Les Larmes d'une femme

film japonais de Mikio Naruse sorti en 1937

Les Larmes d'une femme (女人哀愁, Nyonin aishū?) est un film japonais réalisé par Mikio Naruse, sorti en 1937.

Les Larmes d'une femme
Description de cette image, également commentée ci-après
Hideo Saeki et Takako Irie.
Titre original 女人哀愁
Nyonin aishū
Réalisation Mikio Naruse
Scénario Mikio Naruse
Chikao Tanaka (en)
Musique Yoshi Eguchi (ja)
Acteurs principaux Takako Irie
Hideo Saeki (ja)
Ranko Sawa
Sociétés de production P.C.L.
Irie Production
Pays de production Drapeau de l'Empire du Japon Empire du Japon
Genre drame
Durée 74 minutes
Sortie 1937

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Synopsis

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Hiroko est vendeuse dans une librairie et vit avec sa mère, veuve, et son jeune frère Masao. Elle accepte un mariage arrangé, le futur mari Shin’ichi semble être une bonne personne et sa famille est aisée. Après le mariage, Hiroko quitte son travail et s’installe auprès de son mari dans la maison de ses beaux-parents où vivent également le petit frère de Shin’ichi et Michiko, l’une de ses deux sœurs.

Cependant, elle ne pas tarde pas à déchanter, elle est traitée comme une domestique par toute sa belle famille : elle est cuisinière, femme de chambre, standardiste, fait les courses, aide son jeune beau-frère à faire ses devoirs, masse son beau-père. Son mari ne s'intéresse pas à elle, il rentre tard de son travail et il la réprimande lorsqu'elle rencontre son confident et ami d'enfance, son cousin Ryōsuke.

Yōko, l’autre sœur de Shin’ichi, s’est installée avec Masuda sans l'approbation de ses parents, mais le quitte ensuite, incapable de s'habituer à un niveau de vie inférieur à celui de sa famille d'origine et lui trouvant un manque de courage. Hiroko, sentant que Masuda ressent un amour sincère pour Yōko, agit en tant qu'intermédiaire entre lui et sa belle-sœur, qui cependant ne veut pas le revoir.

Masuda qui vient de voler de l’argent dans les caisses de son entreprise tombe sur Hiroko au téléphone, il lui demande d’indiquer à Yōko l’adresse de l’hôtel dans lequel il l’attend. Tandis que Yōko part retrouver Masuda, Hiroko refuse de révéler l'emplacement de la cachette de Masuda à Shin’ichi qui veut le dénoncer, et lorsque son mari menace de la chasser de la maison, elle a déjà pris sa propre décision et le quitte, retournant vivre auprès de sa mère.

Hiroko explique à son cousin Ryōsuke qu'elle veut « reconstruire sa vie » et chercher ce qui compte vraiment plutôt que de se remarier aussitôt.

Fiche technique

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(g. à d.) Masako Tsutsumi, Hideo Saeki, Namiko Hatsuse et Takako Irie.
Takako Irie et Hyō Kitazawa.
Takako Irie et Chizuko Kanda.
(g. à d.) Masako Tsutsumi, Takako Irie, Hideo Saeki et Kaoru Itō.

Distribution

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Analyse par Catherine Russell

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Catherine Russell, dans son essai The Cinema of Naruse Mikio (en), présente Les Larmes d'une femme comme un des portraits les plus incisifs de la condition féminine dans le cinéma japonais d'avant-guerre. Hiroko (Takako Irie), mariée par arrangement dans une famille aisée qui la traite en simple servante[7], incarne un mariage forcé présenté comme une forme déguisée de servitude sociale. Naruse situe ce drame domestique dans une demeure mi-traditionnelle mi-occidentale — tatamis et meubles européens, danses de jazz et cloisons de shōji à travers lesquelles la famille peut sans cesse rappeler Hiroko à l'ordre — faisant de l'architecture même de la maison le miroir d'une harmonie familiale rongée de l'intérieur. La scène de confrontation finale, filmée par des mouvements de caméra qui rapprochent puis élargissent le cadre sur des personnages debout plutôt qu'assis, marque une rupture visible du décorum domestique et révèle le mari comme le véritable antagoniste de l'histoire. Si le critique Seiji Mizumachi reprochait à l'époque au film sa veine mélodramatique de shinpa, la ténacité de Hiroko — qui choisit finalement de quitter mari et famille sans même changer de tenue — préfigure les héroïnes de l'après-guerre chez Naruse, incarnant une « femme nouvelle »[8] qui n'a pas besoin des signes extérieurs de la modernité pour s'affirmer[2].

Remarque

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Dans le film, afin de montrer qu'elle n'est pas si traditionnelle, Hiroko (Takako Irie) danse avec sa cousine Yoshiko (Masako Tsutsumi) sur une version orchestrale de « Blue Moon » (à la 16e minute). Cette musique est chantée par Shirley Ross, dans une version intitulée « The Bad in Every Man »[9], dans le film Manhattan Melodrama, sorti au Japon en 1935 sous le titre Otoko no sekai (男の世界?), littéralement « le Monde des hommes ».[10],[11]

Notes et références

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  1. ↑ Tadao Satō, Le Cinéma japonais, t. II, Paris, Centre Georges Pompidou, (ISBN 978-2-85850-930-0), p. 277
  2. 1 2 (en) Catherine Russell, The Cinema of Naruse Mikio (en) : Women and Japanese Modernity, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-4290-8), « Naruse at P.C.L.: Toward a Japanese Classical Cinema, 1935–1937 », p. 117-121
  3. ↑ (ja) « 女人哀愁|Nyonin aishū (1937) », sur db.eiren.org (consulté le )
  4. ↑ (ja) « [NFAJ] 女人哀愁, Nyonin aishū (1937) », sur nfad.nfaj.go.jp (consulté le )
  5. ↑ Le film est coproduit par Irie Production, une société de film japonaise créée en 1932, par l'actrice principale du film Takako Irie. Les Larmes d'une femme est un des derniers films produits par cette compagnie dissoute en 1937.
  6. 1 2 3 (ja) Les Larmes d'une femme sur la Japanese Movie Database
  7. ↑ D’après les sous titres : « Je peux supporter une vie de servante, mais je ne peux pas supporter une vie de poupée. » dit Hiroko (à 36 min.)
  8. ↑ D’après les sous titres : « J'ai besoin de plus d'expériences et je veux reconstruire ma vie par moi-même. Je veux savoir quelle est la plus belle chose au monde. Je n'abandonnerai pas. » dit Hiroko (à 1h13)
  9. ↑ « Blue Moon : by Richard Rodgers & Lorenz hart », sur www.lorenzhart.org (consulté le )
  10. ↑ (ja) « 男の世界 Otoko no sekai (1934) : Le Monde des hommes », sur 映画.com (consulté le )
  11. ↑ (ja) W. S. Van Dyke, 男の世界 Otoko no sekai (1934), coll. « クラシック・シネマ館 Cinéma classique » (lire en ligne)

Liens externes

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