Lac Kara-Kul
Kara-Kul, Karakul ou Qaraqul (tadjik : Қарoкул, lac noir) est un lac endoréique dans la région montagneuse du Pamir au Tadjikistan. Le lac s’élève à 3 900 m d'altitude et, du fait de son endoréisme, sa salinité empêche pratiquement toute forme de vie de s’y développer. Une péninsule partant du Sud sépare le lac en deux bassins : un bassin à l'est peu profond (de 13 à 19 m) et un second à l’ouest dont la profondeur va jusqu’à 238 m. Le lac Kara-Kul a été déclaré site Ramsar le [1].
| Kara-Kul | |||
| Administration | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Subdivision | Haut-Badakhchan | ||
| Subdivision | District de Murghob | ||
| Fait partie de | Parc national du Pamir | ||
| Statut | Site Ramsar | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 39° 02′ 24″ N, 73° 25′ 12″ E | ||
| Type | Lac endoréique | ||
| Montagne | Pamir | ||
| Superficie | 380 km2 |
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| Longueur | 33 km | ||
| Largeur | 23 km | ||
| Altitude | 3 900 m | ||
| Profondeur · Maximale |
238 m |
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| Géolocalisation sur la carte : Tadjikistan
Géolocalisation sur la carte : Haut-Badakhchan
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Origine
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D'origine incertaine, une hypothèse est qu'il ait été formé par l'impact d'une météorite il y a environ 25 millions d'années, laissant un cratère d'environ 45 km[2]. Son origine n'a été découverte que par l'étude de photos satellite mais cette explication suscite l'interrogation[3].
Une autre théorie suppose qu'il ait été formé à la suite des mouvements de la plaque tectonique[3].
- Les abords du lac
- Vue depuis le sud-ouest du lac D'un point de vue géologie structurale et en structures d'impact planétaires, l’analyse géodynamique et morpho-tectonique détaillée de la dépression du lac Kara-Kul (Pamir, Tadjikistan) montre, sur l'interprétation des trois clichés : - Arguments en faveur de l'origine météoritique (Astroblème) L’hypothèse d’un astroblème géant (cratère d'environ 52 km de diamètre) formé au Pliocène/Miocène s'appuie sur de solides indices géomorphologiques observables et des critères pétrographiques diagnostiques. -Morphologie macroscopique (Image 1 - Vue Satellite). Géométrie circulaire : La vue satellite (Image 1) montre de manière frappante une dépression topographique globalement circulaire, qui tranche de façon nette avec les structures rectilignes et plissées typiques des chaînes de collision environnantes. Soulèvement central : On observe au centre du lac une grande péninsule (prolongeant la bordure nord) et une île majeure. En sciences des impacts, cette topographie correspond parfaitement au pic central (ou anneau central) d'un cratère d'impact complexe. Ce dôme se forme par rebond élastique de la croûte immédiatement après le passage de l'onde de choc. Rempart annulaire : Le lac est ceinturé par une couronne de massifs montagneux surélevés qui dessinent la morphologie d'un cratère multi-anneaux partiellement érodé. 2. Indices de terrain et Pétrographie ( Images 2 et 3). Cônes de percussion (Shatter cones) : Des expéditions géologiques récentes (notamment sur la péninsule centrale visible sur les clichés) ont documenté la présence de shatter cones dans les sédiments métamorphisés et les granites. Ces fractures en forme de chevrons ou de pinacles sont l'unique preuve macroscopique incontestable d'une onde de choc d'origine météoritique (pressions > 2 à 30 GPa). Quartz choqués et brèches : Les travaux initiés par les géologues russes (Gurov et al.) ont mis en évidence au microscope des structures de déformation planaire (PDFs) dans les grains de quartz, ainsi que des suevites (brèches contenant du verre fondu) et des pseudotachylites. L'Image 3, montrant des versants abrupts et des zones d'éboulis clastiques, illustre le type d'affleurements où ces brèches d'impact ont été échantillonnées. 3. Données géophysiques. Les profils gravimétriques de la région révèlent une anomalie gravimétrique négative centrée sur le bassin. Elle s'explique par la forte baisse de densité des roches du socle, intensément fracturées et broyées par l'énergie cinétique de l'impact (lentille de brèches sub-surfacique). Arguments en faveur de l'origine tectonique (Endogène). Malgré les signatures d'impact, le lac s'inscrit dans l'un des contextes tectoniques les plus actifs de la planète (collision Inde-Asie), fournissant des arguments puissants pour une origine purement endogène. 1. Contrôle structural et Failles (Images 1, 2 et 3). Géométrie des rives : (Image 1), la forme du lac n'est pas parfaitement ronde mais polygonale, étirée selon un axe Nord-Sud / Nord-Ouest - Sud-Est. Failles actives : Le lac est recoupé par la faille du Nord-Pamir (Karakul Fault). Sur les Images 2 et 3, les abrupts de montagne rectilignes à l'arrière-plan s'apparentent à des escarpements de failles normales ou décrochantes. La dépression s'interprète très bien comme un graben tectonique ou un bassin en extension de type pull-apart, créé par le jeu coulissant des failles majeures du Pamir. 2. Contexte de collision syn-orogénique. Le raccourcissement crustal intense lié à la convergence de la plaque Indienne force l'extrusion et le partitionnement de la croûte du Pamir. Ce partitionnement crée des structures d'interférence (dômes et bassins superposés). Le dôme central du lac peut ainsi être interprété de manière endogène comme un horst tectonique ou un dôme d'exhumation métamorphique, plutôt qu'un rebond d'impact. 3. Dynamique glaciaire et érosive (Images 2 et 3). Les Images 2 et 3 montrent un paysage de haute altitude typiquement marqué par l'action glaciaire (sommets enneigés, vallées en U en amont, cônes de déjection). Durant le Quaternaire, les langues glaciaires descendant des massifs environnants ont pu utiliser les zones de failles préexistantes (roches broyées, plus tendres) pour surcreuser la dépression centrale. Le réseau hydrographique endoréique (bassin fermé) a ensuite accumulé des sédiments fluvio-glaciaires, masquant les structures géologiques réelles et régularisant les contours du lac. La structure de Kara-Kul est un exemple exceptionnel de coexistence géodynamique. L'hypothèse la plus robuste aujourd'hui est celle d'une origine mixte (un impact météoritique surimposé par la tectonique active). Les critères pétrographiques (quartz choqués, shatter cones) validés par l'Earth Impact Database confirment de manière absolue qu'un impact météoritique majeur a eu lieu (vraisemblablement il y a moins de 5 millions d'années, au Pliocène). Cependant, le cratère s'est formé sur une croûte continentale en pleine phase d'orogenèse active. Depuis sa formation, l'astroblème est littéralement "repris" et déformé par les failles régionales du Pamir (raccourcissement, étirement en pull-apart) et profondément sculpté par l'érosion glaciaire. C'est ce qui explique pourquoi sa morphologie balance visuellement entre la géométrie d'un cratère et celle d'un bassin tectonique.
Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Karakul (Tajikistan) » (voir la liste des auteurs).
Voir aussi
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la géographie :
- «A la découverte des cratères d'impact», Du Vent dans les synapses, France Inter, 16 mai 2020
- [vidéo] «Ces Lacs qui tutoient le ciel-le Karakul au Tadjikistan», ARTE sur Dailymotion