Le Roi pêcheur (pièce de théâtre)

pièce de théâtre de Julien Gracq, publiée en 1948
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Le Roi pêcheur est la seule pièce de théâtre de Julien Gracq, publiée en 1948. La pièce s'inspire du mythe arthurien, et particulièrement des récits concernant le Graal et le Roi pêcheur.

Le Roi pêcheur
Auteur Julien Gracq
Pays Drapeau de la France France
Genre théâtre
Éditeur José Corti
Date de parution 1948
Nombre de pages 150

Présentation

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Reprenant en grande partie la trame du Parsifal de Richard Wagner[1], cette pièce est le récit de l’échec de Perceval au château du Graal (Montsalvage/Corbenic). Placé entre l’ermite Trévrizent et le magicien Clingsor, le roi du Graal Amfortas (surnommé le Roi pêcheur) est blessé. Kundry (de), qui lui a infligé la blessure, veut le guérir par l’intervention du chevalier pur, Perceval. Mais, malgré sa souffrance, Amfortas ne souhaite pas guérir, ne souhaite pas sortir Montsalvage de son sommeil. Il fait tout pour faire échouer Perceval (en essayant de jouer sur ses sentiments pour Kundry, en lui annonçant ce qui l’attend, en lui disant la vérité), et celui-ci oublie donc de poser la question sur ce qu'est le Graal, qui aurait permis de guérir le Roi Pêcheur.

Accueil

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La pièce, créée le au Théâtre Montparnasse de Paris, reçoit un très mauvais accueil du public, malgré les décors remarqués de Leonor Fini et l'interprétation brillante de Maria Casarès, Jean-Pierre Mocky, Jacqueline Maillan et Monique Chaumette. La représentation théâtrale est également éreintée par les critiques littéraires des principaux journaux : ainsi, par exemple, Le Monde parle d'« un spectacle mortel » où « la curiosité même s'y engourdit de scène en scène »[2], Le Figaro, sous la plume de Jean-Jacques Gautier, résume son appréciation d'un jugement sévère : « c’est long, c’est triste, c’est ruisselant d’ennui, c’est à la fois compliqué et sommaire, sans une once de vérité humaine, sans un atome d’émotion authentique »[3]. Le journal L'Aurore s'interroge sur le thème de la pièce : « Le Cycle breton et les aventures des chevaliers de La Table Ronde sont tout de même bien loin de nous »[3], etc..

Cet accueil amène Julien Gracq à renoncer à écrire d'autres pièces de théâtre, et l'incite à publier, l’année suivante, un pamphlet, La Littérature à l'estomac, où il fustige la critique littéraire, les prix littéraires, les maisons d'éditions, et tous ceux qui donnent des jugements sur des œuvres en « récitant le journal ». Il s'inquiète aussi de l'évolution de la vie littéraire[3],[4].

Représentations

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Julien Gracq n'accordera que très peu les droits de mise en scène de la pièce après ce premier échec. Elle sera notamment reprise pour sa création par le théâtre du premier vol de l'Hirondelle, une petite compagnie de région parisienne dirigée par Laurence Arpi en 2002. À la suite de plusieurs échanges de lettres et visites, la jeune metteur en scène adapte la pièce à Saint-Hilaire-de-Riez une première fois. S'ensuit une petite tournée en région parisienne en extérieur puis deux représentations pour le Centenaire de Julien Gracq du 3 au en Ardèche méridionale[5]. "Remercions Laurence Arpi d’avoir par sa mise en scène audacieuse, mais respectueuse du sens profond de l’œuvre, rendu évidente la modernité et l’intemporalité de l’incursion de Gracq au théâtre et d’avoir rendu justice à l’un de ses principaux apports : le sens concret du merveilleux. L’important dans cette nouvelle mise en scène du Roi Pêcheur, c’est que cette version réécrite dans les années soixante et adaptée aujourd’hui par Laurence Arpi correspond aux besoins impératifs du théâtre. Le texte est plus resserré que le texte original comme si Julien Gracq et Laurence Arpi avaient voulu se garder d’un écueil : « on emménage pas avec une pièce ; dès que le contact dramatique se relâche, la tension tombe et l’ennui n’est pas loin. » (J. Gracq dans Entretiens avec Jean Roudaut, p94) comme si Gracq prenait acte de son propre constat : « je ne songeais pas du tout à la représentation en écrivant. » (idem p93). Cette tension, le spectateur la ressent ici puissamment d’autant que grâce à la mise en scène épurée et à ses acteurs, la dimension de « combat » est très perceptible tout au long des échanges entre les personnages ; même s’ils sont avant tout des figures et des symboles ils s’incarnent : c’est ce qui différencie totalement Le Roi Pêcheur du théâtre symboliste de Maeterlinck, dont pourtant il est proche par d’autres aspects. Le jeu d’Amfortas (Charles Reale) qui reste le centre de la pièce tout comme celui de Kundry (Leticia Gutierrez), qui porte les couleurs de l’auteur sont un autre point fort de cette mise en scène, qui met aussi en valeur la dimension mythique préférée par Gracq à la dimension psychologique pour laquelle il a peu de goût."

Bertrand Fillaudeau - Directeur des éditions José CORTI - (unique éditeur de Julien Gracq hors la parution de ses œuvres à la NRF) [5]

voir : https://premier-vol.blogspot.com/

Références

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  1. ↑ Catherine Hoffmann et Laurence Mathey-Maille, « Le Roi Pêcheur : des sources médiévales aux réécritures contemporaines », Revue du GRIC (Groupe de recherche Identités et cultures) Université Le Havre Normandie, no 3,‎ (lire en ligne)
  2. ↑ Robert Kemp, « " Le Roi pêcheur " au théâtre Montparnasse », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. 1 2 3 Marie-Annick Gervais-Zaninger, « Sur Le Roi Pêcheur de Julien Gracq », Revue du GRIC (Groupe de recherche Identités et cultures) Université Le Havre Normandie, no 3,‎ (lire en ligne)
  4. ↑ « Julien Gracq, un homme à distance », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. 1 2 « theatre du premier vol de l'hirondelle », sur premier-vol.blogspot.com (consulté le )