La Victoire (1916-1940)
La Victoire est un journal quotidien puis hebdomadaire de tendance nationaliste et antiparlementaire fondé par Gustave Hervé en 1916.
quotidien révisionniste, organe de la république autoritaire et plébiscitaire
| Pays |
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|---|---|
| Langue | français |
| Périodicité | Hebdomadaire |
| Genre | Nationalisme, antiparlementarisme, anticommunisme, socialisme national |
| Fondateur | Gustave Hervé |
| Date de fondation | 1er janvier 1916 |
| Date du dernier numéro | 20 Juin 1940 |
| Ville d’édition | Paris |
Histoire
modifierLes débuts de La Victoire (1916-1919)
modifierDevenu La Victoire le , Gustave Hervé songe encore en à l'appeler La Guerre. Ce n'est que le , après la tenue du Congrès socialiste de la Seine, que Hervé décide d'officialiser le nouveau nom[1]. Surveillé par la Direction de la Sûreté générale, le journal semble inquiéter mais reste pour l'heure présentable à quelques annonceurs qui acceptent de lui faire de la publicité comme Printemps, Le Louvre, Le Bon Marché et les Galeries Lafayette[1]. Le , La Victoire passe à quatre pages mais, constatant « qu'un tiers des ouvriers ont déserté », le journal retombe à deux pages en [1].
Au niveau des tirages, le journal se vend très bien avec plus de 80 000 exemplaires fin 1916 puis oscillant entre 67 000 et 94 000 l'année suivante se plaçant donc « dans le peloton des journaux qui marchent »[1].
Une nouvelle ligne politique : le socialisme national
modifierHervé ayant évolué vers un « socialisme » patriotique va, dans les premiers numéros du journal, tracer les grandes lignes de sa nouvelle orientation : promouvoir la collaboration de classes et relancer une économie française durement touchée par la guerre[1]. Dans les mois qui suivent, Hervé ferraille et enchaîne les articles prônant un renforcement important de l'exécutif, qui doit mettre en place la « dictature nécessaire », et attaquant le parlementarisme[1].
Déclin et fermeture du journal après la défaite (1940)
modifierTenant une place essentielle dans l'itinéraire de Gustave Hervé dans l'entre-deux guerres, La Victoire décline au même rythme que l'influence de celui-ci. Il trouve cependant des commanditaires qui acceptent de financer son journal, tels à partir des années 1920 les industriels cotonniers vosgiens René Laederich et son fils Georges Laederich[2].
Après le départ de Marcel Bucard en 1933 et d'autres complications, le journal, devenu hebdomadaire, voit son tirage passer de 13 000 exemplaires en 1936 à moins de 500 en 1939[3], et perd l'un de ses principaux bailleurs de fonds en la personne de l'industriel Georges Laederich qui cesse de le financer au moment de la crise des Sudètes en 1938[4].
Au moment de la défaite en 1940, Hervé se déclara proche « de cœur avec Hitler, avec l’homme, avec le patriote allemand ». Le premier numéro, le , n'eu qu’une seule page, et Hervé y dénonça le « régime parlementaire factionnel » de la Troisième République, attaqua le traité de Versailles de 1919, et apporta son soutien aux revendications de Hitler[3]. Il alla ensuite, encore plus loin, préconisant une fraternité entre peuples, et dans son numéro du , « une fédération de toutes les nations européennes, grandes et petites, libre de quelconque assujettissement parmi elles ». Le journal disparaît définitivement avec son numéro du [3].
Collaborateurs
modifierNotes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 Gilles Heuré, Gilles Heuré, Gustave Hervé - Itinéraire d'un provocateur, La Découverte, (lire en ligne), p. 247-248
- ↑ Christophe Bourseiller, Ils l'appelaient Monsieur Hitler, L'histoire méconnue des nazis français, 1920-1945, Perrin, 2022 (chap. 2, « Les premiers fascistes français »).
- 1 2 3 David Wingeate Pike, « La transition de la presse parisienne entre juin et novembre 1940 : dissolution, fuite, exil, retour », Guerres mondiales et conflits contemporains, Presses Universitaires de France, no 268 « Le sport et la Seconde Guerre mondiale », , p. 117-134 (lire en ligne)
- ↑ Jean-François Colas, « Georges René Laederich (1898-1969), un industriel en politique. De l’engagement volontaire contre l’Allemagne en 1916 à l’acceptation du Marché commun », dans Jean El Gammal, Jérôme Pozzi (dir.), Le Grand Est (1870-2019). Forces et cultures politiques, Presses universitaires de Nancy - Éditions universitaires de Lorraine, 2019, p. 145-146.
Bibliographie
modifier- Gilles Heuré, Gustave Hervé - Itinéraire d'un provocateur, La Découverte, 2012.
- Gilles Heuré, « Itinéraire d'un propagandiste : Gustave Hervé, de l'antipatriotisme au pétainisme (1871-1944) », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Année 1997, 55, pp. 16-28.
- David Wingeate Pike, La transition de la presse parisienne entre juin et novembre 1940 : dissolution, fuite, exil, retour, dans Le sport et la Seconde Guerre mondiale, Guerres mondiales et conflits contemporains, 4, n° 268, Presses Universitaires de France, 2017, p. 117-134.