Lamba (Madagascar)

élément du costume traditionnel malgache

Le lamba est un textile traditionnel malgache, généralement constitué d'une pièce rectangulaire portée autour du corps. Il peut être fabriqué en coton, en soie ou dans d'autres fibres végétales. Le lamba hoany ou lambahoany en est une forme imprimée.

Musicien sakalava portant un lamba.

Usages et significations

modifier
Famille près d'Ambalavao, à Madagascar.

Le lamba est porté par les hommes et les femmes. Il peut servir de châle, de vêtement noué autour de la taille ou du corps, de porte-bébé ou de linceul. Sa matière, ses couleurs, ses motifs et la manière de le porter peuvent exprimer l'âge, le statut social, l'origine ou l'identité de son propriétaire[1]

Dans les Hautes Terres, la soie occupe une place importante dans la fabrication des lambas. Chez les Mérinas, elle a été associée au rang social, à la royauté et aux cérémonies funéraires. Les pièces de soie les plus élaborées étaient portées par les élites et pouvaient aussi envelopper les défunts[2]

Les lambas servent aussi de linceuls. Le British Museum conserve des pièces mérinas et betsiléos en soie utilisées à la fois comme vêtements et comme étoffes funéraires[3]

Différents types de lambas

modifier
Lambas classiques.
Lambas imprimés.

Le terme lamba recouvre plusieurs types d'étoffes et de vêtements :

  • le lamba hoany ou lambahoany, une pièce rectangulaire de coton imprimé. Elle peut porter des images, des motifs et des proverbes[4] Le British Museum conserve un exemplaire en coton imprimé acquis à Fianarantsoa[5] ;
  • le lambamena, un linceul traditionnel en soie naturelle utilisé après le décès et lors du famadihana, cérémonie au cours de laquelle les restes des ancêtres sont enveloppés dans de nouvelles étoffes[6] ;
  • le lamba arindrano, caractérisé par des bandes longitudinales. Des étoffes de style arindrano en coton ou en soie sont employées comme vêtements et comme étoffes funéraires[1] ;
  • le lamba akotofahana, une étoffe de soie à motifs complexes associée à la cour et à l'aristocratie mérinas au XIXe siècle[2].

Les techniques et les matières varient selon les régions. Les Mérinas et les Betsiléos comptent parmi les principaux groupes producteurs de textiles de soie à Madagascar[7]

Dans la culture populaire

modifier

Le chanteur malgache Henri Ratsimbazafy interprète Le Lamba blanc, chanson qui connaît aussi une reprise par le chanteur réunionnais Pierre Rosely. Cette version connaît une diffusion dans l'océan Indien[8]

Notes et références

modifier
  1. 1 2 (en) « Gifts and Blessings: The Textile Arts of Madagascar », sur National Museum of African Art, Smithsonian Institution (consulté le ).
  2. 1 2 (en) « Lamba mpanjaka marevaka (king’s bright mantle) », sur Metropolitan Museum of Art (consulté le ).
  3. (en) « Cloth; shawl; shroud », sur British Museum (consulté le ).
  4. (en) Rebecca L. Green, « Lamba Hoany: Proverb Cloths from Madagascar », African Arts, vol. 36, no 2, , p. 30-43 (DOI 10.1162/afar.2003.36.2.30).
  5. (en) « Cloth », sur British Museum (consulté le ).
  6. E. Vernier, « Étude sur la fabrication des Lambamena », Journal de la Société des Africanistes, vol. 34, no 1, , p. 7-34 (DOI 10.3406/jafr.1964.1377, lire en ligne).
  7. (en) « Wrapper », sur National Museum of African Art, Smithsonian Institution (consulté le ).
  8. « Roselli Pierre », sur Réunionnais du Monde (consulté le ).

Pour approfondir

modifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes

modifier