Le Christ Anarchiste
Le Christ Anarchiste est un journal anarchiste publié entre et à Toulon, dans le département du Var. Publié par Marie Andrieu, il se distingue par le mélange singulier qu'il effectue entre l'anarchisme et le christianisme.
| Langue | |
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| Fondateur | |
| Genre | |
| Date de création |
juin 1895 |
| Date de fin |
15 janvier 1897 |
| Lieu de publication | |
| Pays | |
| ISSN |
2123-7263 |
Andrieu, qui exerce comme cartomancière et rejoint le mouvement anarchiste dans les années 1890, commence à mettre en place une série de journaux plus ou moins éphémères avant de lancer ce titre. Elle y écrit avec son partenaire, Joseph Babinger, et sa fille, Emma Tessier, ainsi qu'une liste de personnalités décédées, qu'elle fait parler et qui lui transmettraient leurs dernières volontés. Parmi ces personnalités, on trouve, de manière non exhaustive, Jésus-Christ, Émile Henry, Auguste Blanqui, Ravachol, Sadi Carnot, Auguste Vaillant, Charlotte Corday, Jean-Claude-Adrien Helvétius ou encore Isaac Newton. Ce titre est critiqué par Les Temps nouveaux de Jean Grave, un journal important du mouvement à l'époque, qui considère qu'il s'agit d'un journal rédigé « sous l’inspiration d’une dame qui dit la bonne aventure aux imbéciles ».
À la suite d'un article où elle menace les monarques européens, Andrieu est arrêtée et doit interrompre la publication du journal. Il est remarqué comme indicatif de la naissance de l'anarchisme chrétien en France.
Histoire
modifierTrajectoire de Andrieu
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Née à Saint-Rémy-de-Provence, Marie Andrieu se marie et a plusieurs enfants, tout en exerçant comme cartomancienne[1],[2]. Son époux mourant en 1890, elle se trouve avec quatre enfants à charge[1],[2]. Au début des années 1890, elle fait partie des abonnées au journal Le Parti Ouvrier, tenu par l'ouvrier Joseph Babinger avec qui elle entre en relation en 1893[2]. En parallèle, Andrieu commence à héberger différents compagnons anarchistes chez elle[1],[2].
Elle commence à publier plusieurs journaux pendant cette période[1],[2].
Le Christ Anarchiste
modifierAndrieu fonde le journal et lance le premier numéro en [3]. Au départ, son intitulé est « Le Christ Anarchiste : Revue universelliste, organe scientifique, philosophique, occultiste, justicier » puis il devient « Le Christ Anarchiste : organe anarchiste » à partir du cinquième numéro[3]. Deux exceptions existent cependant à cette délimitation : le titre publié pour le Vendredi saint 1896 est intitulé uniquement « Le Christ Anarchiste » et le douzième numéro « Le Christ Anarchiste : le sauveur des malades »[3].
Babinger est le gérant du titre dans un premier temps avant que ça ne devienne Henri Albran[3]. Deux types de textes sont publiés dans le journal ; d'une part, des textes écrits par des personnes en vie, parmi lesquelles on compte[3] :
Marie Andrieu, Emma Teissier (sa fille), une certaine 'Ariane' ou enfin Joseph Babinger.
D'un autre côté, de nombreux articles sont publiés et attribués à des personnalités mortes, qui interviendraient et transmettraient leurs volontés depuis la tombe[3]. Parmi ces figures qui sont reprises dans le journal, on trouve[3] :
Jésus-Christ, Émile Henry, Auguste Blanqui, Ravachol, Sadi Carnot, Auguste Vaillant, Charlotte Corday, Jean-Claude-Adrien Helvétius ou encore Isaac Newton.
Le titre s'interrompt après son douzième numéro, au début de l'année 1897, lorsque Andrieu est arrêtée et incarcérée pour un article menaçant les rois européens dans le cas où ceux-ci n'obtiendraient pas la grâce des anarchistes condamnés à mort à Montjuic, à Barcelone[2]. Remise en liberté, Marie de Saint-Rémy s'installe à Sainte-Anne-d'Évenos avec son compagnon[2].
Postérité
modifierCercles anarchistes
modifierCe journal et Andrieu sont critiqués par Les Temps Nouveaux de Jean Grave qui écrit qu'il serait rédigé « sous l’inspiration d’une dame qui dit la bonne aventure aux imbéciles »[2].
Émergence de l'anarchisme chrétien
modifierL'historienne Marie-Pier Tardif met en exergue la spécificité intellectuelle d'Andrieu au sein des militantes anarchistes de cette période ; en effet, là où des figures comme Louise Michel présentent un anarchisme débarrassé de conceptions religieuses, Andrieu se distingue, en particulier dans ce journal, par le mélange qu'elle fait entre anarchisme et religion chrétienne[4].
Œuvres
modifierPublications
modifierCollection du site-archive Archives Anarchistes versée à Commons et comprenant :
Références
modifier- 1 2 3 4 Jean Maitron, Rolf Dupuy et Françoise Morel Fontanelli, « ANDRIEUX Marie, épouse TEISSIER [ou Andrieu ; dite DE SAINT-REMY Marie, dite Romanoff] », sur Le Maitron des anarchistes (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 Rolf Dupuy, « SAINT REMY, Marie de [ANDRIEU, épouse TEISSIER] “ROMANOFF” ; “La VOYANTE” », sur Dictionnaire international des militants anarchistes (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 « Le Christ Anarchiste : revue universelliste, organe scientifique, politique, philosophique, occultiste, justicier [puis] organe anarchiste », sur Le Bianco (consulté le )
- ↑ Tardif 2021, p. 143.
Bibliographie
modifier- Marie-Pier Tardif, Ni ménagères, ni courtisanes. Les femmes de lettres dans la presse anarchiste française (1885-1905) (thèse de doctorat), Lyon, Université Lyon 2, (lire en ligne
)