La Voz de Navarra

ancien quotidien basque espagnol

La Voz de Navarra (en français : La Voix de Navarre) est un ancien quotidien basque espagnol publié à Pampelune entre 1923 et 1936. Porte-parole du Parti nationaliste basque (PNV) en Navarre, il est le premier journal à défendre une ligne éditoriale nationaliste basque, foriste et régionaliste. Il constitue l'un des principaux journaux navarrais de l'entre-deux-guerres et le principal organe de presse du nationalisme basque dans la province[1],[2]. La Voz de Navarra, est un journal en langue espagnole qui réservait certaines pages au basque et constitua un espace de diffusion ayant permis à plusieurs écrivains navarrais de commencer à publier en basque[3].

La Voz de Navarra
Image illustrative de l’article La Voz de Navarra

Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Zone de diffusion Pays basque
Langue Espagnol, basque
Périodicité Quotidien
Date de fondation
Date du dernier numéro
Ville d’édition Pampelune

Le journal paraît pour la première fois le [3]. Durant son existence, il se distingue par sa défense des fueros navarrais, du développement de l'euskara et de l'autonomie des provinces basques. Il entretient des relations souvent conflictuelles avec les deux principaux quotidiens conservateurs de Pampelune, le Diario de Navarra et El Pensamiento Navarro[1].

Après le soulèvement militaire de juillet 1936, La Voz de Navarra est interdit par les autorités insurgées. Ses locaux sont saisis par la Phalange espagnole, qui y installe l'imprimerie du quotidien Arriba España[4].

Histoire

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Fondation et contexte

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La Voz de Navarra est fondé en 1923 dans un contexte marqué par le développement de la presse politique navarraise et par la volonté des secteurs nationalistes basques de disposer d'un quotidien propre dans la province[1].

Le premier numéro paraît le 4 mars 1923 à Pampelune. Le journal est installé dans la rue Zapatería, où se trouvent ses bureaux et ses ateliers d'impression[1].

La création du quotidien est liée à plusieurs personnalités navarraises proches du courant nationaliste basque. Parmi les promoteurs cités figurent notamment Manuel de Irujo, Manuel de Aranzadi et d'autres militants du nationalisme basque navarrais[1],[5].

Le projet éditorial du journal cherche à associer la défense de la personnalité historique de la Navarre, notamment les institutions forales, avec les positions du nationalisme basque. Elena Osés Larumbe définit la publication comme un « periódico vasquista », tout en soulignant que la majorité de ses textes sont rédigés en castillan[1].

Caractéristiques éditoriales

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Dès ses débuts, La Voz de Navarra adopte une orientation politique favorable au foralisme navarrais et au courant basquiste. Le quotidien consacre une partie de ses contenus aux débats politiques, aux questions institutionnelles et aux thèmes liés à l'identité culturelle basque[1].

Bien que la langue principale du journal soit l'espagnol, l'euskara apparaît dans ses pages. Le journal publie des textes en langue basque et utilise également cette langue dans certaines rubriques et annonces[1].

Le quotidien s'inscrit dans un paysage médiatique navarrais où il côtoie notamment le Diario de Navarra et El Pensamiento Navarro, deux journaux ayant des orientations politiques différentes. Les relations entre ces publications sont marquées par des débats et des oppositions idéologiques[1].

Sous la dictature de Primo de Rivera

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Après le coup d'État du général Miguel Primo de Rivera en septembre 1923, la presse espagnole est soumise à un régime de contrôle et de censure. La Voz de Navarra, en raison de sa ligne politique, connaît des difficultés avec les autorités durant cette période[1].

L'étude d'Elena Osés Larumbe montre que le journal doit composer avec les restrictions imposées par la dictature tout en poursuivant sa publication jusqu'à la fin du régime de Primo de Rivera[1].

La Seconde République espagnole (1931-1936)

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Après la chute de la dictature de Miguel Primo de Rivera et la proclamation de la Seconde République espagnole en 1931, La Voz de Navarra poursuit sa publication à Pampelune. Le quotidien conserve son orientation nationaliste basque et fueriste, tout en participant aux débats politiques de la période républicaine[1].

Durant la période républicaine, le journal accorde une attention particulière aux débats concernant le statut d'autonomie basque et à la participation éventuelle de la Navarre au projet autonomiste basque. Cette question constitue l'un des principaux thèmes politiques suivis par la presse nationaliste basque navarraise[6].

La Voz de Navarra continue également à donner une place importante à la langue basque dans ses pages. Contrairement à une grande partie de la presse navarraise de l'époque, le quotidien utilise régulièrement l'euskara dans certaines rubriques et dans des contenus destinés aux lecteurs bascophones[1].

Direction et dernier directeur

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Au cours de son existence, le journal connaît plusieurs directeurs. Parmi eux figurent notamment Eladio Esparza, José Lecároz Goñi, Jesús Etayo Zalduendo, Jesús Aranzadi, Miguel Esparza et enfin José Aguerre, qui est le dernier directeur de la publication avant sa disparition en 1936[7].

José Aguerre est une figure du nationalisme basque navarrais. Écrivain et homme politique, il participe aux activités culturelles et politiques liées à la défense de l'identité basque en Navarre[7].

Fermeture en 1936

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Le déclenchement de la guerre d'Espagne entraîne la disparition de plusieurs journaux opposés au nouveau pouvoir militaire. En juillet 1936, La Voz de Navarra est fermé par les autorités insurgées et ses installations sont saisies par la Phalange espagnole[8].

Le matériel et les locaux du journal, situés rue Zapatería à Pampelune, sont attribués à la nouvelle presse phalangiste. C'est dans ces installations que commence à paraître le quotidien Arriba España, dont le premier numéro sort le 1er août 1936 sous la direction de Fermín Yzurdiaga[8].

La disparition de La Voz de Navarra met fin au principal quotidien nationaliste basque de Navarre de l'avant-guerre. La saisie de ses installations symbolise la réorganisation complète de la presse navarraise dans la zone contrôlée par les insurgés en 1936[9].

Postérité et intérêt historique

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Après sa disparition en 1936, La Voz de Navarra devient une source essentielle pour l'étude de la vie politique et culturelle navarraise durant l'entre-deux-guerres. Les collections conservées dans les fonds de presse historique permettent d'étudier l'évolution du nationalisme basque en Navarre, les débats autour du foralisme et les relations entre les différents courants politiques de la province[1].

Le journal constitue également un témoignage important sur l'histoire de la presse politique navarraise avant la guerre civile. Son étude permet d'analyser la place occupée par les journaux liés au nationalisme basque dans un espace médiatique dominé par des titres d'autres sensibilités politiques[10].

La trajectoire de La Voz de Navarra illustre également la rupture provoquée par la guerre d'Espagne dans le paysage journalistique navarrais. La fermeture du quotidien en juillet 1936 et l'utilisation de ses installations pour l'impression de Arriba España marquent le remplacement d'une presse pluraliste d'avant-guerre par une presse contrôlée par les nouvelles autorités politiques[8].

Collections et conservation

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Les exemplaires de La Voz de Navarra sont aujourd'hui conservés dans différents fonds documentaires consacrés à la presse historique navarraise et basque. Ces collections permettent l'accès aux numéros publiés entre 1923 et 1936 et constituent une documentation importante pour les chercheurs travaillant sur l'histoire politique, sociale et culturelle de la Navarre contemporaine[11].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 (es) Elena Osés Larumbe, « «La Voz de Navarra», un periódico vasquista. Sus primeras campañas, 1923-1931 », Príncipe de Viana, vol. 49, no 184, , p. 415-435 (ISSN 0032-8472, lire en ligne).
  2. (es) « El PNV quiere volver a París », El País, (lire en ligne, consulté le ).
  3. 1 2 (eu) « Euskal literatura, nafarrek idatzia », Kulturklik, (lire en ligne).
  4. (eu) Eusko Ikaskuntza, « Euskal kultura prentsan: La Voz de Navarra », Eusko Ikaskuntza (consulté le ).
  5. (es) Pescador Medrano, Aitor, « La Voz de Navarra: historia de un periódico navarro y vasquista en su centenario (1923-1936) », Diario de Noticias de Navarra, 4 marzo 2023 (lire en ligne, consulté le ).
  6. (eu) Olaia García de Amézaga Lizarraga, Euskal Estatutua Nafarroako DN eta LVN egunkarietan: nahastearen eta eztabaiden artean, 2025.
  7. 1 2 (es) Sabino Arana Fundazioa, « La Voz de Navarra, el primer diario nacionalista vasco en Nafarroa », Sabino Arana Fundazioa (consulté le ).
  8. 1 2 3 (es) Auñamendi Eusko Entziklopedia, « Arriba España », Eusko Ikaskuntza (consulté le ).
  9. (es) EuskoNews, « La Prensa del Movimiento en Euskadi », Eusko Ikaskuntza (consulté le ).
  10. (es) Javier Díaz Noci, « Historia del periodismo vasco (1600-2010) », Mediatika. Cuadernos de Medios de Comunicación, vol. 13, , p. 1-261 (ISBN 978-84-8419-247-3, ISSN 1137-4462, lire en ligne).
  11. (es) Ministerio de Cultura y Deporte, « La Voz de Navarra : diario independiente », Biblioteca Virtual de Prensa Histórica (consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • (es) Elena Osés Larumbe, « «La Voz de Navarra», un periódico vasquista. Sus primeras campañas, 1923-1931 », Príncipe de Viana, vol. 49, no 184, , p. 415-435 (ISSN 0032-8472, lire en ligne)
  • (es) Javier Díaz Noci, « Historia del periodismo vasco (1600-2010) », Mediatika. Cuadernos de Medios de Comunicación, vol. 13, , p. 1-261 (ISBN 978-84-8419-247-3, ISSN 1137-4462, lire en ligne)

Liens externes

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