Le Staufen (Alsace)
Le Staufen (Staufenberg ou Staufenbarg en alsacien, aussi orthographié Stauffen) est un sommet du massif des Vosges se situant à la jonction des communes de Wihr-au-val, de Soultzbach-les-Bains et de Voegtlinshoffen, dans le département français du Haut-Rhin[1]. Il culmine à 899 mètres d’altitude.
| Le Staufen | |
Vue du Staufen (en arrière plan à droite) depuis le château du Schrankenfels par sa face sud. | |
| Géographie | |
|---|---|
| Altitude | 899 m[1] |
| Massif | Vosges |
| Coordonnées | 48° 01′ 58″ nord, 7° 13′ 59″ est[1] |
| Administration | |
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Collectivité territoriale | Collectivité européenne d'Alsace |
| Géologie | |
| Roches | schiste, grauwacke |
| modifier |
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La montée vers le sommet par le col du Marbach offre plusieurs points de vue sur la plaine d'Alsace, la vallée du Krebsbach et la vallée de Munster. Le Staufen est reconnu pour ses pelouses sèches d’altitude ainsi que son intérêt floristique tout particulier[2].
Toponymie
modifierL’origine du nom Staufen reste méconnue et n’est pour ce sommet que très mal documentée. Néanmoins, le parallèle peut être fait avec le château de Hohenstaufen situé en Allemagne près de la frontière.
Le nom Staufen serait selon certaines sources dérivé du mot franco-alémanique Stuafe qui signifie « colline isolée »[3].
Géographie
modifierSituation
modifierLe Staufen est situé dans le massif du Firstplan (notamment connu pour le col du Firstplan prisé des cyclistes[4]), une fine bande de montagnes densément boisée entre la plaine d'Alsace et les vallées de Munster, du Krebsbach et de l’Ohmbach.
Géologie
modifierLes sols du Staufen sont composés en majorité de grauwacke et de schiste, des roches similaires à d’autres montagnes des hautes Vosges comme le Markstein et le Petit Ballon voisin. Ces roches sont anciennes, et remontent à 330 millions d’années, durant le Carbonifère[5],[2].
Climat
modifierLe Staufen en lui-même se situe à l’est du Petit Ballon, et bénéficie de ce fait d’une protection des intempéries venues des crêtes vosgiennes, ce qui lui confère un climat particulier caractérisé par une forte amplitude thermique, allant de −22 °C à 35 °C, mais surtout à une pluviométrie particulièrement faible pour son altitude et la région, seulement 800 mm par an[2],[6].
Flore
modifierGrâce à un sol peu profond, ainsi qu'à un microclimat abrité des fortes pluies, la flore locale au Staufen forme un carrefour d'espèces où se croisent des plantes venues de différentes régions d'Europe. On y trouve de manière surprenante des plantes habituées aux milieux chauds et secs. Ces espèces, souvent d'origine steppique ou méditerranéenne, trouvent sur ce massif un refuge et y atteignent leur limite supérieure d'altitude. Parmi elles, on peut observer la coquelourde (Pulsatilla vulgaris) avec ses fleurs d'un bleu intense, la fraxinelle (Dictamnus albus), ou encore l'orchis à fleurs de sureau. Cette flore méridionale cohabite de façon étonnante avec des espèces montagnardes ou d'origine nordique, telles que le lis martagon, la porcelle à feuille tachetée ou la centaurée des montagnes. Enfin, les versants sud du massif abritent une formidable forêt de chênes sessiles, l'une des plus élevées d'Europe centrale, parsemée d'arbustes comme le rosier de Jundzill (Rosa jundzillii). Ce mélange unique fait des pelouses d'altitude du Staufen un milieu naturel préservé à haut intérêt patrimonial[2].
Histoire
modifierLe Staufen est témoin d’une histoire riche d’occupations anthropiques successives. Dès le XIIIe siècle et l'arrivée du pastoralisme dans le secteur, la petite vallée du Krebsbach est sujette à de nombreuses convoitises de familles locales. Ainsi, les Laubgassen, les Hattstatt, les Ribeaupierre, les Gueberschwihr et les Girsberg mènent une lutte acharnée de pouvoir pour contrôler cette vallée qui jusque-là, était inexploitée et ne représentait par son isolement que peu d'intérêt stratégique. Dans ce contexte, de nombreux châteaux sont construits à cette période, dans une zone géographique restreinte[7]. C’est alors vers 1281 qu'est construit le château du Staufen, par la famille Girsberg, qui possédait déjà des fortifications dans la vallée de Munster. L'évêque de Strasbourg fait néanmoins détruire le château immédiatement, celui-ci ayant été construit illégalement sur des terres n’appartenant pas à la famille. Il ne fut jamais reconstruit, et des ruines sont toujours observables de nos jours[8].
En 1899, le Club vosgien érige une tour d’observation sur le sommet du Staufen, nommée en allemand Staufenturm. Détruite puis reconstruite après une tempête en 1901, le monument figure sur de nombreuses photographies d’époque, mais disparaît durant la grande guerre, entre 1914 et 1918, retirée par les Allemands de peur de laisser à l'Entente des positions stratégiques. C’est ainsi que la célèbre tour cède sa place à un blockhaus, construit à la même période sur le versant sud du sommet, qui se tient toujours aujourd’hui[9].
Activités
modifierDe nos jours, le Staufen n’est plus exploité, mais reste une destination prisée des randonneurs par sa proximité avec les villages du vignoble, son environnement apaisant ainsi que sa technicité relative. Le site est connecté par plusieurs chemins de randonnées, inaccessibles aux véhicules, notamment le col du Marbach et le Staufenweg[1]. En empruntant une boucle, il est possible d’y passer dans le cadre de la traversée du GR 532.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 « Carte IGN classique » sur Géoportail.
- 1 2 3 4 Bernard Stoehr, « Le Staufen, une pelouse sèche d’altitude à haut intérêt patrimonial », Bulletin de la Société d'Histoire naturelle et d'Ethnographie de Colmar, 78 (6) : 77-81., vol. 78, no 6, , p. 77-81 (lire en ligne)
- ↑ « Geschichtliches ? », sur Münstertal Staufen (consulté le )
- ↑ « Osenbach : le Tour de France passera deux fois - ICI », sur ici.fr, (consulté le )
- ↑ Hubert Martin, « Volcanisme et mythologie autour du Petit-Ballon » [PDF] (consulté le ).
- ↑ Remp G., Le climat en Alsace., Strasbourg, Bibliothèque Jean Macé, , pp.52
- ↑ « Château fort de Schrankenfels - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Thomas Biller et Bernhard Metz, Der spätromanische Burgenbau im Elsass, 1200-1250, Deutscher Kunstverlag, coll. « Die Burgen des Elsass », (ISBN 978-3-422-06635-9)
- ↑ « Wintzenheim 1914-1918 (Alsace) », sur wintzenheim1418.free.fr (consulté le )