Les Chevaux capricieux

chanson

Les Chevaux capricieux (en langue russe = Priveredlivie koni - en cyrillique = Привередливые кони )[1],[2], connue aussi d'après sa première phrase « Le long de la falaise, au-dessus du précipice… » (en russe: « Вдоль обрыва, по-над пропастью… ») (vdol obriva, po-nad propastiou…)[3]) est une chanson de Vladimir Vyssotski, écrite au début de l'année 1972 (selon certaines sources l'écriture aurait débuté déjà en 1971). Le héros de la chanson fait galoper ses chevaux au bord d'une falaise, mais, pressentant sa propre mort imminente, il les supplie de ne pas courir si vite, pour que son dernier voyage se prolonge un peu plus longtemps. Bien que la chanson évoque une course effrénée, elle est écrite sur un tempo tranquille dans des vers inhabituellement longs pour l'œuvre de Vyssotski.

Les Chevaux capricieux
Chanson de Vladimir Vyssotski
Sortie
Langue russe
Auteur-compositeur Vladimir Vyssotski

Cette chanson, que l'auteur avait destinée au film La Terre de Sannikov, n'a finalement pas été retenue du fait que lui-même n' a pas pu y jouer le rôle du hussard Krestovski. Toutefois, plus tard la chanson est devenue l'une des plus populaires des Vyssotski. Plus d'une fois elle a été enregistrée sur disque, tant de son vivant que durant la première décennie après sa mort. Elle figure parmi les œuvres les plus traduites de l'auteur avec 150 traductions dans plus de 30 langues. Il existe aussi de nombreuses reprises, tant en russe que dans d'autres langues. La phrase Un peu plus lentement les chevaux ! et le titre même de la chanson sont devenus des expressions courantes en russe. L'image de chevaux au galop a été reprise dans des œuvres consacrées à Vyssotski et figure notamment sur sa pierre tombale. Les paroles de cette chanson ont été parmi les premières à faire l'objet d'une analyse littéraire après la mort de Vyssotski, et ont été par la suite de nombreux travaux dans le domaine de l'étude du chanteur en particulier sous l'angle de l'intertextualité.

Привередливые кони (1er couplet)

Вдоль обрыва, по-над пропастью, по самому по краю
Я коней своих нагайкою стегаю, погоняю…
Что-то воздуху мне мало — ветер пью, туман глотаю,—
Чую с гибельным восторгом: пропадаю, пропадаю!
Чуть помедленнее, кони, чуть помедленнее!
Вы тугую не слушайте плеть!
Но что-то кони мне попались привередливые —
И дожить не успел, мне допеть не успеть.
Я коней напою,
я куплет допою —
Хоть немного ещё постою
на краю…

Les chevaux capricieux (premier couplet)

Le long de la falaise, au-dessus du précipice, tout au bord
Je fouette mes chevaux, je les éperonne…
Je manque d'air — je bois du vent, j'avale du brouillard,—
Je ressens, avec un ravissement funeste, que je disparais, je disparais!
Plus lentement, chevaux, un peu plus lentement!
N'écoutez pas le fouet claquer!
Mais je suis tombé sur des chevaux capricieux —
Et je n'ai pas eu le temps de terminer ma vie, de finir ma chanson.
Je vais les abreuver ,
Je vais finir ce couplet —
Je vais rester un peu
au bord…

[4]

Le héros de la chanson fait galoper ses chevaux le long d'une falaise surplombant un précipice, à travers vent et brouillard. Il ressent que sa fin est proche, mais cela lui procure un ravissement funeste. Il exhorte ses chevaux à ne pas obéir aux coups de fouets et à galoper plus lentement. Il n'a pas eu le temps de vivre pleinement et n'aura même pas le temps de finir sa chanson. Il rêve de s'arrêter encore un instant au bord du précipice, pour abreuver ses chevaux et terminer un couplet.

Le héros pressent comment il va mourir: «l'ouragan l'emportera par la main comme un flocon de neige», et son corps sera porté en traineau sur la neige du matin (comme le souligne A.V. Skobelev, cette image correspond à celle décrite au chapitre 6 du roman de Pouchkine Eugène Onéguine après le duel entre Onéguine et Lenski[5]). Il exhorte à nouveau ses chevaux à ralentir leur allure pour que le «chemin vers le dernier refuge» ne s'achève pas aussi vite.

Mais la chevauchée se termine et il n'a pas eu le temps de vivre («мы не успели») . Les commentateurs soulignent l'homonymie du mot réussir («успеть») et avoir le temps[6],[7].

Circonstance de la création

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Dans les recueils des œuvres de Vladimir Vyssotski, cette chanson est datée de 1972 [5],[8]. À cette époque il était prévu que Vyssotski incarne le jeune hussard Krestovsky dans le long métrage La Terre de Sannikov. L'acteur avait donné son accord pour le tournage et avait écrit plusieurs chansons que son personnage devait interpréter : Ce jour là, on tutoyait le capitaine, Ballade du navire abandonné, Le Silence blanc et Les Chevaux[9],[10] Cependant, sur instruction personnelle du directeur général du studio Mosfilm Nikolaï Sizov, la participation de Vyssotski a été écartée[9]. Ses chansons n'ont dès lors pas été incluses dans le film [1][11] ; à leur place, la chanson il n'y a qu'un instant du poème de Leonid Derbenev a été reprise dans le film[12].

Notes et références

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  1. 1 2 Каюсь! Каюсь! Каюсь! 2012, p. 12.
  2. Tomentchouk 2007, « Là-bas, les anges ont entonné un chant d’une voix différente… » «Там что-то ангелы запели не такими голосами…».
  3. Kovatchev S., « Vladimir Vyssotski. Index phonographique. 0048 — Le long de la falaise, au-dessus du précipice… » [archive du ], sur Владимир Высоцкий. Каталоги и статьи
  4. Vyssotski V., Recueil en 2 tomes. Chansons, t. 1, Iekaterinbourg, «У-Фактория», , 11e éd., 299—300 (ISBN 5-89178-071-2)
  5. 1 2 Каюсь! Каюсь! Каюсь! 2012, p. 13.
  6. Каюсь! Каюсь! Каюсь! 2012.
  7. Koulaguine 2013, p. 132.
  8. Собрание сочинений в четырёх томах 2009, Кони привередливые.
  9. 1 2 Tsyboulski Marc, « La Terre de Sannikov » [archive du ], sur Vladimir Vyssotski. Catalogue at articles,
  10. Sokolova. L., Les grands films soviétiques, 100 films devenus des légendes, Moscou, Centrepolygraphe, (ISBN 9785457070295, lire en ligne), La Terre de Sanikova (1972)
  11. Vyssotski V.S., Œuvres complètes en quatre tomes, t. 2. Chansons. 1971—1980, Moscou, Vremia (Время; WebKniga), (ISBN 978-5-9691-0413-6, lire en ligne), Notes . Les Chevaux capricieux
  12. Skobelev et Shaulov 2009, p. 99.

Annexes

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Bibliographie

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  • (ru) Составители и авторы комментариев В. И. Новиков, О. И. Новикова, Собрание сочинений в четырёх томах, vol. 2. Песни. 1971—1980, М., Время; WebKniga, (ISBN 978-5-9691-0413-6, lire en ligne), « Кони привередливые », p. 62—64
  • (ru) В. Vysotsky, Иллюстрированное собрание сочинений в 11 томах, vol. 10. Каюсь! Каюсь! Каюсь!, Saint-Pétersbourg, Амфора, (ISBN 978-5-367-02112-7), p. 12—13
  • (ru) Л. Я. Tomenchuk, Кони, Dnipropetrovsk, Пороги, (ISBN 978-966-525-830-8, lire en ligne [archive du ]), « Высоцкий и его песни », p. 40
  • (ru) А. Е. Krylov et А. В. Kulagin, Высоцкий как энциклопедия советской жизни: Комментарий к песням поэта, М., Булат, (ISBN 978-5-91-457-008-5), « Кони привередливые », p. 211—214
  • (ru) А. В Kulagin, Поэзия Высоцкого: Творческая эволюция, Воронеж, Эхо, (lire en ligne)
  • (ru) А. В. Skobelev, Много неясного в странной стране… II. Попытка избранного комментирования, Voronej, Эхо, (lire en ligne), « Кони привередливые (1972) », p. 73—79
  • (ru) А. В. Skobelev et С. М. Shaulov, « «Кони привередливые» в поле интертекстовом », dans Редакционная коллегия: Б. С. Дыханова, А. Е. Крылов, А. В. Скобелев, Г. А. Шпилевая, Владимир Высоцкий: исследования и материалы 2007—2009 гг. : сборник научных трудов, Voronej, Издательство ВГПУ, (ISBN 978-5-88519-533-1), p. 97—119

Liens externes

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