Le Chant maléfique (ou Le Bureau des affaires occultes : Le Chant maléfique) est un roman policier français d'Éric Fouassier, paru en 2024. C'est le quatrième roman de la saga du Bureau des affaires occultes.

Le Chant maléfique
Auteur Éric Fouassier
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman policier
Version originale
Langue Français
Version française
Éditeur Albin Michel
Date de parution 2024
Nombre de pages 416
Chronologie
Série Le Bureau des affaires occultes

Se déroulant en mai 1832, deux mois après les événements du précédent opus de la saga, l'inspecteur Valentin Verne est envoyé en Vendée afin d'élucider les morts étranges d'agents légitimistes alors même que la situation insurrectionnelle de la région, découlant des événements des Trois Glorieuses, inquiète fortement la monarchie de Juillet.

Histoire

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Deux agents légitimistes, Michel Avron et Anthelme Chouquet, sont découverts morts par strangulation dans le bocage vendéen, alors même que la situation pré-insurrectionnelle de la région est à son comble. À Paris, l'inspecteur Valentin Verne, chef du Bureau des affaires occultes, est mandaté par Côme de Chancy, un agent de la police secrète de Louis-Philippe Ier, qui le charge d'enquêter sur les homicides de Vendée afin d'éviter une potentielle révolte qui finirait dans un bain de sang, à l'instar d'événements similaire s'étant produit dans la même région près de 30 ans plus tôt. Valentin se fait adjoindre par de Chancy un autre agent de la police secrète, Alcide Bernet, dont l'inquiétant visage "à moitié mort" ne manque pas de mettre mal à l'aise Valentin. L'inspecteur est chargé, sous le sceau du secret, d'immédiatement partir en Vendée sans prévenir aucun de ses proches. Cependant, il met à disposition de Tafik une lettre dans laquelle il explique son départ précipité à l'attention d'Aglaé Marceau, sa collègue désormais devenue amante.

En partance de Paris à bord d'une calèche jusqu'au manoir des Mesliers, propriété d'Alexandre de La Roche Saint-André, un agent légitimiste notoire, Valentin en apprend un peu plus sur sa mission auprès de Bernet durant le voyage en l'interrogeant sans cesse, et ce malgré les réticences de ce dernier à répondre aux questions de l'inspecteur : il apprend notamment que des mouvements carlistes ont lieu dans les régions de Vendée et de la Haute-Bretagne ainsi que des mouvements suspects vers ces régions de la famille de Charles X, l'ancien roi de France déchu au profit de Louis-Philippe. Valentin doit se faire passer pour le baron Valentin de Cozes, envoyé de Paris par le comité légitimiste local venu pour enquêter sur les meurtres de Vendée. Lorsqu'ils arrivent, au bout de plusieurs jours de route, près de leur destination, un accident de leur voiture force le conducteur à partir chercher de l'aide tandis que Valentin et Bernet sont forcés de dormir dans la calèche cassée. La nuit tombée, un étrange chant attire les deux hommes vers les marais puis sépare Bernet et Valentin. L'inspecteur trouve alors un homme, Barthélémy Vanvoeuvre, en train d'errer autour des marécages et de tirer sur des assaillants inconnus. Les deux hommes font le reste du chemin vers le manoir des Mesliers à pied, où ils sont accueillis par les légitimistes locaux.

Pendant ce temps, à Paris, Aglaé, qui est sans nouvelle de son compagnon (hormis la lettre laissée par Valentin, qui est plus énigmatique que révélatrice), n'est pas non plus sans peine : ayant été convaincue par une de ses amies, Marie-Reine, de venir à une fête organisée par un riche mondain, Honoré de Crayencourt, elle prend à sa charge l'enquête du meurtre de ce dernier (qui se produisit en présence même d'Aglaé), surtout lorsque le futur fiancé de Marie-Reine, Samson Desroches, se retrouve accusé de son meurtre et du vol des bijoux familiaux.

Valentin, quant à lui, fait la rencontre des principaux carlistes régissant le manoir des Mesliers : hormis le maître de maison, il rencontre Charles Athanase Marie de Charette de La Contrie (qui quitte la région peu après sa rencontre avec Valentin), Lord Henry Blackburn, l'abbé de la Neuille, le chevalier Louis de Beauvoir et sa fiancée, Alix d'Aigrefeuille. L'inspecteur prend alors connaissance des différentes suspicions existantes quant aux responsables des meurtres : tandis que les domestiques, superstitieux, accusent l'aloubi, un passeur du Diable glissant sur les marais, le propriétaire des lieux accuse directement les agents de la police secrète de Louis-Philippe tandis que Lord Blackburn accuse les Thugs, une prétendue secte venue d'Inde et responsable de la mort de la mère et du frère du Lord ainsi que de la défiguration par le feu de sa sœur, Emily, qui ne se déplace désormais plus qu'avec un voile noir sur la tête. Peu après, Valentin retrouve dans un village local Bernet, qui loge dans une auberge locale et se fait passer pour un paysan, et découvre avec ce dernier que Marie-Caroline de Bourbon-Siciles, belle-fille de Charles X et mère d'Henri, le prétendant au trône français, est arrivé en Vendée dans le but de financer une révolte qui soulèverait le peuple français contre le roi actuel. La présence de cette femme, membre de la famille royale, n'est pas sans déplaire à Valentin, qui se sait être son neveu par alliance illégitime après les révélations qui lui ont été faites près de deux mois auparavant. La nuit venue, Valentin observe l'abbé de la Neuille s'éclipser du manoir puis revenir plus tard, sans pour autant le suivre et donc comprendre la raison de son déplacement nocturne.

Du côté d'Aglaé, la situation devient plus compliquée : alors même que Casimir Perier, atteint du choléra depuis près de deux mois, vient de mourir, elle cherche désespérément un moyen de venir en aide au fiancé de son amie. Avec l'aide de Vidocq, elle en vient à soupçonner un ami de Samson, Félix Arvers, qui l'avait invitée lors de la soirée ; elle soupçonne cet apprenti poète d'être le responsable du vol et du meurtre et d'avoir spécifiquement piégé Samson. Grâce à un traquenard tendu à Félix avec l'aide de Tafik et l'Entourloupe, Aglaé parvient à trouver dans la cheminée de l'appartement de Félix un des bijoux volés. Plus tard, ce dernier est arrêté et Samson, détenu de manière horrible dans les cachots de la prison de La Force, peut être libéré. Cependant, un rebondissement survient lorsqu'Aglaé se rend compte, grâce à un infime détail que Samson donne à Marie-Reine après l'avoir retrouvé, qu'il est bien l'auteur du meurtre d'Honoré de Crayencourt. Alors que Samson prend Marie-Reine en otage, Aglaé parvient à le neutraliser.

Pendant ce temps, Valentin comprend, après une fouille par les hussards (surnom des soldats du roi), que l'abbé de la Neuille est un espion à la solde du gouvernement, information qu'il donne à Bernet. Le soir-même, alors qu'il est en compagnie de Lord Blackburn, le chant étrange, qui se révèle être celui du ramsinga, le prétendu instrument des Thugs annonçant le meurtre imminent, recommence et les deux découvrent peu après le cadavre de Vanvoeuvre, étranglé à mort comme les autres. Marie-Caroline révèle peu après que Vanvoeuvre, comme les deux premières victimes, était chargé du transport des fonds nécessaires au financement de sa révolte. Après leur mort, les fonds transportés par les victimes ont disparu, ce qui indique un possible vol lié à leur meurtre. Face à la perte de leurs fonds, les carlistes se voient obligés d'aller chercher des fonds nécessaires chez l'un de leurs proches alliés, Jacques-Joseph de Cathelineau, dans le Maine-et-Loire. Valentin participe avec Alix d'Aigrefeuille, le chevalier de Beauvoir et des paysans à sympathies légitimistes, aux voyages jusque dans le Maine-et-Loire. Cependant, une fois arrivé sur place, le groupe ne peut que constater que la propriété où se trouve Cathelineau a été mise à sac par les hussards et le chef des armées des Mauges meurt exécuté sous les yeux impuissants de ses alliés. Valentin et le groupe attendent le départ des hussards et de leurs prisonniers pour investir la propriété de Cathelineau et s'emparer des fonds qui y sont cachés. Le lendemain matin, une autre troupe de hussards revient au domaine et Valentin se retrouve prise entre les feux des hussards et des carlistes. Il est forcé de prendre la fuite dans les forêts du Maine-et-Loire avec Alix d'Aigrefeuille, cette dernière se méfiant ouvertement de Valentin depuis son arrivée aux Mesliers. Valentin et Alix font une grande partie du chemin de retour en Vendée ensemble (et ce malgré les barrages tendus sur les routes et les ponts par les hussards) mais, arrivés dans une forêt, Alix est tuée par un garde-chasse. Dans son dernier souffle, elle fait avouer à Valentin qu'il n'est pas un légitimiste et lui avoue en retour s'en être toujours douté. Lorsque Valentin retourne aux Mesliers, il apprend que l'abbé de la Neuille a été lui-aussi étranglé à mort. Cependant, Valentin doute que ce soit les mêmes assassins que ceux responsables des meurtres commis dans le bocage : en effet, durant le chemin vers le Maine-et-Loire, Valentin a commencé à soupçonner Lord Blackburn et sa sœur, Emily. Le soir-même, l'inspecteur s'introduit chez le couple pour découvrir qu'Emily Blackburn n'est autre qu'Émilie de Mirande, la seule conspiratrice du commissaire Flanchard encore en vie à avoir échappé aux poursuites judiciaires en prenant la fuite près de deux ans auparavant. Il comprend désormais que leur seule motivation était l'appât du gain.

À Paris, Aglaé finit par comprendre, de la bouche de Samson (qui a de nouveau été arrêté), que Maximilien de Crayencourt, le propre fils de la victime, est celui qui a ordonné l'assassinat d'Honoré afin de faire main-basse sur la fortune familiale. Afin d'obtenir une preuve tangible de la culpabilité de Maximilien, Aglaé tend, avec l'aide de Vidocq et de ses adjoints, un traquenard au mondain : sous prétexte d'un rendez-vous, la jeune femme va prétendre vouloir le faire chanter tandis qu'il la fera monter dans sa calèche pour s'en débarrasser. Le plan fonctionne et, alors que Maximilien ordonne à son conducteur de les emmener dans une rue parisienne plus isolée pour tranquillement tuer Aglaé, il se rend compte que ce dernier a été assommé et remplacé par Tafik, qui les a conduits tout droit à la Rue de Jérusalem, où Vidocq et quelques policiers attendent, poucettes à la main, pour arrêter le mondain.

Valentin, de son côté, tend également un traquenard à Lord Blackburn et à Émilie de Mirande : après avoir informé de La Roche Saint-André de ses découvertes, l'inspecteur et quelques agents légitimistes dirigés par le chevalier de Beauvoir tendent une embuscade au couple meurtrier après lui avoir fait parvenir une nouvelle fallacieuse sur le transport des derniers fonds carlistes. Dans l'attaque qui suit, le Lord est tué tandis que Valentin s'affaire à maîtriser Émilie. Cependant, un nouveau rebondissement a lieu : Côme de Chancy et Alcide Bernet arrivent pour tenir en joue Valentin et prêter main forte aux légitimistes. Il est révélé que de Chancy et Bernet ne sont pas des agents de la police secrète de Louis-Philippe mais des agents carlistes aux services mêmes de Marie-Caroline. C'est la duchesse du Berry en personne qui a ourdi le piège tendu à Valentin : ayant été informée un an auparavant par Jacques Espart (le vrai nom du « Vicaire ») de l'existence de Valentin en tant que fils de Louis de France, elle voit l'inspecteur comme un potentiel rival de son fils et a vu l'occasion de faire d'une pierre deux coups avec les meurtres de Vendée. Pour le meurtre de l'abbé, c'est Bernet qui en est le responsable, après avoir été informé de son statut d'espion du roi par Valentin. Après ces révélations, la duchesse quitte pour de bon la Vendée, non sans avoir donné un coup de cravache en pleine visage à Émilie et avoir ordonné à ses deux hommes l'élimination de Valentin et de la criminelle. Durant le trajet, Émilie récupère un couteau dissimulé dans la calèche de Lord Blackburn (où elle et Valentin sont convoyés) et tue brutalement de Chancy avec le système ayant servi aux meurtres des légitimistes avant de libérer Valentin (et en profiter pour lui donner un baiser). Valentin s'érige ensuite sur la calèche et s'engage dans un combat sur le toit avec Bernet, qui conduisait jusqu'alors la voiture. La calèche, sans conducteur, prend de la vitesse durant le combat et Bernet, alors qu'il a l'avantage sur l'inspecteur, finit scalpé par une branche d'arbre. Valentin parvient à stopper la calèche mais découvre qu'Émilie a de nouveau pris la fuite durant le combat.

Accueil critique

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Benzine Magazine relève que "Éric Fouassier mène en parallèle les deux intrigues, nous proposant des allers et retours entre Paris et la Vendée. Comme toujours, ses personnages s’inscrivent dans des lieux et des décors savamment étudiés et décrits avec beaucoup de précision, mais aussi dans un contexte historique bien particulier. Contrairement aux précédents tomes de la série, ici, l’ennemi n’est pas clairement identifié. Valentin Verne doit se méfier de tout le monde et surveiller ses arrières en permanence, au risque de se faire démasquer ou bien de finir lui aussi assassiné. Celles et ceux qui ont lu les trois précédents tomes de la série savent à quel point l’auteur est autant attaché à la dimension historique qu’à l’action et à son déroulement. C’est encore le cas ici, avec ce roman foisonnant, à l’intrigue touffue, rempli de personnages aussi divers qu’inquiétants, qui vont finir par révéler leurs secrets au fil des chapitres. Coups de théâtre, rebondissements, faux-semblants et manipulations sont au programme de cette histoire dont le dénouement est à la hauteur de nos attentes. Encore une belle réussite de la part d'Éric Fouassier."[1]

Après sa publication, le roman est couronné en 2024 par le prix littéraire Charette[2] et le Prix du Roman populaire[3].

Éditions

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Références

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  1. ↑ Benoit Richard, « Le Bureau des affaires occultes, tome 4 : Le Chant maléfique : intrigue en Vendée », sur Benzine Magazine, (consulté le )
  2. ↑ « Les Brouzils. Le prix Charette 2024 pour Éric Fouassier », sur larochesuryon.maville.com (consulté le )
  3. ↑ « Elven. Le roman policier historique d’Éric Fouassier récompensé », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )