Sanatorium du Rhône
Le Sanatorium du Rhône ouvre ses portes en 1933 à Saint-Hilaire-du-Touvet sur le plateau des Petites Roches. C'est à l'origine un établissement public interdépartemental géré par le Conseil général du Rhône. C’est alors un des plus grands sanatoriums publics de France, construit dans le cadre de la loi Honnorat (votée en 1919) : il peut accueillir 646 malades (325 hommes et 321 femmes).
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Histoire
modifierLa construction
modifierL'architecte Tony Garnier a participé au concours d'architecture, mais son projet ne fut pas retenu, et ce furent les architectes du Sanatorium de l'AMM (Robert Fournez et Louis Sainsaulieu) qui en firent la conception.
Il bénéficie d'installations antérieures nécessaires à la construction du Sanatorium de l'AMM — essentiellement le funiculaire de Saint-Hilaire-du-Touvet (1924) ainsi qu'une route d'accès.
L'établissement est formé à l'origine de deux ailes séparées :
- celle dédiée aux hommes : « Aile Savoie »
- celle dédiée aux femmes : « Aile Dauphiné »
Cette volonté est en fait une disposition réclamée par l’État lors du décret d’application de la loi Honnorat du . En effet, l’article 8 de ce décret préconise « une division de l’espace par sexe »
Celles-ci sont reliées en 1940 par un bâtiment central dans lequel sont hébergés un bloc opératoire, des bureaux, une salle polyvalente et une chapelle au dernier étage.
Fonctionnement
modifier- Ouverture le .
L’établissement connaît un démarrage difficile. Selon les travaux de l’historienne Dominique Dessertine, le recrutement des malades est lent et le sanatorium reste longtemps partiellement vide. En , plus de six mois après l’ouverture, seulement 325 patients occupent les 646 lits disponibles. Les autorités départementales, qui pensaient pouvoir remplir une grande partie de l’établissement avec les malades du Rhône, doivent finalement élargir le recrutement à l’ensemble du territoire français.
La reconversion
modifierDans les années 1960, avec la récession de la tuberculose, le sanatorium s'oriente vers la convalescence et la rééducation des malades autres que tuberculeux (Décret n°68-437 du RELATIF AUX SANATORIUMS, le Ministère de la Santé décréte la fin de la spécificité des sanatoriums en ouvrant ces établissements aux malades non tuberculeux[1],[2]). Il devient le Centre médico-chirurgical (CMC) Les Petites-Roches au début des années 1970.
Les avalanches
modifierImplanté en contrebas des falaises de la Chartreuse, l'établissement a été exposé à plusieurs épisodes avalancheux au cours du XXe siècle. Des avalanches sont notamment signalées en 1968, 1970, 1978 et 1981. Si ces événements ont occasionné des dégâts matériels, les conséquences humaines sont restées limitées. Ces épisodes ont contribué à l’inscription du site dans les documents de prévention des risques naturels et ont alimenté, à partir des années 1990, la réflexion sur l’avenir des établissements.
- Le , le CMC Les Petites Roches est touché par une avalanche pour la première fois depuis son ouverture en 1933.
- Le , nouvelle avalanche provoquant des dégâts matériels mais ne faisant aucune victime[3]. Le bâtiment est rempli de neige jusqu’au troisième étage et plusieurs voitures sont endommagées[4].
- Le , une avalanche atteint les abords du CMC des PETITES ROCHES. Des véhicules sont endommagés sur le parking situé entre ce dernier et ROCHEPLANE[4]. Cet épisode avalancheux a également coupé la route D30 entre Saint-Hilaire et Saint-Pancrasse au niveau du ruisseau des Fangeats le 02/02/1978[4].
- Le , le CMC ainsi que le Centre Universitaire de Cure sont touchés par une avalanche. Des véhicules sont endommagés et un chauffeur de chasse-neige est blessé; la route d’accès aux établissements est coupée[4].
La disparition
modifierRattaché en 2003 au CHU de Grenoble, le CMC est aujourd'hui fermé. Les raisons officielles[5] en sont le risque d'avalanches[6].
- Mai 2009 : fermeture du CMC qui déménage à Échirolles sur le site de l'hôpital sud de Grenoble et devient l'institut de rééducation.
Abandonnés rapidement et laissés à la dégradation, les bâtiments, s'ils représentent un terrain de jeu pour certaines activités[7], sont devenus très dangereux. Les trois bâtiments à l'abandon ont été détruits entre 2016 et 2019[8].
Notes et références
modifier- ↑ Décret n°68-437 du 10 mai 1968 relatif aux sanatoriums, Journal officiel de la République française, 16 mai 1968.
- ↑ « Briançon - Centre médical Rhône-Azur (ancien sanatorium) », sur culture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « Une avalanche frappe un sanatorium », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- 1 2 3 4 https://www.isere.gouv.fr/contenu/telechargement/28026/215387/file/38395_PPRN_PRESENTATION_20130329_MOD1.pdf
- ↑ « Les Sana », sur cargocollective.com (consulté le ).
- ↑ Association pour l'étude des avalanches et des torrents, « Hôpitaux de Saint-Hilaire-du-Touvet : perspective personnelle sur un fiasco en termes d’aménagement du territoire » (consulté le )
- ↑ Juliette Gauchon, « La deuxième vie des anciens Sanatoriums de Saint-Hilaire-du-Touvet : terrain de jeu de pratiques informelles et réappropriations artistiques », (consulté le ).
- ↑ « La démolition des anciens sanatoriums de Saint-Hilaire-du-Touvet (Isère) entre dans sa phase finale », sur france3-regions.francetvinfo, (consulté le ).

