologue en italien[2]. Le livret, de Giovanni Faustini, est dédié à Marc'Antonio Corraro[2]. Le récit, adapté par Giovanni Faustini, reprend le Livre II des Métamorphoses d'Ovide[2]. Le livret comporte deux ballets mais sans musique associée[2]. La partition consiste en une basse continue et une ligne vocale, sans indication d'une quelconque instrumentation[1]. La particularité de cette version est le changement de tessiture, de basse à soprano, quand Jupiter se transforme en Diane pour débaucher Calisto, faisant ainsi intervenir une chanteuse pour parvenir à tenir le chant[1].
Rôles
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Les rôles de La Calisto sont distribués ainsi[2] :
| Rôle | Tessiture | Créateur | Glyndebourne, 1970
(dir. : Raymond Leppard) |
|---|---|---|---|
| Calisto | soprano | Margarita Da Costa | Ileana Cotrubas |
| Diana | soprano | Catterina Giani | Janet Baker |
| Endimione | contreténor (castrat) | Bonifatio Ceretti | James Bowman |
| Giove | basse | Don Giulio Cesare Donati | Ugo Trama |
| Giove in Diana (Jupiter en Diane) | soprano | Catterina Giani | - |
| Giunone | soprano | Nina dal Pavon | Teresa Kubiak |
| Il Destino | soprano | Cristoforo Caresana | Teresa Cahill |
| L'Eternità | soprano | Margarita Da Costa | Enid Hartle |
| Linfea | ténor | Andreana Caresana | Hugues Cuenod |
| La Natura | contralto | Tomaso Bovi | Marjorie Biggar |
| Mercurio | ténor | Francesco Guerra | Peter Gottlieb |
| Pane | ténor | Tomaso Bovi | Federico Davia |
| Satirino | soprano | Cristoforo Caresana | Janet Hugues |
| Sylvano | basse | Don Pellegrino | Owen Brannigan |
Argument
modifierL'histoire est basée sur le mythe de Callisto dans Les Métamorphoses d'Ovide.
Prologue
modifierSinfonia
La Nature et l'Éternité célèbrent les mortels qui ont gravi le chemin de l'immortalité. Le Destin insiste pour que le nom de Calisto soit ajouté à la liste.
Acte I
modifierJovien et Mercure visitent l'Arcadie. Jupiter aperçoit la nymphe Calisto, disciple de Diane, la déesse vierge de la chasse, et tente de la séduire. Elle résiste à ses avances. Jupiter doit alors prendre l'apparence de Diane pour que Calisto cède à ses avances.
Pendant ce temps, la véritable Diane, en raison de son vœu de chasteté, ne peut répondre à l'amour du beau jeune berger Endymion. Diane est soutenue par l'une de ses nymphes, la vieille Lymphée, qui aspire secrètement à un époux, mais repousse les avances d'un jeune satyre.
Acte II
modifierSur le mont Lycée, Endymion chante à la lune, symbole de Diane. Pendant son sommeil, Diane le couvre de baisers. À son réveil, ils chantent leur amour. Cependant, les drames vont se nouer quand d'une part Junon découvre l'infidélité de son époux, tandis que Pan, dieu de la forêt, qui la désire depuis longtemps, révèle le secret des amours interdites de Diane. Endymion est persécuté par Pan et ses satyres.
Acte III
modifierSur l'ordre de Junon, exaspérée par cette nouvelle trahison de Jupiter, les Furies transforment Calisto en ourse. Jupiter, le cœur lourd, lui avoue tout : elle devra vivre le reste de sa vie sous cette forme, mais il la mènera un jour jusqu'aux étoiles.
Diane sauve Endymion et ils conviennent que leurs baisers seront leur unique expression d'amour. Jupiter, Mercure et Calisto célèbrent l'ascension de Calisto au ciel où elle devient la Grande Ourse.
Commentaire
modifierJane Glover a étudié l'utilisation du mythe de Calisto dans l'opéra vénitien du XVIIe siècle ainsi que les complications (absentes de l'histoire de base) que le librettiste devait greffer pour contenter le public[10].
Discographie
modifier- 1971 : Janet Baker, James Bowman, Ileana Cotrubas, chœur du festival de Glyndebourne, London Philharmonic Orchestra, Raymond Leppard direction (Decca)[2].
- 1988 : Bruno Moretti (dir.), Stradivarius[2].
- 1995 : Maria Bayo, Marcello Lippi, Gilles Ragon, Dominique Visse, Concerto Vocale, René Jacobs, Théâtre Royal de la Monnaie (Harmonia Mundi) - CD et DVD[2].
- 1996 : Glimmerglass Opera, Jane Glover (BBC Music)[2] - extraits de représentation live.
Bibliographie
modifier- L'Avant-scène opéra, no 254, , 978-2-84385-268-8, p. 152, [présentation en ligne].
Source
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « La Calisto » (voir la liste des auteurs).
- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « La Calisto » (voir la liste des auteurs).
Références
modifier- 1 2 3 (en) Anthony Hicks, « Cavalli and La Calisto », The Musical Times, vol. 111, no 1527, , p. 486-489 (DOI 10.2307/956012, lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 « La Calisto (Calixte) », sur Opéra baroque (consulté le )
- ↑ Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Paris, Fayard, 2003, p. 234-236.
- ↑ Lionel Esparza, « La Calisto de Francesco Cavalli, par Raymond Leppard », Disques de légende ([audio]), sur France Musique, (consulté le )
- 1 2 (en) Fiona Maddocks, « La Calisto/Rousset/Les Talens Lyriques; Giasone/Glover; RPS awards », sur The Guardian, (consulté le )
- ↑ Sophie Roughol, « La Calisto — Bruxelles (La Monnaie). Madeleine coquine », sur Forumopera.com, (consulté le )
- ↑ Jacques Schmitt, « La Calisto de Francesco Cavalli, tout avec trois fois rien ! », sur ResMusica, (consulté le )
- ↑ Damien Dutilleul, « La Calisto de Cavalli à Strasbourg : de la magie dans la fosse », sur Ôlyrix, (consulté le )
- ↑ (en) Renato Verga, « Cavalli's La Calisto arrives at La Scala for the first time and triumphs », sur Bachtracks, (consulté le )
- ↑ Jane Glover, The Peak Period of Venetian Public Opera: The 1650s (1975-1976), Proceedings of the Royal Musical Association, 102, pp. 67-82.
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :
- Guillaume Tion, « Du genre classique. La Calisto, les flux de l'amour à Strasbourg » (entretien avec Christophe Rousset), Libération, (lire en ligne, consulté le ).