Le Gone du Chaâba (roman)

livre d'Azouz Begag

Le Gone du Chaâba est un roman autobiographique d'Azouz Begag sorti aux Éditions du Seuil en 1986.

Le Gone du Chaâba
Auteur Azouz Begag
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman autobiographique
Éditeur Éditions du Seuil
Date de parution 1986
Nombre de pages 238

Azouz Begag est originaire d'El Ouricia à Sétif en Algérie. Lors de son arrivée en France, après l'indépendance de l'Algérie en1962, il a d'abord habité dans un bidonville surnommé le "Chaâba" à Villeurbanne.

Son père s'appelle Bouzid et sa mère Messaouda. Il a neuf ans et l'histoire se déroule en 1966.

Le terme Gone dans la région lyonnaise est l'équivalent du terme gamin de la région parisienne.

Le terme Chaâba désigne un lit desséché d'un oued.

Résumé

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Le roman raconte l'histoire d'Azouz, un enfant de neuf ans né en Algérie. Il habite un endroit que l'on appelle le Chaâba, un bidonville situé à Villeurbanne près de Lyon. Il vit avec sa famille dans une habitation très pauvre, sans eau courante ni électricité, près d'autres familles arabes qui ont elle également immigré en France pour y trouver du travail. Il vient d'El Ouricia, une commune de la wilaya de Sétif.

Il a un grand frère, Moustaf, et une grande sœur Zohra. Son père, maçon de profession, s'appelle Bouzid ; sa mère, Messaouda, est femme au foyer. Il a un cousin, Rabah, qui joue au « grand », bien qu'il se fasse tout petit en présence de "la Louise". Sa tante s'appelle Zidouma. Même s'il travaille très bien à l'école, il se sent obligé de travailler sur le marché pour rapporter un peu d'argent à sa famille. À l'école, Azouz se met toujours au premier rang et est très attentif à toutes les remarques de son maître, il a même la deuxième meilleure note de la classe lors de la remise d'une composition.

Les conditions de vie dans le bidonville du Chaâba sont dures et difficiles : il n’y a ni électricité, ni eau courante, ni tout-à-l'égout. Les toilettes communes à tout le bidonville ne sont jamais propres et sont constituées d'un bidon placé dans un trou creusé dans le sol. Les habitants du Chaâba dorment tous sur des matelas à même le sol. Malgré la misère résidentielle, il y a beaucoup de vie, beaucoup de joie, des rires, des enfants qui ne se plaignent jamais de leur dure vie.

Azouz est même très heureux, mais bientôt, certains camarades de sa classe d'école se moquent de lui et le rejettent car ils ne le considèrent plus comme un arabe. Cependant, son père, Bouzid, est très fier de lui et lui répète sans cesse qu'il doit toujours bien travailler à l'école pour pouvoir avoir un bon travail « comme les Français », et ne pas devenir un maçon comme lui.

Plus tard, son oncle, qui vit également au Chaâba, et maudit par le père d'Azouz, se fait arrêter par la police car il est responsable d'un trafic de viande de mouton. En fait, c'est Azouz qui l'avait dénoncé, croyant aider sa famille. À cause de cet incident, plusieurs familles quittent le Chaâba, mais le père d'Azouz refuse de partir.

Pourtant, un matin, les Bouchaoui, une ancienne famille du Chaâba qui habite maintenant dans un appartement à Lyon, reviennent au Chaâba et expliquent au père d'Azouz que la vie dans un appartement est bien meilleure qu'au Chaâba. Bouchaoui a même trouvé un appartement pour la famille d'Azouz, pour les remercier de tout ce que Bouzid avait fait pour eux.

Finalement, après les « Je veux déménager » répétitifs d'Azouz, son père accepte et les Begag emménagent dans leur tout premier appartement à Lyon. Azouz est émerveillé par l'eau courante, les toilettes propres, l'électricité et la télévision.

Au début, il n'a pas trop d'amis puis il rencontre ensuite un autre enfant venant lui aussi du Chaâba. Azouz passe une mauvaise année de CM2 car sa maîtresse ne l'apprécie pas. Après le CM2, il entre en 6e au collège. Son professeur de français et principal, M. Loubon, est un pied-noir qui a vécu en Algérie dans la ville de Tlemcen, où il était instituteur. Il l'aide à travailler et une grande amitié naît entre eux ; ils parlent ensemble de l'Algérie, et s'apprennent l'un à l'autre des mots en arabe.

L'histoire se termine par un nouveau déménagement. Ils se voient expulsés de leur premier appartement puis en trouvent un autre.

Le bidonville du Chaâba entre 1954 et 1968

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Carte
Localisation du bidonville du Chaâba avant sa destruction en 1968

Le Chaâba se situait au 12, avenue Monin à Villeurbanne, à l'est de l'actuel parc de la Feyssine, peu avant la croisée du chemin du Bois Balmont avec l'actuel boulevard Laurent Bonnevay[1]. Il a accueilli jusqu'à vingt-cinq familles algériennes[2], principalement issues de la région de Sétif[1].

Comme dans d'autres bidonvilles un peu partout en France, leur occupation demeurait tolérée. Le père d'Azouz Begag et son oncle y avaient acquis une baraque sur un terrain de 400 m2 en 1954 afin d'y faire venir leur famille, femmes et enfants. Ils y ont ensuite accueilli de nouvelles familles qui ont progressivement construit la dizaine de baraquements en bois formant le Chaâba[1]. Les nouveaux arrivants étaient généralement des familiers ou des proches des Begag venant de la région de la même région de Sétif. Les occupants payaient un loyer aux frères possédant le terrain[1]. Une ancienne habitante alors enfant, Zohra Chaib, décrit les relations avec le voisinage comme très amicales[2].

Si l'injonction des autorités publiques à détruire le Chaâba en 1968 découlait officiellement de la politique de lutte contre l'habitat précaire, le projet de construire une bretelle d'autoroute sur le terrain qui est devenu depuis le parc de la Feyssine n'y était sans doute pas non plus étrangère[1].

Un cognassier planté par Bouzid Begag à l'emplacement de l'ancien bidonville ainsi qu'une fresque commémorent aujourd'hui le Chaâba[2].

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 Maud Chazalet et Bellaha Soraya, « Bidonville du Chaâba (1954-1968) », sur Le Rize+ - Encyclopédie collaborative de Villeurbanne (consulté le )
  2. 1 2 3 Gérald Bouchon, « Zohra Chaib raconte la vie au bidonville du Chaâba », sur Lyon Demain, (consulté le )