Le Café (Goldoni)
Le Café (en italien : La bottega del caffè) est une pièce de théâtre en 3 actes de Carlo Goldoni, une comédie écrite en 1750 et créée à Mantoue le . Voltaire s'en inspirera pour écrire en 1760 sa pièce Le Café ou l'Écossaise.
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Intrigue
modifierL'action se déroule à Venise, le temps d'une seule journée, pendant le Carnaval, sur une place où sont situés le café de Ridolfo, la maison de jeu de Pandolfo et l'appartement de Lisaura, une ancienne danseuse d'une grande beauté. C'est dans ces lieux que s'entremêlent les destins des nombreux personnages.
Ridolfo, homme d’une grande bonté, s'intéresse au sort du jeune marchand de tissus Eugenio, époux de Vittoria, qui fréquente assidûment depuis quelque temps la maison de jeu de Pandolfo et a subi d’énormes pertes en jouant aux cartes avec le comte Leandro. Placida arrive de Turin, déguisée en pèlerine, à la recherche de son mari Flaminio dont elle a perdu la trace. Don Marzio, un noble napolitain en déclin, ambigu et vraie commère, s'amuse à recueillir les confidences des personnages pour ensuite les divulguer et les présenter sous un mauvais jour ; il est mal vu par tout le monde, à l'exception de Pandolfo qui tire profit de ses machinations afin de semer la zizanie.
Don Marzio insinue ainsi à Eugenio que Lisaura se prostitue et que Leandro est son favori, incitant ainsi le jeune homme à la courtiser sans vergogne ; de même, il met en doute l’honorabilité de Placida, affirmant qu'elle a en réalité l'habitude de se rendre à Venise à l’occasion du Carnaval pour jouer le rôle de l’épouse abandonnée afin d’attirer les hommes, et que derrière sa demande d’aide se cachent des avances amoureuses à l’égard d’Eugenio ; il révèle à Vittoria qu’Eugenio a tenté de vendre ses précieuses boucles d’oreilles pour payer les dettes de jeu contractées auprès de Leandro, ce qu’il a d’ailleurs lui-même proposé en s’offrant ensuite comme intermédiaire.
Vittoria menace de quitter Eugenio et de récupérer sa dot ; au lieu de lui donner de bons conseils, don Marzio pousse le jeune homme à fêter sa liberté retrouvée en organisant un déjeuner auquel participent également Lisaura et Leandro. Mais Placida fait irruption à la fête : elle reconnaît en Leandro son propre mari, qui se faisait passer pour un noble afin de s'offrir des aventures ; de son côté, Lisaura explique qu'elle n'est pas du tout une prostituée, mais qu'elle a accepté les avances de Leandro car elle croyait que le jeune homme l'épouserait. Leandro / Flaminio tente de tuer Placida ; Lisaura chasse son bien-aimé de chez elle et Vittoria quitte Eugenio ; don Marzio tente de convaincre Eugenio et Flaminio que s'être débarrassés de leurs femmes est la meilleure chose qui puisse leur arriver, mais le Napolitain fait involontairement arrêter Pandolfo après avoir révélé au capitaine des gardes les astuces par lesquelles cet homme trompe les joueurs.
Ridolfo, avec l'aide de son apprenti Trappola, parvient à ramener Eugenio et Flaminio à la raison : repentis, les deux hommes retrouvent leurs épouses et sont également pardonnés par Lisaura. Don Marzio est accusé d'être un espion et un calomniateur : abandonné par tous, exprimant son mépris envers les bourgeois vénitiens, le Napolitain quitte la ville.
Mises en scène
modifierLa pièce est créée à Mantoue le .
- En France
- 1960 : mise en scène de Guy Parigot, texte français de Georges Goubert, Comédie de l'Ouest, Rennes.
- 1984 : mise en scène de Raymond Acquaviva, Festival Off d'Avignon ; reprise en 1986 au Théâtre de Boulogne-Billancourt[1].
- 1988 : mise en scène d'Alain Mollot, Théâtre Romain-Rolland, Villejuif.
- 1990 : mise en scène de Jean-Louis Jacopin, texte français de Danièle Aron, avec Alain Pralon (Ridolfo), François Beaulieu (Flaminio (Leandro), Catherine Ferran (Placida), Gérard Giroudon (Eugenio), Guy Michel (Pandolfo), Véronique Vella (Vittoria), Michel Favory (don Marzio), Isabelle Gardien (Lisaura), Comédie-Française, Salle Richelieu, Paris[2].
Adaptations
modifierLe téléfilm Le Café (en allemand : Das Kaffeehaus) de Rainer Werner Fassbinder, diffusé en 1970, est inspiré de la pièce de Goldoni[3].
Notes et références
modifier- ↑ Daniel Cande, « Photographies de la représentation du », sur Gallica.
- ↑ Agence Marée-Breyer, « Photographies de la représentation du », sur Gallica.
- ↑ Brigitte Urbani, « De La bottega del caffè de Goldoni au Café de Fassbinder », dans Georges Ulysse (dir.), La Venise de Goldoni (actes de colloque, Centre aixois de recherche italienne, Aix-en-Provence, 1-), Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Provence, (ISBN 2-85399-413-9, présentation en ligne), p. 295-306.
Bibliographie
modifier- (it) Perle Abbrugiati, Un'idea di Goldoni : l'illusione di un realista, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, , 176 p. (ISBN 978-2-85399-948-9).