Laxisme
Le laxisme (du latin laxus, « large, relâché »), dans son sens plus général, est une doctrine, politique, théologique ou philosophique, qui tend à à ne pas ou peu sanctionner les violations des interdits sociaux ou religieux, causant ainsi une tolérance excessive[1].
Dans le cadre plus restreint de la philosophie morale, le laxisme est la thèse soutenant qu'en cas de doute concernant la moralité d'une action, il est permis de suivre une opinion dont la probabilité n'est que mince, et ceci à l'encontre des normes morales établies. Bien que cette doctrine n'ait jamais été explicitement revendiquée, certains philosophes et théologiens, en particulier au XVIIe siècle (Antonio Escobar y Mendoza, Tomás Tamburini, Esteban Bauny, Juan Caramuel), ont soutenu des maximes morales considérées comme laxistes par le Magistère de l'Église, et condamnées comme telles [2]. Dans le sillage du mouvement janséniste, Blaise Pascal lança à travers ses Provinciales, publiées en 1656-1657, une attaque mémorable contre ce qu'il jugeait être le « laxisme moral » des jésuites. Innocent XI condamna le laxisme en 1679.
Aujourd'hui, le terme « laxisme » est notamment utilisé dans un contexte politique pour désigner de manière polémique une politique pénale de « relâchement » à l'encontre des délits et crimes. Sont notamment visées les personnes qui doutent de l'utilité des peines de prison et promeuvent des peines alternatives et des allègements des peines.
Notes et références
modifier- (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Laxismo » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Informations lexicographiques et étymologiques de « laxisme » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
- ↑ Les 45 propositions condamnées sous Alexandre VII en 1665-1666 : DS 2021-2065, et les 64 propositions condamnées par le Saint-Office sous Innocent XI dans 1678 » DS 2101-2167)