Ursule-Bernardine Bétrancourt

patiente de Charcot
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Ursule-Bernardine Bétrancourt, née le à Bouchain (Nord) et décédée le à Paris, est une patiente atteinte de la maladie de Parkinson suivie dans le service de Jean-Martin Charcot à l'hôpital de la Salpêtrière.

Ursule-Bernardine Bétrancourt
Photographie Éloïse Quétel (Sorbonne Université) de la statuette d'Ursule-Bernardine Bétrancourt par Paul Richer.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Conjoint
Jean-Baptiste-François Gillardy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Ursule-Bernardine Bétrancourt est née le à Bouchain dans le département du Nord[1] de François-Joseph-Bernardin Bertrancourt (1792-1877)[2] et Ursule-Josephe Dieulot (1804-1884), morte dans un dépôt de mendicité[3]

Elle épouse Jean-Baptiste Gillardy le [4]. Elle aura onze enfants, dont deux seulement ne sont pas morts en bas âge[5].

Dès l'âge de 38 ans, elle devient veuve. Son mari décède durant la Commune de Paris, le , alors qu'il est soldat dans le 120e bataillon de la Garde nationale[6].

La maladie de Parkison survient à la suite d'un traumatisme : le décès de sa fille lui est annoncé par erreur. Selon Olivier Walusinski, « sa main droite se met à trembler au repos, puis c'est tout le membre supérieur, une forte émotion, sa main droite se met à trembler au repos, puis c'est tout le membre supérieur, enfin le tremblement secoue le membre inférieur droit et donc tout l'hémicorps droit »[7].

Elle est hospitalisée le dans le service de Charcot à l'hôpital de la Salpêtrière (lit n°12 de la salle Rayer)[7],[8]. Paul Richer intervient à la société de biologie en 1895 pour y présenter le cas de la patiente et la statuette qu'il a réalisé afin de représenter la rigidité musculaire généralisée[9]. Dans la foulée, Paul Richer et Henry Meige publient un article dans la Nouvelle iconographie de la Salpêtrière où ils analysent en détail le cas médical d'Ursule-Bernardine Bétrancourt qui représente à leurs yeux « le schéma clinique presque parfait de la maladie de Parkinson »[5].

Elle meurt à 65 ans le à la Salpêtrière[10].

Statuette

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La Parkinsonienne
Photographie Éloïse Quétel (Sorbonne Université) de la statuette d'Ursule-Bernardine Bétrancourt par Paul Richer.
Artistes
Paul Richer, A. Bingen et Costenoble (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Date
Matériau
bronze (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Dimensions (H × L × l)
46,5 × 14,5 × 18 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Collection
No d’inventaire
SU.PA.2021.0.26Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Bibliothèque Charcot (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Sur demande de Charcot, un atelier est aménagé afin que Paul Richer réalise une collection de statues servant à enseigner la neurologie[11]. Charcot suggère de réaliser une statuette de sa patiente Ursule-Bernardine Bétrancourt afin de représenter un corps humain atteint de la maladie de Parkinson, appelée à l'époque paralysie agitante[7],[5],[12]. Paul Richer termine la sculpture, dite La Parkinsonienne, en 1895[7]. Charcot étant mort en 1893, c'est son successeur Fulgence Raymond qui s'en sert[7].

Paul Richer présente sa statuette et d'autres œuvres au XIIIe congrès international de médecine, qui se déroule à Paris du 2 au [13]. Cette sculpture en bronze d’un sujet d'anatomie pathologique est un des rares témoins de la collection mise en place par Jean-Martin Charcot.

Le tirage en bronze réalisé par le sculpteur Paul Richer et la fonderie Bingen et Costenoble est exposé dans la bibliothèque Charcot, située au sein de l'Institut du cerveau, sur le site de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Notes et références

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  1. Acte de naissance d'Ursule-Bernardine Bétrancourt, Archives départementales du Nord, Bouchain, 5 Mi 050 R 009, vue 542 sur 713, n°59.
  2. Acte de décès, Archives de l'Aisne, Saint-Quentin, côte 5Mi1285, vue 287, n°818.
  3. Acte de décès, Archives de l'Aisne, Laon, côte 5Mi0089, vue 294, n°238.
  4. Acte de mariage reconstitué, Archives de Paris, côte 5Mi1 2305, vues 25 et 26.
  5. 1 2 3 Paul Richer et Henry Meige, « Étude morphologique sur la maladie de Parkinson », Nouvelle iconographie de la Salpêtrière, vol. 8, , p. 361-371 (lire en ligne)
  6. Acte de décès, Archives de Paris, Paris 8e, 18 août 1871, cote V4E 3374, vue 19 sur 31, n°469.
  7. 1 2 3 4 5 Olivier Walusinski (préf. Philippe Comar), Paul Richer (1849-1933) : un neurologue professeur à l'École des Beaux-Arts, Oscitatio, , 206 p. (ISBN 978-2-9573436-2-1), p. 84-86
  8. Registre des entrées et sorties de la Salpêtrière, 12 juillet 1892, SLP/1/Q/2/180, vue 184 sur 197, n°1032-45.
  9. Paul Richer, « Note sur la forme extérieure du corps dans la maladie de Parkinson », Comptes rendus des séances de la Société de biologie et de ses filiales, , p. 834-837 (lire en ligne)
  10. Acte de décès d'Ursule-Bernardine Bétrancourt, Archives de Paris, 1899, Paris 13e, cote V4E 9564, vue 24 sur 31, n°1901.
  11. « Gazette numismatique française / dirigée par Fernand Mazerolle et éditée par Raymond Serrure », sur Gallica, (consulté le )
  12. Léon Meunier, Histoire de la médecine depuis ses origines jusqu'à nos jours, (lire en ligne), p. 541-542
  13. Henry Meige, XIIIe Congrès international de médecine, t. 7 : Section de neurologie, (lire en ligne), p. 271

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Paul Richer et Henry Meige, « Étude morphologique sur la maladie de Parkinson », Nouvelle iconographie de la Salpêtrière, vol. 8, , p. 361-371 (lire en ligne)
  • Paul Richer, « Note sur la forme extérieure du corps dans la maladie de Parkinson », Comptes rendus des séances de la Société de biologie et de ses filiales, , p. 834-837 (lire en ligne)
  • Jean-Baptiste Charcot, « Paul Richer (1849-1934) : notice nécrologique lue à l'Académie de médecine », Le progrès médical, no 14, , p. 615-618 (lire en ligne)
  • Jean-Baptiste Charcot, « Paul Richer », Paris médical, no 92, , p. 316-320 (lire en ligne)
  • Nadine Simon, La Pitié-Salpêtrière, , 126 p. (ISBN 2-86947-003-7)
  • Salomon Ammar, Stéphanie Dubal et Bruno Dubois, Humeur et Parkinson, , 80 p. (ISBN 978-2307160243)
  • Musée beaux-arts de Chartres (dir.), Paul Richer 1849-1933 : artiste et médecin chartrain, Snoeck, , 104 p. (ISBN 978-9461617958)
  • (en) V.V. Ponomariov, « The story of a statuette “A woman with Parkinson’s disease” », International Neurological Journal, vol. 16, no 3, , p. 84-87 (lire en ligne)
  • Olivier Walusinski, Paul Richer (1849-1933) un neurologue professeur à l'École des Beaux-Arts, Oscitatio, , 206 p. (ISBN 978-2-9573436-2-1)
  • Olivier Walusinski, « Paul Richer (1849–1933) », Oxford Research Encyclopedia of Neuroscience,
  • « L'intrusion de la médecine dans l'art », dans Emmanuel Schwartz, Les sculptures de l'École des beaux-arts de Paris : histoire, doctrines, catalogue, (lire en ligne), p. 77-78

Liens externes

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