Last and First Men (film)

film de Jóhann Jóhannsson, sorti en 2020

Last and First Men est un film islandais réalisé par Jóhann Jóhannsson, sorti en 2020. Il s'agit du premier long métrage de Jóhann Jóhannsson, connus pour ses compositions pour le cinéma.

Last and First Men
Réalisation Jóhann Jóhannsson
Scénario Jóhann Jóhannsson
José Enrique Macián
Musique Yair Elazar Glotman
Jóhann Jóhannsson
Acteurs principaux Tilda Swinton
Sociétés de production Zik Zak Filmworks
Pays de production Drapeau de l'Islande Islande
Genre Science-fiction, expérimental
Durée 70 minutes
Sortie 2020

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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Deux milliards d'années dans le futur, une race humaine est train de disparaître.

Le film présente des vues de monuments abandonnés (monuments yougoslaves à la Seconde Guerre mondiale).

Fiche technique

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Distribution

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Production

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L'adaptation du roman a tout d'abord été créée en 2017 (sous forme abrégée et comme "performance" ou œuvre audiovisuelle interprétée en direct) au Festival International de Manchester (en), biennale d'art contemporain intitulée "MIF 17"[1]. Puis, complétée et finalisée sous forme d'un film long métrage, elle a été présentée en 2020 (de manière posthume, donc) au Festival international du film de Berlin[2]. Jóhannsson en a aussi composé la musique originale, pour laquelle il avait reçu le prix du compositeur de cinéma de l'année 2018 aux World Soundtrack Awards (avec les musiques qu'il a signées pour trois autres films sortis en 2018). Ce film a été diffusé entre autres sur la chaîne Arte le (à 0H30)[3].

Ce premier long métrage de Jóhannsson en tant que réalisateur[Note 1] (mais aussi co-scénariste en plus de compositeur) sera aussi son dernier car il meurt prématurément le [Note 2], peu après avoir mis sa dernière touche à son film[1], ce qui donne inévitablement un aspect testamentaire à cette œuvre, en plus de la dimension philosophique et prophétique du roman qu'elle illustre.

Ce film relève le défi de l'adaptation au cinéma d'un tel roman en adoptant résolument une posture qui a été qualifiée de contemplative, esthétisante et puissamment hypnotique[5] : fable de science-fiction entre onirisme narratif et fascination, le film présente des images de sculptures géantes en noir et blanc filmées en lumière réelle contrastée, de l'aube au couchant, dans une lande déserte, et sur un fond de ciel aux formations nuageuses en dégradé de gris qui évoquent certaines recherches de la peinture abstraite. La narration est assurée le plus souvent en voix off, « portée par la voix troublante de l'actrice Tilda Swinton »[5], le tout étant soutenu par la musique de Jóhannsson, en une sorte de "contrepoint rigoureux" à trois voix : images / texte (voix) / musique, où la lenteur majestueuse, le silence et la méditation, la plongée en un abîme contemplatif de formes évocatrices mystérieuses et les paroles énigmatiques venues de si loin ont toute leur place pour construire comme un suspense cosmique[1]. Son sujet est ainsi présenté : « en voie d'extinction, l'humanité du futur s'adresse à nous, hommes d'aujourd'hui et nous demande de l'aide »[5], nous proposant aussi son aide en retour pour notre présent, nous instruisant sur le sens de la vie et les fins dernières, l'évolution et l'unité holistique du cosmos, en un message télépathique traversant les millénaires pour une espérance au-delà des horizons, nuancée par la tristesse métaphysique de la finitude de toutes choses.

Le catalogue du "MIF 17" (Festival International de Manchester 2017) présentait l'avant-première "live" de ce film ainsi :

« Last and First Men, basé sur le roman culte de l’écrivain de science-fiction britannique Olaf Stapledon, brouille la frontière entre fiction et documentaire. L’œuvre met en scène un paysage monumental futuriste mais délabré, magnifiquement filmé en 16 mm noir et blanc dans les anciennes républiques yougoslaves, en contrepoint de la narration de Swinton et de la bande-son orchestrale envoûtante de Jóhannsson. Le résultat est un requiem à couper le souffle pour la dernière espèce humaine de la civilisation... Le film sera projeté au festival, avec une partition live interprétée en direct par l'Orchestre philharmonique de la BBC[6]. »

L'auteur lui-même commentait ainsi son travail, fin 2017 :

« Je finis en ce moment mon premier film [Last and First Men]. [...] C’est un développement de l’œuvre audiovisuelle qui a fait ses débuts cet été au Festival International du Film de Manchester, que je transforme en un long métrage. J'espère le soumettre cette année prochaine à des festivals et le faire tourner [aussi en performance live]. C’est un de mes projets favoris sur lequel je travaille depuis très longtemps, environ dix ans, et qui m’enthousiasme beaucoup. [...] Nous voulions filmer ces sculptures d’une manière très formaliste, pour souligner leur étrange beauté asymétrique. Nous nous réveillions tous les matins à quatre heures pour nous préparer au lever du soleil et restions dehors à filmer toute la journée jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de lumière. Ce fut l’une des expériences les plus heureuses de ma vie, et l’une des plus épuisantes[7] ! »

Accueil

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Le film a reçu un accueil favorable de la critique. Il obtient un score moyen de 80 % sur Metacritic[8].

Notes et références

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  1. ↑ Jóhannsson avait déjà réalisé ou scénarisé deux courts métrages vidéo ou documentaires
  2. ↑ À propos du décès prématuré de Jóhann Jóhannsson, consulter : ▶ Le Figaro et AFP agence, « Johann Johannsson, compositeur des musiques de Sicario et Blade Runner 2049, meurt à 48 ans », Le Figaro,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le ). Ainsi que : ▶ « Le compositeur islandais Johann Johannsson est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne). Et : ▶ « Johann Johannsson, le compositeur de Prisoners et Sicario, est mort », sur Premiere.fr, (consulté le ). Pour les causes de ce décès accidentel dû à un surdosage médicamenteux, lire (en allemand) : ▶ Matthias Becker, « Mysteriöser Tod von Musik-Guru Johannsson aufgeklärt » [« Le mystère de la mort du gourou* musical Johannsson enfin révélé »], B.Z.,‎ (lire en ligne, consulté le ). *Dans ce dernier article, Jóhannsson est surnommé "gourou musical" probablement parce qu'il a impulsé un style de musiques de film particulier, style qui a fait des émules ; par exemple, il est ailleurs qualifié de « mentor de Hildur Guðnadóttir »[2], autre musicienne et compositrice (entre autres de musiques de film) islandaise, elle aussi aujourd'hui internationalement reconnue et multi-récompensée. C'est d'ailleurs elle — avec entre autres Yair Elazar Glotman (en) — qui a finalisé le film de Jóhannsson avant sa présentation à la Berlinale 2020, et on l'entend aussi jouer de son violoncelle dans la bande-son[4]. Elle est d'ailleurs créditée au générique de fin parmi les musiciens.

Références

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  1. 1 2 3 Longue interview de Jóhannsson réalisée en anglais fin 2017 par Chris O'Falt, « Jóhann Jóhannsson’s Fight to Be Visionary, From His Film Scores to His Directorial Debut » [« Le combat de Jóhann Jóhannsson pour être (considéré comme) visionnaire, de ses partitions de film à ses débuts de réalisateur »], sur IndieWire.com, (consulté le ).
  2. 1 2 (en) Zack Sharf, « Jóhann Jóhannsson’s First and Final Directorial Feature ‘Last and First Men’ Heads to Berlinale » [« Le premier et dernier long métrage de Jóhannsson ‘Les Derniers et les Premiers’ sera présenté à la Berlinale »], sur IndieWire.com, (consulté le )
  3. ↑ Le film est encore visible sur la plate-forme numérique d'Arte pour une durée limitée : Jóhann Jóhannsson (à partir d'Olaf Stapledon), « Last and First Men », sur arte.tv, 2017/2020/2022 (consulté le ).
  4. ↑ John Rogers, « Alien Communication : From Hafnarfjörður To Hollywood, Hildur Guðnadóttir Hits The Big Time » [« Communication extraterrestre : de Hafnarfjörður à Hollywood, Hildur Guðnadóttir frappe un grand coup »], The Reykjavik Grapevine,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. 1 2 3 « Last and First Men », sur tv-programme.com, (consulté le ).
  6. ↑ Notre traduction du catalogue de la biennale d'art contemporain de Manchester 2017, cité dans : (en) Chris O'Falt, « Jóhann Jóhannsson’s Fight to Be Visionary, From His Film Scores to His Directorial Debut » [« Le combat de Jóhann Jóhannsson pour être [considéré comme] visionnaire, de ses partitions de film à ses débuts de réalisateur »], sur IndieWire.com, (consulté le ).
  7. ↑ Notre traduction de l'interview de l'auteur, extraits cités dans : (en) Chris O'Falt, « Jóhann Jóhannsson’s Fight to Be Visionary, From His Film Scores to His Directorial Debut » [« Le combat de Jóhann Jóhannsson pour être [considéré comme] visionnaire, de ses partitions de film à ses débuts de réalisateur »], sur IndieWire.com, (consulté le ). Et dans : (en) Zack Sharf, « Jóhann Jóhannsson’s First and Final Directorial Feature ‘Last and First Men’ Heads to Berlinale » [« Le premier et dernier long métrage de Jóhannsson ‘Les Derniers et les Premiers’ sera présenté à la Berlinale »], sur IndieWire.com, (consulté le )
  8. ↑ (en) Last and First Men, Metacritic. Consulté le 5 septembre 2026.

Liens externes

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