Le Jardin des femmes

film japonais de Keisuke Kinoshita sorti en 1954

Le Jardin des femmes (女の園, Onna no sono?) est un film japonais de Keisuke Kinoshita, sorti en 1954, adapté du roman Jardin artificiel (人工庭園, Jinkō Teien?) de Tomoji Abe, publié en 1953.

Le Jardin des femmes
Description de cette image, également commentée ci-après
Titre original 女の
Onna no sono
Réalisation Keisuke Kinoshita
Scénario Keisuke Kinoshita
Musique Chūji Kinoshita (ja)
Acteurs principaux Mieko Takamine
Hideko Takamine
Keiko Kishi
Yoshiko Kuga
Chieko Higashiyama
Sociétés de production Shōchiku
Pays de production Drapeau du Japon Japon
Genre Drame
Durée 141 min
Sortie 1954

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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Dans une prestigieuse université féminine de Kyoto (fondée en 1908), dirigée par une administration autoritaire, les étudiantes vivent sous un règlement moral strict destiné à former des épouses idéales. Tandis que certaines acceptent ces règles, d'autres commencent à les contester. La révolte prend forme autour de plusieurs figures : Akiko, riche étudiante aux idées progressistes, Tomiko, plus rebelle mais apolitique, et Toshiko, meneuse du mouvement étudiant. Au cœur des tensions se trouve Yoshie, une élève fragile qui s'est inscrite à l'université pour échapper à son père autoritaire et pouvoir épouser, Shimoda, l'homme qu'elle aime. Harcelée par une enseignante et isolée par les autres, elle sombre dans le désespoir. Après sa mort tragique, les étudiantes se soulèvent contre l'administration du pensionnat. Mais leur mouvement révèle aussi leurs divisions, entre engagement politique, prudence et simple désir de liberté.

Fiche technique

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Ces informations proviennent, du générique du film[1], de la base IMDb[2], de la fiche Wikipedia japonaise, de la base de données japonaise JMDb[3] et du livre Japanese Film Directors d'Audie Bock[4].

Distribution

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Autour du film

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Tadao Satō écrit : "Parmi les autres films de Keisuke Kinoshita, on relève aussi : Un amour pur de Carmen (Karumen Junjosu, 1952), comédie qui ridiculise les partisans du réarmement et Le Jardin des femmes (Onna no Sono, 1954), magnifique drame sur le mouvement contestataire des étudiantes, deux œuvres fortes qui mettent directement l'accent sur le pacifisme et la lutte contre le système féodal sur lequel est basée la société japonaise[5]" p 76.

Audie Bock décrit le film dans son livre Japanese film directors[4] comme une : « protestation contre les vestiges du féodalisme dans l'enseignement, rappelant le film Jeunes Filles en uniforme (Mädchen in Uniform, 1931) de Leontine Sagan. Une directrice fière et sévère dans une école privée de jeunes filles fait preuve d'indulgence envers une élève riche malgré ses idées de gauche, et d'une cruauté extrême envers une jeune fille pauvre, envoyée dans ce pensionnat pour l'empêcher de se marier. La rébellion éclate lorsque cette dernière se suicide » p 212. « Le Jardin des femmes met en scène une directrice d'école dont la cruauté découle d'une tragédie personnelle enfouie dans sa jeunesse. Pourtant, le message de Kinoshita est clair : les personnes comme elle doivent être destituées, tout comme les enfants tels que ceux de Haruko dans La tragédie du Japon sont coupables, aussi compréhensible que puisse paraître leur comportement. » p 198.

Audie Bock rappelle que « les femmes de Kinoshita, figures centrales de toutes ses tragédies, savent pertinemment que la guerre, l'oppression politique, les distinctions de classe et l'égoïsme individuel sont des maux. Leurs valeurs penchent toujours du côté de la liberté d'expression, de l'amour familial et, simultanément, de l'amour romantique, ainsi que de l'honnêteté et de la franchise. Face à la menace qui pèse sur leurs valeurs, elles endurent, tantôt en silence et dans la souffrance, tantôt en protestant, mais, dans les situations extrêmes, elles choisissent la mort plutôt que de renoncer à la pureté de leurs sentiments et de leur engagement. Tel est le cas de la jeune fille persécutée, envoyée dans un pensionnat aux allures de prison pour la séparer du garçon qu'elle aime dans Le Jardin des femmes (1954)… » p 197[3].

Au début du film, après la scène de rébellion des étudiantes, le générique apparaît, suivi de l'hymne non officiel — interdit par l'administration. Plusieurs cartons explicatifs présentent la situation et introduisent le récit, qui se déploie sous forme d'un flash-back"[1]: "Les étudiantes réclament la liberté académique et le respect des droits humains. L'établissement souhaite perpétuer sa tradition d'excellence et de développement personnel. Mais pourquoi des frictions apparaissent-elles entre les deux ? Examinons les troubles survenus dans ce haut lieu (jardin) du savoir[1]."

Le film évoque les incidents de Kojin-bashi[6] survenus le , lorsque des étudiants de l'Université de Kyoto se heurtèrent à la police sur le pont Kojin-bashi, à Kyoto.

Lors de la scène d'adieu entre Yoshie et Sankichi au Château de Himeji, Yoshie évoque le destin tragique des femmes de cette ville, la princesse Senhime, Onatsu — figure de la « femme amoureuse » dans l'œuvre d'Ihara Saikaku —ou encore Okiku[7]... et s'interroge avec inquiétude sur son propre sort.

Distinctions

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Icône signalant une information Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».

Récompenses

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Sélections

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Le Jardin des femmes est classé à la 2e place du classement des dix meilleurs films japonais de 1954 établi par la revue Kinema Junpō, tandis que Vingt-quatre prunelles sorti la même année, occupe la première place[10].

Notes et références

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  1. 1 2 3 (en) Hayley Scanlon, « The Garden of Women (女の園, Keisuke Kinoshita, 1954) », sur Windows on Worlds, (consulté le ).
  2. « Le Jardin des femmes » (présentation de l'œuvre), sur l'Internet Movie Database.
  3. 1 2 « Base de données japonaise », sur www.jmdb.ne.jp (consulté le ).
  4. 1 2 Audie Bock, Japanese film directors, New York : Published for the Japan Society by Kodansha International, (ISBN 978-0-87011-304-8, lire en ligne).
  5. Tadao Sato, Le Cinéma japonais, tome II, (ISBN 978-2-85850-930-0, lire en ligne).
  6. A. C. Yu, « Kojin-bashi Incident - Japanese Wiki Corpus », sur www.japanesewiki.com (consulté le ).
  7. julien Mentzer, « La légende d'Okiku du château de Himeji - A la découverte du Japon », sur www.baladedusakura.com, (consulté le ).
  8. (ja) « 毎日映画コンクール 第9回(1954年) » [« 9e cérémonie des prix du film Mainichi - (1954) »], sur mainichi.jp (consulté le ).
  9. (ja) « 第5回 ブルーリボン賞 » [« 5e cérémonie des Blue Ribbon Awards »], Version archivée (consulté le ).
  10. (en) Stuart Galbraith, Japanese Filmography : A Complete Reference to 209 Filmmakers and the Over 1250 Films Released in the United States, 1900 Through 1994, Mcfarland, , 509 p. (ISBN 978-0-7864-0032-4), p. 482.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Audie Bock, Japanese Film Directors, published for Japan Society, New York by Kodansha International Ltd, 1978
  • Tadao Satō, Le Cinéma japonais, tome II, Éditions du Centre Pompidou, Collection Cinéma Pluriel, 1997

Liens externes

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