La Libération de Prague
La Libération de Prague (Osvobození Prahy) est un drame de guerre est-germano-tchécoslovaque réalisé par Otakar Vávra et sorti en 1977. Il constitue le troisième et dernier volet de sa trilogie qui, aux côtés des films Dny zrady et Sokolovo (cs), forme une fresque épique retraçant des événements de l’histoire tchécoslovaque, depuis l’adoption des accords de Munich jusqu’à la libération en 1945.
| Titre original | Osvobození Prahy |
|---|---|
| Réalisation | Otakar Vávra |
| Scénario |
Otakar Vávra Miloslav Fábera (cs) |
| Acteurs principaux |
Vladimír Šmeral František Vicena (cs) |
| Sociétés de production | Filmové studio Barrandov |
| Pays de production |
|
| Genre | drame de guerre |
| Durée | 141 minutes |
| Sortie | 1977 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le film réunit à l’écran les acteurs Vladimír Šmeral, František Vicena (cs), Josef Větrovec (cs) et Ota Sklenčka (cs)[1].
Synopsis
modifierLe , l’armée soviétique lança son assaut sur Berlin. La fin était arrivée pour l’Allemagne nazie, et Hitler décida de mettre fin à ses jours. À Prague, Karl Hermann Frank — secrétaire d’État nazi et chef de la police dans le Protectorat de Bohême-Moravie — discutait avec ses commandants de la manière de transformer la ville en une forteresse imprenable ; cependant, la population pragoise n’avait aucune intention d’attendre davantage. Dès les premières heures du , les citoyens commencèrent à se rassembler dans les rues et à arracher les panneaux en langue allemande. Le lendemain, 5 mai, l’insurrection éclata. Une bataille acharnée eut lieu autour de la station de radio, mais le personnel tchèque parvint à en conserver le contrôle, ce qui lui permit de diffuser des informations et des appels à l’aide tout au long de l’insurrection. Dès le soir, la majeure partie de la ville était aux mains des insurgés, et trente mille Pragois s’étaient armés.
Informé de l’insurrection, le maréchal Ivan Koniev ordonna à des unités blindées de faire route vers Prague pour porter assistance aux insurgés. Les combats se poursuivirent dans la ville, alors même que des négociations en vue d’une capitulation étaient déjà engagées. L’armée de Ferdinand Schörner, toutefois, refusa de capituler et tenta de se replier vers les lignes américaines.
Les unités soviétiques progressèrent. Le 8 mai, Schörner et K.H. Frank fuirent Prague. Bien que des informations fissent état de la fin de la guerre, des tirs retentissaient encore dans la ville. Ce n’est que le 9 mai que les habitants purent enfin accueillir les premières unités blindées soviétiques ainsi que d’autres soldats. Le 10 mai, le gouvernement tchécoslovaque regagna Prague.
Fiche technique
modifier- Titre français : La Libération de Prague[2]
- Titre allemand : Die Befreiung Prags[3]
- Titre original tchèque : Osvobození Prahy[1],[4]
- Réalisation : Otakar Vávra
- Scénario : Otakar Vávra, Miloslav Fábera (cs)
- Photographie : Jaromír Šofr
- Montage : Antonín Zelenka (cs)
- Musique : Zdeněk Liška
- Décors : Karel Lier, Miroslav Hrachovec
- Production : Ladislav Kalaš, Jan Syrový, Vladimír Vojta
- Société de production : Filmové studio Barrandov
- Pays de production :
Tchécoslovaquie,
Allemagne de l'Est - Langue originale : tchèque et secondairement russe, allemand, anglais, slovaque
- Format : couleurs
- Genre : drame de guerre
- Durée : 141 minutes
- Date de sortie :
Distribution
modifier- Vladimír Šmeral : Václav Vacek, maire de Prague
- František Vicena (cs) : conducteur de train Rudolf Čapek, résistant et membre du comité du parti illégal à Prague
- Josef Větrovec (cs) : František Hrubý, président du comité illégal du parti à Prague
- Ota Sklenčka (cs) : Professeur Albert Pražák, président du Conseil national tchèque
- Josef Somr (cs) : František Grospic, représentant de l'État
- Dmitrij Fraňko : Colonel-général Pavel Semjonovič Rybalko
- Sergej Poležajev : Maréchal Ivan Stěpanovič Koněv
- Gunnar Möller (ro) : Adolf Hitler, Chancelier du Reich
- Wilhelm Koch-Hooge (ro) : Rudolf Toussaint, général d'infanterie
- Günter Naumann (ro) : Maréchal Ferdinand Schörner
- Jaroslav Rozsíval (cs) : industriel tchécoslovaque Antonín Horák
- Jaroslava Tichá : Bozena, la femme de Horák
- Jiří Krampol : lieutenant parachutiste Karel Horák, fils aîné de la famille Horák
- Vítězslav Jandák (cs) : l'ouvrier Standa Horák, le plus jeune fils de la famille Horák
- Renáta Doleželová (cs) : parachutiste Anka Kadlecová
- Nikolaj Griňko : général américain Omar Nelson Bradley
- Piotr Veljaminov : Colonel-général Dmitri Danilovitch Leliouchenko
- Gert Hänsch : Amiral Karl Dönitz
- Horst Preusker (ro) : Lieutenant-général SS Comte Carl von Pückler
- Vladislav Strželčik : Général d'armée Alekseï Innokentievitch Antonov
- Marie Vášová (cs) : Députée Fráňa Zemínová
- Ladislav Chudík (cs) : Ministre de la Défense nationale, major Général Ludvík Svoboda, membre du gouvernement tchécoslovaque
- Bohuš Pastorek (cs) : Klement Gottwald, vice-Premier ministre du gouvernement tchécoslovaque
- Jiří Holý (cs) : Général de brigade Karel Kutlvašr, commandant militaire de l'Insurrection de Prague
- Harry Küster (cs) : Le commissaire de la Gestapo Adolf Fuchs
- Valerij Nosik (cs) : Ilia Shklovski, commandant de char
- Günther Zschieschow (cs) : Ministre d'État chargé du Protectorat de Bohême et Moravie, Karl Hermann Frank
Production
modifierDans ce film, le réalisateur a eu recours à la méthode de la reconstitution documentaire des événements liés à la libération de Prague[5] ; l'œuvre intègre des images d'archives filmées lors de la libération de la ville par les troupes soviétiques, incluant notamment des séquences tournées en mai 1945 par le réalisateur lui-même, Otakar Vávra[6]. Il est souligné que le film « conclut de manière organique la trilogie cinématographique historique » du cinéaste ; Vávra y reprend, sur le plan narratif, la trame de son propre film de 1948, La Barricade muette (cs). Toutefois, le récit est ici mené selon le même registre de « chronique épique » que celui qui caractérise les deux volets précédents de la trilogie, permettant ainsi au réalisateur, trente ans plus tard, de donner une nouvelle incarnation à son projet initial grâce à des moyens d'une envergure accrue[7].
Accueil critique
modifier« Фильм «Освобождение Праги», как и вся трилогия, очень близок к советской киноэпопее «Освобождение». Мастерское совмещение в нём документальных и игровых кадров дополняет познавательное значение фильма глубоким эмоциональным воздействием на зрителя. Высоко оценивая историческую и художественную ценность фильма, газета «Руде право» пишет о нем как о «величественном памятнике всем тем. кто сражался и отдал свою жизнь за свободу чехословацкого народа». Газета подчеркивает огромное значение фильма для молодежи, которая получила возможность не просто узнать, но и понять и прочувствовать один из самых трагических и самых героических отрезков истории своей страны. »
« Le film La Libération de Prague, tout comme la trilogie dans son ensemble, s'apparente étroitement à la grande fresque cinématographique soviétique Libération. L'habile combinaison d'images documentaires et de séquences de fiction confère à l'œuvre, au-delà de sa portée instructive, une profonde résonance émotionnelle. Saluant la valeur historique et artistique du film, le journal Rudé právo le qualifie de « monument grandiose dédié à tous ceux qui ont combattu et donné leur vie pour la liberté du peuple tchécoslovaque ». Le quotidien souligne en outre l'importance capitale de cette œuvre pour la jeunesse, qui se voit offrir l'occasion non seulement de découvrir, mais aussi de comprendre et de ressentir l'une des périodes les plus tragiques et les plus héroïques de l'histoire de son pays. »
Pour la réalisation de ce film, le réalisateur et le scénariste ont reçu le prix d'État Klement-Gottwald (cs) en 1977[8]. Selon l'Institut pour l’étude des régimes totalitaires (cs), une agence gouvernementale tchèque créée en 2007, le film est utilisé à des fins de propagande durant la période dite de « normalisation » et comporte plusieurs inexactitudes flagrantes[9].
Notes et références
modifier- (ro) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en roumain intitulé « Eliberarea orașului Praga (film) » (voir la liste des auteurs).
- 1 2 (cs) « Osvobození Prahy », sur csfd.cz
- ↑ « La Libération de Prague » (fiche film), sur Allociné
- ↑ (de) « Die Befreiung Prags », sur filmdienst.de
- ↑ (cs) « Osvobození Prahy », sur kinobox.cz
- ↑ (ru) Кино: энциклопедический словарь / Сергей Юткевич, Юрий Сергеевич Афанасьев. — М.: Советская энциклопедия, 1986. — 637 с. — стр. 64
- ↑ (ru) Кинорежиссер Отакар Вавра / Павел Владимирович Московский. — М.: Искусство, 1964. — 158 с. — стр. 50
- ↑ (ru) Актуальные проблемы социалистического искусства: Сборник статей о художественной культуре социалистических стран Европы. — М.: Наука, 1978. — 287 с. — стр. 176
- ↑ (ru) Иностранная литература, № 1, январь 1978
- ↑ (cs) « Bibliografie autorů ÚSTR k dílu režiséra Otakara Vávry », sur ustrcr.cz
Liens externes
modifier- Ressources relatives à l'audiovisuel :