La Vengeance du comte Skarbek

série de bande dessinée d'Yves Sente et Grzegorz Rosinski

La Vengeance du comte Skarbek est un diptyque de bande dessinée avec un scénario de Yves Sente, des dessins et couleurs de Grzegorz Rosiński et publié en 2004 et 2005 aux éditions Dargaud.

La Vengeance du comte Skarbek
Album
Scénario Yves Sente
Dessin Grzegorz Rosiński
Couleurs Grzegorz Rosiński
Genre(s) bande dessinée

Langue originale Français
Éditeur Dargaud
Première publication 2004-2005
Nombre d’albums 2

Synopsis

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Premier chapitre : Deux mains d’or

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En 1843, un noble polonais, le comte Mieszko Skarbek, arrive à Paris après avoir débarqué à Saint-Malo. Quelques semaines plus tard, deux industriels amateurs de peinture, Édouard Courselle et Jean Maussard, attaquent en justice, à l'instigation de Skarbek, un célèbre marchand d'art, Daniel Northbrook. Ce dernier leur avait en effet garanti l'exclusivité des toiles de Louis Paulus, un jeune peintre de génie mort il y a 11 ans, dont les tableaux valent désormais une fortune. Or, Skarbek leur a fait découvrir l'existence de nombreuses toiles inconnues de Paulus. Le jour du procès, Skarbek se présente comme témoin à charge contre Northbrook, et révèle devant la cour être Louis Paulus en personne, revenu pour réclamer justice. Il entreprend de raconter comment il a été spolié et laissé pour mort par Northbrook...

Second chapitre : Un coeur de bronze

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Le procès reprend et le comte explique ce qu’il est devenu à la suite de la tentative d’assassinat sur sa personne. Il a simulé sa mort en jetant ses vêtements dans la Seine puis a embarqué sur un navire à Saint-Malo. Mais le navire est attaqué par les pirates. Le comte est cependant épargné. Grièvement brûlé, il se réveille sur l’Ile du Mont Christobald en présence des pirates, le Bourbeux et Violette. Le comte est présenté au chef des pirates, Alexandre Delfrance. Celui-ci décide de le garder à ses cotés pour avoir de la compagnie et pour peindre ses favorites. Le comte, sous le nom de Louis, passe onze ans sur l’ile. Un jour, Alexandre ramène un catalogue de peinture d’une de ses attaques. Il apprend que ses toiles sont devenues très cotées. Cela ravive son envie de vengeance. Alexandre le laisse retourner à Paris. Après ces explications, le procès continue. Mais, coup de théâtre, le cousin Frédéric Chopin intervient et déclare que Louis est un imposteur. Ce dernier essaie de s’enfuir mais est abattu devant la cour. Le jeune Marsac, travaillant pour Dumas, rattrape le tireur et ce dernier lui raconte la véritable histoire de Louis Paulus. La vie sur l’ile a été un peu différente de ce qui avait été précédemment raconté et celui qui a été tué était en fait Alexandre qui avait usurpé l’identité de Louis. Quelques mois auparavant, l’ile avait été attaquée par les Anglais, Louis mortellement blessé et le Bourbeux chargé d’arrêter Alexandre. Le Bourbeux a accompli la vengeance de Louis. A moins que...

La vengeance du Comte Skarbek (2004-2005)
 

Personnages

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  • Comte Mieszko Skarbek : personnage principal de l'histoire, un comte Polonais installé à Paris sous le nom de Louis Paulus.
  • Louis Paulus : pseudonyme du comte et peintre à Paris.
  • Magdalène : jeune courtisane ayant servie de modèle pour les toiles de Louis Paulus.
  • Daniel Northbrook : marchand d’art qui a escroqué Louis Paulus et failli le tuer.
  • Courselle : client de Northbrook ayant signé un contrat d’exclusivité pour acquérir les toiles de Paulus.
  • Maussard : client de Northbrook ayant signé un contrat d’exclusivité pour acquérir les toiles de Paulus.
  • Capitaine Larmane : capitaine du bateau qui emmène le comte vers le Nouveau Monde.
  • Le Bourbeux : un des pirates, qui deviendra un ami de Louis.
  • Violette : une des pirates, qui deviendra la maitresse de Louis.
  • Alexandre Delfrance : le chef des pirates, ancien acteur Parisien.
  • Hubert Soily : sculpteur et ami de Louis.
  • Marsac : assistant de Dumas et qui va recueillir l'histoire du Bourbeux.

Analyse

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Références culturelles

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La Vengeance du comte Skarbek rend ouvertement hommage au roman d'Alexandre Dumas Le Comte de Monte-Cristo, auquel il emprunte plusieurs thèmes. Une partie de l'action se situe sur l'île du « Mont Cristobald ». Le récit fait en outre intervenir un « nègre » de Dumas, qui assiste à des procès pour y prendre des notes et proposer ensuite à l'écrivain de la matière qu'il pourra mettre en forme lui-même ; à la fin de l'histoire, ayant suivi tout le procès et découvert la vérité, l'homme, enthousiasmé, entreprend de rédiger une proposition de roman pour Dumas, qu'il envisage d'appeler Le Comte de l'île Mont Cristobald. Frédéric Chopin, présenté comme un cousin du comte Skarbek, tient un rôle secondaire dans l'histoire[1].

La ressemblance de l’histoire est relevée par A.Legrain: « Si ce résumé vous évoque une histoire semblable où un certain Edmond Dantès, sous les traits du Comte de Monte-Cristo, débarque à Paris pour se venger des Danglard, Mondego ou Villefort, on ne pourrait que vous donner raison car les auteurs se sont vraisemblablement inspirés du célèbre roman d’Alexandre Dumas »[2]. Mais cette série est aussi l'occasion d'un récit différent, aux nombreux et complexes personnages. Le dessin est salué et A.Legrain écrit aussi: « Quant au dessin, attendez-vous tout simplement à recevoir un claque car Rosinski, le vrai, l’unique, est de retour. Si l’on prétendait, à la lumière des derniers Thorgal, que Rosinski avait perdu son talent, « La Vengeance du Comte Skarbek » tend à prouver le contraire : Rosinski reste un des grand maîtres actuels de la bande dessinée »[2].

Style du dessinateur

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Le style de dessin a évolué et Rosinski innove sur ces deux albums, comme le note B.Cassel: « Intégralement réalisé en peinture sur support vertical, Rosinski nous plonge merveilleusement dans le Paris romanesque du XIXe siècle. Certaines cases sont même présentées comme de véritables toiles (le port de Saint-Malo, le tribunal, Waterloo) » [3].

Ce style nouveau et exigeant est repris pour le tome 2 et comme l'écrit B.Cassel: « Mais le véritable atout de l’œuvre se trouve dans le dessin de Gregroz Rosinski. Ce diptyque se détache du reste du 9e art en raison de la technique employée par l’artiste : chaque case est une toile exécutée à l’ancienne, verticalement, à l’aide de gouaches, craies et crayons gras. Le dessinateur de Thorgal nous fait ainsi une véritable démonstration de maître. De tout près, ça semble du barbouillage ; de loin, il n’y a pas une ombre ou un reflet de lumière qui ne soit savamment rendu et certaines cases sont de véritables chefs d’œuvre »[4].

Pour le second tome, si le scénario montre quelques imperfections (trop proche de Monte-Cristo, trop de rebondissements à la limite de la confusion), le dessin reste l'atout majeur du diptyque. Comme l'écrit D.Taugis: « Ces qualités romanesques suffisent déjà à faire de Un Cœur de bronze un album formidable, mais que dire du dessin de Rosinski ! Chaque case est peinte, impliquant un travail gigantesque et minutieux à la fois. Le dessinateur se permet même des audaces de teintes pour certains décors, ajoutant à l’aspect flamboyant du récit. Un diptyque qui deviendra sans aucun doute un classique, une des plus grandes réussites de la BD d’aventure de ces dernières années. »[5].

La maitrise du dessin sous forme de peintures à chaque case reste donc la force principale de cette série. Comme l'écrit M.Antoniutti: « Pour autant, et même si on peine à trouver des défauts dans cette histoire très bien écrite, il lui manque sans doute un brin d’originalité, ou peut-être ce soupçon de caractère qui en aurait fait un album exceptionnel au regard de la partie graphique. Ce diptyque n’en demeure pas moins une très belle réalisation, et deviendra très probablement un classique dont on retiendra en premier lieu le travail d’un Rosinski au sommet de son art »[6].

Références

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  1. Xavier Glaizes, « Emballé façon Cristo », BoDoï, no 70, , p. 22
  2. 1 2 A.Legrain, « Critique de deux mains d'or », sur bdgest.com,
  3. Benoît Cassel, « Critique de la vengeance du Comte Skarbek tome I », sur planetebd.com,
  4. Benoît Cassel, « Critique de la vengeance du Comte Skarbek tome II », sur planetebd.com,
  5. David Taugis, « La vengeance du Comte Skarbek par Sente et Rosinski - Dargaud », sur actuabd.com,
  6. M.Antoniutti, « Chronique sur Skarbek tome 2 », sur bdgest.com,