Beverly Halstead
Lambert Beverly Halstead, ou Lambert Beverly Halstead Tarlo ou simplement Beverly Halstead, né le à Pendleton dans le Lancashire et mort dans un accident de voiture le à Reading dans le Berkshire, est un paléontologue, professeur de géologie et de zoologie, et vulgarisateur scientifique britannique. Il est noté pour ses théories franches sur les habitudes sexuelles des dinosaures, ainsi que pour un assaut prolongé sur la systématique phylogénétique (ou « cladisme », comme il l'appelle), dans une série de lettres et d'éditoriaux à la revue scientifique Nature à la fin des années 1970 et début des années 1980. Il fut président de le Geologists' Association (en) de 1990 jusqu'à sa mort l'année suivante.
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Biographie
modifierJeunesse et éducation
modifierLambert Beverly Halstead naît en à Pendleton, dans le Lancashire, de Lambert « Bert » Halstead (1907-1983) et d'Elizabeth « Betty » Waring (1911-1991), à proximité des pentes de Pendle Hill. Sa mère, athée, communiste et partisane de la cause républicaine durant la guerre d'Espagne, l'élève davantage comme un « jeune adulte » que comme un enfant. Il grandit ainsi dans un relatif isolement social, au cœur de la campagne du Lancashire. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la maison familiale de Pendleton accueille de nombreux militaires de passage, parmi lesquels figure le militant communiste Maurice Tarlo. Après la guerre, Betty Halstead s'installe à Londres, divorce de Bert Halstead et épouse Maurice Tarlo. Le couple n'a pas d'enfants biologiques, mais adopte trois filles qui deviennent les demi-sœurs adoptives de Halstead : Gay, Meryl, qui émigre plus tard en Australie, et Jean, morte prématurément d'un cancer. À l'âge de dix ans, celui-ci est invité à porter le nom de famille de son beau-père et devient ainsi Beverly Tarlo[1].
Halstead grandit entouré de livres à Eastbourne, dans le Sussex, et fréquente la Lewes Grammar School (en). Ses promenades dans la campagne nourrissent très tôt son intérêt pour l'histoire naturelle. Durant son adolescence, il parcourt également l'Europe en auto-stop, assiste à une conférence pour la paix à Paris et passe un programme d'échange à Blois, où il apprend le français. Peu à l'aise dans le système des grammar schools, il présente sa candidature à plusieurs universités. Bien qu'il obtienne peu d'entretiens, il est admis dans le cursus spécialisé de géologie de l'université de Sheffield, l'un des rares établissements britanniques dont la formation est particulièrement réputée en paléontologie. Il se passionne probablement pour les fossiles de vertébrés à la suite d'une excursion dans le Yorkshire, au cours de laquelle il découvre des vertèbres de plésiosaures, avant de participer à de nombreuses autres expéditions de terrain. En 1955, influencé à la fois par les convictions communistes transmises par ses parents et par son intérêt pour les poissons du Dévonien, Halstead se rend alors en Pologne. Il y noue de solides amitiés avec plusieurs étudiants, parmi lesquels Zofia Kielan-Jaworowska et Julian Kulczynski, tout en commençant à remettre en question l'idéal de la société communiste. Au cours de ses études, il participe également à des expéditions de terrain avec William Sarjeant (en) et entame une collaboration avec John R. L. Allen (en), qui les conduit à proposer que les premiers poissons soient apparus en milieu marin. Son tempérament aventureux lui vaut cependant plusieurs mésaventures : après avoir chaviré dans la rivière Don et avalé une importante quantité d'eau, il doit subir un lavage gastrique ; il se retrouve aussi impliqué dans une bagarre avec un autre étudiant et joue un tour à l'un de ses professeurs en préparant une tarte aux pommes piégé lors d'une sortie de terrain. Il obtient finalement un diplôme de géologie avec les plus hautes distinctions (First Class Honours)[1].
Carrière et recherches
modifierHalstead souhaite poursuivre des recherches sur les poissons du Paléozoïque dans le cadre d'un diplôme de troisième cycle, mais aucun financement n'est disponible pour ce projet. Il rejoint alors le département de zoologie de l'University College de Londres sous la direction du professeur D. M. S. Watson, où plusieurs enseignants, parmi lesquels figurent des paléontologues sympathisants du communisme, encadrent ses travaux. Watson lui confie une thèse consacrée aux pliosaures du Jurassique. Halstead publie de nombreux articles scientifiques destinés à constituer la base de son doctorat. Au cours de cette période, il entre publiquement en conflit avec sa directrice de thèse, Pamela Robinson (en), au sujet de Kuehneosaurus, un reptile provenant des remplissages de fissures triasiques du pays de Galles. Quelques jours avant la publication de la description détaillée de Robinson, Halstead publie le nom invalide Plesiodraco, ce qui est alors perçu comme une appropriation de ses travaux. Cette controverse, conjuguée à son incapacité à rédiger une véritable thèse, retarde l'obtention de son doctorat jusqu'en 1959. De 1958 à 1961, il bénéficie d'une bourse de recherche au musée d'histoire naturelle de Londres afin d'étudier les poissons du Paléozoïque, travaux qui donnent lieu à une production scientifique particulièrement abondante. Durant cette période, il s'oppose également à l'ichtyologue Errol White au sujet de l'identité de Jamoytius. Toutefois, lorsque de nouveaux fossiles confirment l'interprétation d'Halstead, les relations entre les deux chercheurs s'améliorent considérablement[1].
Halstead s'intéresse ensuite à l'origine évolutive des os et des dents, en appliquant aux poissons fossiles des méthodes issues de la recherche odontologique. Il collabore alors avec Beryl Morris, étudiante en chirurgie dentaire à l'University College Hospital. Les deux chercheurs se marient peu après ; Morris est déjà mère de deux filles issues d'un précédent mariage. Bien qu'il ait jusque-là publié sous le nom de son beau-père, Tarlo, Halstead choisit progressivement de reprendre son patronyme d'origine. Entre 1966 et 1968, il signe ses travaux sous le nom de L. B. Halstead Tarlo, avant d'adopter définitivement celui de L. Beverly Halstead. Il poursuit parallèlement ses recherches sur les tissus durs des vertébrés, les poissons du Paléozoïque et l'évolution des dents. Lors de la création d'un laboratoire de sédimentologie à l'université de Reading par Percival Allen, ce dernier obtient des postes pour John R. L. Allen et Halstead. Celui-ci commence alors à enseigner à Reading, où il organise notamment des excursions annuelles sur l'île de Wight afin d'y étudier la géologie locale. Les relations entre Halstead et Morris se dégradent toutefois rapidement ; après six années de mariage, il quitte le domicile conjugal, leur divorce étant finalement prononcé en 1975[1].
Mort
modifierEn , Halstead prévoit d'assister à la réunion conjointe de la Geologists' Association (en) (dont il assure la présidence depuis l'année précédente[2]) et de la British Association for the Advancement of Science, organisée à Plymouth. Après avoir rendu visite à Jenny et Tom à Reading, il charge sa voiture de plusieurs effets personnels destinés à son cottage du Lancashire avant de reprendre la route vers Plymouth afin de préparer la réunion. Dans la nuit, alors qu'il approche de Bath, dans le Somerset, il ne remarque pas le flanc non éclairé d'un semi-remorque effectuant un demi-tour et percute le véhicule sans avoir le temps de freiner. Une seconde voiture circulant derrière lui ralentit légèrement, mais entre également en collision, provoquant l'embrasement des deux véhicules. Si les conducteurs sont rapidement extraits des carcasses, Halstead succombe à une fracture des vertèbres cervicales subie lors de l'impact. Au moment de sa mort, la plupart des controverses auxquelles il avait été mêlé appartiennent déjà au passé. Une cérémonie commémorative est organisée à Bath en 1991[1].
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- 1 2 3 4 5 (en) William A. S. Sarjeant, Vertebrate Fossils and the Evolution of Scientific Concepts : Writings in Tribute to Beverly Halstead, by Some of His Many Friends, vol. 18, Reading, Gordon & Breach, coll. « Modern Geology », , 622 p. (ISBN 978-2-88124-996-9, ISSN 0026-7775, OCLC 34672546, LCCN 00500382), « Lambert Beverly Halstead (1933-1991): his life, his discoveries and his controversies », p. 5-59.
- ↑ « The Wyley History of the Geologists' Association in the 50 years 1958–2008 » [PDF], sur Geologists Association (consulté le ).
Liens externes
modifier- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :