Laura Curtis Bullard
Laura Curtis Bullard (née le à Freedom et morte le ) est une écrivaine américaine et une militante pour les droits des femmes. Elle fonde le journal The Ladies' Visitor and Drawing Room Companion et publie deux romans sur les droits des femmes, notamment Christine: Woman's Trials and Triumphs. Elle est élue secrétaire correspondante de la National Woman Suffrage Association, dirigée par Elizabeth Cady Stanton et Susan B. Anthony, lors de sa réunion fondatrice. Elle succède à Elizabeth Stanton au poste de rédactrice en chef de The Revolution, un journal de défense des droits des femmes fondé par Elizabeth Stanton et Susan B. Anthony.
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(à 80 ans) |
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Jeunesse
modifierLaura Jane Curtis est née à Freedom, dans le Maine, le . Elle est l'aînée des cinq enfants de Lucy Winslow Curtis et Jeremiah Curtis. Son père est un abolitionniste qui s'est enrichi en créant une entreprise à Bangor, dans le Maine, qui produisait Mrs Winslow's Soothing Syrup, un tonique à base de morphine[1][2]. En 1859, Laura épouse Enoch Bullard, un cadre de l'entreprise familiale qui deviendra plus tard son président[3].
Carrière
modifierLaura Curtis Bullard publie deux romans sur des femmes qui déterminaient le cours de leur propre vie sans dépendre des hommes. En 1854, alors qu'elle a 23 ans, elle publie anonymement Now-a-days! , roman dont l'héroïne, issue d'une famille riche, rejette une demande en mariage et déménage dans une région reculée du Maine pour gagner sa vie comme enseignante[3]. En 1856, elle publie sous son propre nom le roman Christine: Woman's Trials and Triumphs, dans lequel l'héroïne rejette un prétendant peu recommandable, devient conférencière sur les droits des femmes, ouvre un foyer pour les femmes travailleuses pauvres et adopte une fille[4]. Laura Curtis Bullard fonde également et dirige un journal à New York appelé The Ladies' Visitor, and Drawing Room Companion, qu'elle publie mensuellement de 1855 jusqu'à sa grossesse en 1861[3].
Laura Curtis Bullard est l'une des premières membres de Sorosis, une société professionnelle et littéraire féminine fondée en 1868. Elle est élue secrétaire correspondante de la National Woman Suffrage Association, dirigée par Elizabeth Cady Stanton et Susan B. Anthony, lors de sa réunion fondatrice en 1869. Elle écrit des articles pour The Revolution, l'hebdomadaire de défense des droits des femmes fondé par Elizabeth Stanton et Susan B. Anthony en 1868. En 1870, elle cofonde le Brooklyn Women's Club avec son amie Elizabeth Tilton, éditrice de The Revolution pour la poésie et épouse de Theodore Tilton, rédacteur en chef du journal libéral new-yorkais The Independent[5].
En , Laura Curtis Bullard succède à Elizabeth Stanton comme rédacteur en chef de The Revolution. Sous sa direction, le journal développe un style moins conflictuel et s'oriente davantage vers la littérature, mais continue de se concentrer sur les questions féminines[6]. Lorsqu'elle prend la direction du journal, il perd de l'argent à un rythme insoutenable. Elle tente d'augmenter les revenus en incluant davantage de publicités. Elizabeth Stanton et Susan B. Anthony refusaient d'imprimer des publicités pour des médicaments brevetés, mais Laura Curtis Bullard imprime des publicités de ce type, notamment pour beaucoup de produits vendus par l'entreprise familiale[3].
En , Laura Curtis Bullard part pour l'Europe avec son fils et ses parents âgés, mais continue à diriger le journal à distance. Après avoir dirigé The Revolution pendant 18 mois, elle démissionne en , invoquant la difficulté de diriger le journal depuis l'Europe[3]. Le journal publie son dernier numéro moins de quatre mois plus tard[6].
En , trois journaux new-yorkais publient des rumeurs concernant une liaison entre Laura Curtis Bullard et Theodore Tilton, qui aurait soi-disant voyagé en Europe pour la rejoindre. Les deux parties démentent les rumeurs, qui n'ont jamais été confirmées, et Laura Curtis Bullard est restée amie avec Elizabeth Tilton après la publication des rumeurs[3].
Lorsque la militante anglaise Emily Faithfull visite l'Amérique en 1872, Laura Curtis Bullard lui fournit un « quartier général » pour sa première tournée américaine. Douze ans plus tard, Emily Faithful écrit à son sujet[7] :
« Toujours habillée avec un goût exquis, avec un visage remarquablement beau, des yeux expressifs et ce charme sans nom qui appartient à une dame cultivée et raffinée. Mme Bullard vous impressionne autant avec ses brillantes qualités sociales qu'avec ses talents intellectuels. Correspondante de plusieurs magazines à l'étranger occupée par des œuvres philanthropiques, et l'une des oratrice les plus brillantes que je n'aie jamais vu, elle attire naturellement autour d'elle non seulement les personnes intéressées par les réformes sociales et éducatives, mais aussi les meilleurs éléments des cercles littéraires et artistiques. Ses « soirées à la maison » me rappellent les rassemblements les plus plaisants auxquels j'ai pu assister dans certaines maisons remarquables à Londres et à Paris, où politiciens et diplomates étrangers, hommes de sciences, poètes et grands esprits étaient habilement mélangés. »
— Emily Faithfull, Three Visits to America (1884)
Après son départ de The Revolution, Laura Curtis Bullard continue à entretenir son amitié avec Elizabeth Stanton, qui est fréquemment invitée chez elle, et continue à soutenir les mouvements pour les droits des femmes. Elle consacre la dernière partie de sa vie à encourager les écrivains et les réformateurs sociaux aux États-Unis et en Europe. Elle correspond avec Walt Whitman et accueille Oscar Wilde chez elle lors de sa visite aux États-Unis. Elle publie plusieurs essais et traduit trois romans allemands, mais son travail d'écrivaine est pour l'essentiel terminé. Elle meurt le [3].
Ouvrages
modifier- (en) avec Denise M. Kohn (éditrice, introduction), Christine: Woman's Trials and Triumphs, Lincoln, NE, Presses universitaires du Nebraska, Le texte intégral de ce livre, comprenant le roman de Laura Curtis Bullard et l'introduction biographique de Denise Kohn, est disponible gratuitement sur le site University of Nebraska Digital Commons.
- (en) avec T. L. Magagnos, Now-a-days!, (lire en ligne).
Références
modifier- ↑ (en) « A Maine Writer: Maine State Library », www.maine.gov (consulté le )
- ↑ (en) Michael Mielewczik, Kelly Jowett et Janine Moll, « Beehives, Booze and Suffragettes: The "Sad Case" of Ellen S. Tupper (1822–1888), the "Bee Woman" and "Iowa Queen Bee" », Entomologie Heute, vol. 31, , p. 113–227 (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 (en) Laura Jane Curtis Bullard et Denise M. Kohn, Christine: Or Woma's Trials and Triumphs, Lincoln, University of Nebraska Press, (ISBN 978-0-8032-1360-9, lire en ligne)
- ↑ (en) Denise M Kohn, « Laura Jane Curtis Bullard (1831-1912) », Legacy, vol. 21, no 1, , p. 74–82 (DOI 10.1353/leg.2004.0015, S2CID 154906779, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Elizabeth Cady Stanton, Susan Brownell Anthony, Matilda Joslyn Gage et Ida Husted Harper, « History of Woman Suffrage: 1861-1876 », Susan B. Anthony, (consulté le )
- 1 2 (en) Cheris Kramarae et Lana F. Rakow, The Revolution in Words, Routledge, (ISBN 9781135034023, lire en ligne)
- ↑ (en) Emily Faithfull, Three Visits to America, New York, Fowler & Wells Co., Publishers, (lire en ligne)
Annexes
modifierBibliographie
modifier- (en) Lana F. Rakow et Cheris Kramarae, The Revolution in Words: Righting Women 1868–1871, vol. 4, New York, Routledge, coll. « Women's Source Library », (lire en ligne).