La Société de consommation (ouvrage)
La Société de consommation est un ouvrage du sociologue français Jean Baudrillard, publié en 1970, deux ans après son précédent ouvrage Le Système des objets devenu depuis une référence majeure de la contre-culture.
| Langue | |
|---|---|
| Auteur | |
| Genre | |
| Date de parution |
L'auteur y explique que, dans les sociétés occidentales contemporaines, les relations sociales deviennent structurées par un élément relativement nouveau : la consommation de masse. Dans cette approche, la consommation n’est plus, pour chaque individu, le moyen de satisfaire ses besoins (théorie des besoins) mais plutôt de se différencier. Cette personnalisation tend à remplacer les différences réelles entre les individus par essence contradictoires.
Citation
modifier« La publicité tout entière n’a pas de sens, elle ne porte que des significations. Ces significations (et les conditions auxquelles elles font appel) ne sont jamais personnelles, elles sont toutes différentielles, elles sont marginales et combinatoires. C’est-à-dire qu’elles relèvent de la production industrielle des différences, par quoi se définirait, je crois, avec le plus de force le système de la consommation. »
La citation ci-dessus permet une bonne illustration de la pensée de Baudrillard. La publicité a pour objectif de faire croire à la subjectivité, c'est-à-dire qu'elle entretient une croyance personnelle du besoin. Le symbole associé à cela renforce l'idée du besoin d'un produit. Ainsi, une personne voulant un objet délimité doit se retrouver dans ledit objet. Pour le dire autrement, il est fétichisé. Cette croyance à la subjectivité est en lien avec une structure plus grande : la société de consommation. Son but est de produire davantage en fonction de normes symboliques instaurées par les objets. Ainsi, un objet n'est plus considéré comme un élément utile, mais comme un outil cosmétique. C'est en cela que l'objet devient un objet de distinction sociale. Le besoin en ce dernier n'est plus la priorité de l'accomplissement : il s'agit d'un moyen de se mouvoir, de se comporter et de s'organiser dans le milieu dans lequel l'individu vit[1].
La société de consommation réussit d'autant mieux son influence, par le fait qu'elle fait croire au bonheur de la possession. Pour formuler l'idée autrement, c'est par la crainte qu'un effet miroir se produit et tente de conforter l'individu dans le besoin de consommer davantage. L'Abondance est perçue comme la clef du bonheur. Or, cette dernière permet de créer un voile sur les besoins fondamentaux. Le bonheur est donc l'instance première du fonctionnement de toute la société de consommation, en parallèle avec la peur qui entretient la crainte de la dépossession et de la misère[1].
Il est intéressant de noter que l'œuvre de Baudrillard ne se constitut pas uniquement en un rapport avec la fétichisation des objets. Le rapport aux médias, l'exploitation de la peur et le rapport aux différentes valeurs symboliques entretiennent cette même société. Elle est donc un dépassement du matérialisme. Il s'agit d'une production purement symbolique dans lequel (si on prend un exemple) le pain n'est pas qu'un simple pain, c'est-à-dire un objet consommable, purement utilitaire. Il est doté de sens permettant la création d'une distinction[1].
Description
modifierDans nos sociétés où la consommation prend la place de la morale, le corps devient un objet, un capital soumis à un impératif de faire-valoir. Et même si la publicité a recours à des représentations érotiques, il s’agit en fait d’une censure du sens profond des fantasmes. Ces derniers sont étouffés par un jeu de signes sexuels codifié[1].
Le pouvoir de la société de consommation est énorme. Il est à la fois destructeur et créateur : ce qui est matériellement détruit est ainsi souvent recréé de façon factice sous forme de messages, symboles ou signes : la relation humaine est remplacée par des hôtesses d’accueil souriantes chargées de « fluidifier » les rapports sociaux, dans les zones urbanisées la nature est recréée sous forme d’espaces verts[1]...
La société de consommation repose sur son propre mythe : « Si la société de consommation ne produit plus de mythe, c’est qu’elle est elle-même son propre mythe. À un Diable qui apportait l’Or et la Richesse (au prix de l’âme) s’est substituée l’Abondance pure et simple. Et au pacte avec le Diable le contrat d’Abondance. »[1]
Culture populaire
modifierEn , dans une campagne publicitaire d'affichage et de télévision pour la collection Homme des Galeries Lafayette, Frédéric Beigbeder apparaît tenant La Société de consommation entre ses mains. L'auteur, qui est aussi un ex-publicitaire, avait déjà l'habitude d'adopter dans ses romans, notamment 99 francs, un ton ironique à l'égard de son ancien métier. Renversement de perspective fréquent, la « culture de masse » fait ainsi sienne la « contre-culture » .
Notes et références
modifierVoir aussi
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Fiche de lecture La société de consommation, PDF sur le site needocs.com
