Les Quinze Roses de Grazalema

Groupe de femmes violées et assassinées par les nationalistes durant la guerre d'Espagne

Les Quinze Roses de Grazalema (en espagnol : « Las Quince Rosas de Grazalema »), sont un groupe de femmes républicaines, âgées de 18 à 61 ans, assassinées par les nationalistes espagnols en Andalousie, pendant la guerre d'Espagne.

Originaires de la ville de Grazalema, dans la province de Cadix, certaines sont enceintes lors des faits. En 1937, elles sont arrêtées, torturées, violées, condamnées au supplice de l'huile de ricin et à la parade d'infamie, puis assassinées.

Tombées dans l'oubli de l'Espagne franquiste, leur mémoire est redécouverte depuis la Transition démocratique.

Informations essentielles

Historique

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À la suite du soulèvement nationaliste des 17 et 18 juillet 1936 en Espagne, les troupes rebelles nationalistes s'emparent de l'Andalousie, sous l'autorité du général Gonzalo Queipo de Llano qui instaure un régime de terreur dans la région[1].

La commune de Grazalema demeure loyale envers la République officielle et résiste pendant deux mois. Le , le village est bombardé, et tombe peu après aux mains des phalangistes, le [2]. La répression débute alors[3].

Au début de l'année 1937, alors que les familles qui avaient fui tentent de revenir à Grazalema, les "délations patriotiques" débutent, quelquefois par vengeance personnelle[4]. La répression se fait plus forte, notamment sur les femmes, victimes d'humiliations publiques et de viols, condamnées au supplice de l'huile de ricin, puis exécutées[5].

Parmi elles figurent les Quinze Roses de Grazamela. Ne faisant partie d'aucun parti politique, elles sont arrêtées par les phalangistes et interrogées. Toutes résistent et se taisent et sont torturées et violées, condamnées selon la méthode franquiste au supplice de l'huile de ricin, exhibées à moitié nues dans la ville lors d'une parade d'infamie qui dure deux jours[6]. Elles sont ensuite emmenées dans un camion, avec un enfant de famille républicaine nommé Francisco Peña García (surnommé el Bizarrito), jusqu'au kilomètre 57 de la route de Ronda[7].

Elles sont exécutées en février 1937[8].

Leurs corps, abandonnés par les tueurs, sont recouverts de pierres par les villageois, pour éviter qu'ils ne soient dévorés par les animaux[9].

Les 15 Roses de Grazalema

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  • Salud Alberto Barea
  • Catalina Alcaraz Godoy
  • Isabel Atienza Gomez
  • Teresa Castro Ramírez
  • Josefa de Jesús Gómez
  • Isabel Barea Rincón
  • Maria Barea Rincón
  • Ana Fernández Ramírez
  • Cristina Carrillo Torres
  • Lolita Gómez
  • Maria Josefa Nogales
  • Teresa Menacho Palacios
  • Antonia Pérez Vega
  • Maria Isabel Román Montes
  • Natividad Vilches

Postérité

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  • Sous la Transition démocratique, en 1978, le premier maire démocratique Antonio Mateos débute le travail de mémoire sur ce groupe de femmes assassinées. En 2008, les restes des corps sont localisés, exhumés et identifiés, dans une petite fosse commune clandestine, un travail scientifique dirigé par les archéologues Jesús Lopez et Jesús Román[8]. Les restes sont alors emmenés au cimetière de Grazalema. Un mausolée de béton blanc y a été bâti, avec les silhouettes des victimes et la phrase "Que mon nom ne s'efface pas de l'Histoire".
  • En 2009 a lieu une cérémonie en hommage aux victimes, tant pour le groupe de femmes, que pour l'adolescent exécuté[10].
  • En 2016 sort le documentaire basé sur les recherches de David Doña, Sucedió en Grazalema[11], à l'initiative de la Députation de Cadix.
  • Depuis 2014, le lieu a été déclaré Lieu de la mémoire historique par la Junte d'Andalousie[12].

Voir aussi

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Références

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(ca) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en catalan intitulé « Les quinze roses de Grazalema » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ (es) @NatGeoES, « Queipo de Llano: terrorismo radiofónico al servicio de Franco », (consulté le )
  2. ↑ (es) administradorTLN, « La caída de Grazalema en manos sublevadas. Hace 81 años. », sur Todos (...) los Nombres_, (consulté le )
  3. ↑ (es) « Vendaval de terror franquista en Grazalema durante la guerra de España », sur RecueRda RepúBlica MemoRia RepuBlicana, (consulté le )
  4. ↑ (es) « La delación: miseria moral y control social en el primer franquismo. », sur Conversacion sobre Historia, (consulté le )
  5. ↑ (es) Conversación sobre historia, « Ajustar las cuentas en Andalucía: la triple represión de las mujeres (el caso de Zufre). », (consulté le )
  6. ↑ « FOSA DE LAS MUJERES. GRAZALEMA », sur www.dipucadiz.es (consulté le )
  7. ↑ (es) María Serrano, « 'Sucedió en Grazalema'. El documental del crimen de las quince rosas y un adolescente », sur www.publico.es, (consulté le )
  8. 1 2 (es) « Fosa de las Mujeres de Grazalema (Cádiz) - Junta de Andalucía », sur www.juntadeandalucia.es (consulté le )
  9. ↑ (es) Fernando Sígler, « Las quince rosas de Grazalema », sur CaoCultura, (consulté le )
  10. ↑ (es) « Actos de homenaje a las 15 mujeres y un adolescente fusilados en la “curva de las mujeres” – Página 157 – Memoria Libertaria » (consulté le )
  11. ↑ (es) adminapc, « David Doña presenta Sucedió en Grazalema », sur APC, (consulté le )
  12. ↑ (es) « Acuerdo de 27 de diciembre de 2013, del Consejo de Gobierno, por el que se declaran treinta y cuatro Lugares de Memoria Histórica de Andalucía. » (consulté le )