Le Progrès (Lyon)
Le Progrès est un journal régional français créé en 1859, dont le siège se trouve à Lyon dans le département du Rhône. Il est diffusé dans ce département ainsi que dans l'Ain, le Nord-Isère, la Loire, la Haute-Loire et le Jura. il existe des titres différents dans certaines éditions locales : La Tribune - Le Progrès en Loire et Haute-Loire, et Le Progrès - Les Dépêches dans le Jura.
| Pays |
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|---|---|
| Langue | Français |
| Périodicité | Quotidien |
| Genre | Presse régionale |
| Prix au numéro | 1,70 € (2.60 € le dimanche avec Diverto & Fémina)[Quand ?] |
| Diffusion | 159 150[1] ex.(2019) |
| Date de fondation | 12 décembre 1859 |
| Date du dernier numéro | en cours |
| Ville d’édition | Lyon |
| Propriétaire | Crédit mutuel via groupe EBRA |
|---|---|
| Directeur de publication | Pierre Fanneau |
| Rédacteur en chef | Xavier Antoyé |
| ISSN | 0243-9808 |
| ISSN (version électronique) | 2102-6807 |
| Site web | leprogres.fr |
Le Progrès est aujourd'hui une filiale du groupe EBRA.
Histoire
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Origines (sous le Second Empire)
modifierLe Progrès paraît pour la première fois le , environ sept ans après le début du Second Empire (). Le tirage initial est de 1 000 exemplaires[2].
Les fondateurs : Chanoine, Morin et Beyssac
modifierSes fondateurs sont l'imprimeur Jean-François Chanoine, le journaliste Frédéric Morin et Eugène Beyssac (1821-1890)[2].
Jean-François Chanoine (1808-1864[3]) est un important imprimeur lyonnais des années 1840 à 1860. Il a créé plusieurs publications avant 1859. Il est au départ propriétaire et gérant du journal Le Progrès.
À sa mort (), la propriété revient à sa veuve, qui la conserve jusqu'à son propre décès (). L'entreprise est alors revendue par les héritiers à Léon Delaroche (1837-1897), ancien agent de change (failli) entré dans le monde du journalisme[4].
Frédéric Morin (1823-1874), normalien et professeur agrégé de philosophie, révoqué en 1852, est originaire de Lyon, mais vit alors à Paris. Sollicité pour devenir rédacteur dans le nouveau journal, il va y imposer sa personnalité[2]
Le journal sous le Second Empire
modifierIl s'agit au départ d'un journal modeste, tiré sur des presses « à plat » installées dans le sous-sol de l’hôpital de la Charité à Lyon[2].
Il est présenté dans le prospectus de lancement (reproduit dans les premiers numéros) comme un « journal indépendant et d'opposition républicaine ».
Il est classé comme « républicain radical » par les autorités du Second Empire[5].
Sous la Troisième République (1870-1940)
modifierAu début de la Troisième République, la direction de Mme Chanoine se poursuit pendant les années 1870. Le Progrès atteint en 1872 son tirage maximal pour la période 1859-1880 : 12 000 exemplaires[6]. À partir de 1873, le tirage n'est que de 4 000 à 5 000 exemplaires[6]. En ce qui concerne le lectorat de gauche, Le Progrès est concurrencé principalement par le quotidien Le Petit Lyonnais, créé en août 1871, qui a un tirage de 100 000 exemplaires en 1878[7]. Un autre concurrent apparaît en novembre 1872, La France républicaine, mais il disparaît en [6].
L'arrivée de Léon Delaroche à la tête du journal en 1880, à la suite du rachat de l'entreprise aux héritiers des époux Chanoine, entraîne des changements considérables. Delaroche veut en faire un grand journal. Depuis sa création, Le Progrès est vendu 15 centimes le numéro. Le 1er mars 1881, le prix est abaissé à 10 centimes, puis à 5 centimes le , en conservant son format antérieur. Dès l'été 1881, le tirage atteint ou dépasse 40 000 exemplaires quotidiens (niveau permettant d'équilibrer la baisse du prix)[8].
De 1890 à 1905, il existe un supplément dominical, le Progrès illustré[9].
Par la suite, Le Progrès soutient généralement Édouard Herriot, maire radical de Lyon à partir de 1905, par exemple dans la querelle sur la destruction de l'Hôtel-Dieu, contre le journal Le Nouvelliste de Lyon.
Période de l'Occupation et du régime de Vichy (1940-1944)
modifierLors de la Seconde Guerre mondiale, après l'armistice du et l'instauration du régime de Vichy (), Le Progrès continue à paraître[10] jusqu'à l'occupation de la zone libre le .
C'est le seul quotidien lyonnais à faire le choix de la cessation d'activité[11]. Le personnel continue cependant à être rémunéré.
Il reparait le après la libération de Lyon.
Période de l'après-guerre
modifierLe Progrès est alors concurrencé par plusieurs nouveaux journaux, qui vont disparaitre au fil du temps : L’Écho du Sud-Est absorbe La Liberté, puis Le Progrès absorbe L'Écho-Liberté. La République/Le Patriote disparaît en 1956, victime indirecte des événements de Hongrie[pas clair].
En 1959, au moment de son centenaire, le tirage atteint 391 000 exemplaires contre 150 000 en 1946.
Le groupe[pas clair] absorbe le quotidien stéphanois La Tribune du centre et du sud-est le . Celui-ci, appelé précédemment La Tribune républicaine, devient l’édition La Tribune Le Progrès[12].
Évolution du capital du Progrès (à partir de 1966)
modifierEn , Le Progrès signe un accord avec Le Dauphiné libéré en vue de rapprocher les deux titres. C'est le début de la perte de contrôle du Progrès par la famille Brémond.
Dans les années 1980, avec seulement 4 000 exemplaires, l'éphémère Lyon-Libération n'arrive pas à inquiéter Le Progrès.
En 1986, Le Progrès est repris par Robert Hersant (groupe de la Socpresse), ainsi que le Dauphiné Libéré.
En 2004, Le Progrès et l’ensemble des titres de la Socpresse sont rachetés par le groupe Dassault.
En , le groupe de l’Est Républicain rachète l'ensemble Progrès-Dauphiné libéré, avant d'être lui-même racheté par le groupe EBRA, filiale de Crédit mutuel Alliance fédérale[13] en 2009.
L'édition de Saône-et-Loire du Progrès, à savoir Le Journal de Saône-et-Loire, est le plus vieux quotidien régional français encore en activité. En effet, Le Journal de Saône-et-Loire, hebdomadaire fondé à Mâcon en 1826, est devenu quotidien en 1831.
Son siège se trouve aujourd'hui à Chalon-sur-Saône. En 1967, il participe à la fondation de l’Agence d'informations générales, locales, économiques et sportives. En 1989, il prend son indépendance[pas clair].
Caractéristiques du journal
modifierIdentité visuelle
modifierInformations économiques (2018)
modifierLe Progrès a réalisé un chiffre d'affaires de 90 340 900 € en 2018 et enregistré une perte de 23 364 400 €.
L'effectif moyen annuel en 2018 était de 569 salariés[14].
Le siège : de la rue de la République à la rue Servient
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Le journal avait son siège dans un immeuble gardé par deux cariatides, rue de la République. Depuis 1985, ce bâtiment, est occupé par la Fnac « Lyon République ». Initialement, le bâtiment était le Théâtre Bellecour de 1880 à 1892.
Les locaux du journal ont été déplacés en 2001, rue Servient dans le 3e arrondissement. Depuis , le siège est installé dans le quartier de La Confluence, au 4, rue Montrochet dans le 2e arrondissement.
Imprimeries
modifierDepuis 1966, l'imprimerie du Progrès est située à Chassieu. Elle imprime depuis 2016 le journal I/O Gazette consacré aux festivals culturels dans le monde.
La Tribune / Le Progrès (éditions de Loire et Haute-Loire) était jusqu’en 2007 imprimée à Saint-Étienne[15].
La rédaction (2013)
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En 2013, la rédaction comptait 260 journalistes, la majorité étant au siège lyonnais. Elle est en relation avec 1 700 correspondants[16].
Problème de l'indépendance éditoriale (selon une enquête de Mediacités de 2018)
modifierEn , le journal d'investigation locale Mediacités rapporte que Le Progrès multiplie les événements (70 en 2017) organisés en partenariats avec des entreprises et des collectivités locales, pour faire face à l'érosion de son lectorat et au manque à gagner que cela génère ; des journalistes de la rédaction les animent parfois.
Ces événements sont souvent accompagnés de suppléments du journal, qui relèvent pour une part de la communication (par opposition au journalisme) sans qu'une mention « communication » ou « publireportage » en informe les lecteurs. Mediacités questionne ces pratiques et cite des journalistes du Progrès et des membres du Syndicat national des journalistes (SNJ) qui les critiquent[17].
Filiales
modifierLe groupe Progrès[pas clair] était propriétaire de la chaîne de télévision locale Télé Lyon Métropole (TLM) jusqu'à sa revente en 2010.
Le groupe Progrès est également l'éditeur du quotidien gratuit Lyonplus, publié entre 2004 et 2021.
L'agence de presse AGIR (Agence de presse d'informations régionales), qui emploie notamment une dizaine de journalistes pigistes permanents, appartient également au groupe Progrès. En , l'existence d'une « unité économique et sociale » a été reconnue entre Agir et Le Progrès par le tribunal d'instance de Lyon.
Diffusion
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Les éditions locales
modifierL'Ain a trois éditions locales : Bourg - Bresse - Val-de-Saône-Nord ; Dombes - Côtière de l'Ain ; Oyonnax - Léman - Bugey - Bas-Bugey.
Dans le Jura (Le Progrès - Les Dépêches) et en Haute-Loire (La Tribune - Le Progrès), il n'y a qu'une édition locale.
Dans la Loire, publié sous le titre La Tribune - Le Progrès, les quatre éditions locales sont : Saint-Étienne - Ondaine ; Forez ; Gier et Pilat ; Roannais.
Enfin le Rhône possède cinq éditions locales : Villefranche - Tarare ; Oullins - Givors - Mont du Lyonnais ; Lyon - Villeurbanne ; Ouest Lyonnais et Val de Saône ; Est Lyonnais.
Ventes
modifier| Année | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| Diffusion France payée[18] | 143 976 | 135 900 | 126 682 | 122 021 | 114 293 |
| Diffusion totale | 148 211 | 139 903 | 130 323 | 125 499 | 117 380 |
Notes et références
modifier- ↑ « Le Progrès », sur acpm.fr (consulté le ).
- 1 2 3 4 Vidal 2009, p. 16.
- ↑ Sa pierre tombale au cimetière de Loyasse, reproduite sur la page indique qu'il est « imprimeur typographe », mort le 20 décembre 1864 à l'âge de 57 ans. Elle comporte plusieurs éloges, notamment « Fils du peuple, il a légué aux amis de la liberté une voix puissante en fondant le Progrès. ». Une autre référence, le Dictionnaire des imprimeurs-lithographes du XIXe siècle en ligne sur le site de la Sorbonne, indique la date de « fin d'activité » du 12 août 1865.
- ↑ Vidal 2009, p. 23-24 : Les détails sur la succession Chanoine.
- ↑ Mlle Bonnardel, J. Bouvier, M. Emerique et M. Moissonnier, « Lyon la républicaine à la veille de la guerre de 1870 et des journées insurrectionnelles de la commune lyonnaise. 2. Lyon, cité républicaine », 1848 - Revue des révolutions contemporaines, no 189, , pp. 122-127, repris dans la Revue d'histoire du XIXe siècle, no 22, , DOI 10.4000/rh19.258, [lire en ligne].
- 1 2 3 Vidal 2009, p. 23.
- ↑ FVidal 2009, p. 22.
- ↑ Vidal 2009, p. 24-25 : Détails sur la politique de Léon Delaroche.
- ↑ « Ressources : Le Progrès illustré en ligne », sur Société pour l’histoire des médias (consulté le ).
- ↑ Vie de René Leynaud.
- ↑ Yves Cau, « Un grand quotidien dans la guerre, Le Progrès - Juin 1940 - Novembre 1942 » [PDF], sur presses.univ-lyon2.fr.
- ↑ La presse stéphanoise, de la Libération à nos jours, Le Progrès.
- ↑ « Filiales Crédit Mutuel Alliance Fédérale », sur Site Crédit Mutuel Alliance Fédérale.
- ↑ « Le Progrès : bilans gratuits », sur societe.com (consulté le ).
- ↑ « La Tribune Le Progrès » désormais imprimé dans le Rhône, Les Échos, Denis Meynard, 28 décembre 2007
- ↑ Vincent Lonchampt et Antoine Comte, « Médias le vrai pouvoir du Progrès », sur tribunedelyon.fr (consulté le ).
- ↑ Mathieu Martiniere / We Report, « Quand le Progrès se vend aux plus offrants », Mediacités, .
- ↑ Historique de diffusion Le Progrès, APCM
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Robert Dubreuil, Les Origines de la grande presse lyonnaise, de la dictature impériale à la République opportuniste, mémoire de DES d'histoire soutenu en 1953 à l'université de Lyon (notice Archives départementales du Rhône)
- Pierre Labasse, Le Progrès et l’opinion lyonnaise de 1859 à 1890, mémoire de DES d'histoire soutenu en 1965 à l'université de Lyon (notice SUDOC)
- [Vidal 2009] Florence Vidal, Une publication populaire originale, le supplément illustré du Progrès de Lyon, Lyon, ENSSIB, , 151 p. (lire en ligne [PDF]), p. 16-25.
.Cet ouvrage, mémoire de master élaboré sous la direction du professeur Christian Sorrel, retrace de façon détaillée l'histoire du journal jusqu'en 1890 (chapitre « L'histoire du Progrès de Lyon jusqu'en 1890 »)
- Yves Cau, Le Progrès Un grand quotidien dans la guerre juin 1940-novembre 1942, Lyon, Éditions du CNRS/Presses universitaires de Lyon, 1979, 324 p. (notice BNF)
- édition de : Yves Cau, Le Progrès de Lyon, juin 1940-novembre 1942, thèse de doctorat de troisième cycle soutenue à l'université Lumière-Lyon-II en 1976, 237 p. (notice SUDOC )
- Marcel-Gabriel Rivière, Le Progrès et la Résistance, Lyon, Centre régional de documentation pédagogique, 1975, 42 p. (notice SUDOC)
- Corinne Meynet, Le Progrès de Lyon, un miroir de la presse régionale. 1968 : événements et jeux olympiques, thèse de doctorat sous la direction de Roger Bellet, Lyon, Université Lumière-Lyon-II, 1983 (notice SUDOC)
Anciens numéros
modifier- Numéros du Progrès de 1859 à 1924 en ligne sur Gallica, notamment :
- « Le Progrès », numéro 1, sur Gallica, (consulté le )
- Les 769 numéros du Progrès illustré (1890-1905) en ligne sur le site de la bibliothèque municipale de Lyon
Liens externes
modifier- Ressource relative à la recherche :