Le Grand Incendie de Londres

série de livres Jacques Roubaud parus de 1989 à 2008

Le Grand incendie de Londres est un cycle de récits du poète et mathématicien Jacques Roubaud. C’est l’un de ses ouvrages en prose les plus importants, par son volume et son ambition, représentant sept volumes publiés entre 1989 et 2008. Selon le critique Jean-Didier Wagneur dans Encyclopædia Universalis, il s’agit de « l'une des entreprises majeures de la littérature française contemporaine »[1]. Pour Jean-Baptiste Harang dans Libération, c'est « le chef-d’œuvre de Jacques Roubaud »[2].

Le Grand Incendie de Londres
Auteur Jacques Roubaud
Pays France
Genre récit
Éditeur Seuil et Nous
Date de parution 1989-2008

Présentation

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Le titre de Le Grand incendie de Londres, écrit en majuscules, est d’abord celui d’un roman que prévoyait d’écrire Jacques Roubaud à la suite d’un rêve fait en 1961[3].

« Dans ce rêve, je sortais du métro londonien. J'étais extrêmement pressé, sous la pluie grise. Je me préparais à une vie nouvelle, à une liberté joyeuse. Et je devais pénétrer le mystère, après de longues recherches. Je me souviens d'un autobus à deux étages, et d'une demoiselle (rousse ?) sous un parapluie. En m'éveillant, j'ai pensé que j'écrirais un roman, dont le titre serait Le Grand Incendie de Londres, et que je conserverais ce rêve, le plus longtemps possible, intact. »

 Jacques Roubaud, Le grand incendie de Londres : récit avec incises et bifurcation

Les volumes constituant ‘le grand incendie de londres’ (sans majuscules[4]) détaillent d’abord le projet de ce roman non écrit et font le récit de cet échec[5]. Mais ils sont aussi pour Jacques Roubaud l’occasion de développer une théorie poétique, puisant à la fois dans son goût pour les mathématiques[6] et dans l’héritage des troubadours du Moyen-Âge. Enfin, une large part des récits sont de nature autobiographique, explorant les souvenirs de son enfance provençale ou évoquant le deuil de sa femme, la photographe Alix Cléo Roubaud, morte en 1983[7].

L'une des caractéristiques du cycle est son inachèvement[8]. Ainsi, chacune de ses branches contient des « incises » et des « bifurcations » qui en augmentent les différents chapitres. Par ailleurs, Jacques Roubaud a indiqué dans la préface du volume regroupant les cinq premières branches au Seuil que La Dissolution ne constituait que la « première partie » de la branche 6 et qu'il existait une « version très longue » de la branche 5. Elle a, depuis, été publiée sur le web.

Ouvrages du cycle

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  • Le Grand Incendie de Londres : récit, avec incises et bifurcations : 1985-1987, Paris, Seuil, coll. « Fiction & Cie », no 117, 1989, 411 p. (ISBN 2-02-010472-5)
  • La Boucle, Paris, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 1993, 579 p. (ISBN 2-02-019119-9)
  • Mathématique :, Paris, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 1997, 279 p. (ISBN 2-02-030683-2)
  • Poésie :, Paris, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2000, 538 p. (ISBN 2-02-038176-1)
  • La Bibliothèque de Warburg : version mixte, Paris, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2002, 313 p. (ISBN 2-02-053461-4)
  • Impératif catégorique : récit, Paris, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2008, 255 p. (ISBN 978-2-02-091242-6)
    Ce volume constitue la deuxième partie de la troisième branche
  • La Dissolution, Caen, Nous, 2008, 532 p. (ISBN 978-2-913549-27-2)

Réédition

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En 2009, les cinq premières branches sont réunies dans un seul volume, enrichies d'articles critiques :

  • Le Grand Incendie de Londres, Paris, Seuil, coll. « Fiction & Cie », 2009, 2064 p. (ISBN 978-2-02-099689-1)

Notes et références

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  1. Encyclopædia Universalis, « LE GRAND INCENDIE DE LONDRES - Fiche de lecture », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  2. Jean-Baptiste HARANG, « Maître Roubaud », sur Libération (consulté le )
  3. Alain Schaffner, « « Je ne suis dans aucune langue, toujours traduisant » : l'imaginaire de la traduction dans « le grand incendie de londres » de Jacques Roubaud », MLN, vol. 131, no 4 « French Issue: Translating Constrained Literature / Traduire la littérature à contraintes », , p. 954-963 (lire en ligne Accès payant)
  4. Nathalie Koble et Mireille Séguy, « D’après mémoire. Les proses fantômes de Jacques Roubaud », Fabula-LhT, (ISSN 2100-0689, lire en ligne, consulté le )
  5. « Jacques Roubaud au lever du jour », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  6. Philippe Etchecopar, « Mathématiques et poésie. Un auteur, Jacques Roubaud, un groupe, l’Oulipo », Bulletin de l'Association mathématique du Québec,
  7. « Mort de Jacques Roubaud, poète, mathématicien et figure de l'Oulipo - L'Humanité », sur https://www.humanite.fr, (consulté le )
  8. Adrien Chassain, « Inadvenue possible, consommée, révoquée : autour de trois prépublications du ‘grand incendie de londres’ de Jacques Roubaud », Acta fabula, (ISSN 2115-8037, lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

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  • Florence Marsal et Anne Berthelot (préf.), Jacques Roubaud : prose de la mémoire et errance chevaleresque, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Interférences », , 227 p. (ISBN 978-2-7535-1175-0)
  • Christelle Reggiani, « Le Grand Incendie de Londres : un hypertexte de papier ? », Formules, revue des littératures à contraintes, no 7, , p. 256-264 (lire en ligne Accès libre [PDF])

Liens externes

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