Lili Grenier
Lili Grenier, pseudonyme de Noémi Amélie Sans, née le à Paris et décédée le à Villiers-sur-Morin (Seine-et-Marne), est un modèle et une muse française, figure du milieu artistique de Montmartre à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Proche d'artistes peintres tels qu'Henri de Toulouse-Lautrec, Louis Anquetin, Albert de Belleroche, Jules Desbois et Albert Grenier, son compagnon en union libre pendant de nombreuses années, elle est représentée dans de nombreuses œuvres, notamment des peintures, des lithographies et des sculptures.
| Naissance | 4e arrondissement de Paris |
|---|---|
| Décès |
(à 72 ans) Villiers-sur-Morin (Seine-et-Marne) |
| Sépulture |
Cimetière de Villiers-sur-Morin |
| Nom de naissance |
Noémi Amélie Sans |
| Pseudonyme |
Lili Grenier |
| Nationalité |
Française |
| Activité |
Modèle, muse d'artistes |
| Père |
Xavier Séverin Émile Sans (vers 1842-1902) |
| Mère |
Marie Iphigénie Maillard (1838-1905) |
| Conjoint | Albert Grenier (1858-1925) René Leroy (1869-1929) |
Son activité de modèle est documentée par des œuvres conservées dans plusieurs musées, dont le Metropolitan Museum of Art, le musée d'Orsay et le Petit Palais. Ses albums photographiques, acquis par préemption en 2022 et conservés par le musée d'Orsay, constituent un ensemble documentaire utilisé pour l'étude des réseaux artistiques montmartrois de la Belle Époque.
Biographie
modifierJeunesse et origines familiales
modifierNoémi Amélie Sans naît le , au 4, place du Parvis-Notre-Dame, à Paris. Elle est déclarée de père non dénommé et de Marie Iphigénie Maillard[1], ouvrière en dentelle, domiciliée au 91, rue Saint-Denis à Paris.
Le , quelques semaines après sa naissance, elle est reconnue par son père, Xavier Séverin Émile Sans[2], employé de commerce originaire de Saurat, dans l'Ariège. Celui-ci est issu d'une famille relativement aisée de cette commune. Impliqué dans les événements de la Commune de Paris, il comparaît en 1872 devant le 6e conseil de guerre[3], mais est finalement acquitté. En 1879, la cour d'assises de l'Ariège le condamne toutefois à un an d'emprisonnement et à une amende de vingt-cinq francs pour détournement de fonds[4], dans une affaire qui connaît alors un certain retentissement dans la presse.
Noémi Amélie Sans n'est officiellement reconnue par sa mère, née à Brie-Comte-Robert, que le [5]. Parmi les témoins de cet acte de reconnaissance figure Giovanni Battista Raffaele Della Rocca, artiste peintre originaire de Naples, qui épouse Marie Iphigénie Maillard quelques jours plus tard[6]. Cette dernière réside alors au 9, rue Notre-Dame-de-Lorette et exerce la profession de couturière. La présence de Giovanni Battista Raffaele Della Rocca dans son entourage familial pourrait avoir favorisé sa familiarisation avec les milieux artistiques parisiens, sans qu'il soit toutefois possible d'en établir l'influence précise. Marie Iphigénie Maillard décède à Paris en 1905[7]. Après son incinération, ses cendres sont déposées au cimetière du Père-Lachaise avant d'être transférées à Naples quelques semaines plus tard[8].
Divergences des sources biographiques
modifierLes sources consacrées à Lili Grenier présentent plusieurs divergences concernant ses origines et les débuts de sa carrière de modèle. Certaines publications anciennes la décrivent parfois comme une « jeune paysanne » originaire de Brie-Comte-Robert[9] ou une « ancienne bergère de la vallée du Grand Morin »[10], devenue modèle grâce à sa beauté avant d'entrer dans les milieux artistiques parisiens[11]. Selon ces récits, elle aurait posé dès l'âge de seize ans pour la princesse Mathilde Bonaparte, puis notamment vers vingt-deux ans, pour Edgar Degas[12], avant son mariage avec Albert Grenier.
À l'inverse, d'autres auteurs indiquent qu'elle était issue d'une famille de marchands d'objets d'art installés à Paris[13]. Les actes d'état civil établissent qu'elle est née à Paris le sous le nom de Noémi Amélie Sans. En revanche, ils n'apportent pas d'élément permettant de confirmer les récits relatifs à son enfance, lesquels diffèrent selon les auteurs.
Vie avec Albert Grenier, un couple libre
modifierDans les années 1880, Noémi Amélie Sans fréquente le milieu artistique réuni autour de l’atelier du peintre Fernand Cormon (1845-1924). Présentée à ce cercle par Albert Grenier, elle devient la compagne de celui-ci et ils vivent durablement en union libre. Elle adopte alors le patronyme de « Grenier » ainsi que le diminutif de « Lili » (parfois orthographié Lily). Modèle pour plusieurs artistes de ce cercle, elle s’impose progressivement comme une figure familière du Montmartre artistique de la Belle Époque.
Le couple s’installe au 19 bis, rue Pierre-Fontaine, dans le quartier de la Nouvelle Athènes. Leur appartement-atelier devient un lieu de rencontre fréquenté par de nombreux artistes. Edgar Degas dispose également d’un atelier et d’un logement dans le même immeuble[14].
Albert Grenier organise régulièrement des réceptions et des fêtes costumées[15] réunissant peintres, écrivains et hommes de théâtre, événements parfois relayés dans la presse de l’époque[16],[17]. Le peintre et graveur François Gauzi (1862-1933), dans ses souvenirs, évoque l’atmosphère de ces réunions[18] :
« Chez Grenier, on recevait de façon fort aimable. Après le déjeuner, on se divertissait à créer des groupes costumés et la photo donnait à ces mascarades un intérêt passionnant.
Lautrec devenait un apache, un Japonais, un enfant de chœur et, grâce à la garde-robe de Lily, une danseuse espagnole jouant de l’éventail. »
— François Gauzi, Lautrec mon ami
À l'initiative d'Albert de Belleroche, propriétaire du Moulin Guillaume à Villiers-sur-Morin (Seine-et-Marne), le couple fait l'acquisition de plusieurs propriétés, notamment rue du Touarte[19] et au hameau de Montaigu[20],[21], où se trouve une maison dont l'une des façades est ornée d'un cadran solaire peint et d'un bas-relief. Dès lors, le couple partage son existence entre Paris et la vallée du Grand Morin. Ces résidences accueillent régulièrement des artistes tels que Henri de Toulouse-Lautrec, Louis Anquetin, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Suzanne Valadon et son fils Maurice Utrillo[22].
Les albums photographiques constitués par Lili Grenier, aujourd’hui conservés au musée d’Orsay, témoignent de cette sociabilité artistique. Ils documentent les visites rendues au couple, les séances de peinture, les promenades, les parties de pêche et les réunions festives organisées à Villiers-sur-Morin[23].
La présence de Lili Grenier dans les milieux artistiques montmartrois est également attestée dans le domaine de la chanson. En 1899, le poète et chansonnier Émile Bessière lui dédie Chanson d'un soir, publiée dans le recueil Autour de la butte[24], sur une musique de P. Marinier. Le recueil est préfacé par Yvette Guilbert.
Vers 1890 et pendant une quinzaine d'années, Lili Grenier a pour amant le peintre et lithographe Albert de Belleroche, dont elle devient l'égérie et l'un des modèles réguliers. Après son mariage avec Julie Émilie Visseaux en 1910, celui-ci quitte la France et s'installe définitivement en Angleterre, où il poursuit sa carrière artistique.
Après plusieurs décennies de vie en couple libre, Albert Guillaume Grenier épouse Lili le à la mairie du 9e arrondissement de Paris[25]. Le mariage est célébré avec le consentement de la mère de Lili, Marie Iphigénie Maillard, décédée l’année suivante.
Dernières années
modifierAprès la mort d'Albert Grenier en 1925, Lili Grenier entretient une relation avec René Vincent Paul Albert Le Roy (1869-1929). Le couple est domicilié en 1926 au 7, rue Chaptal, dans le 9e arrondissement de Paris[26], où il réside occasionnellement. Ils se marient le [27].
Devenue veuve une seconde fois en 1929, elle partage ses dernières années à Villiers-sur-Morin. Elle meurt dans cette commune le [28], à l'âge de soixante-douze ans. Elle est inhumée au cimetière communal de Villiers-sur-Morin, aux côtés d'Albert Grenier.
Modèle et muse du milieu montmartrois
modifierLili Grenier pose pour plusieurs artistes de son entourage, notamment Fernand Cormon, Edgar Degas, Henri de Toulouse-Lautrec, Louis Anquetin, Albert de Belleroche et Jules Desbois.
Dans ses souvenirs, le peintre François Gauzi évoque le milieu artistique et mondain montmartrois de la fin du XIXe siècle, ainsi que l’attrait particulier exercé à cette époque par certains types de modèles, notamment les femmes rousses[29]. Il présente Lili Grenier comme une figure remarquée dans ce contexte. Il écrit :
« Lily, avec sa chevelure flamboyante, sa mâchoire de fauve, son teint de lait, taché de minuscules points de rousseur, était très désirable et groupait autour d'elle des admirateurs qui espéraient obtenir, à force d'hommages, des succès personnels. »
— François Gauzi, Lautrec mon ami
Modèle pour Henri de Toulouse-Lautrec
modifierAlbert Grenier et Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) entretiennent une relation d’amitié étroite. À partir de l’été 1884, Toulouse-Lautrec séjourne chez Albert et Lili Grenier, au 19 bis, rue Fontaine, et fréquente leur cercle amical. Il partage un temps l’atelier d’Albert Grenier avant de s’installer rue Caulaincourt en 1885.
Selon le peintre François Gauzi, Lili Grenier se prête volontiers à la photographie mais pose rarement pour Toulouse-Lautrec, qui souhaite réaliser son portrait :
« Si Lily se laissait volontiers photographier, elle n'avait jamais le temps de poser pour Lautrec qui désirait vivement faire son portrait. A la vérité, elle se méfiait du terrible pinceau du peintre impressionniste, dans la crainte de voir sur la toile son visage au teint éblouissant zébré de virgules jaunes, vertes ou violettes. »
— François Gauzi, Lautrec mon ami
Si Lili Grenier semble avoir hésité à poser pour Toulouse-Lautrec, celui-ci parvient néanmoins à réaliser plusieurs portraits d'elle. Une lettre adressée à Lili en 1886 témoigne de la familiarité qu'il entretient avec elle[30] :
« Duchesse,
Je viens vous rappeler que demain nous boulottons ensemble. Les garçons de l'Ermitage m'ont dit que l'autre jour vous étiez avec un vieillard à nous attendre. Oubliez-le, s'il vous plaît, dans une armoire.
Je baise vos petites mains. »
— Henri de Toulouse-Lautrec, Correspondance
Cette proximité avec le couple se reflète dans plusieurs œuvres réalisées par Toulouse-Lautrec. Mme Lili Grenier (huile sur toile, 1888), représentant Lili en kimono, est conservée au Museum of Modern Art[31]. Un autre portrait de Lili, exécuté au crayon et à la craie blanche sur papier gris-vert, aurait probablement été réalisé la même année dans l'atelier de la rue Caulaincourt[32]. Le portrait d’Albert Grenier (huile sur toile, 1887), représentant ce dernier en chemise blanche et gilet noir, est conservé au Metropolitan Museum of Art[33].
- Madame Lili Grenier (recto), huile sur carton et graphite, 1885, par Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901).
- Mme Lili Grenier, huile sur toile, 1888, par Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Museum of Modern Art.
- Madame Lili Grenier, huile sur toile, 1888, par Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), collection particulière.
- Albert Grenier, huile sur panneau, 1887, par Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), Metropolitan Museum of Art.
Modèle pour Louis Anquetin
modifierLouis Anquetin (1861-1932), figure majeure du cloisonnisme avec Émile Bernard, est proche d'Albert Grenier dans le milieu artistique montmartrois des années 1880, issu de l’atelier de Fernand Cormon. Il fréquente régulièrement le cercle formé autour d’Albert et de Lili Grenier, où se croisent également Toulouse-Lautrec et d'autres artistes.
Plusieurs œuvres attestent de cette proximité avec le couple, notamment Portrait de Lili Grenier (huile sur toile, 1889)[13],[34], et Gracieux profil de M’sieur Albert Grenier (pastel, 1889)[35], aujourd’hui conservés dans des collections particulières.
Cette sociabilité artistique transparaît également dans L’Intérieur de chez Bruant : Le Mirliton (vers 1886–1887), une composition où Anquetin représente plusieurs figures emblématiques de Montmartre. On y reconnaît, aux côtés de Toulouse-Lautrec, Émile Bernard, La Goulue, François Gauzi, Paul Tampier, Albert Grenier, identifiable à son casque colonial et à sa barbichette. La femme au chapeau blanc et à la chevelure rousse, placée derrière La Goulue, pourrait être Lili Grenier[36]. Longtemps considérée comme perdue, cette composition, dont certaines sources mettaient en doute l’existence ou l’achèvement, a réapparu en 2014 sur le marché de l’art lors d’une vente chez Sotheby's.
- Gracieux profil de m'sieur Albert Grenier, pastel, 1889, par Louis Anquetin (1861-1932), collection particulière.
- L'intérieur de chez Bruant - Le Mirliton, huile sur toile, vers 1886-1887, par Louis Anquetin (1861-1932), collection particulière.
Modèle pour Albert de Belleroche
modifierAu début des années 1890, Lili Grenier entretient une relation avec le peintre et lithographe britannique Albert Gustavus de Belleroche (1864-1944). Elle compte parmi ses principaux modèles et devient sa compagne pendant une quinzaine d'années.
Installé à Montmartre, où son atelier est situé à proximité de celui de Henri de Toulouse-Lautrec, Belleroche réalise de nombreux portraits, dessins, peintures et lithographies représentant Lili. Il se fait également photographier devant l'un de ses portraits[37]. Lili occupe une place importante dans son œuvre parisienne et apparaît dans plusieurs dizaines de ses estampes, où elle est représentée aussi bien dans des scènes d'intimité que dans des études de nu ou des portraits.
Le catalogue raisonné de l'œuvre lithographique de Belleroche[38], publié en 2024 par George C. Kenney, recense 67 lithographies représentant Lili, dont quinze sont répertoriées sous l'appellation « Petite Lili » dans le carnet de travail (log book) de l'artiste. L'auteur du catalogue attribue également sept autres estampes à ce même modèle, avec réserve. Il relève que ces représentations de « Petite Lili » montrent une jeune femme d'une vingtaine d'années, tandis que les autres portraits de Lili, réalisés entre 1901 et 1908, présentent un modèle plus âgé.
Afin d'expliquer cette différence, Kenney avance l'hypothèse que Belleroche aurait travaillé avec deux modèles distincts : Lili Grenier et sa jeune nièce, désignée sous l'appellation « Petite Lili ». Il s'appuie notamment sur une huile sur toile intitulée La Nièce de Lili et amie (1902), sur une annotation manuscrite portée au verso d'une photographie de la lithographie Distraction (Petite Lili), ainsi que sur certaines différences morphologiques observées entre les deux modèles, notamment l'absence de la fossette au menton caractéristique de Lili Grenier dans les représentations de « Petite Lili »[38].
- La danseuse (modèle Lili Grenier), huile sur toile, 1890, par Albert de Belleroche (1864-1944)
- Lili au bain, huile sur toile, vers 1890, par Albert de Belleroche (1864-1944)
- La Méditation (portrait de Lili Grenier), lithographie, 1904, par Albert de Belleroche (1864-1944)
Leur relation prend fin à la suite de la rencontre de Belleroche avec Julie Visseaux, fille du sculpteur Jules Visseaux. Cette rencontre inspire notamment la lithographie Divine de profil (Miss Visseaux), puis conduit à leur mariage en 1910, qui marque l'installation définitive de Belleroche en Angleterre.
Les albums photographiques constitués par Lili Grenier, acquis par le musée d'Orsay en 2022, réunissent de nombreux clichés pris dans l'atelier de Belleroche, témoignant de leur relation et de leur collaboration artistique.
Entrée dans les collections du musée d'Orsay grâce à un don en 2024, l'huile sur toile Ennui (Lili Grenier), réalisée vers 1900, a été restaurée et est désormais présentée dans le parcours des collections permanentes[39]. Cette œuvre témoigne de l'influence de John Singer Sargent sur la peinture d'Albert de Belleroche[38].
Modèle pour Jules Desbois
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Vers la fin des années 1890, Lili Grenier pose pour le sculpteur Jules Desbois (1851-1935), ancien praticien d'Auguste Rodin et l'un des principaux représentants de la sculpture naturaliste française. Elle lui sert de modèle pour plusieurs œuvres, réalisées sous différentes formes, notamment en marbre, en plâtre patiné et en terre cuite.
En 1896, Jules Desbois réalise un Buste de Lili Grenier en marbre, présenté la même année au Salon de la Société nationale des beaux-arts[40]. L'œuvre est acquise par la Ville de Paris et est aujourd'hui conservée au Petit Palais. Haute de 54 cm, cette sculpture en ronde-bosse est explicitement identifiée comme représentant Lili Grenier[41].
Le fonds photographique de Lili Grenier, conservé au musée d'Orsay, comprend également une photographie représentant ce buste dans l'atelier de Jules Desbois[42], témoignant des séances de pose et de la collaboration entre le modèle et le sculpteur.
Un médaillon en terre cuite intitulé Portrait de Lili Grenier, signée Jules Desbois et mesurant 52 cm de diamètre, a été présentée lors de la vente de la Collection Lili Grenier - Muse des impressionnistes organisée par la maison Millon à Paris en juin 2022.
Postérité
modifierAprès sa mort, Lili Grenier demeure principalement connue à travers les œuvres réalisées par les artistes dont elle fut le modèle.
L'acquisition par préemption de ses albums photographiques par le musée d'Orsay en 2022 marque un renouvellement de l'intérêt porté à son parcours. Étudiés par Marie Robert dans la revue Photographica, ces albums sont présentés comme un ensemble documentaire majeur pour l'étude des sociabilités artistiques montmartroises de la Belle Époque. Selon l'historienne de l'art, ils conduisent également à reconsidérer la place de Lili Grenier, non plus seulement comme modèle d'artistes, mais aussi comme actrice de sa propre représentation. En réunissant et en conservant ces photographies, elle « s'est faite sujet et s'est racontée à la première personne du singulier féminin »[43].
La vente de sa collection personnelle par Millon en 2022, ainsi que l'entrée de plusieurs ensembles dans les collections publiques, ont également contribué à mieux documenter son parcours et son rôle au sein du milieu artistique de la fin du XIXe siècle. Au-delà des œuvres dont elle fut le modèle, les albums photographiques qu'elle a réunis constituent aujourd'hui une source documentaire importante pour l'étude des réseaux artistiques montmartrois de la Belle Époque[23].
Notes et références
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« De 1880 à 1886, Grenier louera au 19 bis rue Fontaine un appartement au troisième étage gauche, comprenant une anti-chambre, un cabinet d'aisance, un salon, une salle à manger, une chambre à coucher avec alcôve, un cabinet de toilette et une cuisine. Degas avait son atelier dans le pavillon au fond au premier étage, de 1879 à 1891, et il est aussi locataire au cinquième étage à droite. »
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[PDF], sur OpenEdition Journals, Photographica [En ligne], 6 | 2023 (consulté le ), p. 5 - ↑ « Portraits croisés de Lili Grenier et Albert de Belleroche dans l'atelier de ce dernier - Albert Belleroche | Musée d'Orsay »
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), vue 53/273 - ↑ « Buste de Lili Grenier | Paris Musées »
, sur www.parismuseescollections.paris.fr (consulté le ) - ↑ « Buste de Lili Grenier, par Jules Desbois, dans un atelier, vu de trois-quarts - Anonyme | Musée d'Orsay »
, sur www.musee-orsay.fr (consulté le ) - ↑ Marie Robert, « Un modèle et ses images. Les albums de Lili Grenier (1863-1936) »
[PDF], sur OpenEdition Journals, Photographica [En ligne], 6 | 2023 (consulté le ), p. 1-16
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Frédéric Destremau et Thibault de La Châtre, Anquetin - La Passion d’être Peintre, Paris, Galerie Brame & Lorenceau, 1991, 165 p.
- François Gauzi, Lautrec mon ami, la Bibliothèque des Arts, Paris, 1992, 195 p. (ISBN 2-85047-192-5)
- Herbert D. Schimmel, Toulouse-Lautrec - Correspondance, Collection Art et Artistes / Gallimard, Évreux, 1992, 448 p. (ISBN 2-07-072532-4)
- Millon, Collection Lili Grenier – Muse des impressionnistes, catalogue de vente, 2022.
- Marie Robert, Un modèle et ses images. Les albums de Lili Grenier (1863-1936), Photographica, 6 | 2023, 127-149
Bibliographie électronique
modifier- Alfred Simon, Toulouse-Lautrec, FeniXX réédition numérique, 1990, 454 p.
- Marie Robert, Un modèle et ses images. Les albums de Lili Grenier (1863-1936), Photographica, 6 | 2023, p. 127-149, Online since 27 April 2023, URL: http://journals.openedition.org/photographica/1166 ; DOI: https://doi.org/10.4000/photographica.1166
- (en) George C. Kenney, Albert de Belleroche - Master of Belle Epoque Lithography, London, LISS LLEWELLYN, 2024, 239 p., (ISBN 978-1-7396033-3-5)
Liens externes
modifierRessources relatives aux beaux-arts
modifier- Musée d'Orsay : notice de Lili Grenier
- Musée d'Orsay : notice de l'œuvre Ennui (Lili Grenier), par Albert de Belleroche (vers 1900)
- Musée d'Orsay : Opus Focus. Lili Grenier, un modèle et ses images (vidéo par Marie Robert, conservatrice en chef Photographie et Cinéma)
- Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris : notice de l'œuvre Buste de Lili Grenier, par Jules Desbois (1896)
- Museum of Modern Art : notice de l'œuvre Mme Lili Grenier, par Henri de Toulouse-Lautrec (1888)
- Millon : Collection Lili Grenier - Muse des Impressionnistes