La Destruction libératrice

roman de H. G. Wells

The World Set Free. A Story of Mankind

La Destruction libératrice
Image illustrative de l’article La Destruction libératrice
Illustration de couverture de l'édition anglaise originale (1914)

Auteur H. G. Wells
Pays Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Version originale
Langue Anglais britannique
Titre The World Set Free. A Story of Mankind
Lieu de parution Londres
Date de parution 1914
Version française
Date de parution 1995

La Destruction libératrice (The World Set Free. A Story of Mankind) est un roman écrit par H. G. Wells en 1913 et publié en 1914[1].

Paru avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la trame de ce roman d'anticipation repose sur l'utilisation, dans les conflits militaires, d'armes nucléaires, qui se révèlent être à la fois plus destructrices et incontrôlables[2],[3],[4].

Un thème fréquent dans le travail de Wells, comme dans son livre Anticipations (en) (1901), est l'histoire de la maîtrise de la puissance et de l'énergie par l'homme grâce aux avancées technologiques[5], considérées comme un facteur déterminant du progrès humain.

Découpage

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Intrigue

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Les ravages de la guerre poussent l'ambassadeur de France à Washington, Leblanc, à convoquer les dirigeants mondiaux à une conférence à Brissago, où le roi britannique Egbert montre l'exemple en abdiquant au profit d'un État mondial. L'épuisement du monde est tel que le coup d'État de fait provoqué par cette conférence[N 1] ne rencontre de résistance qu'en de rares endroits. La défaite du roi (fictif) Ferdinand-Charles de Serbie et sa tentative de détruire le Conseil et de prendre le contrôle du monde sont racontées en détail.

Revenue à la raison, l'humanité met rapidement en place un ordre utopique inspiré de l'univers de Wells. L'énergie atomique a résolu le problème du travail. Dans ce nouvel ordre, « la majorité de notre population est composée d'artistes ».

La Destruction libératrice se termine par un chapitre relatant les réflexions de l'un des sages du Nouvel Ordre, Marcus Karénine, au cours de ses derniers jours. Karénine fait valoir que la connaissance et la force, et non l'amour, sont les vocations essentielles de l'humanité, et qu'« il n'y a pas de limite absolue, ni à la connaissance ni à la force » (« There is no absolute limit to either knowledge or power »)[7].

Personnages

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Analyse de l'œuvre

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Les scientifiques contemporains de Wells avaient déjà une connaissance de la radioactivité et du radium, un élément restant actif durant des milliers d'années : si cette énergie, une fois mesurée, semble négligeable, la concentrer reviendrait à en augmenter la puissance. Wells se sert de ce constat pour construire son histoire.

Les connaissances de Wells en physique atomique proviennent de la lecture de William Ramsay, Ernest Rutherford et Frederick Soddy. Ce dernier a découvert la désintégration de l'uranium. Dans son essai, Wealth, Virtual Wealth and Debt. The solution of the economic paradox, Soddy fait l'éloge de La Destruction libératrice. Le roman de Wells pourrait avoir influencé le développement de l'arme nucléaire : en effet, le physicien Leó Szilárd lut le livre en 1932, l'année même de la découverte du neutron. En 1933, Szilárd modélise le concept de réaction en chaîne et en dépose les brevets en 1934[8].

« The problem which was already being mooted by such scientific men as Ramsay, Rutherford, and Soddy, in the very beginning of the twentieth century, the problem of inducing radio-activity in the heavier elements and so tapping the internal energy of atoms, was solved by a wonderful combination of induction, intuition, and luck by Holsten so soon as the year 1933[9]. »

Les « bombes atomiques » de Wells n'ont pas plus de force destructrice que les explosifs militaires utilisés à l'époque où il écrit ce livre : elles sont juste plus petites en termes de masse.

Wells considère la guerre comme le résultat inévitable de l'État moderne ; l'introduction de l'énergie atomique dans un monde divisé entraîne la faillite de la société. Les seules possibilités restantes seraient « soit la rechute dans l'humanité agricole, la barbarie ou l'acceptation de la science comme base d'un nouvel ordre social ».

Wells présente le thème du gouvernement mondial comme une solution à la menace des armes nucléaires[10].

« From the first they had to see the round globe as one problem; it was impossible any longer to deal with it piece by piece. They had to secure it universally from any fresh outbreak of atomic destruction, and they had to ensure a permanent and universal pacification[11]. »

Éditions

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Traductions

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En français

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En d'autres langues européennes

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Allemand
  • 1985 (de) Befreite Welt [« The World set free »] (trad. de l'anglais par Heinz von Sauter, préf. H.G. Wells, 1921), Vienne, Zsolnay, (ISBN 3-552-03732-2)
  • 2021 (de) Die Befreite Welt [« The World set free »] (trad. de l'anglais par André Hoffmann, préf. H.G. Wells, 1921), Dinslaken, AtheneMedia, (ISBN 978-3-86992-435-9)
Espagnol
  • 1926 (es) El Mundo se liberta (Una historia de la humanidad) [« The World set free. A History of mankind »] (trad. de l'anglais par Juan Guixé, préf. H.G. Wells, 1921), Madrid, M. Aguilar, [15]

Influence

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En 1932, avant de concevoir la réaction nucléaire en chaîne, Leó Szilárd avait lu La Destruction libératrice, dans lequel Wells qualifie les explosifs à action prolongée de « bombes atomiques » ; Szilard écrit dans ses mémoires que ce livre l'avait « profondément marqué ». Lorsqu'il cède son brevet à l'Amirauté afin d’empêcher que la nouvelle ne parvienne aux oreilles de la communauté scientifique au sens large, il écrit : « Sachant ce que cela [une réaction en chaîne] signifierait — et je le savais parce que j’avais lu H. G. Wells —, je ne voulais pas que ce brevet soit rendu public. »[16].

Bibliographie

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  • Julien Amic, « Pourquoi faut-il (re)lire « La Destruction libératrice », de H.G. Wells, en 2022 ? », Usbek & Rica,‎ (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Notes et références

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  1. ↑ « Jamais, bien sûr, il n'y avait eu de gouvernement aussi provisoire. Il était d'une illégalité extravagante. » (« Never, of course, had there been so provisional a government. It was of an extravagant illegality. »)[6]

Références

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  1. ↑ David C. Smith, H.G. Wells: Desperately Mortal: A Biography (New Haven and London: Yale University Press, 1986), p. 83-85.
  2. ↑ George Dyson, Project Orion : The True Story of the Atomic Spaceship, Macmillan, , 10 p. (ISBN 978-0-8050-5985-4, lire en ligne)
  3. ↑ John L. Flynn, War of the Worlds : From Wells to Spielberg, Galactic Books, , 14 p. (ISBN 978-0-9769400-0-5, lire en ligne)
  4. ↑ Parrinder Parrinder, H.G. Wells : The Critical Heritage, Routledge, , 11 p. (ISBN 978-0-415-15910-4, lire en ligne)
  5. ↑ Amic 2022.
  6. ↑ (en) H. G. Wells, The World Set Free, Londres, W. Collins, Sons, , « Chapter the Fourth: The New Phase », p. 223
  7. ↑ (en) H. G. Wells, The World Set Free, Londres, W. Collins, Sons, , « Chapter the Fifth: Last Days of Marcus Karenin », p. 275
  8. ↑ Richard Rhodes, The Making of the Atomic Bomb, New York, Simon & Schuster, , 24 p. (ISBN 0-684-81378-5)
  9. ↑ See facsimile of 1914 first edition, Chapter the first, The new source of energy, paragraph 1, page 30
  10. ↑ Dans son ouvrage The Shape of Things to Come paru en 1933, Wells présentera de nouveau le gouvernement mondial comme une solution au problème de la guerre.
  11. ↑ See facsimile of 1914 first edition, Chapter the fourth, The new phase, paragraph 6, page 212
  12. ↑ Jean-Claude Vantroyen, « Un Wells inédit, une grande utopie enfin traduite en français » Accès limité, sur lesoir.be, Le Soir, (consulté le )
  13. ↑ La Destruction libératrice [« The World set free »] (trad. de l'anglais par Patrick Delperdange, préf. Tristan Garcia), Paris, Le Cherche Midi, , 333 p. (ISBN 9782749172651)
  14. ↑ « La destruction libératrice », sur babelio.com, Babelio (consulté le )
  15. ↑ (es) « El Mundo se liberta », sur archive.org (consulté le )
  16. ↑ (en) W. Warren Wagar, « H.G. Wells and the Scientific Imagination » Accès payant, The Virginia Quarterly Review., (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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