Le Bal de la famille Anjo

film sorti en 1947

Le Bal de la famille Anjo (安城家の舞踏会, Anjō-ke no butōkai?) est un film japonais réalisé par Kōzaburō Yoshimura et sorti en 1947.

Le Bal de la famille Anjo
Description de cette image, également commentée ci-après
Titre original 安城家の舞踏会
Anjō-ke no butōkai
Réalisation Kōzaburō Yoshimura
Scénario Kaneto Shindō
Musique Chūji Kinoshita (ja)
Acteurs principaux Osamu Takizawa
Masayuki Mori
Setsuko Hara
Yumeko Aizome
Sociétés de production Shōchiku
Pays de production Drapeau du Japon Japon
Genre drame
Durée 89 minutes
Sortie 1947

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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Dans le Japon de l'immédiat après-guerre, l'abolition de la noblesse et les réformes agraire et fiscale ont ruiné l'aristocratie[1]. Les Anjo, maison comtale autrefois prestigieuse, n'échappent pas au déclin. Pour maintenir leur train de vie, ils ont tout cédé peu à peu ; le jour est venu de se séparer de la demeure familiale elle-même, désormais hypothéquée. Pour marquer cette fin, la famille organise un dernier bal dans le manoir. Mais derrière la fête se jouent les ultimes soubresauts de la maison.

Le comte Tadahiko Anjo a emprunté de l'argent à Shinkawa, patron d'une société véreuse, en gageant la propriété. Incapable de renoncer à sa vie d'aristocrate, acculé, il ne se résout pas à abandonner la maison et convie Shinkawa pour une dernière supplication. Non seulement celui-ci refuse, mais il annonce qu'il rompt aussi les fiançailles entre sa fille, Yōko Shinkawa, et Masahiko, le fils aîné des Anjo. Masahiko, qui a surpris la conversation, tente de se venger cruellement sur Yōko — laquelle l'aime sans rien savoir de tout cela. Elle est sauvée par l'intervention de la servante Kiku, amoureuse de Masahiko. Kokichi Toyama, l'ancien chauffeur de la famille devenu riche, rachète la maison sous les yeux d'Akiko, partagée entre son statut social et son attirance pour lui. Tadahiko épouse son ancienne maîtresse, une geisha.

Les invités partis, ne supportant pas de voir tout l'univers des Anjo s'évanouir en une seule nuit, Tadahiko, devant le portrait de son père en uniforme, tente de se suicider. Il est sauvé in extremis par sa cadette, Atsuko, seule à embrasser pleinement le monde nouveau. Après une dernière valse, tous deux seuls dans la salle de bal désertée, ils contemplent le jour qui se lève sur la mer.

Fiche technique

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Yumeko Aizome et Setsuko Hara.

Distribution

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Participation spéciale :

Récompenses

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Commentaire

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« La défaite avait en grande partie détruit la différence des classes au Japon », dit Tadao Satō, puis il poursuit : « (...) plus tard, lorsque le Japon aura rétabli son économie (...), nous aurons créé une société où la différence entre les riches et les pauvres (...) est relativement faible. (...) C'est le résultat des réformes agraires et fiscales imposées après la guerre. (...) Ce phénomène de nivellement par le déclin de la classe supérieure sert de thème à de nombreux films »[9].

Le Bal de la famille Anjo est, sur ce thème, l'un des films les plus tragiques. Une famille aristocratique est, ici, dépossédée de ses titres par l'abolition de la noblesse et ruinée par la réforme fiscale. Le bal est « le miroir du déclin de la haute société traditionnelle et la montée d'une classe nouvelle »[9].

L'œuvre de Kōzaburō Yoshimura, aux accents tchekhoviens, ne manifeste aucune sympathie particulière à l'égard des deux classes. « Le regard de l'auteur est celui des curieux qui, de manière fortuite, sont les témoins d'une période intéressante de grands changements »[9].

Setsuko Hara, la star japonaise qui a le mieux symbolisé l'esprit d'une époque, incarne, à nouveau, « avec beaucoup d'élégance une jeune aristocrate qui soutient sa famille » affectée par les bouleversements de l'après-guerre. Tout en sauvant son père du suicide, elle partage pleinement les évolutions en cours et va jusqu'à aider son père à se marier avec son ancienne maîtresse, une geisha[10].

Notes et références

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  1. L'article 14 de la Constitution de 1946 (en vigueur le 3 mai 1947) abolit la noblesse.
  2. À l'époque, la graphie du titre au générique est différente : c'est celle utilisée avant la réforme de l'écriture promulguée fin 1946. Le titre original est donc : 安城家の舞踏會 (Anjō-ke no butōkai?), devenu aujourd'hui 安城家の舞踏会 (Anjō-ke no butōkai?), avec la même lecture.
  3. 1 2 (ja) « 安城家の舞踏會|Anjō-ke no butōkai (1947) », sur db.eiren.org (consulté le ).
  4. 1 2 3 (ja) Le Bal de la famille Anjo sur la Japanese Movie Database.
  5. (ja) « 安城家の舞踏會 » [« Anjō-ke no butōkai »], sur kinenote.com (consulté le ).
  6. (ja) « 安城家の舞踏會 » [« Anjō-ke no butōkai »], sur shochiku.co.jp (consulté le ).
  7. (en) Stuart Galbraith, Japanese Filmography : A Complete Reference to 209 Filmmakers and the Over 1250 Films Released in the United States, 1900 Through 1994, Mcfarland, , 509 p. (ISBN 978-0-7864-0032-4), p. 481.
  8. (ja) « Prix cinématographiques Mainichi, 2e édition (1947) », sur 毎日新聞 (consulté le ).
  9. 1 2 3 Tadao Satō (trad. du japonais), Le Cinéma japonais (tome II), Paris, Éditions du Centre Pompidou, , 324 p. (ISBN 2-85850-930-1), p. 14 et 15.
  10. Tadao Satō (trad. du japonais), Le Cinéma japonais (tome II), Paris, Éditions du Centre Pompidou, , 324 p. (ISBN 2-85850-930-1), p. 88.

Liens externes

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