Le Coup de Trafalgar
Le Coup de Trafalgar est une pièce de théâtre – « drame bourgeois en 4 actes » – de Roger Vitrac, commencée en 1929 et créée le au théâtre de l'Atelier, dans une mise en scène de Marcel Herrand avec la troupe du Rideau de Paris.
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Historique
modifierUne première version incomplète de la pièce est commencée dès 1929. Elle doit s'appeler d'abord Arcade (c'est le nom de l'escroc) ; elle change de titre au début de 1930. Antonin Artaud fait un certain nombre d'observations à Vitrac, notamment sur le dernier acte qu'il juge faible, et rédige un projet de mise en scène[1] ; il essaye de convaincre des directeurs de théâtre, surtout Louis Jouvet et Charles Dullin. Finalement, Dullin accepte de produire la pièce, mais, en accord avec Vitrac, la confie à la troupe du Rideau de Paris, avec une mise en scène de Marcel Herrand et non d'Artaud. Artaud, vexé, publie une critique assez sévère du Coup de Trafalgar dans La Nouvelle Revue française de . Vitrac s'en offusque ; la brouille est consommée[2].
La pièce est publiée en 1935 aux Éditions Gallimard dans la collection de la NRF[3].
Argument
modifierL'action se situe en 1914, à la veille de la guerre (actes I et II), puis pendant la guerre (acte III), et se termine en 1922 (acte IV). Les petits bourgeois qui habitent un modeste immeuble parisien de la rue Montorgueil[N 1] se retrouvent en divers endroits de l'immeuble, de la loge de la concierge à la cave de la maison où ils se mettent à l'abri de l'artillerie allemande. Tous ces gens sont menés par les petites préoccupations de leur vie quotidienne, que viennent seulement troubler les agissements d'un petit escroc (Arcade Lemercier) et des événements extérieurs (la déclaration de guerre qui éclate comme un coup de Trafalgar). Dans cet environnement médiocre et sans consistance, toutes les valeurs traditionnelles se délitent : la famille, le travail, la religion, l'armée, la patrie.
Quatre personnages de la pièce (les Dujardin et leur fils Simon, Flore Médard) se retrouvent dans la pièce de Vitrac Le Sabre de mon père, créée en 1951.
Mises en scène
modifier- 1934 : création, mise en scène de Marcel Herrand, avec Agnès Capri (Jeanne Peigne), Renée Tamary (Flore Médard), Alice Reichen (Mme Peigne la concierge), Sylvain Itkine (M. Peigne le concierge), Jenny Burnay (Désidérade), Jean-Louis Barrault (Simon Dujardin), Étienne Decroux (M. Dujardin), Claire Gérard (Mme Lemercier), Jean Marchat (Arcade Lemercier), Marcel Herrand (Adolphe Lemercier), Fernand Bercher (Hatzfeldt), Théâtre de l'Atelier, Paris[4].
- 1938 : mise en scène de Sylvain Itkine, avec Étienne Decroux, Jandeline, Théâtre des Ambassadeurs, Paris.
- - 1968 : mise en scène de Jacques Rosner, décors et costumes de Hubert Monloup, Théâtre de la Cité, Villeurbanne[5]
- 1972 : reprise à la Maison de la culture d'Amiens et au Théâtre de l'Odéon, Paris, avec changement de distribution[6],[7],[8],[9],[10].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ La rue Montorgueil, dans l'ancien quartier des Halles, n'est pas loin de la rue de Palestro où Vitrac a grandi. Et Vitrac lui-même fait le rapprochement : « Et c'est là ce que j'ai vu moi-même entre ma quatorzième et ma vingt-deuxième année » ( Le Figaro, ).
Références
modifier- ↑ Antonin Artaud, Œuvres complètes, II, p. 125-159.
- ↑ Henri Béhar, Vitrac, un réprouvé du surréalisme, Paris, A.-G. Nizet, 1966, p. 156-158.
- ↑ En ligne sur Gallica.
- ↑ « Articles de journaux parisiens sur la création (recueil conservé à la Bibliothèque nationale de France) », sur Gallica.
- ↑ Nicole Zand, « À Villeurbanne Le Coup de Trafalgar de Roger Vitrac », le Monde, (lire en ligne).
- ↑ « Le Coup de Trafalgar », sur Les Archives du spectacle.
- ↑ « Sur Le Coup de Trafalgar, de Roger Vitrac », Cahiers de la production théâtrale, no 2, , p. 9-52.
- ↑ Colette Godard, « Avant-première. Le Coup de Trafalgar une grande pièce réaliste », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Bertrand Poirot-Delpech, « Le Coup de Trafalgar de Roger Vitrac », Le Monde, (lire en ligne).
- ↑ Roger Pic, « Photographies de la représentation du au Théâtre de l'Odéon », sur Gallica.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Antonin Artaud, Lettres à Vitrac, in Œuvres complètes, V, 3, Paris, Gallimard, p. 197-201 et 244-251.
- Henri Béhar, Vitrac, un réprouvé du surréalisme, Paris, Nizet, 1966, p. 156-158, 234-244, 281-301 (lire en ligne).
- « Sur Le Coup de Trafalgar, de Roger Vitrac », in Cahiers de la production théâtrale, Éditions François Maspero, no 2, 1972, p. 9-52.
Liens externes
modifier- Roger Vitrac ou l'Annonciateur du théâtre de l'absurde par Geneviève Latour, Association de la régie théâtrale.