Les Sabots (opéra-comique)

opéra d'Egidio Duni

Les Sabots est un opéra-comique en un acte mêlé d’ariettes de Michel-Jean Sedaine (avec Jacques Cazotte), musique d'Egidio Duni, créé en privé par la Comédie-Italienne, sur le théâtre de société de Bertin à Auteuil, puis en public, à l'Hôtel de Bourgogne, le .

Les Sabots
Langue
Genre
Date de parution
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Pays

Contexte

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L’œuvre a été créée le 26 octobre 1768 à la Comédie-Italienne de Paris. Elle s’inscrit dans la période de grande vogue de l’opéra-comique français, genre mêlant dialogues parlés et musique originale, qui a succédé à l’opéra-comique en vaudevilles. Le livret fait partie des œuvres rustiques et villageoises appréciées à la cour de Versailles, notamment par Marie-Antoinette[1].

Les Sabots met en scène une intrigue romantique classique du genre « rustique » en faveur à l’époque. Cazotte en a trouvé le sujet de cette pièce dans une ancienne chanson dont une grossière équivoque faisait tout le piquant. Au XVIIIe siècle, « casser son sabot » signifiait, perdre sa virginité[2], voire tomber enceinte[3]. À la même époque, la cerise mure est le symbole par excellence de la féminité juvénile arrivée à son point de perfection, prête à être cueillie. Une jeune fille chaste et innocente était comparée à un fruit frais et intact. L’acte de cueillir ou de manger la cerise représentait de manière à peine voilée la défloration ou la perte de la virginité.

Personnages

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La scène se passe dans la campagne près d'un cerisier.

L'histoire se déroule à la campagne, dans la maison et le jardin d’un vieux paysan. Babet, jeune villageoise, attend de grand matin, Blaise, son amoureux. Elle s’affaire à préparer des bouquets pour la fête de son grand-père, Mathurin. S’agaçant du retard de Blaise, elle décide de se venger en se cachant lorsqu’il arrive enfin. Lorsqu’elle souhaite grimper à un arbre pour y cueillir des cerises, un autre villageois, le vieux Lucas, l’observe en cachette. Babet craignant d’abimer ses vêtements, quitte son corset, Lucas, espérant la séduire, en profite pour voler ses sabots. Après plusieurs quiproquos, les deux amoureux finissent par se réconcilier. Le grand-père donne sa bénédiction, et la pièce se termine sur un vaudeville célébrant le mariage à venir et les mœurs simples de la campagne.

Genèse

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Le livret original de Cazotte paraissant trop grossier à Duni, celui-ci sentant la musique n’empêcherait pas la pièce d’être sifflée, désirait le faire retoucher par Sedaine mais, à l’époque, les librettistes choisissaient un musicien, s’associait avec lui, et ne travaillait plus avec d’autres. Sedaine, ainsi, ne voulait travailler qu’avec Monsigny. Duni a donc dû user, pour engager Sedaine à revoir le livret des Sabots, de beaucoup de finesse. Il en a rapporté les circonstances. Un jour, à la Comédie, alléguant que son escalier menace de s’effondrer, il demande conseil à ce dernier, entrepreneur de profession, pour le reconstruire.

Sedaine s’étant rendu sur place pour évaluer la situation, le compositeur insiste, à l’issue de la visite pour le retenir à diner. Au dessert, Duni s’installe naturellement au clavecin et lui joue le premier air des Sabots. Séduit par la mélodie, Sedaine demande à découvrir la pièce entière, ce qu’espérait secrètement Duni.

Revenu inspecter les travaux, quelques jours plus tard, Duni en profite pour lui chanter un second air. Cette fois, Sedaine, ne se contentant pas d’écouter, réécrit les paroles et corrige la première scène avant de repartir, persuadé d’être toujours là uniquement pour l’escalier. Au fil de la construction, la pièce se voit intégralement réécrite, au point qu’à l’exception du premier air, pas un mot du texte original de Cazotte ne subsiste. Sedaine s’est ainsi retrouvé coauteur d’une œuvre avec Duni, sans même s’en rendre compte. Par la suite, Duni a résumé, l’histoire avec humour en disant que avec humour que ces Sabots lui avaient tout de même couté un escalier[4].

Ainsi réécrit, le livret porte la la touche délicate et spirituelle de Sedaine, où les grivoiseries de Cazotte ont cédé la place à un érotisme érotisme discret, respectueux de la décence[5].

Réception

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L’œuvre a été jouée non seulement à Paris, mais aussi dans les spectacles de cour (Versailles, Trianon), où elle a participé à la mode « rustique » chère à Marie-Antoinette[1].

Reprise

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En 1866, Adolphe de Leuven et Eugène Ritt ont repris les Sabots, à l’Opéra de Paris[5].

Iconographie

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François Boucher a peint, en 1768, le Panier de cerises, dit aussi les Sabots. L’œuvre été gravée par René Gaillard (d), peu après la création du tableau, autour de 1768-1770.

Le peintre suédois Nicolas Lavreince a réalisé une célèbre gouache libertine intitulée alternativement les Sabots ou les Cerises. Elle a été gravée par Helman et, par la suite, par Jacques Couché, en 1784.

Notes et références

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  1. 1 2 Benjamin Pintiaux, « L’Opéra en vaudevilles dans les spectacles de cour (1762-1792) », Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles,‎ (ISSN 1958-9271, lire en ligne).
  2. ↑ Lorédan Larchey (ill. Jules Férat, Jean-Marie Rückebusch), Dictionnaire historique, étymologique et anecdotique de l’argot parisien, Paris, F. Polo, , 236 p., ill., couv. ill. ; in-4º (lire en ligne sur Gallica).
  3. ↑ « sabot », dans Dictionnaire de la langue française, t. 4, L. Hachette, , 4 vol. ; gr. in-4º (lire en ligne sur Gallica), p. 1789.
  4. ↑ Maurice Tourneux (éd.), Correspondance littéraire, philosophique et critique, t. 6, Paris, Longchamps & F. Buisson, , 520 p., 16 vol. : portr., fac-sim. ; in-8º (OCLC 310030767, lire en ligne sur Gallica), p. 350.
  5. 1 2 Judith Le Blanc, Raphaëlle Legrand, Marie-Cécile Schang-Norbelly (Dir.), Une œuvre en dialogue : le théâtre de Michel-Jean Sedaine, Paris, Sorbonne université Presses, , 342 p. (ISBN 979-1-02311-585-7, OCLC 10936868402, lire en ligne).

Liens externes

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