Les Dangereux

comédie noire québécoise

Les Dangereux, ou Les Déjantés en France, est une comédie noire québécoise réalisée par Louis Saia, sortie en 2002. Ce film relate l'histoire d'une chanteuse qui se fait enlever par des ravisseurs. Roxane est une chanteuse pop de renommée mondiale. Après un de ses spectacles, elle se fait kidnapper par une bande de ravisseurs qui demande une importante rançon afin de la revoir vivante. Le père de Roxane, Paul décide de payer ladite rançon et de la faire livrer par le comptable de son entreprise, Francis, un homme quelque peu simple d'esprit. Alors arrivent une tonne de péripéties qui complexifieront la livraison de l'argent aux ravisseurs.

Les Dangereux
(Les Déjantés)
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo du film
Réalisation Louis Saia
Scénario Huguette St-Denis[1]
Sylvain Ratté
Musique Stephane Dufour
Claude Lamothe
Jacques Roy
Acteurs principaux Stéphane Rousseau
Véronique Cloutier
Marc Messier
Louise Portal
Sociétés de production Melenny Productions
Téléfilm Canada
SODEC
TVA Films
MusiquePlus
Pays de production Drapeau du Canada Canada
Genre Comédie noire
Durée 108 min
Sortie 2002

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Le scénariste et réalisateur Louis Saia a avoué en entrevue s'être inspiré des films de Guy Ritchie (Arnaques, Crimes et Botanique) et de Danny Boyle (Trainspotting) pour faire son film qu'il a qualifié de « comédie noire absurde, tout sauf politiquement correcte »[2]. D'ailleurs, l'affiche du film a de fortes ressemblances à celle du film Snatch : Tu braques ou tu raques de Guy Ritchie[3].

Malgré un budget colossal de 7,2 millions de dollars (3e plus gros budget pour un film québécois, derrière Maurice Richard et Bon Cop, Bad Cop) et une grande distribution d'acteurs et d'actrices, ce film est considéré par plusieurs critiques comme étant un des pires films du cinéma québécois avec Angélo, Frédo et Roméo de Pierre Plante, J'en suis ! de Claude Fournier et Après ski de Roger Cardinal[4],[5].

Synopsis

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Le film suit Roxane Labelle, une chanteuse pop de renommée mondiale, dont l'enlèvement après un concert déclenche une série d'événements impliquant des rançons, des trahisons, des poursuites violentes et des luttes de pouvoir. L'intrigue, riche en rebondissements, mêle des personnages variés, dont des criminels, des tueurs à gages, et des membres de la famille de Roxane, dans un enchaînement de quiproquos et de confrontations.

Enlèvement et demande de rançon

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Après un concert, Roxane est félicitée par son père et gérant, Paul, qui lui suggère de se reposer dans sa limousine en route vers son prochain spectacle. En demandant d'ajuster l'air climatisé, Roxane découvre que le chauffeur n'est pas le sien, mais un ravisseur nommé Boiteuse. Ce dernier contacte Paul par téléphone, exigeant une rançon d'un million de dollars avant le lendemain midi et demi pour garantir la survie de Roxane. Paul mandate son comptable, Francis, pour organiser et livrer la rançon.

Francis se rend au lieu indiqué, un centre commercial, avec la rançon dans un sac. Boiteuse l'appelle, lui ordonnant de déposer l'argent dans un casier spécifique, de verrouiller le casier, et de placer la clé dans une poubelle à proximité. Il doit ensuite se rendre dans une cabine téléphonique dans le stationnement d'un hôtel pour recevoir de nouvelles instructions. Boiteuse le met en garde : il est surveillé et ne doit pas tenter de désobéir.

Complications lors de la livraison

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Francis rencontre des obstacles dès son arrivée. Le casier est payant, mais il n'a pas de petite monnaie. Il entre dans un magasin de souvenirs pour en obtenir, mais le caissier exige qu'il achète quelque chose. Francis achète un chapeau. En sortant, il est abordé par un itinérant insistant qui lui demande de l'argent. Francis, pressé, nie avoir de la monnaie et se dirige vers le casier pour y déposer la rançon.

Avant de placer la clé dans la poubelle, Francis appelle Paul pour confirmation. Paul lui ordonne de suivre les instructions de Boiteuse. Cependant, l'itinérant, qui surveillait Francis, récupère la clé dès qu'elle est déposée. Francis tente de la reprendre, expliquant que le casier contient un sac important. L'itinérant exige des preuves, forçant Francis à ouvrir le casier pour montrer son contenu. Lorsque l'itinérant insiste pour connaître le contenu du sac, Francis refuse et le repousse. En revenant au casier, il découvre qu'un autre utilisateur l'a pris, l'obligeant à utiliser un casier différent.

Craignant d'être surveillé, Francis remarque une personne vêtue de noir qu'il prend pour un complice de Boiteuse. Pris de panique, il mentionne à un passant qu'il a changé de casier, mais ce dernier l'ignore. Finalement, Francis décide de repartir avec la rançon. À l'extérieur, il croise Bing, le neveu de Boiteuse, venu récupérer l'argent. Francis s'échappe en voiture, poursuivi par deux tueurs à gages, Dirty Henri et Tiger, engagés par Paul pour tuer Francis et les ravisseurs une fois la rançon livrée, tout en récupérant l'argent et Roxane.

Pressions parallèles et évasion de Roxane

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Pendant ce temps, Paul est confronté à Luck Foo, chef de la mafia chinoise montréalaise, accompagné de son homme de main, Brad. Luck Foo rappelle à Paul une dette importante, menaçant de graves conséquences s'il ne rembourse pas avant la fin de la journée. Paul explique que l'enlèvement de sa fille complique sa situation financière, mais Luck Foo reste inflexible.

Au centre commercial, Bing, incapable de trouver la clé dans la poubelle, force le casier, mais découvre qu'il ne contient pas la rançon. Il informe Boiteuse, qui lui ordonne de rentrer. Au repaire des ravisseurs, Roxane, ligotée, demande à aller aux toilettes. Elle convainc Rachel, la conjointe de Boiteuse, de lui donner un autographe en échange de la libérer de ses liens. Une fois seule, Roxane s'échappe en neutralisant Rachel et vole la camionnette de Boiteuse. Ce dernier, accompagné de Bing et Rachel, réquisitionne un camion de laitier pour la poursuivre, tout en rassurant Paul par téléphone sans mentionner l'évasion de Roxane.

Poursuites et erreurs mortelles

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Francis, toujours en possession de la rançon, se rend à un nouveau lieu indiqué par Boiteuse, une aire de repos sur une autoroute. En route, il oublie le sac dans une cabine téléphonique. Revenant sur ses pas, il ne trouve plus le sac et interroge la préposée au stationnement, qui n'a rien vu. Francis remarque un homme avec un sac similaire et le poursuit jusqu'à une station de métro, où il découvre que le sac contient des vibromasseurs, et non la rançon.

Parallèlement, Dirty Henri et Tiger, décidant de trahir Paul pour garder la rançon, surveillent le stationnement. Ils tuent par erreur un homme qu'ils prennent pour Francis. La préposée retrouve finalement le sac de Francis, qui le récupère. En retournant à sa voiture, il découvre un cadavre à l'intérieur, résultat de l'erreur des tueurs. Francis, paniqué, décide de transporter le corps.

Francis reçoit un appel de son frère Marco, qui menace de se suicider. Il se rend à son appartement, où Marco tient un fusil sur sa tempe. Au même moment, Dirty Henri et Tiger, cherchant Francis, tuent par erreur un gang de rue dans un appartement voisin. Francis et Marco s'échappent, toujours suivis par les tueurs.

Confrontation à l'école abandonnée

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À l'aire de repos, Boiteuse et Bing attaquent par erreur un automobiliste innocent, qu'ils prennent pour Francis. Lorsque Francis arrive, il trouve l'homme blessé, qui est ensuite abattu par Tiger. Francis et Marco fuient, poursuivis par les tueurs et les ravisseurs. Paul informe Francis d'un nouveau rendez-vous dans une école désaffectée près d'une marina. En chemin, Francis et Marco se débarrassent du cadavre en le déguisant en épouvantail.

À l'école, Francis, ayant perdu une lentille de contact, distingue mal les ravisseurs. Réalisant qu'ils n'ont plus Roxane, il s'enfuit. Roxane, de son côté, croise Dirty Henri et Tiger après un accident avec leur véhicule. Les tueurs l'enlèvent à nouveau, mais Roxane provoque un accident en étouffant Tiger, s'échappant lors d'une collision à la marina. Elle retrouve Marco, puis Francis, devant l'école.

Boiteuse capture Marco et exige la rançon. Francis obéit, mais Bing, chargé de les éliminer, tire accidentellement sur Rachel. Boiteuse et Bing s'enfuient, abandonnant Rachel, que Francis emmène à l'hôpital.

Dénouement et révélations

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Boiteuse et Bing, à court d'essence, s'arrêtent à une station-service. Rachel, voyant Boiteuse, l'asperge d'essence et l'enflamme, le tuant. Bing tente de récupérer la rançon, mais Francis le neutralise en le percutant avec sa voiture. La police arrête Rachel, tandis que Bing, blessé, tue un ambulancier.

Lors du spectacle de Roxane, Paul remet sa dette à Luck Foo, mais Dirty Henri et Tiger, déguisés en techniciens, volent l'argent. Marco, témoin de la scène, est menacé par Tiger. Francis le sauve, et une poursuite s'engage dans la foule. Roxane, sur scène, récupère le sac d'argent. Tiger est accidentellement brûlé par un effet pyrotechnique.

Dans les coulisses, Johanne, l'ex-femme de Paul, arrive. Bing révèle qu'elle a orchestré l'enlèvement pour récupérer l'argent que Paul lui devait. Francis confronte Paul, qui admet avoir volé un million de dollars à Roxane pour payer ses dettes de jeu et avoir planifié le meurtre de Francis. Dégoûtée, Roxane quitte le spectacle avec Francis et Marco.

Quelques mois plus tard, au mariage de Marco et Rachel, Bing, déguisé en photographe, tire sur les invités, brisant le quatrième mur en s'adressant au public.

Fiche technique

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Distribution

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Personnages principaux

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Personnages secondaires

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Production

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Écriture

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L'écriture du film Les Dangereux s'inscrit dans le contexte de la mise en place du Fonds du long métrage du Canada, créé en octobre 2000 par Téléfilm Canada[7] dans le cadre de la politique « Du scénario à l'écran »[8] visant à soutenir la production cinématographique canadienne[8]. Ce mécanisme accorde des enveloppes de financement automatique aux producteurs ayant connu un succès commercial antérieur[9]. Le producteur Richard Goudreau bénéficie ainsi d'une telle enveloppe à la suite du succès de la série de films Les Boys, et entreprend le développement d'un nouveau projet avec le réalisateur Louis Saia[9].

Au début de l'année 2001, Louis Saia amorce le développement du scénario en faisant appel à la scénariste Huguette St‑Denis[1], avec qui il avait déjà collaboré sur la série télévisée Histoires de filles. St‑Denis s'associe ensuite à Sylvain Ratté, avec qui elle développe une première idée de scénario à soumettre au producteur. Ce dernier leur demande alors de proposer un concept qui servira de base au développement du film. Le projet est évoqué publiquement pour la première fois en , à la suite du succès du film Les Boys 3, alors que le producteur Richard Goudreau mentionne travailler sur une nouvelle comédie réunissant Stéphane Rousseau, Michel Charette et le réalisateur Louis Saia, marquant ainsi l'une des premières annonces du film[10].

Selon Louis Saia, le projet se développe initialement sans orientation précise quant au ton ou au genre, l'équipe cherchant à se distancier des productions associées à Les Boys[11]. Les scénaristes indiquent s'être inspirés de films du réalisateur britannique Guy Ritchie, caractérisés par un style narratif éclaté et un mélange d'action et d'humour, dans l'objectif de proposer une œuvre différente dans le paysage du cinéma québécois[11].

Les auteurs conçoivent également, dès les premières étapes du développement, plusieurs situations et séquences d'action autour desquelles s'articule la progression du récit[12]. Les scénaristes cherchent à proposer un projet qui se distingue des conventions du cinéma québécois de l'époque, tant par son ton que par sa structure narrative[12].

Selon Saia, le projet repose au départ sur un synopsis d'origine anglophone, qui est par la suite remanié afin de mieux correspondre au contexte québécois[11]. Le scénario fait l'objet de plusieurs modifications au cours de son développement, notamment afin de s'éloigner de son modèle initial et d'intégrer une approche mêlant comédie et film d'action[11].

Selon Huguette St‑Denis, le développement du scénario s'étale sur plusieurs mois, durant lesquels les auteurs définissent la structure du récit ainsi que les arcs narratifs des personnages avant d'entreprendre l'écriture dialoguée[12]. L'écriture des dialogues est ensuite réalisée sur une période plus courte, les scénaristes se répartissant le travail avant d'en harmoniser la version finale[12].

St‑Denis et Ratté adoptent une méthode de travail collaborative dans laquelle ils se partagent l'écriture des différentes parties du scénario avant de procéder à une révision commune afin d'en assurer la cohérence[12]. L'écriture s'organise autour d'une succession de situations et de péripéties, caractéristique du genre du film d'action, dans lesquelles le protagoniste est progressivement confronté à des obstacles croissants[12].

L'idée centrale retenue repose sur un récit mettant en scène un personnage confronté à une série de péripéties liées à une remise d'argent, dans une structure narrative inspirée du cinéma d'action et centrée sur l'évolution du protagoniste[12].

Le processus d'écriture se déroule par ailleurs dans un cadre de production contraint, marqué par des délais serrés liés au financement[11]. Selon Louis Saia, cette situation, combinée à ses autres engagements professionnels, a influencé le développement du scénario[11].

Les auteurs expriment également le souhait d'explorer des lieux de tournage peu exploités dans le cinéma québécois, afin de contribuer à l'originalité visuelle du film[12].

Tournage

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Le tournage du film Les Dangereux s'est déroulé du au , principalement dans la région métropolitaine de Montréal[13],[14].

L'ambiance sur le plateau a été décrite par plusieurs membres de l'équipe comme conviviale et marquée par une bonne entente entre les acteurs[15]. Certains ont souligné la camaraderie et l'esprit d'équipe, notamment entre les comédiens principaux, ainsi qu'un environnement de travail perçu comme familial et égalitaire[15],[16],[17].

Malgré cette atmosphère positive, la production a rencontré plusieurs défis. Le tournage a été qualifié de complexe, avec des journées longues et exigeantes, en particulier lors des scènes de foule nécessitant une logistique importante[15],[16]. Des périodes d'attente prolongées ont également été rapportées[15]. Le tournage a également été soumis à des contraintes de temps importantes, la production ne disposant que d'environ 34 jours, alors qu'environ 40 jours auraient été nécessaires, ce qui a contribué à renforcer la pression sur l'équipe et à compliquer l'organisation du travail[18].

Certains membres de la distribution ont exprimé des réserves quant à la préparation du tournage, évoquant un manque de répétitions et une direction artistique laissant une grande place à l'improvisation[12],[19]. Des changements fréquents au scénario ont été notés, souvent dans le but d'ajouter des éléments comiques, ce qui aurait pu nuire à la cohérence narrative selon certains intervenants[12].

Enfin, bien que plusieurs participants aient eu confiance dans le projet pendant la production, des doutes ont émergé lors des premières projections internes, certains évoquant une réception mitigée au sein de l'équipe[15],[20].

Lieux de tournage

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La Gare Windsor, endroit où une partie du film a été tournée.

Plusieurs lieux de tournage ont été utilisés pour le film. La plupart de ces lieux se situent à Montréal et ses environs, mais quelques scènes ont aussi été tournées dans les municipalités d'Oka, de Saint-Constant, de Blainville, de La Prairie et de Mont-Saint-Hilaire. Parmi les lieux de tournage connus, notons:

Cascades

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Le film comprend plusieurs cascades notables, dont une fusillade dans un restaurant, une explosion de voiture, une scène de torche humaine ainsi que le saut d'une camionnette Chevrolet Van 1972 sur un traversier à l'aide de rampes[21]. L'ensemble de ces séquences est supervisé par le coordonnateur de cascades Stéphane Lefebvre, qui indique que la production visait à réaliser l'un des plus importants films d'action québécois de son époque[21].

La mise en œuvre de certaines cascades a nécessité une préparation technique avancée. Le saut de la camionnette, en particulier, a fait l'objet de répétitions préalables afin de déterminer avec précision la vitesse et la distance requises[21]. Le véhicule a été modifié, notamment au niveau de la suspension, afin de mieux absorber l'impact[21]. Des dispositifs de sécurité ont également été déployés, incluant la présence d'équipes de secours en milieu aquatique ainsi qu'un système d'alimentation en air installé à bord pour le cascadeur[21].

Les scènes impliquant des impacts de balles ou du feu ont recours à des effets pratiques et à des équipements spécialisés, tels que des dispositifs pyrotechniques, des sous-vêtements ignifuges en Nomex, des gels protecteurs et, dans le cas de la torche humaine, des systèmes respiratoires adaptés[21].

Le cascadeur David Rigby a subi une fracture de deux vertèbres lors du tournage du saut de la camionnette[22]. Par ailleurs, l'actrice Véronique Cloutier a participé à certaines cascades mineures, tandis que d'autres ont été adaptées ou confiées à une doublure après qu'elle a appris être enceinte peu avant le tournage[16]. L'acteur Stéphane Rousseau a quant à lui réalisé plusieurs de ses cascades, notamment dans des scènes de course dans le métro, et a rapporté s'être blessé lors de l'une d'elles[23].

Selon le réalisateur Louis Saïa, la réalisation de ces séquences a représenté un défi technique important, nécessitant un travail accru sur les cascades, les effets spéciaux et la mise en scène. Il indique également que certaines journées de tournage consacrées aux cascades pouvaient dépasser les 200 000 $, illustrant leur coût élevé dans le contexte du cinéma québécois[24].

Enfin, le contexte de production québécois, caractérisé par des contraintes budgétaires plus importantes que celles des productions américaines, a limité le temps consacré à certaines séquences, qui devaient parfois être tournées en une seule journée[21].

Maquillages et effets spéciaux

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Les Dangereux compte plusieurs maquillages et effets spéciaux, un aspect encore relativement rare pour un film québécois au moment de sa sortie. Les effets spéciaux ont été réalisés par la compagnie Les Productions de l'Intrigue, sous la supervision de Pierre « Bill » Rivard, tandis que les maquillages spéciaux étaient dirigés par Erik Gosselin[25].

Les effets de maquillage incluent notamment la simulation d'impacts de balles, caractérisés par des trous d'entrée étroits et des trous de sortie élargis. Le premier maquillage appliqué par Gosselin sur le plateau fut une blessure par balle à la tête du personnage joué par Patrick Drolet, dans une cabine téléphonique[25]. Une autre scène marquante met en scène le personnage de Mario (François Chénier) dont le visage est brûlé dans un wok : des prothèses en latex combinées à un mélange d'eau et de glycérine ont été utilisées pour reproduire l'aspect d'une peau chauffée et huileuse[25]. Bien qu'un maquillage plus graphique ait été envisagé, celui-ci fut atténué pour des raisons de classification ou de logistique[25].

Le personnage de Bing (Miro Lacasse) présente également plusieurs blessures notables, dont un visage tuméfié réalisé au moyen d'une combinaison de prothèses en mousse de latex et en gélatine, couvrant une grande partie de la tête[25]. Pour une autre scène, des brûlures au bras ont été causées accidentellement à l'acteur durant les répétitions avec un briquet de barbecue[25].

La scène d'étranglement avec des baguettes a été rendue possible grâce à un accessoire conçu pour l'occasion : des baguettes rétractables fonctionnant selon le principe d'un stylo à ressort[25].

La préparation de ces effets nécessitait une analyse détaillée du scénario pour identifier les besoins en prothèses, des essais sur des doublures et la consultation d'ouvrages de référence médicaux illustrés[25]. Certaines scènes ont été simplifiées ou modifiées pour se conformer à des impératifs de censure, bien que les contraintes aient été perçues comme moindres au Québec que dans certaines productions internationales[25].

Malgré un budget relativement important pour une production québécoise, les ressources allouées aux effets spéciaux sont demeurées limitées par rapport aux standards américains, et ont davantage bénéficié à la logistique du tournage qu'au département des effets[25]. Erik Gosselin a néanmoins conservé une autonomie créative importante, notant une relative absence de directives de la part de la réalisation[25]. Certains moules de prothèses réalisés pour le film ont été conservés pour une réutilisation éventuelle[25].

Financement

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Le film Les Dangereux a bénéficié d'un financement automatique de Téléfilm Canada d'un montant de 2,8 millions de dollars canadiens[26]. Ce soutien s'inscrivait dans le cadre d'un programme instauré au début des années 2000 visant à encourager les productions ayant connu du succès au box‑office. Ce mécanisme, dit « à la performance », attribuait des enveloppes aux producteurs et distributeurs en fonction de leurs résultats antérieurs. Les Dangereux compte parmi les premiers films à avoir été financés selon ce modèle, aux côtés d'autres productions de la même période[27].

Selon le critique Marc‑André Lussier, ce système permettait à des producteurs ayant fait leurs preuves d'obtenir des sommes importantes sans nécessairement devoir soumettre un scénario détaillé au moment de l'octroi du financement[28]. Il souligne également que ce modèle représentait une part significative des investissements de Téléfilm Canada à l'époque[28]. Son implantation a suscité des réserves dans le milieu du cinéma québécois, certains estimant qu'il favorisait les productions commerciales au détriment du cinéma d'auteur et qu'il contribuait à concentrer les ressources entre les mains des producteurs[28]. Le système a par la suite été resserré afin de mieux encadrer son application[28].

Le film a également reçu une aide financière de 750 000$ de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC)[29]. En complément de ces fonds publics, la production a été soutenue par plusieurs partenaires commerciaux issus notamment des secteurs de l'alimentation, des médias et des produits de consommation[29]. Ces partenariats ont représenté environ 50 % du budget total du film, estimé à 3,3 millions de dollars[29].

Le distributeur Christal Films a pour sa part investi environ 300 000 dollars dans le projet[30].

Analyse filmique

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Genre et influences

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Le réalisateur Louis Saïa a indiqué avoir voulu s'écarter du style des Boys afin d'explorer un humour « plus noir » et « plus punché »[24]. Il cite également Affreux, sales et méchants d'Ettore Scola comme influence pour le film[31].

Dans Le Soleil, Gilles Carignan décrit Les Dangereux comme une comédie d'action dont les influences rappellent le cinéma de Quentin Tarantino (Pulp Fiction) et de Guy Ritchie (Snatch)[32]. Il associe au film une esthétique « tape-à-l'œil », marquée par l'usage d'effets de montage visant à soutenir le rythme[32]. Geneviève Paiement compare pour sa part cette hybridation culturelle à une « poutine au smoked meat », décrivant un divertissement local empruntant aux codes du cinéma de masse américain[33].

Structure narrative et ton

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La scénariste Huguette St-Denis[1] compare la construction du film à un « tour de montagnes russes », mettant en avant un récit centré sur les sensations et le rythme plutôt que sur un message moral[34]. Elle affirme également que le film a été conçu comme un divertissement sans volonté didactique[12].

Marc-André Lussier, dans Le balado des dangereux, relève des problèmes d'harmonisation du ton ainsi que des faiblesses dans les répliques et la direction d'acteurs[28]. Odile Tremblay, dans Le Devoir, considère de son côté que le scénario est une œuvre « inachevée », critiquant notamment les conditions de production et l'absence de réécriture approfondie[9],[29].

Typologie des personnages

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Michelle Coudé-Lord décrit les personnages principaux Francis et Roxane comme des figures de « victimes »[35]. Stéphane Rousseau présente son personnage, Francis Jobin, comme un comptable naïf et un « loser »[36], tandis que Véronique Cloutier décrit Roxane Labelle comme une vedette fragile, influencée et aveuglée par la confiance qu'elle accorde à son entourage[37].

Odile Tremblay qualifie les personnages secondaires de figures « grotesques », notamment les parents de la chanteuse, qu'elle associe à une satire de l'exploitation familiale dans le milieu du spectacle[29]. Gilles Carignan décrit le duo de tueurs à gages Dirty Henri et Tiger comme un « pastiche » du tandem Travolta-Jackson dans Pulp Fiction[32].

Thématiques

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Le film aborde une satire de l'industrie culturelle à travers le personnage de Paul Labelle, gérant et joueur compulsif qui détourne les revenus de sa fille afin de rembourser ses dettes[38]. Gilles Carignan estime que le film met en scène une « petite mafia » reposant sur des stéréotypes criminels plutôt que sur une menace réaliste[32].

Marc Cassivi, dans La Presse, décrit un récit « envahi par la publicité », en raison de la présence importante de marques commerciales à l'écran[39]. Plusieurs critiques relèvent la présence de marques telles que Subway, Labatt Bleue, Pringles ou Swiffer dans les dialogues et les décors, interprétée comme une forme d'omniprésence publicitaire[39].

Louis Saïa a déclaré que l'intégration des produits devait être « plausible » et « subtile » afin d'être acceptée par le public[31]. Odile Tremblay critique ce qu'elle qualifie de « pernicieux mariage » entre la fiction cinématographique et le discours marchand[9]. Le producteur Richard Goudreau justifie cette approche par la nécessité de compléter le financement privé du film afin d'atteindre des standards de production élevés[18].

Musique

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Les Dangereux
Description de l'image les_dangereux_logo.png.
Bande originale de Stéphane Dufour, Claude Lamothe et Jacques Roy featuring Véronique Cloutier
Film Les Dangereux
Sortie Drapeau du Canada
Durée 31:04
Langue Français
Format CD
Auteur Stéphane Dufour, Isabelle Villeneuve, Jean-François Amiot
Compositeur Claude Lamothe, Jacques Roy, Stéphane Dufour
Label Guy Cloutier Communications sous licence de Melenny Productions
Critique

Singles de Véronique Cloutier

Composition

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La musique originale du film Les Dangereux a été composée par Claude Lamothe et Jacques Roy. Les chansons originales ont été créées par Stéphane Dufour, également connu pour son travail en tant que guitariste d'Éric Lapointe. Les paroles ont été écrites par Stéphane Dufour, Isabelle Villeneuve et Jean-François Amiot. La bande sonore a été publiée en 2002 sous l'étiquette Guy Cloutier Communications, en licence avec Melenny Productions.

Liste des titres

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NoTitreDurée
1.Plus haut que moi3:51
2.Orage mécanique2:15
3.Danger2:11
4.Dirty Henri2:00
5.La Filature1:01
6.Freak Out1:48
7.Erreur sur la personne1:25
8.Fore !1:05
9.En route1:03
10.Sale Salsa2:33
11.Truck Stop1:22
12.On the Run1:44
13.Y a-t-il un pilote dans l'camion ?1:00
14.Terminus3:22
15.La Ballade des Dangereux3:34
31:04

Accueil critique

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Le disque a fait l'objet d'une couverture critique limitée et généralement mitigée. Le journaliste Marc‑André Lussier a décrit la trame sonore comme un mélange étonnant de styles et de rythmes, tout en soulignant que les chansons originales semblaient conçues pour rejoindre un large public radiophonique, qu'il s'agisse de pièces énergiques ou plus accessibles[40]. Il a également estimé que la partition se révélait supérieure au film lui-même, mettant ainsi en évidence un décalage entre la qualité de la bande sonore et la réception globalement défavorable de l'œuvre cinématographique[40].

Exploitation et accueil

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Marketing et promotion

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Le film Les Dangereux a bénéficié d'un budget promotionnel estimé à 800 000 dollars canadiens[41]. Une part importante de cette stratégie reposait sur des partenariats commerciaux, incluant plusieurs marques de consommation, entreprises de services et médias[42]. Le placement de produits était particulièrement présent dans le film, reflétant l'implication de nombreux commanditaires[42]. Le film a également fait l'objet d'une campagne promotionnelle d'envergure, amorcée dès l'annonce du projet et poursuivie jusqu'à sa sortie.

Parmi les initiatives promotionnelles notables, une collaboration a été établie avec la chaîne de restauration rapide Subway, qui a lancé une campagne comprenant une offre promotionnelle liée à l'achat de repas, accompagnée d'un concours publicitaire[43]. Cette campagne a été soutenue par une publicité télévisée et radiophonique de 30 secondes, produite par l'agence Publicis‑Optimédia, mettant en vedette deux personnages du film. La réalisation a été assurée par Pierre Dalpé, en collaboration avec la maison de production Kiss Films[43].

Un CD promotionnel contenant deux chansons originales du film a également été distribué aux stations de radio québécoises. L'achat de la bande sonore en magasin donnait par ailleurs droit à un laissez‑passer pour assister à une projection du film[44].

Enfin, une émission spéciale consacrée aux coulisses du film a été diffusée à la télévision le 1er décembre 2002, à la veille de la sortie en salle. Cette émission, qui s'inscrivait dans une stratégie visant à accroître la visibilité du film auprès du grand public, a enregistré une forte audience, se classant parmi les émissions les plus regardées de la semaine au Québec, et a par la suite été incluse parmi les suppléments du DVD[45].

Selon le critique Marc‑André Lussier, cette visibilité importante a contribué à générer des attentes élevées à l'égard du film, en lien avec son positionnement comme comédie populaire à grand déploiement[28]. Il évoque également la possibilité qu'une exposition médiatique accrue ait entraîné un effet de saturation, certains spectateurs ayant pu avoir l'impression d'être déjà largement exposés au contenu du film avant sa sortie[28].

Première du film

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La Place des Arts de Montréal, lieu de la première du film.

La première du film se tient le 2 décembre 2002 au complexe culturel de la Place des Arts, à Montréal. Organisé par Christal Films, l'événement prend la forme d'un lancement « à l'américaine », inspiré des stratégies promotionnelles hollywoodiennes, avec tapis rouge et la présence de nombreuses personnalités du milieu artistique québécois[46]. Le coût de l'événement, estimé à environ 25 000 dollars, est présenté comme une solution promotionnelle plus économique qu'une campagne publicitaire traditionnelle, dans un contexte de mise en marché particulièrement appuyée pour le film, qui fait l'objet d'un important blitz promotionnel[41].

La soirée attire plusieurs figures publiques, dont Mitsou, Rodger Brulotte, Enrico Ciccone, Guy Cloutier, Louis Morissette et Julie Snyderr[46],[47]. L'ambiance générale est décrite comme festive, mais certains aspects de l'organisation suscitent des critiques au sein de l'équipe de production[12]. Des membres impliqués dans la production dénoncent leur traitement lors de l'événement, notamment l'absence d'invitation officielle adressée aux coscénaristes, situation perçue comme un manque de reconnaissance[12]. Des tensions émergent également à la suite de déclarations publiques du réalisateur concernant la paternité du scénario[12].

D'autres membres de la distribution expriment leur insatisfaction quant à leur visibilité limitée lors de la première, notamment en raison du nombre restreint de places sur scène[19]. Certains observateurs évoquent par ailleurs une réception médiatique prudente, marquée par un enthousiasme modéré de la part de la presse[20]. Il est souligné que l'évaluation de la réception d'un film lors d'une première demeure difficile, les réactions pouvant être influencées par la proximité des invités avec les artistes, ce qui peut donner une impression de réception plus positive qu'elle ne l'est réellement[20],[48].

Malgré ces réserves, les réactions immédiates du public à l'issue de la projection sont globalement positives. Plusieurs commentateurs relèvent toutefois la présence marquée de violence et de scènes sanguinolentes, souvent mentionnée comme un élément marquant du film dès sa première projection[49]. Des réactions médiatiques recueillies à la sortie de la projection illustrent cette perception contrastée, oscillant entre appréciation de l'humour et remarques sur la violence de certaines scènes[49].

Accueil critique

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Les Dangereux
Score cumulé
SiteNote
Rotten Tomatoes 18 %
Allociné 2,8/5 étoiles
Compilation des critiques
PériodiqueNote
La Presse 1,5/5 étoile
Films du Québec 1/5 étoile
Le Soleil 1,5/5 étoile
Mediafilm 6

À sa sortie, le film est très mal accueilli par la critique québécoise, qui se montre largement unanime dans ses jugements négatifs. Plusieurs médias le qualifient de « navet »[9] ou de tentative ratée de comédie d'action, dénonçant un scénario jugé faible, un humour inefficace et une violence souvent perçue comme gratuite[49].

Dans La Presse, Luc Perreault estime que la popularité des vedettes ne suffit pas à compenser l'absence d'inspiration et de créativité[50]. Le Devoir abonde dans le même sens : Odile Tremblay critique un film « écrit trop vite » et « tourné trop vite », qu'elle qualifie de « consternant »[9]. Dans Voir, Juliette Ruer souligne quant à elle le caractère répétitif de l'humour et la simplification des personnages, réduits à quelques traits caricaturaux[51]. René Homier‑Roy, dans Flash, déplore pour sa part une œuvre « terriblement mal faite » et incohérente dans sa structure[49].

Plusieurs critiques insistent également sur le caractère dérivatif du film, souvent perçu comme une tentative maladroite d'imiter certains films d'action contemporains sans en maîtriser les codes narratifs ni l'efficacité comique .

Malgré ce consensus largement négatif, certains commentateurs reconnaissent quelques qualités. Dans sa critique pour Médiafilm, Louis‑Paul Rioux mentionne un certain dynamisme dans la mise en scène et un savoir‑faire technique appréciable, bien que l'ensemble soit desservi par un récit peu convaincant et des personnages antipathiques[52]. Cette appréciation est cohérente avec l'évaluation globale de l'organisme, qui attribue au film la cote de 6, correspondant à la cote « pauvre »[53].

Dans le Montreal Mirror, Geneviève Paiement relève également la présence de quelques moments humoristiques, malgré une intrigue qu'elle juge convenue et fortement marquée par des clichés[33]. À contre‑courant de cette réception critique, La Tribune propose une lecture plus indulgente : Pierette‑Hélène Roy évoque une œuvre caricaturale mais divertissante, source d'une « joyeuse et grinçante rigolade »[54]

Lorsqu’elle revoit le film en 2026, Odile Tremblay maintient ses critiques concernant le scénario et la direction des acteurs[55]. Elle nuance toutefois son appréciation initiale en estimant que le film peut désormais être reçu au second degré comme une œuvre « psychotronique », notamment en raison de son rythme soutenu et de l’accumulation de ses péripéties[55].

Box-office

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Le film Les Dangereux prend l'affiche au Québec en décembre 2002 et est distribué dans 85 salles de cinéma[56]. Lors de sa première fin de semaine d'exploitation, il génère des recettes de 191 805 dollars canadiens et se classe au quatrième rang du box-office québécois, un résultat jugé modeste pour une production de cette envergure[57].

Le film bénéficie d'une importante campagne promotionnelle importante avant sa sortie, suscitant des attentes élevées[28]. Sa performance s'inscrit toutefois dans un contexte concurrentiel marqué, notamment par le succès du film Séraphin : Un homme et son péché, ainsi que par la présence de productions américaines en salle[58].

Box-office hebdomadaire au Québec[59]
Semaine Recettes Nombre

d'écrans

309 334 $ 85
137 826 $ 77
50 100 $ 36
41 900 $ 26
13 043 $ 12
1 593 $ 5
2 348 $ 3
1 821 $ 1
942 $ 1
811 $ 1

La réception critique, largement négative, est fréquemment évoquée comme un facteur majeur de cette contre-performance[57]. À ce sujet, Simon Beaudry, président de la société Alex Films, spécialisée dans le suivi des recettes au box-office, souligne que « la critique a été très dure avec le film » et que son ton atypique, caractérisé par un humour plus noir, a pu déstabiliser une partie du public[57].

Selon certains analystes, le film oscille entre plusieurs genres, dont la comédie, le film d'action et le film policier, ce qui a pu compliquer son positionnement auprès du public[28]. Par ailleurs, sa fréquentation diminue rapidement après sa sortie, un phénomène attribué notamment à un bouche‑à‑oreille défavorable[28].

Au fil des semaines, les recettes diminuent rapidement, parallèlement à une réduction importante du nombre de salles projetant le film. Au total, Les Dangereux est projeté 4 364 fois, attire 89 308 spectateurs et cumule environ 497 250 dollars de recettes au Québec, un résultat très inférieur à son budget de production estimé à plus de 7 millions de dollars[60]. Ce rendement entraîne un déficit initial estimé à environ un million de dollars pour le distributeur Christal Films, perte partiellement compensée par la distribution en vidéo et les ventes internationales[30] .

Certains éléments liés à sa production sont aussi avancés pour expliquer cet écart, notamment un développement rapide du projet ainsi que des ajustements visant à rejoindre un public plus large[12].

Malgré ces performances limitées, le film se classe au neuvième rang du box-office québécois pour l'année 2002 [61].

Controverse

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Vignette du podcast Le Balado des Dangereux.

À la suite de la sortie du film Les Dangereux, la co-scénariste Huguette St-Denis[1] a exprimé publiquement son incompréhension face à la sévérité des critiques reçues[12]. Dans un épisode du balado Le Balado des Dangereux, elle revient sur un échange avec le chroniqueur Franco Nuovo, dont un article publié en dans Le Journal de Montréal critiquait notamment la structure narrative du film.

Selon St-Denis, cet échange aurait révélé des tensions plus larges entourant le financement du film, notamment en lien avec l'enveloppe automatique accordée par Téléfilm Canada au producteur Richard Goudreau[12]. Ce financement, octroyé sans scénario finalisé selon certaines sources, aurait suscité une vive grogne dans le milieu culturel, notamment chez les critiques et les artisans du cinéma d'auteur, qui estimaient que ces fonds étaient détournés au détriment de projets plus artistiques.

St-Denis affirme avoir été informée que certains membres du milieu culturel considéraient ce financement comme injustifié, et que cela aurait pu influencer négativement la réception critique du film[12]. Elle rapporte également que Franco Nuovo lui aurait confié que « les critiques s'étaient tous mis d'accord pour chier sur le film », dans une volonté de nuire au producteur Richard Goudreau[12]. Cette hypothèse d'une « vendetta » ou d'une « guerre » des critiques a été appuyée par plusieurs intervenants du balado qui la jugent plausible[15],[20]. D'autres, comme le critique Marc-André Lussier, réfutent l'idée d'un complot organisé, tout en reconnaissant l'existence possible d'un « effet de meute » dans le traitement médiatique du film[28],[19].

Odile Tremblay rejette également l’hypothèse d’une concertation entre les critiques[55]. Présente à la première du film, elle affirme que les journalistes n’étaient pas regroupés et qu’ils devaient rédiger rapidement leurs textes, sans connaître à l’avance le jugement de leurs collègues[55]. Tout en confirmant qu’elle désapprouvait le principe des enveloppes à la performance, elle soutient que sa critique négative reposait sur son appréciation du film et non sur une volonté de nuire à ses artisans[55].

Les critiques ont été décrites comme particulièrement virulentes, parfois perçues comme des attaques personnelles, et certains intervenants ont noté qu'elles portaient davantage sur le contexte de production que sur le film lui-même[15]. Cette réception critique aurait eu un effet dévastateur sur la réputation du film, qui est devenu un symbole du « mauvais film québécois » aux yeux du public. Toutefois, plusieurs membres de l'équipe ont affirmé ne pas regretter leur participation, et le film a connu une certaine diffusion à l'international, notamment sous le titre Les Déjantés[30].

Sortie vidéo

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Les Dangereux est sorti en formats VHS et DVD au Canada le . L'édition DVD proposait le film en format 16:9 (2.35:1), avec des options audio en stéréo et en son multicanal 5.1. Elle incluait également un documentaire de type « making-of » d'une durée de 59 minutes, la bande-annonce du film, ainsi qu'un message promotionnel de l'Institut national de l'image et du son (INIS).

Le film a également été distribué en DVD dans 17 pays à l'international. Ces ventes ont permis de générer environ 250 000 dollars canadiens, contribuant à réduire les pertes financières liées à sa performance en salle[30].

Au Marché du film de Cannes en 2003, Les Dangereux a été vendu à une dizaine de pays, dont la Thaïlande, la Grèce, Israël, la République tchèque, les pays baltes, le Brésil, le Mexique, l'ex-Yougoslavie et le Maroc[62]. Le film a par la suite été distribué en DVD dans 17 pays à l'international. Ces ventes ont permis de générer environ 250 000 dollars canadiens, contribuant à réduire les pertes financières liées à sa performance en salle[30].

Diffusion télé

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Les Dangereux a également été diffusé à la télévision québécoise, notamment sur la chaîne TVA, jusqu'au [63].

Photo d'un  homme et une femme.
Marc-André Roy, enseignant, et Véronique Cloutier lors de l'interprétation de La Ballade des Dangereux dans les studios de Rouge FM.

Autour du film

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Caméos

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Le film Les Dangereux comprend plusieurs caméos de personnalités issues du milieu médiatique québécois. L'animateur de radio Mario Lirette y apparaît dans le rôle d'un préposé au stationnement, tandis que Denis Talbot, animateur et chroniqueur spécialisé en jeux vidéo, fait également une apparition. La co-scénariste Huguette St-Denis[1] joue brièvement un vendeur de chapeaux, et le scénariste Louis Saia peut être aperçu lisant un journal en arrière-plan dans une scène impliquant le personnage de Francis. Le journaliste Patrick Lagacé figure dans une scène de mêlée médiatique[64], et Pierre Marchand, cofondateur de MusiquePlus, incarne un présentateur lors d'un gala.

Postérité

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Au fil des années, Les Dangereux a conservé une certaine visibilité dans la culture populaire québécoise, notamment grâce à sa chanson-thème La Ballade des Dangereux. En , Véronique Cloutier a interprété cette chanson lors du numéro d'ouverture de son gala au festival ComediHa![65]. La même année, une campagne de sociofinancement a été lancée afin d'intégrer la chanson dans les répertoires de karaoké au Québec[66]. Cette initiative a reçu une couverture médiatique et a mené à une performance en direct à la radio avec Cloutier[67],[68],[69],[70],[71].

Un balado intitulé Le Balado des dangereux a également été lancé en 2018. Animé par Marc-André Roy, il propose des entrevues avec des personnes ayant participé à la production du film ou ayant un lien avec celui-ci[72],[73].

Lors de l'émission radiophonique La soirée est (encore) jeune diffusée le , Véronique Cloutier et Stéphane Rousseau sont reçus en entrevue. À la blague, ils affirment qu'il s'agit d'une édition spéciale consacrée aux Dangereux et que la préparation de cet épisode était en chantier depuis plusieurs années. En fin d'émission, Olivier Niquet et Jean-Sébastien Girard présentent une critique du film inspirée du style de l'ancienne émission culturelle La bande des six[74].

Le , une projection spéciale a été organisée dans le cadre du Festival FanTasia pour souligner le 20e anniversaire du film. Il s'agissait de la première présentation en format 35 mm depuis sa sortie initiale. Plusieurs membres de l'équipe du film étaient présents pour l'occasion[75],[76].

Le , lors du gala de Michel Charette au festival ComediHa!, une référence au film a été faite dans un segment humoristique avec Gildor Roy, soulignant de manière ironique la réception critique du film[77].

En , La Ballade des Dangereux a de nouveau été interprétée par Véronique Cloutier lors d'un événement privé lié à l'émission Zénith[78].

Dans la culture populaire

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Le film Les Dangereux est mentionné à plusieurs reprises dans la culture populaire québécoise, notamment dans des séries télévisées québécoises ainsi que dans des adaptations québécoises de séries étrangères.

Dans l'épisode 7 de la saison 2 de la série québécoise Taxi 0‑22, le personnage de Rogatien évoque la difficulté qu'ont les Français à comprendre l'accent québécois. Il cite en exemple l'incompréhension de Stéphane Rousseau dans Les Dangereux, tout en indiquant que celui‑ci est compris lorsqu'il joue dans le film Astérix aux Jeux olympiques.

Le film est également mentionné dans des adaptations québécoises de séries animées américaines. Dans l'épisode 20 de la saison 8 de Family Guy, Peter Griffin résume le synopsis du film Les Dangereux au cours d'une panne de courant survenant à son domicile.

Dans l'épisode 13 de la saison 14 de Les Simpson, Marge Simpson affirme que des scènes du film Les Dangereux ont été tournées à l'aéroport de Springfield.

Dans l'épisode 8 de la saison 32 de Les Simpson, Seymour Skinner, alors qu'il se trouve à bord d'un avion à destination de Cincinnati en compagnie de Gary Chalmers, déclare s'apprêter à écouter Les Dangereux et souligne que la performance de Stéphane Rousseau dans le film se prête bien à un visionnement sur un écran de basse résolution.

Dans l'épisode 1 de la saison 35 de Les Simpson, Homer Simpson bondit de son siège alors que Seymour Skinner et Gary Chalmers cherchent un parent pour remplacer le conducteur d'autobus scolaire Otto Bus, ce qui laisse croire à une offre de sa part. Il est toutefois révélé qu'il réagit à la bande-annonce d'une nouvelle version des Dangereux, dans laquelle Georges St-Pierre interprète Francis Jobin.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 Femme trans n'ayant alors pas encore fait sa transition, Huguette St-Denis est encore appelée Stéphane et créditée sous ce prénom pour ce film.
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Liens externes

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