La Cloche de Sayon
La Cloche de Sayon (サヨンの鐘, Sayon no kane) est un film japonais de Hiroshi Shimizu, sorti en 1943.
au premier plan
| Titre original |
サヨンの鐘 Sayon no kane |
|---|---|
| Réalisation | Hiroshi Shimizu |
| Musique | Masao Koga |
| Acteurs principaux |
Yoshiko Ōtaka Toshiaki Konoe (ja) Kenji Ōyama |
| Sociétés de production | Shōchiku |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame |
| Durée | 75 min |
| Sortie | 1943 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Synopsis
modifierDans un village atayal du comté de Yilan à Taïwan sous domination japonaise, Sayon, jeune femme autochtone, s'occupe avec énergie de tous les enfants du village, des bébés, de ses cochons et de ses oies. Elle est aussi une gardienne zélée de l'assimilation : elle reprend les enfants du village quand ils parlent leur langue, et félicite un petit garçon d'avoir troqué son prénom autochtone pour celui de Tarō. Sayon, éduquée à la japonaise, ne croit pas aux superstitions entourant le lac sacré dédié à Uttofu et interdit aux femmes. Elle en transgresse l'interdit afin d'aider Saburō, jeune Atayal, à procéder aux relevés nécessaires à l'aménagement d'une rizière. Les anciens du village, avec l'accord des autorités japonaises paternalistes, conviennent d'un sacrifice animal pour apaiser la divinité. Mona, autre jeune Atayal, présenté d'abord comme jaloux de Saburō auprès de Sayon mais amoureux de Namina, est appelé sous les drapeaux pour le front continental au service de l'Empereur. Saburō doit prendre son mal en patience et poursuivre le projet agricole, avant d'être à son tour incorporé dans l'armée impériale. Sayon s'offre à porter ses bagages jusqu'au poste de Taipei. Sur le chemin, en pleine tempête, elle est emportée par une rivière en crue et disparaît. Le film se clôt sur une procession funéraire de tout le village — cochons et oies compris — puis sur une scène où les enfants, au bord du lac, crient le nom de Sayon et écoutent résonner la cloche.
Fiche technique
modifierCes informations proviennent de la fiche Wikipedia japonaise, de la base IMDb[1] et des bases de données japonaises KINENOTE[2], EIRIN[3] et NFAJ[4].
- Titre français : La Cloche de Sayon
- Titre original : サヨンの鐘 (Sayon no kane)
- Titre anglais : Sayon’s Bell
- Réalisation : Hiroshi Shimizu
- Inspiré de la chanson : La Cloche du Sayon de Yaso Saijo sur une musique de Masao Koga (1941)
- Scénario : Kihan Nagase, Torashirō Saitō , Hiroshi Ushida
- Photographie : Suketarō Ikai
- Direction artistique : Minoru Esaka
- Son : Yoshisaburō Senoo
- Musique : Masao Koga
- Décors : Tsunetarō Inoue
- Costumes : Kinzō Shibata
- Montage : Suketarō Ikai, Torashirō Saitō
- Sociétés de production : Shōchiku Shimogamo (Kyoto), Association cinématographique du Mandchoukouo, Taiwan Governor-General's Office
- Distribution : Eiga Haikyūsha (映画配給社), circuit Kō-kei / « Rouge » (紅系)
- Pays de production :
Empire du Japon - Langue originale : japonais
- Format : noir et blanc — format standard 1,37:1 — 35 mm — son mono
- Genre : drame
- Durée : 75 minutes
- Date de sortie : Japon :
Distribution
modifier- Yoshiko Ōtaka : Sayon, une jeune atayal (créditée sous le nom Ri Kōran ou Li Xianglan)
- Toshiaki Konoe (ja) : Maître Takeda
- Kenji Ōyama : Murai, le chef de poste
- Kinuko Wakamizu (ja) : son épouse
- Hatsu Shimazaki : Saburō, un jeune atayal
- Kenzō Nakagawa : Mona, un jeune atayal
- Hideko Mimura (ja) : Namina, une jeune atayal
- Hiroshi Mizuhara (ja) : le père de Sayon
- Minoru Nakamura : Tāya
Avec la participation du village aborigène de Sakura (Sakura-bansha, 桜蕃社)
Projections
modifierLa copie existante est incomplète[2]. Le film a été projeté aux États-Unis en 2015[5] et 2024[6] et à Paris, lors de la rétrospective « Hiroshi Shimizu, le passager » à la Cinémathèque française en 2021[7].
Autour du film
modifierPur produit de la propagande impériale conçu pour mettre en avant la vedette japonaise Ri Kōran, ce film adapte une chanson patriotique à succès elle-même tirée d'un fait divers largement diffusé à l'époque : la mort, en 1938, d'une jeune Taïwanaise autochtone emportée par une rivière en crue lors d'une tempête alors qu'elle accompagnait, dans un élan patriotique, le départ de son instituteur japonais appelé au front continental. Shimizu exécute avec application la commande qui lui est passée — le résultat est traversé d'un chauvinisme marqué — mais livre dans le même temps un regard documentaire rare et précieux sur la Taïwan rurale sous occupation coloniale[6].
Les intertitres d'ouverture annoncent sans détour sa visée propagandiste — exemple-type du film politique nationale coloniale, le 国策映画 (kokusaku eiga)[8]. "L'île splendide à l'éternel été : Taïwan. Elle est aussi, sous la guerre de la Grande Asie orientale, la base avancée vers le Sud : Taïwan. Sur cette île, les 高砂族 (Takasago), qu'on avait jadis nommés "peuple hors de la civilisation", 化外の民 (kegai no tami) ou "sauvages à l'état brut", 生蕃 (seiban) aujourd'hui baignent pleinement dans la civilisation impériale, et, en tant que sujets du Grand Souverain, combattent au front comme à l'arrière. Ce film, nous le dédions au patriotisme des Takasago devenus sujets impériaux et au zèle dévoué des policiers voués à l'administration des populations aborigènes."
- Le film comporte de nombreux chants édités par Nippon Columbia sous sa marque de guerre ニッチク・レコード (Nitchiku)
- Sayon no uta (« Le Chant de Sayon »), interprété par Ri Kōran, (Paroles de Yaso Saijō - Musique de Masao Koga)
- Natsukashi no bansha (« Le Village aborigène qui nous est cher »), interprété par Noboru Kirishima et Shōko Kikuchi, (paroles : Yaso Saijō, musique : Masao Koga)
- Sayon no kane (« La Cloche de Sayon ») Sayon no kane (ja), interprété par Hamako Watanabe, (paroles : Yaso Saijō, musique : Masao Koga) Paroles: "La tempête fait rage au pied de la cime, Le torrent menaçant, le pont de rondins — Qui donc le traverse ? Une gracieuse jeune fille, Aux lèvres vermeilles. Ah, Sayon ! Vers la guerre glorieuse il s'en est allé, Le maître vaillant, tant aimé. Sous le fardeau qu'elle porte, son chant même reste clair, La pluie tombe, tombe. Ah, Sayon ! Dispersée par la tempête, une branche en fleur, Évanouie, douleur, dans la brume de l'eau. Dans la forêt du village aborigène, les oiseaux chantent encore, Mais pourquoi ne revient-elle pas ? Ah, Sayon ! Le cœur pur de la jeune fille — qui, dans ses larmes, pourrait ne pas s'en souvenir ? Sur l'île du sud, au crépuscule profond, La cloche sonne, sonne. Ah, Sayon !"
- Quelques chants militaires japonais, dont le Chant de l'Armée de Taïwan 台湾軍の歌 (Taiwan-gun no uta) publié en octobre 1940. (Paroles : service de presse de l'Armée de Taïwan. Musique : Eiichi Yamada (ja). Interprétation : Bonny Jacks)
Shimizu accorde une place considérable aux enfants. On les voit courir dans la montagne, suivre Sayon, porter les bébés sur leur dos, chanter à l'école. Il déclarait à leur propos : « Ils sont naturels. Ils respirent l'air. Les films doivent montrer des êtres humains qui respirent l'air »[9].
Notes et références
modifier- ↑ « Sayon no kane (1943) », sur www.imdb.com (consulté le ).
- 1 2 « サヨンの鐘 - KINENOTE - Sayon no kane (1943) », sur www.kinenote.com (consulté le ).
- ↑ « サヨンの鐘|Sayon no kane (1943) », sur db.eiren.org (consulté le ).
- ↑ « [NFAJ] Sayon no kane (1943) », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Bell of Sayon », sur Japan Society (consulté le ).
- 1 2 (en-US) « Sayon's Bell », sur Museum of the Moving Image (consulté le ).
- ↑ « Rétrospective Hiroshi Shimizu - La Cinémathèque française », sur www.cinematheque.fr (consulté le ).
- ↑ « Review: PROMISCUOUS MEDIA: Film and Visual Culture in Imperial Japan, 1926–1945 | By Hikari Hori », sur pacificaffairs.ubc.ca (consulté le ).
- ↑ (en-US) « Hiroshi Shimizu Part I: The Shochiku Years », sur Museum of the Moving Image, (consulté le ).
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :