Lhasang Tsering

poète tibétain

Lhasang Tsering (en tibétain : ལྷ་བཟང་ཚེ་རིང, Wylie : lha bzang tshe ring), né en 1952 à Labrang Kosa, Tradun (de) (xian de Zhongba) Tibet et mort le 11 juin 2026 à Dharamsala (Himachal Pradesh, Inde)[1], est un militant et poète et écrivain tibétain. Il a été président du Congrès de la jeunesse tibétaine et directeur fondateur de l'Institut Amnye Machen à Dharamsala, en Inde.

Lhasang Tsering
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Biographie
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Décès
Activité
Fratrie

Biographie

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Premières années

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Lhasang Tsering est né en 1952 à Labrang Kosa, dans la région de Tradün à Ngari, au Tibet occidental. Son père, un lama tantrique du monastère de Riwoché[2] au Tibet oriental, rencontre sa future mère, Jhanjup, une jeune servante issue de la famille aristocratique Tara de Gyantsé[2]. Ils eurent trois fils : Ugyen, Karma Choephel et Lhasang Tsering[2]. Après le soulèvement tibétain de 1959[2], alors qu'il a sept ans[3], ses parents s’enfuirent en Inde avec lui et ses deux frères aînés[4]. Son père décède en pèlerinage à Rewalsar, un lac de l’Himachal Pradesh associé à Padmasambhava[5]. Les autres membres de la famille rejoignirent d’autres réfugiés tibétains dans un camp de travailleurs routiers à Manali[5]. Ils furent parmi les premiers réfugiés à s'installer en Inde, où il n'y avait à l'époque pas d'emploi pour les Tibétains[6].

En 1962, il est admis à l'École centrale pour les Tibétains de Mussoorie, en Inde. Par la suite, il est sélectionné parmi les étudiants pour étudier à la Wynberg Allen School de la même ville[7]. Plus tard, en 1972, des missionnaires américains lui proposent de poursuivre ses études[6] à la faculté de médecine Johns Hopkins aux États-Unis[8], mais il refuse et décide de rejoindre la résistance tibétaine basée dans le Mustang, au Népal[9],[10].

Carrière

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Après avoir terminé ses études en 1972, il rejoint les forces de résistance tibétaines basées au Mustang, dans l'ouest du Népal. Cependant, le camp de base de Mustang ferme ses portes en 1974 et il doit retourner à Dharamsala deux ans plus tard, où il travaille brièvement au Bureau tibétain de recherche et d'analyse (TORA)[11], dirigé par Lodi Gyari[2]. Lhasang Tsering est responsable du service russe[2]. Lorsque le TORA est fermé par le gouvernement tibétain en exil[2], Tsering intègre le Village d'enfants tibétains (TCV) de Dharamsala et développe l'école primaire en lycée sous la direction de Jetsun Pema. Il occupe le poste de directeur du TCV de 1976 à 1982[11]. Durant son séjour au TCV, il joue un rôle déterminant dans la création d'écoles TCV au Ladakh et à Bylakuppe, dans le Karnataka. Il contribue également au développement de l'école TCV de Lower Dharamsala[11].

Entre 1978 et 1979, Lhasang Tsering vit au Japon et, durant trois mois en 1980, il réussit à voyager au Tibet[2]. En mars 1983, sur instruction du dalaï-lama, il rejoint le Bureau d'information du gouvernement tibétain en exil[12]. Au sein de ce bureau, il contribue au développement du projet d'édition Narthang, planifie l'informatisation de la langue tibétaine et la création d'une nouvelle police de caractères pour l'impression du tibétain[11]. En 1986, il est élu président du Congrès de la jeunesse tibétaine de Dharamsala[13]. Lors des manifestations pour l'indépendance qui éclatent à Lhassa en décembre 1988 et en mars 1989, il organise des grèves de la faim à New Delhi et ailleurs en Inde[2]. En 1989, il fut réélu président[13]. Cependant, en raison de son opposition à la « Politique de la voie médiane », il démissionne en 1990[13].

Il s'opposa publiquement au dalaï-lama[6] et réclame l'indépendance complète du Tibet, inspirant les jeunes Tibétains par sa ténacité[14]. Comme nombre de Tibétains apatrides, Lhasang Tsering a pour objectif de retourner au Tibet[15].

Il a dirigé la Tibetan Review en tant que rédacteur en chef par intérim entre mai et décembre 1986, lorsque son rédacteur en chef Tsering Wangyal (en) est parti aux États-Unis pour un stage offert par la bourse Alfred Friendly Press[16].

Institut Amnye Machen

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En 1992, Tashi Tsering, Pema Bhum, Jamyang Norbu et Lhasang Tsering fondèrent l'Institut Amnye Machen (AMI, Centre tibétain d'études avancées)[17],[18] avec une aide financière de 50 000 roupies du 14e dalaï-lama[14]. Cet institut visait à promouvoir une culture internationale et laïque au sein de la société tibétaine traditionnelle. Tsering y travaille comme directeur bénévole à temps plein, contribuant à la traduction, à l'édition, à l'administration générale et à la collecte de fonds. Lhasang Tsering parvint à inviter le philanthrope George Soros à McLeod Ganj pour rencontrer les directeurs de l'AMI[2]. En 1999, il démissionne de l'institut après l'avoir dirigé seul pendant six ans[19].

Librairie

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Avec son épouse Dorjee Lhamo, il est propriétaire du Bookworm, une des meilleures librairies de Dharamsala[14] et la première librairie de McLeod Ganj, dans l'Himachal Pradesh, en Inde, dans le but de promouvoir et de développer la culture de la lecture dans la capitale de l'exil tibétain[20].

Publications

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Après sa retraite de l'Institut Amnye Machen en 1999, il consacre davantage de temps à l'écriture, à la recherche et aux échanges avec les étudiants et les journalistes sur le Tibet[11]. Tsering publia plusieurs ouvrages. Son premier livre, Tomorrow and Other Poems, parut en 2003. Son deuxième livre, Ocean of Melody, publié en 2009, est une traduction des Chants du sixième dalaï-lama. En 2012, il publie son troisième livre, Hold On and other Verses[11]. Il publie également Three Nevers (2012), Wondering (2012) et Random: Ideas & Opinions of a Rebel (2014). Il est l'auteur d'essais et d'articles sur l'histoire, la culture et la politique tibétaines. L'un de ses livres, No, Your Holiness, No!, n'est pas encore paru au moment de son décès en 2026[21]. Il écrivait également des articles, dont certains sont publiés sur sa page TibetWrites[22].

Tsering est décédé le 11 juin 2026, à la maison de retraite Jampa Ling à Dharamsala[21] à l'âge de 74 ans[23].

Notes et références

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  1. ↑ [vidéo] « བོད་རང་བཙན་འཐབ་རྩོད་པ་ལྷ་བཟང་ཚེ་རིང་ལགས་སྐུ་ཚེ་མ་ཟིན་པའི་གནས་ཚུལ་ཐོན་འདུག », Tibet Radio བོད་ཀྱི་རླུང་འཕྲིན།,‎ , 1:32 min (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Jamyang Norbu, « Obituary: Lhasang Tsering (1952–2026) », sur Phayul.com, (consulté le )
  3. ↑ (en) Amitava Sanyal, « Tibet: A nation in exile » (version du sur archive.org), Hindustan Times, 18 novembre 2006
  4. ↑ Honey Oberoi Vahali, Lives in Exile. Exploring the Inner World of Tibetan Refugees, Taylor & Francis, , 184 p. (ISBN 9781000164695, lire en ligne)
  5. 1 2 « Independent Tibet campaigner who said ‘No’ to His Holiness is no more », sur Tibetan Review, (consulté le )
  6. 1 2 3 (en) Philippe Renaud, « Tibetan refugees. dharamsala. india », sur renaudphilippeblog.com via Internet Archive, .
  7. ↑ « Centrex 1986–89 » [archive du ] (consulté le )
  8. ↑ Nolan Peterson, « What the United States of America and Her Flag Mean to Many Nations Around the World », (consulté le )
  9. ↑ « The most realistic approach to Tibet's survival: Lhasang Tsering » [archive du ], (consulté le )
  10. ↑ Phayul, « How Many More? by Lhasang Tsering », sur phayul.com via Internet Archive, (consulté le ).
  11. 1 2 3 4 5 6 (en-US) « Lhasang Tsering » [archive du ] (consulté le )
  12. ↑ (en-US) « Conference for an independant Tibet, June 22–24 2007 » [archive du ] (consulté le )
  13. 1 2 3 (en-US) « Tibetan Youth Congress | Former Centrex » [archive du ], sur https://www.tibetanyouthcongress.org (consulté le ).
  14. 1 2 3 Bertrand Odelys, Dharamsala, Chroniques tibétaines, préface du dalaï-lama, Albin Michel, 2003, (ISBN 2226142592 et 9782226142597), p. 200
  15. ↑ (en) Sonam Rikha, « Born A Foreigner: Tibetan Statelessness in India », sur digitalcollections.sit.edu (consulté le )
  16. ↑ (en-US) « About Us | Tibetan Review », sur Tibetan Review (consulté le )
  17. ↑ (en) « Amnye Machen Institute Celebrates 20th Anniversary » [archive du ], sur VOA, ཨ་རིའི་རླུང་འཕྲིན་ཁང་།,‎ (consulté le ).
  18. ↑ (en) « Amnye Machen Institute turns 10 », sur tibet.ca.
  19. ↑ (en-US) « Amnye Machen Institute turns 10 », sur Central Tibetan Administration, (consulté le )
  20. ↑ (en-GB) Jinal Doshi, « BookWorm – A tiny but famous Mcleod Ganj Bookshop » [archive du ], sur Bookedforlife, (consulté le )
  21. 1 2 (en) Tenzin Nyidon, « Veteran Tibetan independence activist, writer Lhasang Tsering passes away at 74 in Dharamshala », sur Phayul.com, (consulté le ).
  22. ↑ (en) « Lhasang Tsering » [archive du ], sur TibetWrites, (consulté le ).
  23. ↑ « བོད་རང་བཙན་འཐབ་རྩོད་པ་གྲཊ་ཅན་ལྷ་བཟང་ཚེ་རིང་ལཊ་དགུང་ལོ་ ༧༤ ཐོག་རྡ་སར་དགོངས་པ་རྫོཊ་འདུག », RFA,‎ (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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