La Classe de composition
La Classe de composition (綴方教室, Tsuzurikata kyōshitsu) est un film japonais de Kajirō Yamamoto, sorti en 1938, d'après l'ouvrage publié en 1937, qui rassemble 26 compositions de Masako Toyoda (ja), alors élève à l'école primaire.
| Titre original |
の綴方教室 Tsuzurikata kyōshitsu |
|---|---|
| Réalisation | Kajirō Yamamoto |
| Scénario |
Chiio Kimura Masako Toyoda (ja) (essai) |
| Musique | Tadashi Ōta (ja) |
| Acteurs principaux |
Hideko Takamine Musei Tokugawa Noriko Honma |
| Sociétés de production | Tōhō |
| Pays de production |
|
| Genre | Comédie dramatique |
| Durée | 86 min |
| Sortie | 1938 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
modifierChronique familiale se déroulant sur une année scolaire.
Premier trimestre. Masako Toyoda, écolière de sixième année, vit avec ses parents et ses deux petits frères dans une famille pauvre du quartier de Katsushika à Tokyo. Une lettre du tribunal, que son père ne sait pas lire, fait craindre une expulsion ; elle s'avère n'être qu'une augmentation de loyer. En classe, son instituteur admire la sincérité de ses rédactions. Une voisine, Kimiko, qui quitte la ville et son mari, offre à Masako des lapins avant de partir, et confie au passage que la riche famille Umemoto, malgré sa fortune, est pingre.
Deuxième trimestre (l'automne). Masako rapporte innocemment ce propos dans une rédaction publiée dans la revue Akai tori (en), ce qui met les Umemoto en colère — un problème sérieux, puisque le père de Masako dépend d'eux pour ses revenus. L'instituteur, qui se sent responsable, intervient auprès des deux familles, mais Umemoto cesse malgré tout de lui donner du travail. Son vélo lui est volé, puis le mauvais temps met fin à son activité de ferblantier, le contraignant à des travaux journaliers.
Troisième trimestre (janvier-mars). Les cloches sonnent le passage à la nouvelle année, que la famille traverse dans la misère, réduite aux tickets de rationnement de riz. Face à la précarité, la mère de Masako envisage de la placer comme apprentie geisha ; l'idée est abandonnée quand le père retrouve un emploi stable dans le bâtiment. Contrairement à d'autres filles de sa classe qui continueront leurs études, Masako obtient un emploi en usine à la sortie de l'école primaire, mais promet à son professeur de continuer à écrire.
Fiche technique
modifierCes informations proviennent du générique du film, de la base IMDb, de la fiche Wikipédia japonaise et des bases de données japonaises NFAJ et EIREN.
- Titre français : La Classe de composition[1]
- Titre original : 綴方教室 (Tsuzurikata kyōshitsu)
- Titres anglais : Composition Class ou Lessons in Essay
- Réalisation : Kajirō Yamamoto
- Assistant réalisateur en chef : Akira Kurosawa
- Scénario : Chiio Kimura (Chigio Kimura selon IMDb)
- D'après : Masako Toyoda (ja)
- Photographie : Akira Mimura (ja)
- Musique : Tadashi Ōta (ja)
- Montage : Kōichi Iwashita (ja)
- Direction artistique : Takashi Matsuyama
- Production : Nobuyoshi Morita (ja)
- Société de production : Tōhō
- Pays de production :
Japon - Langue originale : japonais
- Format : noir et blanc — format standard 1,37:1 — 35 mm — son mono
- Genre : comédie dramatique (Shomin-geki)
- Durée : 86 min[2],[3]
- Date de sortie :
Distribution
modifier- Hideko Takamine : Masako Toyoda, élève de 6e année de primaire (la fille aînée)
- Nijiko Kiyokawa (ja) : Oyuki Toyoda, la mère de Masako
- Musei Tokugawa : Yūgorō Toyoda, le père de Masako, ferblantier (ブリキ職人) puis journalier
- Masaru Kodaka (ja) : Minoru, le frère cadet de Masako
- Shirō Mizutani : Mitsuo, le benjamin
- Osamu Takizawa : M. Ōki, le professeur de la classe de composition de Masako
- Ranko Akagi (ja) : l'épouse du professeur
- Masao Mishima : M. Tanno, un voisin
- Noriko Honma : Mme Tanno, une voisine
- Kumeko Otowa (ja) : la seconde épouse de M. Tanno
- Ten'yō Yamagata : M. Umemoto, un propriétaire terrien et une figure influente de la région
- Toshiko Itō : Mme Umemoto
Critique
modifier"La Classe de composition, (1938) inspiré d'un best-seller écrit à partir des rédactions d'une écolière, est un bon film, qui montre avec un réalisme paisible la vie quotidienne de la population citadine la plus pauvre. Son regard très observateur et plein de poésie et d'humour le différencie des keikō-eiga (en) d'autrefois." selon Tadao Satō[5].
Autour du film
modifier- Dans ses mémoires (1976), Hideko Takamine, qui avait 14 ans à l'époque, raconte que des journalistes ont fabriqué un contraste amusant entre son propre style « petit-bourgeois » et le kimono modeste de Masako Toyoda (ja), inventant des réponses pour distraire les lecteurs — par exemple une fausse anecdote où, interrogées sur leur plat préféré, Takamine aurait répondu ne pas savoir tandis que Toyoda aurait aussitôt cité un plat simple et modeste. Takamine juge ce genre d'article invraisemblable et injuste : ni elle ni Toyoda n'auraient répondu de façon aussi caricaturale. Elle ajoute, avec une pointe d'ironie, qu'en apparence elle menait une vie plus aisée, mais qu'en réalité, devant faire vivre seule plus d'une dizaine de personnes à sa charge, elle n'avait peut-être rien à envier à la pauvreté de Toyoda — et que, psychologiquement, c'est peut-être elle qui touchait le fond. Elle conclut sobrement que ces ragots de presse les ont, elle et Toyoda, brouillées par malentendu en moins d'un an[6].
- Masako Toyoda (1922-2010) est l'écolière dont les rédactions sont à l'origine du livre. Élève à Yotsugi, dans l'arrondissement de Katsushika — le cadre même du film —, elle publie dès l'école primaire des textes dans la revue pour enfants Akai tori (en) (L'Oiseau rouge), remarqués par son rédacteur en chef Miekichi Suzuki, puis rédige en CM1 et CM2, sous la direction de son instituteur Ken'ichirō Ōki[7], les rédactions qui seront réunies et publiées en 1937 sous la signature d'Ōki et de Kōji Shimizu. Le recueil, qui marque un tournant dans l'enseignement de la rédaction au Japon en ancrant l'écriture scolaire dans l'observation du quotidien plutôt que dans un exercice de style, devient un immense succès de librairie, adapté au théâtre puis au cinéma l'année suivante. Toyoda poursuivra ensuite une carrière d'essayiste[8].
- La chanson du début et de la fin du film est Le Forgeron du village (村の鍛冶屋 (ja), Mura no Kajiya), un chant scolaire de 1912 édité par le ministère de l'Éducation, qui célèbre un forgeron de village fabriquant des outils agricoles — un éloge du travail honnête plutôt que de la fabrication d'armes. Une partie de ses paroles fut censurée en 1942, jugée trop pacifiste pour la politique de guerre en cours[9].
- Akira Kurosawa, alors apprenti du réalisateur Kajirō Yamamoto à la Tōhō, est crédité sur ce tournage comme assistant réalisateur en chef (製作主任) — l'un des nombreux films sur lesquels il travailla sous la direction de Yamamoto avant de réaliser lui-même son premier long métrage, La Légende du grand judo, en 1943.
Distinction
modifierLe film est cinquième au classement des 10 meilleurs films japonais établi par Kinema Junpō en 1938 (15e édition)[10].
Notes et références
modifier- ↑ Tadao Satō, Le Cinéma japonais, t. II, Paris, Centre Georges Pompidou, (ISBN 978-2-85850-930-0), p. 294.
- ↑ (ja) « [NFAJ] | 綴方教室 | Tsuzurikata kyōshitsu (1938) », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le ).
- ↑ Durée : les sources divergent (83 min selon Eiren, 86 selon le NFAJ, 87 selon IMDb).
- ↑ (ja) « 綴方教室|Tsuzurikata kyōshitsu (1938) », sur db.eiren.org (consulté le ).
- ↑ Tadao Satō, Le Cinéma japonais, t. I, Paris, Centre Georges Pompidou, (ISBN 978-2-85850-930-0), p. 235
- ↑ (ja) Hideko Takamine, « 鬼千匹 » [« Mille démons »], dans わたしの渡世日記, t. 上, Tokyo, Bungeishunjū, coll. « Bunshun Bunko », , 376 p. (ISBN 978-4-16-758702-4), p. 214-219.
- ↑ Le patronyme du professeur, Ōki, est repris dans le film.
- ↑ (ja) Encyclopédie japonaise KOTOBANK, « 綴方教室(つづりかたきょうしつ)とは? Tsuzurikata kyōshitsu », sur コトバンク (consulté le ).
- ↑ (ja) Bibliothèque nationale de la Diète, « 「村の鍛冶屋」Les paroles de la chanson enfantine « Le forgeron du village » », sur レファレンス協同データベース (consulté le ).
- ↑ (ja) « KINENOTE|Classement de 1938 », sur www.kinenote.com (consulté le ).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :