Le Révolutionnaire (1899)
Le Révolutionnaire est un journal hebdomadaire fondé en 1899 par les frères anarchistes Jean et Joseph Otto.
Organe indépendant
| Pays |
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|---|---|
| Zone de diffusion | Paris |
| Langue | Français |
| Périodicité | Hebdomadaire |
| Genre | Anarchisme, antisémitisme, antidreyfusisme |
| Fondateur | Jean Otto, Joseph Otto |
| Date de fondation | Mars 1899 |
| Date du dernier numéro | Juillet 1899 |
| Éditeur | imp. spéciale, 7, rue Jeanne, Paris |
Histoire
modifierFondation
modifierFondé par les frères anarchistes Jean Otto et Joseph Otto, Le Révolutionnaire est lancé en avec pour intention de dénoncer les anarchistes ralliés à la cause de la révision du procès de Alfred Dreyfus. Il attaquent de façon violente Sébastien Faure, Charles Malato, Émile Pouget, Louis Matha et Jean Grave[1] et plus généralement les rédacteurs du Journal du peuple.
Ordurier, le journal multiplie les attaques ad-hominem soit envers Sébastien Faure traité de « salarié de Reinach » soit envers Charles Malato contre qui Le Révolutionnaire écrira : « Malato, juif italien, voleur comme tout juif ». En effet, proche de Jules Guérin et de L'Antijuif, les frères Otto écrivent :
« Il est important de faire savoir que tous les révolutionnaires ne sont pas dreyfusards, défenseurs des financiers et des panamistes. La plupart de leurs journaux le sont ; c’est vrai, mais ils avaient besoin d’argent. Les travailleurs n’ont pas suivi leur volte-face et ce journal le démontrera. Le Révolutionnaire combattra les financiers, même juifs. Le Révolutionnaire ne sera pas le moniteur de l’Elysée. C’est un programme d’une netteté et d’une précision indiscutable. Tous les dreyfusards, les Gerault-Richard, Millerand, Jaurès, Sébastien Faure, Pouget et sous-ordres sont nos ennemis »[2].
Par la suite, il accentuent leur antisémitisme en dénonçant « l’abjection juive » ou en s’écriant « A bas la charogne sémite ». Abandonnant tout lien avec l’anarchisme, ils en viennent à défendre l’armée, l’église ou la patrie, le journal faisant cause commune avec Henri Rochefort et Édouard Drumont souhaitant « chasser des individus dangereux » c'est-à-dire les juifs vus comme des « rapaces »[2].
Le journal disparaît rapidement en juillet de la même année et Mayence et les frères Otto rejoignent par la suite, en août, Jules Guérin dans le Fort Chabrol[3].
Réception et jugements
modifierLes historiens semblent s'accorder pour décrire de façon négative le journal : pour Michel Dreyfus, Le Révolutionnaire est un « journal de bas étage »[4] tandis que Philippe Oriol le qualifie de « feuille immonde, de ragots et de chantage, tout entière dirigé contre les anarchistes dreyfusards »[5]. Charles Malato écrira quant à lui dans ses Souvenirs d'un libertaire parus en 1937 :
« Ils (les frères Otto) créèrent un autre périodique infâme, bien à eux, qui s’intitulait Le Révolutionnaire, et qui était spécialement destiné à déshonorer les militants libertaires en produisant contre eux une documentation apocryphe. Œuvre de bandits à qui le faux ne coûtait rien ! Un tel était accusé d’avoir suborné une fillette un autre, d’avoir cambriolé ; le vieux militant Constant Martin, le plus bienveillant des hommes, était accusé d’assassinat. Moi, qui avais éconduit jadis ces deux gredins de L’Intransigeant, j’étais accusé par eux de complicité de vol : il fallait bien varier les histoires ! »[2].
Collaborateurs
modifier- Jean Otto (dit Henri)
- Joseph Otto (dit Georges ou Le Requin)
- Raoul Mayence
- Nestor Ferrière
- Roubineau
Notes et références
modifier- ↑ « Raoul Mayence », Les Hommes du jour, , p. 6 (lire en ligne)
- 1 2 3 Dominique Petit, « OTTO Jean, Jules [dit Henri] », sur Maitron
- ↑ Michel Drouin, « Une thèse exemplaire », Jean Jaurès cahiers trimestriels, Société d'études jaurésiennes, , p. 52 (lire en ligne)
- ↑ Michel Dreyfus, L'antisémitisme à gauche : Histoire d'un paradoxe, de 1830 à nos jours, La Découverte, , « Les divisions des anarchistes »
- ↑ Les représentations de l'Affaire Dreyfus dans la presse en France et à l'étranger : Actes du colloque de Saint-Cyr-sur-Loire, Tours, Publication de l'Université François-Rabelais, (lire en ligne), p. 65
Sources et bibliographie
modifier- Vivien Bouhey, Les anarchistes contre la république, 1880 à 1914 : contribution à l'histoire des réseaux sous la troisième république, Presses universitaires de Rennes, 2008, p.346
- Michel Dreyfus, L'antisémitisme à gauche : Histoire d'un paradoxe, de 1830 à nos jours, La Découverte, 2011, « Les divisions des anarchistes »
- Michel Drouin, Jean Jaurès cahiers trimestriels, Société d'études jaurésiennes (Paris), , p.52
- Les représentations de l'Affaire Dreyfus dans la presse en France et à l'étranger : Actes du colloque de Saint-Cyr-sur-Loire, Littérature et Nation, Publication de l'Université François-Rabelais (Tours), , p.65
- Flax, Les Hommes du jour, , (Paris), p.6, « De tout un peu : Raoul Mayence »
