La Castellane (gang)
Le Clan de La Castellane est une organisation criminelle originaire des quartiers nord de Marseille, active en France et en Belgique. Le clan est accusé de meurtres, d'assassinats à forfait, de trafics de stupéfiants et d'enlèvements.
| Clan de La Castellane | |
Marseille, territoire principal du clan de la Castellane. | |
| Fondé par | Mohamed Djeha alias «Mimo», «Suarez» ou «Papipaolo» |
|---|---|
| Lieu | Marseille |
| Territoire | |
| Ethnies présentes | Algériens |
| Activités criminelles | Trafic de stupéfiants, assassinat, tueurs à gages, meurtres, enlèvements, trafic d'armes. |
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Nom
modifierLe nom du clan provient de la cité du même nom : La Castellane. Elle est située dans les quartiers nord de Marseille à la frontière entre le 15e et le 16e arrondissement, à l'extrémité nord-ouest de la ville, ce qui en fait l'une des cités les plus éloignées du centre-ville. Elle a été construite sous la forme d'un grand ensemble social, entre 1969 et 1971.
Origines
modifierDès les années 1990, la cité s'impose comme un hub de la drogue à Marseille grâce à son trafic d'héroïne. À cette époque, et jusqu'au début des années 2000, il n'existe qu'un seul réseau qui contrôle la cité. Mais dès 2006 et la mort de Farid Berrahma, un grand nom du milieu marseillais, le réseau de La Castellane explose.[réf. souhaitée]
Les réseaux
modifierLe réseau de la Tour K de «Nono»
modifierAu début des années 2010, le réseau de la Tour K était contrôlé par trois hommes dont Nordine Achouri alias « Nono », Mohamed Djeha alias « Mimo » qui est aussi connu sous les noms de « Papipaolo » et de « Suarez », et enfin un autre homme nommé Mohamed Tachougaft, alias «Sarko». L'économie du réseau, basée sur la vente de stupéfiants, se portait bien et les trois hommes dormaient sur leur deux oreilles.
Mais rapidement, le réseau de la Tour K a fait des envieux. «Nono» a échappé à une tentative de meurtre le [1]. Cet événement a poussé les forces de l'ordre à installer discrètement des caméras dans la cité afin de scruter les mouvements des acteurs de la drogue (jobeurs, dealers, nourrices, etc.). Le , la police marseillaise effectue une série d'arrestations et perquisitions dans la cité. Elle interpelle une vingtaine d'individus et trouve 1 340 000 €, correspondant à la plus grosse prise jamais atteinte dans la cité phocéenne. L'argent a été saisi grâce à l'interpellation de nourrices, c'est-à-dire des complices qui stockent de la drogue dans leur domicile. A également était saisi des armes, notamment des pistolets automatiques, magnum, beretta ou glocks et deux voitures[2].
Le , «Nono» est condamné à huit ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Marseille. Sur les 28 prévenus, dirigeants, intermédiaires ou petites mains de ce trafic de cannabis, 27 ont été condamnés et une a été relaxée[3].
En dépit de ces condamnations, le réseau continue de prospérer.
Le réseau de La Jougarelle
modifierLe réseau était géré à la même époque par trois hommes soit Lakhdar Medjou, Salim Tachouaft et son beau-frère Seif Khadhri. Les affaires de « Nono » étaient fructueuses ce qui n'a pas échappé au regard des trois individus qui avaient alors pour objectif de s'approprier le point de deal de la Tour K.
En 2014, un jeune nommé Zakari Bouali, membre du réseau de La Jougarelle, disparait mystérieusement sans laisser de traces[4]. Selon certaines rumeurs, il aurait été enlevé par le réseau de la Tour K, exacerbant un peu plus les tensions entre les réseaux. En 2025, l'homme n'a toujours pas été retrouvé.
La première guerre de La Castellane : La Tour K contre La Jougarelle
modifierLakhdar Medjou a été abattu le devant les yeux de son fils. Le père et son enfant de 9 ans se trouvaient dans un véhicule de location lorsque deux individus cagoulés ont mitraillé le pare-brise. Le garçon s'est réfugié derrière le siège[5].
Le conflit a atteint son apogée en 2015. En effet, le 9 février de cette même année, le premier ministre de l'époque Manuel Valls a visité la cité de La Castellane. Malgré une présence policière renforcée compte tenu de la présence du chef du gouvernement, Seif Khadhri et Salim Tachouaft, accompagnés d'un commando de 8 individus, se sont préparés à attaquer le réseau de la Tour K. Ils se sont dirigés vers la Tour K et ont tirés une salve de coups de feu en l'air. Les membres du commando étaient vêtus de noir, gantés et encagoulés, munis de talkies- walkies et détenaient des Kalachnikov. D'après un ancien militaire de passage devant la Tour K, une ou deux rafales ont d'abord été tirées vers 9h37. Après l'arrivée de plusieurs véhicules de police vers 10h00, le commando de La Jougarelle a ensuite ouvert le feu. Cinquante-sept étuis ont été ramassés, la fusillade n'a fait aucun blessé mais des projectiles ont cependant touché un véhicule de police[6].
Le soit trois jours après l'escalade, le rappeur Naps tourne un clip dans la cité de La Castellane. Dans le clip, on a pu apercevoir plusieurs jeunes du réseau de la Tour K et de celui de La Jougarelle. Durant le tournage, une altercation a éclaté entre les deux parties, notamment au sujet de la participation dans le clip d'un membre du réseau de la Tour K, Hatem Cheikh Ali. Des coups de feu sont tirés mais ne font aucun blessé.
Le , Hatem Cheikh Ali était en train de faire le guetteur pour la Tour K lorsque Seif Khadhri a tiré à une vingtaine de reprise sur lui le tuant. Seif nie complètement, assurant qu'il était de service dans le snack familial jusqu'à sa fermeture[7] mais son ADN était similaire avec celui trouvé sur un cache-nez près des douilles, à une quarantaine de mètres de la dépouille[8].
Pour se venger, le , le frère d'un des chefs du réseau de La Jougarelle est abattu aux Bourrely, à Notre-Dame-Limite. L'homme se trouvait au volant de son véhicule, quand il a été victime, peu avant 18h30, d’un guet-apens. Ses tueurs présumés, au nombre de deux, l’attendaient embusqués dans une Renault Kangoo, à l’angle de la cité. Salim Tachouaft est interpellé le en Seine-Saint-Denis[9]. Salim Tachouaft, 37 ans, et Seif Khadhri, 29 ans, qui nient avoir participé à l’opération, ont été condamnés par le tribunal correctionnel respectivement à 13 et 10 ans de prison ferme, assortis d’une période de sûreté des deux tiers, pour violences volontaires sur des policiers et association de malfaiteurs[10]. En plus de cette condamnation, Seif Khadhri est condamné le à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Hatem Cheikh Ali[11]. Malgré ça, les deux réseaux continuent de prospérer et d'êtres opposés.
En 2017, après tous les problèmes engendrés par la Tour K, la mairie de Marseille décide de la démolir. En 2020, sa démolition est effective[12].
La reprise du réseau de la Tour K
modifierAlors que «Nono» est en prison et que «Sarko» quitte Marseille pour s'installer dans les Alpes-de-Haute-Provence, «Mimo» devient par conséquent le gérant du réseau de la Tour K. Pour lutter face à la montée en puissance de La Jougarelle, «Mimo» décide de s'allier à un autre caïd de la région marseillaise, Karim Harrat dit «Rantanplan». Ensemble, ils se chargent d'éliminer tous les patrons du réseau de La Jougarelle.
Après 2015, «Mimo» s'impose dorénavant comme le chef de La Castellane. Il cherche ensuite à prendre le contrôle du point de deal du Porche contrôlé par un certain Zaire Laribi alias «Général Z» ou «Zaza», cousin de «Nono». Ce dernier s'était pourtant allié à «Mimo» lorsque le clan des Blacks avaient tenté de s'accaparer son réseau. Il est condamné le à 9 ans de prison et un demi-million d'euros d'amende[13].
Pendant la détention de «Zaza», ses ennemis jurés, « Sarko » et son frère surnommé le « J » tentent de prendre le contrôle du Porche. En même temps, il est opposé à « Mimo » car ce dernier l'aurait écarté après sa victoire sur le réseau de La Jougarelle, estimant que celui-ci n'e s'était pas assez impliqué pour l'aider.
Dès 2017, l'hégémonie de «Mimo» étend ses frontières vers d'autres cités de la ville comme celle de La Bricarde. Dès lors, il devient un véritable symbole dans la ville. Il intervient dans quasiment tous les conflits liés à la drogue et réussit à maintenir la paix entre plusieurs clans pendant longtemps.
L'hégémonie de «Mimo»
modifierLa gestion de nouveaux points de deal
modifierEn 2022, « Mimo » et des associés à lui ont récupéré le point de deal de La Renaude après une série de fusillades dans le quartier.
À la même année, ils parviennent à ré-ouvrir un point de deal disparu à la cité de La Méditerranée, ce qui énerve des trafiquants de la cité Jean Jaurès, qui se trouve en face de celle de La Méditerranée. Les trafiquants se rendent sur le nouveau point de deal et tirent plusieurs fois au hasard, tuant une victime innocente : Adel Santana Mendy. Tué à l'âge de 22 ans, il était un jeune attaquant était notamment passé par le centre de formation de l'OM, avant de rejoindre l'Angleterre, Côte Bleue, Marignane-Gignac puis Aubagne cet été[14].
Le problème «Zaza»
modifierPlusieurs caids sont sortis de prison en 2023 dont «Nono »ou même encore «Zaza». Ce dernier souhaite, dès sa sortie, récupérer son point de deal du Porche, récupéré par «Sarko» et «J». «Zaza» ordonne un contrat pour tuer les deux. En , «Sarko» et «J» échappe à une tentative de meurtre en Espagne[15]. Ces derniers sont désormais bannis de La Castellane, tout le monde leur tourne le dos, même «Mimo» et certains rappeurs du label 13e Art (qui appartient à la famille de «Sarko») quittent le label comme Naps, Gaya et Dika[16].
En réponse à cela, «Sarko» et sa bande ont tenté d'éliminer «Zaza». Le , «Zaza» est pris pour cible par un commando de trois voitures, le blessant au bras. «Zaza» reconnaît un homme dans le commando, Dylan. G.T. Ce dernier est assassiné par la DZ Mafia le [17]. Certaines rumeurs affirmaient qu'il aurait été tué pour son affiliation aux Yoda, d'autres affirmeraient qu'il aurait tué après un contrat posé par «Zaza» auprès de la DZ.
Au même moment, «Mimo», alors en Algérie, est arrêté par la police algérienne près d'Oran le jeudi mais n'a pas été extradé, l'Algérie n'extradant pas ses nationaux[18]. Dès lors, pour la survie de son clan, il aurait fait réintégrer «Nono» et l'aurait mandaté pour revenir en France, bien que celui-ci s'était réfugié en Algérie, craignant de mourir s'il restait à Marseille. Ce dernier accepte la tâche et revient en France. Mais, le , il est abattu avec plus de 25 balles dans la tête en pleine rue[19]. Selon certaines rumeurs, il s'inquiétait pour sa vie notamment à la suite d'embrouilles avec des personnes à La Castellane dont possiblement «Zaza».
Alliance avec la DZ Mafia
modifierDans le cadre du conflit entre «Mimo» et «Sarko», «Mimo» a fait le choix de s'aider de la DZ Mafia pour éliminer «Sarko», devenu trop bruyant et dérangeant. Le , vers 15 h 03, une Peugeot 308 rouge fonce sur le 4 x 4 Mercedes GLC noir de «Sarko». L'homme qui fonce sur sa voiture se nomme Nicolas, un charbonneur dans le quartier de La Visitation qui, après avoir contracté une dette de 3 000 € auprès de «Mamine», se voit devoir effectuer un contrat d'assassinat. Ce dernier lui impose le contrat suivant : aller tuer «Sarko» en Espagne afin d'aider le commanditaire à prendre le contrôle de la cité du Castellas. Le commando est composé donc de Nicolas, un certain Karel, Ilyas (parti se cacher en Espagne avec sa petite amie après un meurtre commis en à Marseille[20]. Il est interpellé le pour ce meurtre.) et Ahmed, futur partenaire de Mattéo Farina lors d'une série de meurtres en mars-. «Sarko» parvient à survivre, ce qui provoque la colère de «Mamine». Pour autant, ce dernier propose à Nicolas une autre chance d'effacer sa dette en lui offrant 1 500 € s'il participait aux incendies qui ont touché, le 10 et , les studios d'enregistrement de « Sarko » à Marseille[21].
Expansion en Belgique
modifierDès 2023, la commune d'Anderlecht est le théâtre de plusieurs fusillade lié au clan de La Castellane. Une alliance aurait été conclue à Bruxelles entre Imad Bey dit «Mara», tête du réseau régnant sur la cité du Peterbos et «Mimo», alors supposé être en détention en Algérie. Les deux hommes se sont vus plusieurs fois dans la cité phocéenne. Le Belge aurait importé les pratiques ultra-violentes. Comme une fusillade, il y a huit mois, en plein métro à Anderlecht. Objectif : conquérir un territoire.
À cette violence, la police belge a répondu comme les forces de l'ordre françaises, par des descentes et des arrestations de dealers à Peterbos. Le maire de la ville s'est même rendu à la Castellane. Le procureur de Marseille a fait le voyage en Belgique. Il détaille les relations entre les deux réseaux. « On se prête du matériel, mais on se prête aussi de la main-d'œuvre. Les connexions sont réciproques et on ne peut pas parler véritablement de hiérarchie entre les uns et les autres », explique le procureur de Marseille, Nicolas Bessonne[22].
Autres activités du clan
modifierImmersion dans le monde de la musique
modifierImmersion dans le monde des influenceurs
modifierCe même homme spécialisé a aussi confié à la police marseillaise que le clan comptait étendre son influence sur des stars des réseaux sociaux. Lui même rescapé d'un passage à tabac à La Castellane, il a expliqué sur procès-verbal avoir été contraint de reverser une partie de ses bénéfices : «Le deal était que je pouvais travailler avec tous les influenceurs et rappeurs qu'ils contrôlaient, en échange d'un partage de bénéfices à 50/50». Il avait aussi décrit la mainmise du clan sur plusieurs influenceurs, dont l'un des plus puissant de France, qui verserait près de 120 000 € par mois à ses protecteurs marseillais via des publicités sur Snapchat[23].
Références
modifier- ↑ « [Procès de la Castellane] Le réseau de la tour K, société de « l’or noir » », sur www.lamarseillaise.fr (consulté le )
- ↑ Aliette de Broqua, « Trafic de drogue démantelé à Marseille : plus d'un million d'euros saisis », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ « Drogue : 8 ans ferme pour le chef d'un des plus gros réseaux de Marseille », sur europe1.fr, (consulté le )
- ↑ « Disparition de Zakaria Bouali: "J'aurais préféré trouver mon fils mort" », sur RMC, (consulté le )
- ↑ « Marseille : tué d'une rafale de kalachnikov, sous les yeux de son fils de 9 ans », sur TF1 INFO, (consulté le )
- ↑ « La Castellane: tirs lors de la visite de Valls à Marseille, le scénario se précise », sur Le Point, (consulté le )
- ↑ « Assises d'Aix : rap, mensonges et vidéo au procès du meurtre de la tour K », sur www.laprovence.com, (consulté le )
- ↑ « Meurtre à la Castellane : trente ans de réclusion pour Seif Khadhri », sur www.laprovence.com, (consulté le )
- ↑ « Marseille : quinze hommes jugés pour un "putsch" à la cité La Castellane », sur www.laprovence.com, (consulté le )
- ↑ « Marseille. Jusqu’à 13 ans de prison pour les trafiquants et les mercenaires kosovars »
, sur www.ouest-france.fr, (consulté le ) - ↑ « Meurtre à la cité La Castellane à Marseille : Seif Khadhri condamné à 30 ans de réclusion criminelle », sur LaProvence.com, (consulté le )
- ↑ « La fin de la Tour K, symbole de la cité la Castellane à Marseille », sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, (consulté le )
- ↑ « Procès du trafic de la Castellane à Marseille : 114 ans de prison requis contre les 27 prévenus », sur www.laprovence.com, (consulté le )
- ↑ « Un joueur d'Aubagne, Adel Santana Mendy, tué à Marseille », sur L'Équipe (consulté le )
- ↑ « Organisation pyramidale, leader unique… comment opérait le réseau de narcotrafic à La Castellane », sur BFMTV, (consulté le )
- ↑ (en) « Naps annonce qu'il quitte le label 13ème Art ! », sur Rap2France, (consulté le )
- ↑ « Assassinat en pleine rue de Dylan G.T. à Marseille : six suspects mis en examen et écroués », sur actu17.fr, (consulté le )
- ↑ « Mohamed Djeha, arrêté en Algérie, était un des plus gros trafiquants de drogue à Marseille », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Arrêté avec un million d'euros en liquide, qui était Nordine Achouri, mort dans un règlement de comptes à Marseille ? », sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, (consulté le )
- ↑ Par Le Parisien avec AFP Le 2 octobre 2022 à 08h51 et Modifié Le 2 Octobre 2022 À 11h12, « Marseille : un jeune homme tué par balle, deux autres blessés », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ « Marseille: treize membres présumés de la DZ Mafia interpellés pour une tentative de meurtre en Espagne », sur BFM, (consulté le )
- ↑ « Trafic de drogue : des dealers marseillais s’implantent en Belgique », sur Franceinfo, (consulté le )
- 1 2 Paul Deutschmann, Simon Piel et Joan Tilouine, L'Empire. Enquête au cœur du RAP français, Flammarion, , 320 p. (ISBN 9782080442123), p. 130-131
